Avec plus de deux millions de cas par an et une mortalité de plus de 600 000 cas par an, le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes dans le monde. Il représente donc un enjeu de santé publique. La récidive locale ou à distance est présente, jusqu’à 30 % des cas, même en présence d’un traitement adapté. La maladie récurrente pose des défis diagnostiques et thérapeutiques considérables. Les décisions en matière de pronostic et de prise en charge sont basées sur la connaissance précoce de l’étendue de la maladie. Actuellement, la tomographie par émission de positons au 18 fluoro-désoxyglucose couplée à la tomodensitométrie (TEP/TDM au 18F-FDG) est devenue une modalité d’imagerie prometteuse qui est appliquée de manière plus routinière dans les situations cliniques. Cet apport dans le diagnostic et l’évaluation de l’extension de la maladie récurrente paraît majeur, mais conduit-il à des changements dans les stratégies thérapeutiques de cette maladie ? Notre étude avait comme objectif principal de montrer l’apport de la TEP/TDM au 18F-FDG dans le bilan d’extension du cancer du sein récurrent, ainsi que son impact dans la prise en charge thérapeutique de ces patients. C’est une étude rétrospective comportant les patients suivis pour carcinome mammaire et explorés par une TEP/TDM au 18FDG dans le cadre du bilan de récidive entre Décembre 2019 et Mars 2022 au service de médecine nucléaire du CHU Sahloul de Sousse, Tunisie. Notre population a inclus 40 patients suivis pour carcinome mammaire ayant un âge moyen de 53,5±11,7 ans. La majorité des patients ont été adressés pour une TEP/TDM au 18FDG devant une suspicion de récidive sur l’imagerie conventionnelle (50 %). La TEP/TDM au 18FDG a conduit à un sous-classement de 17/40 patients dont 15 (42,5 %) étaient confirmés, évitant ainsi un traitement lourd ou non adapté. Un surclassement a été réalisé chez 5 % des patients. Les valeurs prédictives négatives (92,9 %) et positives (96,2 %) de la TEP/TDM au 18FDG étaient plus élevées pour la détermination de la récidive locorégionale, systémique et globale que ceux de la TDM. La sensibilité, la spécificité et l’exactitude diagnostique étaient de 96,2 %, 92,9 % et 95 %, respectivement, pour la TEP/TDM au 18FDG contre 96,2 %, 14,3 % et 67,5 % pour la TDM. Une analyse par lésion a été réalisée montrant une sensibilité (88,6 %) et une spécificité (88,3 %) élevées particulièrement dans la détection de métastases ganglionnaires, osseuses et hépatiques. Aussi, la TEP/TDM au 18FDG s’est montrée comme étant un outil diagnostique très fiable en termes de détection de la récidive de par les valeurs des rapports de vraisemblance positif (13,5) et négatif (0,04). La restadification à l’aide de l’imagerie par TEP/TDM au 18FDG a conduit à un changement de la prise en charge dans 45 % des cas. Chez douze patients (30 %) ayant une suspicion de récidive systémique, la TEP/TDM au 18F-FDG était négative permettant de sous-classer ces patients et d’éviter une chimiothérapie excessive. Une surveillance active a été instaurée chez ces patients. La TEP/TDM au 18F-FDG a aussi permis en sous-classant 2 patients (5 %) de modifier la stratégie thérapeutique planifiée d’un traitement à base de chimiothérapie palliative à une stratégie à visée curative (chirurgie et radiothérapie) pour une récidive locale isolée. Ce sous-classement a permis d’éviter la chimiothérapie chez cette patiente. La TEP/TDM au 18F-FDG a aussi permis en surclassant 2 patients d’adapter la prise en charge thérapeutique. Chez la première patiente (2,5 %) adressée pour suspicion de récidive devant une ascension de marqueurs tumoraux sans anomalies à la TDM, la TEP/TDM au 18F-FDG a pu identifier une récidive ganglionnaire axillaire et sus-claviculaire homolatérale menant à un surclassement de la patiente. Ce surclassement a permis d’opter chez cette patiente pour une prise en charge multimodale comprenant un traitement chirurgical puis une chimiothérapie. Chez le deuxième patient (2,5 %), la TEP/TDM au 18F-FDG a retrouvé une atteinte métastatique diffuse non identifiée à la TDM conduisant ainsi à la modification de son traitement chirurgical envisagé vers une chimiothérapie.
