Introduction La kératose séborrhéique (KS) est une entité banale. Chez les personnes de phototype foncé, elle se confond avec la dermatosis papulosa nigra (DPN). Nous souhaitons rapporter, chez une personne de phototype foncé, une autre forme clinique de KS, décrite il y a plus de 50 ans mais semblant depuis curieusement ignorée par la littérature. Observation Une femme de 54 ans d’origine malienne consultait pour 3 lésions asymptomatiques du tronc d’ancienneté indéterminée. Il s’agissait d’élevures d’environ 5mm de diamètre discrètement palpables, d’un blanc terne. La dermoscopie montrait un pourtour festonné avec fine hyperpigmentation linéaire périphérique, contrastant avec le « blanc-cassé » du reste de la lésion.Un shaving superficiel d’une lésion était effectué. L’examen histologique montrait une hyperplasie épidermique avec acanthose, papillomatose convolutée et hyperkératose orthokératosique profondément indentée, ensemble morphologique typique de KS. La pigmentation de la couche basale était réduite ou inapparente. Un immunomarquage par SOX 10 trouvait une densité en mélanocytes inférieure à celle de la peau saine, avec concentration lymphocytaire du derme papillaire au contact d’une zone dénuée de mélanocytes. Discussion Le cas rapporté présentait une histologie typique de KS. Sa particularité tenait à son aspect clinique, différant aussi bien de ceux d’une KS usuelle que d’une DPN, du fait notamment d’une dépigmentation inhabituelle dans ce contexte.Nous n’avons identifié dans la littérature que 2 rapports indiscutables, en outre assez anciens, de respectivement 6 et 1 cas de ce tableau anatomoclinique. Il est possible que, en l’absence d’étude histologique, ce tableau, sans doute non exceptionnel, puisse être confondu avec d’autres entités hypochromiantes courantes comme l’hypomélanose idiopathique en goutte.La présence au sein de la lésion d’une diminution de la densité en mélanocytes accompagnée d’un infiltrat inflammatoire lymphoïde au contact suggérait un mécanisme de dépigmentation proche de celui d’un vitiligo en phase active. Conclusion En définitive, nous estimons que la clinique, surtout si confortée par la dermoscopie, est suffisamment caractéristique pour porter le diagnostic de « KS blanche », terminologie que nous proposons en référence à la description princeps.
Pigmentary mosaicism (PM), also known as Blaschkoid dyspigmentation, is a rare pigmentary anomaly. Although several case reports have been published describing extracutaneous manifestations associated with PM, there are very few studies on the clinical characteristics of patients with PM.To describe the clinical characteristics of patients with PM.This descriptive cross-sectional study was conducted among 47 children examined by a dermatologist and a pediatrician. The pattern and location of the PM, type of pigmentation and extracutaneous manifestations were documented.The most common pattern of PM was narrow-band PM, followed by broad-band and checkerboard patterns. The trunk was the most affected region, followed by the legs and arms. PM manifested as hypopigmentation in 51.1% of cases, as hyperpigmentation in 27.6%, and as hypo/hyperpigmentation in 21.2%. Accompanying diseases were present in 40.4% of patients: neuropsychiatric diseases were the most common, followed by endocrinological or hematological diseases and growth/developmental delay.PM has been associated with several extracutaneous findings but there is still some debate whether these associations reflect different PM phenotypes or whether they are simply coincidental. Our study suggests that extracutaneous involvement in PM patients is frequent, thus warranting careful examination of PM patients.