Le syndrome de Sézary (SS) est une entité rare et ne représente que 3 % des lymphomes T cutanés. Il appartient aux lymphomes T cutanés agressifs, avec un taux de survie à cinq ans de 24 %. Une stadification précise est importante pour fournir au patient des informations pronostiques appropriées afin de guider le clinicien dans le choix des options de traitement. Le but de cette observation est de souligner le rôle de la tomographie par émission de positons au fluor-18 fluorodésoxyglucose (18F-FDG PET-CT) dans le bilan lésionnel et la stadification du mycosis fongoïde transformé (T-MF)/syndrome de Sézary (SS). Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 61 ans, suivi depuis 2018 pour une érythrodermie prurigineuse avec polyadénopathies avec à la biopsie cutanée un mycosis fongoïde jugulé par une corticothérapie adaptée. L’évolution a été marquée par une poussée de sa maladie en septembre 2020 avec à l’analyse anatomopathologique d’une adénectomie une infiltration ganglionnaire par un lymphome T CD4+ compatible avec un lymphome de Sézary et à la NFS une hyperlymphocytose avec présence de 30 % de cellules de Sézary. La TDM-TAP était sans anomalie et la décision était de le traiter par 8 cures CHOP puis passage en 2e ligne de chimiothérapie (DHAC) devant la mauvaise réponse. Actuellement, le patient revient pour une tuméfaction de ses lésions cutanées. La biopsie cutanée a objectivé un aspect en faveur d’un mycosis fongoïde transformé CD4+ CD30−. Dans le cadre du bilan d’extension de sa maladie, le patient nous a été adressé pour examen TEP/TDM au 18-FDG. La TEP/TDM a objectivé de multiples foyers ganglionnaires d’hypermétabolisme variable (des SUVmax variant entre 1,9 et 11,4) au niveau des chaînes ganglionnaires cervicales, axillaires, iliaques externes et inguinaux bilatéraux, associés à des nodules sous-cutanés. Il s’agit donc d’une atteinte lymphomateuse active ganglionnaire sus- et sous-diaphragmatique et sous-cutanée. La variation de l’hypermétabolisme en interlésionnel peut être en rapport avec l’histologie initiale (mycosis fongoïde) pour les lésions d’hypermétabolisme faible à modérée et des lésions transformées pour les foyers les plus hypermétaboliques. Grâce à sa grande sensibilité dans la détection des atteintes ganglionnaires et à la corrélation entre SUVmax et le grade histologique, la TEP/TDM au 18 FDG garde une place importante dans le staging devant une suspicion de transformation d’un mycosis fongoïde/syndrome de Sézary.
Les endocardites infectieuses (EI) survenant sur dispositif intracardiaque représentent environ 10 % d’EI, sont graves et de diagnostic difficile. Nous rapportons le cas d’une patiente ayant une forte suspicion clinique d’EI qui a été confirmée par TEP/TDM au 18FDG bien que les autres examens d’imagerie étaient négatifs. Patiente de 61 ans, aux antécédents de BAV ayant nécessité la mise en place d’un Pacemaker en 2009 qui a été remplacé en septembre 2020 pour épuisement. Trois mois après, la patiente a développé une EI sur matériel ayant nécessité son extraction et son remplacement. Six mois après et devant la réapparition d’une fièvre inexpliquée associée à un syndrome inflammatoire biologique (SIB), des hémocultures positives mais à germes atypiques, la récidive d’EI a été suspectée. L’ETO et la TDM cervico-thoracique sont revenues normales. Ces constatations ont incité les cliniciens à compléter par une TEP/TDM au 18FDG, surtout qu’une 2e extraction du dispositif intracardiaque était envisagée. On a réalisé une TEP corps entier, sur un imageur Siemens Biograph, après injection de 190 MBq de 18F-FDG avec injection de PDC et tout en respectant le régime cardiaque 24 h avant. On a mis en évidence un foyer hypermétabolique intracavitaire (SUVmax = 5,89) au niveau de la sonde de stimulation atriale en plus d’un 2ème foyer hypermétabolique plus intense (SUVmax = 11,21) au niveau du TVBC gauche correspondant à un thrombus endoluminal spontanément hypodense, rehaussé après injection de PDC avec dilatation de la veine en amont. Le diagnostic d’EI est ainsi confirmé avec mise en évidence d’un foyer septique systémique à distance, qui était probablement à l’origine des récidives de l’EI malgré un traitement bien conduit. La patiente a bénéficié d’une extraction du matériel avec une couverture antibiotique large spectre, suivie d’une bonne évolution et régression de la fièvre et du SIB. Une ablation de l’embole septique a été programmée en chirurgie vasculaire. L’endocardite infectieuse sur dispositifs implantables est un challenge diagnostique et thérapeutique. La TEP/TDM au 18FDG offre une très bonne sensibilité et une assez bonne spécificité et fait désormais partie des critères majeurs diagnostiques dans les recommandations internationales. Elle permet également de rechercher des atteintes systémiques en réalisant un examen en corps entier.
Les kystes du tractus thyréoglosse (KTT) sont des malformations cervicales congénitales, dues à une persistance anormale du canal thyréoglosse. Les localisations néoplasiques au niveau du KTT sont rares (1 à 1,5 %), le plus souvent de type papillaire. Nous rapportons le cas d’une patiente opérée pour carcinome papillaire sur kyste du tractus thyréoglosse. Il s’agit d’une patiente âgée de 18 ans, sans antécédents pathologiques, ayant consulté pour une tuméfaction cervicale antérieure découverte depuis 2 ans. L’examen a trouvé une tuméfaction sus-hyoïdienne médiane mobile à la protrusion de la langue. La cytoponction a conclu à un kyste du tractus thyréoglosse et la patiente a été adressée en ORL pour résection de ce kyste. L’examen anatomopathologique de la pièce a révélé un carcinome papillaire thyroïdien. La patiente a été réopérée et a eu en deuxième temps une thyroïdectomie totale avec curage récurrentiel bilatéral. L’étude histopathologique de la pièce ainsi que des ganglions n’a pas trouvé d’infiltration tumorale. Elle a été ensuite adressée en médecine nucléaire pour complément d’IRAthérapie. Elle a été mise sous L-Thyroxine à dose freinatrice et la rémission était obtenue au bout de 2 cures d’iode131 de 100 mCi. Le carcinome papillaire sur kyste KTT est une entité rare. Il a été démontré qu’un cancer latent de la thyroïde peut se développer plusieurs années après l’exérèse du kyste. De ce fait, cette chirurgie doit être impérativement suivie d’une thyroïdectomie totale complémentaire, associée à une IRAthérapie et à un traitement freinateur par L-thyroxine. Une prise en charge complète et bien conduite est généralement associée à un bon pronostic au long cours.
L’hyperparathyroïdie primaire (HPT) est une endocrinopathie assez fréquente, due dans 80 à 85 % des cas à un adénome parathyroïdien, qui serait ectopique dans 10 % des cas. Nous rapportons le cas d’une patiente présentant un adénome au dépend d’une parathyroïde ectopique médiastinale. Il s’agit d’une patiente âgée de 50 ans, sans antécédents, qui consulte pour douleurs osseuses diffuses et constipation avec syndrome polyuro-polydipsique depuis 6 mois. Le bilan phosphocalcique a révélé une hypercalcémie avec hyperparathormonémie à 170 ng/L. La patiente a été admise au service d’endocrinologie pour complément de prise en charge de son hypercalcémie symptomatique. L’échographie cervicale faite dans le cadre du bilan de localisation était sans anomalies. Un complément par scintigraphie parathyroïdienne au 99mTC-sestaMIBI et SPECT-CT a conclu à un adénome au dépend d’une parathyroïde ectopique médiastinale antérieure au niveau de la loge thymique mesurant 11 × 17 mm. La prise en charge en urgence était de mettre la patiente sous réhydratation orale avec normalisation rapide des chiffres de calcémie à 2,7 mmol/L. L’HPT a une incidence plus significative après l’âge de 50 ans et chez la femme. Elle est le plus souvent due à un adénome parathyroïdien. Dans environ 5 à 15 % des cas, cet adénome est en situation ectopique en raison d’une migration embryologique aberrante des glandes parathyroïdes : 10 % dans le médiastin antérieur en situation intra-thoracique, 1 à 3 % en situation intra-thyroïdienne, 1 % en situation rétro-œsophagienne, et 3–5 % dans le médiastin postérieur. L’échographie cervicale et la scintigraphie parathyroïdienne sont les premiers examens à réaliser afin de localiser l’adénome et faciliter ainsi son exérèse.