Background: Bullous haemorrhagic dermatitis (BHD) is an uncommon and highly particular side effect of various forms of heparins. Methods: To better characterise the disease, we collected all cases from French Pharmacovigilance centres recorded over a 20-year period (37 cases) and performed a Medline literature search up to June 2020 (57 cases). Results: In all, 94 patients were identified (male/female ratio: 2.2) of mean age 73.5 +/- 12.1 years (31-94). Patients were treated with enoxaparin (n = 66), unfractionated heparin (n = 11), fondaparinux (n = 10), tinzaparin (n = 4), bemiparin (n = 1), reviparin (n = 1), dalteparin (n = 1), and 4 with other anticoagulants: warfarin (n = 3) and rivaroxaban (n = 1). All cases presented with 1 to more than 100 haemorrhagic vesicles and bullae, distant from the injection sites, located mainly on the lower (75%) or upper limbs (69%). The lesions were asymptomatic, except in 5 patients who had pruritic or painful lesions. The interval between treatment initiation and BHD ranged from 6 hours to 30 days (mean: 8.4 +/- 7 days). Biopsy (n = 53) showed intraepidermal or subcorneal cavity with red cells (n = 39) or junctional blisters (n = 10), with eosinophilic infiltrate only rarely. Direct immuno-fluorescence was negative in 19/20 cases and indirect immunofluorescence was negative in 8/8. The outcome was favourable in all cases, including in 12 patients for whom heparin was maintained. A 93-year-old patient died of compressive haematomas unrelated to BHD. We found 5 cases similar to BHD due to other anticoagulants. Discussion: This is the largest comprehensive series of this adverse effect due to heparins or, more rarely, to other anticoagulants. Dermatologists must be aware of BHD, since this benign side effect does not necessarily require interruption of treatment. It is rare, considering the large-scale prescription of heparins, and occurs mainly in male patients aged over 70. Although the presentation is highly typical, the physiopathology is difficult to understand, as coagulation parameters are usually normal. Aging, skin fragility or mechanical factors might play a role. (c) 2021 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Les lésions médullaires entraînent, notamment, des difficultés, voire l’impossibilité, à se tenir debout ou marcher. Elles sont à l’origine de graves complications liées à la restriction de mobilité et au décubitus qui en découle. De surcroît, elles touchent une population jeune et active chez qui l’état de santé et les conditions socioprofessionnelles sont bouleversées. De telles lésions se traduisent également par un coût lié aux soins et au handicap toujours plus impressionnant, en parallèle d’une espérance de vie croissante, chez une population dont la reprise de la marche est une priorité. Les orthèses fonctionnelles, la stimulation électrique fonctionnelle ou encore des systèmes de lutte contre la pesanteur sont des réponses apportées à la demande des patients. Néanmoins, ces dispositifs nécessitent la présence d’aides externes ou engendrent une consommation énergétique majeure qui limite leur usage régulier au quotidien. C’est ainsi que les exosquelettes représentent une réponse qui semble adaptée à la problématique soulevée et dont le présent travail vise à éclaircir les limites et bénéfices d’utilisation. Il existe, à ce jour, une dizaine de modèles d’exosquelettes adressés aux blessés médullaires sur le marché mondial. Chacun vise à suppléer les fonctions déficientes de marche et de station érigée, tout en offrant aux équipes médicales un outil de travail rééducatif intéressant et un moyen innovant de lutte contre les complications du décubitus. Cette triple perspective de prise en charge place les exosquelettes comme un outil révolutionnaire dans le parcours de soins des blessés médullaires. Cependant, les exosquelettes n’en restent pas moins encore extrêmement coûteux financièrement et cognitivement pour leurs utilisateurs. S’ajoutent à cela, entre autres exemples, un manque de preuves scientifiques robustes sur leur efficacité et une sollicitation intense des membres supérieurs à l’origine de troubles musculosquelettiques et limitant les interactions du sujet avec son environnement. De telles complications limitent actuellement leur démocratisation et utilisation en vie courante.Spinal cord injuries cause major impairments that may impede the ability to stand or walk. The subsequent restriction of movement and imposed decubitus lead to serious side effects. Moreover, spinal cord injury often affects a young and working population with an increasing life expectancy. For these patients and society in general, disrupted health and socio-occupational conditions have a significant cost related not only to healthcare but also the individual's disability per se. For most, the top priority is to recover the ability to walk. Functional orthoses, functional electrical stimulation or even weight-bearing systems are current responses to this demand. Nevertheless, these devices require external assistance or imply tremendous energy consumption. Thus, an adequate answer to this important issue would be the powered exoskeleton. Here, we discuss the benefits and limits of powered exoskeletons. Currently, around ten different powered exoskeletons are available for people with spinal cord injuries. Each has been designed to compensate for defective walking or standing function. These devices constitute an innovative rehabilitation tool for medical teams and greatly contribute to alleviating the deleterious effects of decubitus. Powered exoskeletons can revolutionize the lives of patients with spinal cord injury, but they are costly and require significant cognitive capacity. In addition, strong scientific proof of efficiency is still lacking. Most powered exoskeletons require intense use of the upper limbs leading to musculo-skeletal problems that restrain patients in their interactions. Here, we present a handful of examples that currently curtail worldwide distribution and everyday use of powered exoskeletons.