Analyser les taux de survie sans maladie (SSM) en fonction des facteurs pronostiques chez les patients atteints d’un carcinome thyroïdien différencié (CDT). Nous avons mené une étude d’analyse de survie chez 312 patients suivis au service de médecine nucléaire du CHU Sahloul de janvier 2000 à décembre 2013 incluant tous les patients opérés et traités par Irathérapie avec un suivi moyen de 7,9 ans (±3,4). L’âge moyen des patients était de 41 ans avec une prédominance féminine (81 %). La variante papillaire était prédominante dans 95,83 % des cas. Selon le système pronostique ATA, 41 % des patients étaient des patients à faible risque, 41,3 % étaient à risque intermédiaire et 17,6 % étaient à haut risque. En fin de suivi, la majorité de nos patients ne présentaient pas de maladie (68,9 %). La SSM moyenne était de 12,27 ans et respectivement de 89,2 % et 71 % à 5 et 10 ans. Nous avons conclu que le sexe masculin, l’âge > 45 ans, la taille de la tumeur > 4 cm, l’extension extra thyroïdienne, l’invasion vasculaire, Tg postopératoire > 7,75 ng/mL, les métastases ganglionnaires et à distance au moment du diagnostic étaient significativement associés à une baisse les taux de survie sans maladie. Une approche de stratification des risques doit être adoptée pour orienter le traitement initial (chirurgie, curage, Irathérapie, Freination de la TSH) ainsi que les recommandations de suivi précoce (fréquence de l’échographie cervicale, BCE à l’Iode, TDM et éventuellement TEP au FDG).
Évaluer les facteurs influençant la qualité de vie liée à la santé des patients atteints d’un cancer différencié de la thyroïde (CDT) après chirurgie et irathéapie. De janvier 2018 à décembre 2019, 89 patients traités chirurgicalement et par irathérapie pour CDT ont répondus au questionnaire SF36 dans sa version en dialecte tunisien. Une analyse descriptive et bivariée entre les scores du domaine et les variables d’intérêt a été réalisée. La majorité des répondants étaient des femmes, mariées (84,3 %), sans emploi (66,3 %), résidants en ville (67,4 %). L’âge moyen était de 45,03 (± 13,71) ans, 65 % avaient fait des études secondaires ou plus. 83 (93,3 %) étaient des carcinomes papillaires et 6 (6,7 %) étaient folliculaires. L’analyse de régression logistique bivariée a montré que le sexe masculin, un niveau d’éducation plus élevé, un stade TNM précoce, un faible risque de récidive tumorale, l’age < 18 ans au moment du diagnostic, une dose cumulative d’iode-131 < 5550MBq, l’utilisation de Liothyronine Sodium, une rémission complète et une intervention chirurgicale pour la récidive locorégionale ont un impact positif sur la QVSH chez les patients DTC. Les facteurs ayant un impact négatif sur la QVSH étaient l’âge avancé et l’hypothyroïdie après l’arrêt du traitement par la lévothyroxine. La qualité de vie est fortement influencée par de nombreux facteurs sociodémographiques et cliniques. Une plus grande attention doit être accordée aux patients DTC après chirurgie et traitement à l’iode radioactif pour améliorer la qualité de vie.
Étudier les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et évolutives du carcinome thyroïdien différencié chez les enfants et les adolescents. Nous avons examiné les dossiers médicaux des patients adressés à notre service entre janvier 1991 et septembre 2013 pour irathérapie d’un carcinome thyroïdien différencié. Nous avons recensé 17 patients de moins de 18 ans. Le carcinome thyroïdien a été révélé par des nodules thyroïdiens chez 10 patients (58,8 %). Une thyroïdectomie totale a été réalisée chez tous les patients, suivie d’une irathérapie. Il s’agissait d’un carcinome papillaire dans 15 cas (88,2 %). L’atteinte était multifocale dans 7 cas (41,2 %). Au moment du diagnostic, des métastases ganglionnaires étaient présentes chez 14 patients (82,3 %) et des métastases à distance chez 8 enfants (47,1 %). La dose cumulée moyenne de l’iode 131 était de 25800 MBq. Une rémission complète a été obtenue chez 10 patients (58,8 %). La survie était de 100 % au dernier contrôle. Notre étude montre, à l’instar des autres études menées à travers le monde, que le carcinome thyroïdien différencié chez les enfants et les adolescents est rare [1]. Il est, cependant, généralement plus agressif au moment du diagnostic que chez l’adulte mais le pronostic est globalement favorable [2].
Le but de cette étude est d’évaluer l’apport de la scintigraphie des récepteurs de la somatostatine (SRS) comparativement aux autres examens d’imagerie dans la prise en charge des tumeurs neuro-endocrines (TNE). Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective à propos de 35 patients suivis pour des TNE, ayant eu au moins une SRS au 99mTc-EDDA/HYNIC-TOC (Tektrotyd®) dans le service de médecine nucléaire du centre hospitalo-universitaire Sahloul (entre 2017 et 2019) et une imagerie tomodensitométrique (TDM). Nous avons revu 44 SRS dont 14 réalisées pour suspicion de TNE (31,8 %), 17 pour le bilan d’extension (38,6 %) et 13 pour un contrôle (29,5 %). Toutes les scintigraphies comprenaient, entre autres, une acquisition tomoscintigraphique (TEMP/TDM). La comparaison des SRS et des autres données de l’imagerie a relevé une concordance des résultats dans 25 examens (56,8 %) et une discordance dans 19 cas (43,2 %). Ces divergences étaient en rapport avec de nouvelles lésions révélées par la SRS (entre autres : locorégionales dans 3 cas, métastatiques hépatiques dans 4 cas et ganglionnaires dans 4 cas), ainsi qu’avec des lésions suspectes infirmées dans 7 cas, modifiant ainsi le pronostic et la prise en charge des patients. Grâce à son double aspect morphologique et fonctionnel, la SRS a permis de détecter, pour un nombre non négligeable de patients, des lésions non décrites par les examens radiologiques. Elle a permis par ailleurs de mieux caractériser les lésions suspectes. Notre travail souligne ainsi son apport pour le bilan initial et de contrôle des TNE.
La xanthomatose disséminée est une dermatose exceptionnelle, classée dans les histiocytoses non langerhansiennes, souvent associée à un diabète insipide avec une atteinte osseuse très rare pouvant être trompeuse. Il s’agit d’une patiente âgée de 50 ans, aux antécédents de diabète insipide, suivie dans notre service pour carcinome papillaire de la thyroïde et considérée en rémission. Une tomodensitométrie (TDM) cervicothoracique lui a été indiquée devant l’apparition de douleurs touchant le rachis cervical et les épaules. L’examen a montré des lésions ostéolytiques au niveau des vertèbres C7 et L1. Il existait également une atteinte lytique de la 3ème côte gauche responsable de fractures sur os pathologique et une autre lésion d’allure lentement évolutive de la métaphyse supérieure de l’humérus gauche. Des métastases ont été suspectées et un complément d’exploration par scintigraphie osseuse a été alors proposé. Les images scintigraphiques mettaient en évidence des hyperfixations au niveau des vertèbres C7, T9 et L1, de la métaphyse supérieure de l’humérus gauche et de la diaphyse de l’humérus droit. Par ailleurs, la scintigraphie a mis en évidence une hyperfixation bilatérale intense au niveau des métaphyses fémorales inférieures et au niveau métaphyso-diaphysaire des deux tibias. L’aspect scintigraphique noté au niveau des membres inférieurs était peu évocateur de localisations secondaires et faisait plutôt suspecter une atteinte osseuse type histiocytose. Cette suspicion était par ailleurs motivée par la découverte chez notre patiente de papules roses pâles au niveau axillaire et inguinal. Une biopsie cutanée a été alors demandée permettant de retenir le diagnostic de xanthomatose disséminée de Montgomery et d’attribuer les anomalies osseuses à cette pathologie très rare. Le cas rapporté illustre la contribution de la scintigraphie osseuse au diagnostic d’une xanthomatose disséminée dont les manifestations squelettiques étaient révélatrices. L’originalité de notre travail provient, par ailleurs, de l’association de cette maladie au cancer papillaire de la thyroïde.
La multifocalité est un facteur d’agressivité du carcinome différencié de la thyroïde (CDT). L’intérêt de notre travail est de préciser les caractéristiques cliniques, histologiques, évolutives et l’impact pronostique de l’atteinte multifocale dans le CDT. Il s’agit d’une étude rétrospective incluant 122 patients, ayant un CDT avec une atteinte multifocale, suivis au service de médecine nucléaire de Sousse entre 2000 et 2011. L’âge moyen de nos patients était de 40 ans (± 16 ans). Le sex-ratio était de 0,2. Tous les patients ont eu une thyroïdectomie totale suivie d’une ablation isotopique à l’iode-131. Au total, 87,7 % des patients ont eu un curage ganglionnaire. Le carcinome papillaire classique était le plus fréquent (77,9 %). La bilatéralité a été retrouvée dans 48,4 % des cas. Les métastases ont été trouvées initialement dans 63,1 % des cas au niveau ganglionnaires et dans 12,29 % des cas à distance. Une rémission complète a été notée chez 59,8 % des cas, une réponse biologique incomplète dans 14,8 % des cas et une poursuite structurale dans 13,1 % des cas. L’étude de survie sans maladie a montré une différence statistiquement significative en cas d’une extension cervicale (p = 0,008), l’invasion vasculaire (p = 0,027) et la présence de métastase au moment du diagnostic (p = 0,003). La multifocalité est une caractéristiques d’agressivité du CDT avec une incidence variant de 18–87 %. Elle est caractérisée par une fréquence plus élevée d’infiltration extrathyroïdienne et de métastases ganglionnaires. La prise en charge de cette atteinte nécessite une thyroïdectomie totale associée souvent à un curage ganglionnaire cervical central.
L’ostéome ostéoïde est une tumeur relativement fréquente : 4 % des tumeurs osseuses primitives et 15 % des tumeurs osseuses bénignes. Elle est essentiellement observée entre 7 et 25 ans avec une prédominance masculine (sex-ratio : 3/1). Cliniquement, l’ostéome ostéoïde est révélé par des douleurs nocturnes calmées par l’aspirine. La douleur peut précéder de plusieurs mois l’anomalie radiographique. Notre travail a pour but d’illustrer l’intérêt de la scintigraphie osseuse aux biphosphonates et notamment des acquisitions tomoscintigraphiques couplées à la tomodensitométrie (TEMP/TDM) dans le diagnostic étiologique des douleurs osseuses persistantes associées à un bilan radiologique standard normal. Il s’agit de trois patients âgés respectivement de 18, 19 et 30 ans, actifs et sans antécédent traumatologique ou orthopédique. Ils présentent des douleurs osseuses inflammatoires, d’évolution chronique, localisées respectivement, au niveau du rachis cervical haut, de la plante du pied droit et du coude droit. Tous nos patients ont bénéficié d’un bilan radiologique standard qui s’est révélé non concluant. La scintigraphie osseuse a été prescrite devant le caractère persistant de la douleur. Chez les trois patients, la scintigraphie osseuse en mode planaire a mis en évidence aux temps précoce et tardif un foyer hyperfixant en correspondance avec les zones douloureuses. L’examen a été complété par des acquisitions TEMP/TDM qui ont confirmé les anomalies vues en planaire. Dans les trois cas, les anomalies scintigraphiques correspondaient au scanner à une petite lésion ostéolytique, ronde, régulière, homogène et bien limitée par un liseré d’ostéocondensation. Cet aspect est fortement évocateur d’un ostéome ostéoïde. La scintigraphie osseuse aux biphosphonates, complétée par des acquisitions TEMP/TDM, contribue fortement au diagnostic de l’ostéome ostéoïde quand les images radiologiques sont atypiques ou l’expression clinique est inhabituelle.
L’hémangiome vertébral (HV) est une malformation hamartomateuse bénigne, souvent asymptomatique et de découverte fortuite. La fréquence des hémangiomes est estimée à environ 1 % des tumeurs osseuses primitives et 2 % des tumeurs bénignes. Plus de 50 % des cas se présentent au cours de la deuxième décennie avec une prédominance féminine (sex-ratio = 3/2). HV peut être considéré en oncologie comme un véritable diagnostic différentiel de métastases osseuses en scintigraphie osseuse, vu son aspect très variable. Nous présentons, dans ce contexte, les cas de deux patients âgés respectivement de 56 et 59 ans, adressés pour la réalisation d’une scintigraphie osseuse pour un bilan d’extension d’une pathologie néoplasique (le premier patient : lymphome B cutané et le deuxième : adénocarcinome prostatique). L’examen scintigraphie planaire a mis en évidence un foyer d’hypofixation au niveau de l’hémicorps gauche de D9 pour le premier patient et un foyer d’hyperfixation au niveau de D8 latéralisé à droite pour le deuxième patient. La réalisation complémentaire d’une tomographie d’émission monophotonique couplée à un scanner (TEMP/TDM) a montré que les anomalies scintigraphiques planaires se projettent, dans les deux cas, en regard d’une lésion ostéolytique bien limitée. Ces lésions avaient un aspect de vertèbre grillagée striée verticalement sur les reconstructions sagittales et un aspect piqueté épais d’os dense (en têtes d’épingles) sur les coupes axiales, correspondant à un hémangiome vertébral. La TEMP/TDM a permis de réorienter le diagnostic vers une malformation vasculaire intra-osseuse bénigne (hémangiome vertébral) et d’éliminer le diagnostic de métastases osseuses dans un contexte néoplasique.
Rapporter un cas de maladie des exostoses multiples (MEM) de découverte fortuite grâce à l’exploration complémentaire par TEMP/TDM en pathologie osseuse et discuter la place de la scintigraphie osseuse dans le suivi et la prise en charge ultérieure. Nous rapportons le cas de madame B.K.H., âgée de 45 ans, qui nous a été adressée pour exploration de gonalgies bilatérales de type mécanique d’installation récente sans autre signe associé. Les radiographies standards ont mis en évidence la présence de formations osseuses au niveau des condyles fémoraux et en regard du tibia gauche. La patiente a bénéficié d’une scintigraphie osseuse planaire (SOP) en 3 temps avec acquisition d’une TEMP/TDM centrée sur la zone pathologique. La SOP était à la limite de la normale sans anomalie de captation au temps précoce ainsi qu’une fixation globalement homogène sur l’ensemble du squelette, en dehors d’un discret foyer d’hyperfixation hétérogène se projetant au niveau de la loge postéro-supérieure de la jambe gauche difficile à localiser. Le complément d’exploration par TEMP/TDM a montré le foyer de fixation qui se projette au niveau d’une excroissance osseuse à contours polylobés, corticospongieuse, bien limitée, au niveau de la métaphysaire fibulaire gauche avec une base d’implantation large en faveur d’un ostéochondrome dans sa forme sessile. On note aussi la présence de plusieurs autres excroissances osseuses dont la plus volumineuse au niveau de la métaphyse fémorale droite de forme pédiculée avec une base d’implantation étroite, orientée vers la diaphyse, fuyant l’articulation. Cet aspect a permis de faire le diagnostic d’une maladie exostosante multiple. La MEM est une pathologie osseuse rare, d’origine génétique, caractérisée par la présence de plusieurs exostoses ou ostéochondromes. Contrairement à l’ostéochondrome solitaire, la MEM est à surveiller de près vu le risque de dégénérescence sarcomateuse plus élevé. La scintigraphie osseuse joue un rôle essentiel dans le bilan lésionnel initial et dans la surveillance ultérieure. Toute augmentation de l’intensité de fixation doit faire évoquer une complication, notamment une dégénérescence.
Étudier les caractéristiques clinico-pathologiques et évolutives des microcarcinomes différenciés de la thyroïde (MCDT). Il s’agit d’une étude rétrospective incluant 58 patients suivis pour MCDT sur une durée de 11 ans allant de 2000 à 2011 avec une moyenne de suivi de 7,7 ans. La moyenne d’âge à la découverte du MCDT était de 44 ans avec un sex-ratio de 0,2. Le motif de découverte le plus fréquent était la présence d’un goitre chez 43,1 % des patients. Tous les patients ont été traités par une thyroïdectomie totale suivie d’une ablation isotopique à l’iode-131 avec une activité moyenne de 274 mCi. Le curage ganglionnaire a été effectué dans 65,5 % des cas. Le type histologique dominant était le carcinome papillaire classique (82,8 %) suivi du carcinome papillaire dans sa variante vésiculaire (8,62 %). Une rémission complète a été notée chez 84,5 % des patients, une poursuite locorégionale dans 12,06 % des cas, une récidive ganglionnaire et une métastase osseuse dans 1,72 % des cas chacun. L’étude univariée des facteurs pronostiques pour la poursuite ou de la survenue d’une récidive a montré une différence statistiquement significative en cas de métastases ganglionnaire (p = 0,01) ou à distance (p = 0,01) au moment du diagnostic. Le MCDT est une tumeur maligne caractérisée par son bon pronostic et par une nette augmentation de son incidence. Notre étude est concordante avec les données de la littérature en montrant que les métastases ganglionnaires et à distance au moment du diagnostic sont significativement associées à une récurrence plus élevée du cancer.