This article examines the evolution of questionnaires related to literary texts in school textbooks, in an attempt to understand the reading models and approaches to texts proposed to pupils and teachers. After a brief theoretical and methodological overview, it explores possible differences linked to school level (junior high/high school), the period under consideration and the genre of the text, in order to investigate the models of readers constructed by the questionnaires.
L’étude interroge la scolarisation des auteurs contemporains depuis le début du XIX e siècle en s’intéressant non pas tant au corpus scolarisé ni au palmarès des auteurs qu’au mode de fabrication des « contemporains » (le cadre de leur scolarisation, leur justification, la notion elle-même, etc.) et aux processus de classicisation en œuvre dans les manuels. Il s’appuie sur un corpus de manuels du second cycle du secondaire, en s’attachant plus particulièrement aux discours préfaciels, qui justifient et explicitent les choix faits par les auteurs, ainsi qu’aux modes d’organisation des manuels, qui donnent à voir les cadrages de cette scolarisation. L’étude montre les évolutions depuis deux siècles quant aux discours tenus sur les auteurs contemporains et quant à leur statut ; mais il souligne aussi les ambigüités et les paradoxes de la scolarisation de la littérature contemporaine, à toutes les époques.
Si le terme didactisation est fréquemment employé pour aborder la question des contenus en formation à l’enseignement, il l’est plus marginalement en recherche, où son élaboration théorique semble incertaine. Deux acceptions se dégagent néanmoins : d’un côté la didactisation désigne plutôt une opération de préparation des documents pour la classe ; de l’autre, le terme didactisation semble utilisé comme quasi-synonyme de transposition didactique, mais davantage pour faire état du processus de construction des contenus scolaires que pour l’interroger de manière critique. Ces deux acceptions soulignent les tensions liées à l’articulation entre recherche didactique et formation à l’enseignement, entre visée scientifique et finalité praxéologique, et appellent une clarification pour éviter une approche trop applicationniste du terme, portée par un contexte de formation à l’enseignement où les attentes de prescriptions pratiques contraignent fortement l’élaboration des dispositifs et contenus.
L’article interroge tout d’abord les notions qui concurrencent celle de « forme scolaire » dans le champ des didactiques disciplinaires, qui se sont davantage construites autour du concept de « discipline ». Il examine ensuite comment les didacticiens articulent – ou pas – « forme scolaire » et « discipline », avant de travailler plus particulièrement deux autres concepts, la « scolarisation » et la « culture scolaire », en tant qu’ils permettent de penser autrement la « forme école ». Là où la notion de « forme » renvoie plutôt à une configuration – pédagogique et didactique – structurante, celle de « culture scolaire » renvoie à un ensemble qui comprend des contenus, des pratiques, des valeurs, des représentations, etc., ainsi qu’au rapport construit par l’école et ses acteurs à cet ensemble, toutes ces choses devant être saisies dans leur dimension pleinement culturelle, et dans leur épaisseur historique.
Does the place and status of female authors in the study of literary history in schools depend on whether this history has been written by men or women? This article looks at a corpus of schoolbooks for pupils aged fifteen to eighteen from the 1980s to the 2020s, periodized by decade. The analysis shows how in educational culture, issues of gender difference have long been sidelined by the prevailing norms and ways of thinking, before revealing a slight shift that must, however, be examined with caution.
Dans le numero 149-150 de Pratiques intitule Didactique du francais 2, B. Daunay et Y. Reuter (2011) portaient un regard critique sur les recherches en didactique du francais et mettaient en evidence les fragilites de la didactique du francais comme discipline de recherche d’un triple point de vue : (a) les problemes institutionnels lies aux politiques educatives, aux modes d’evaluation des recherches et a l’instabilite de la formation des maitres ; (b) la grande « sensibilite sociale » de la...
L'article porte sur la scolarisation de Bossuet dans les manuels de 1800 à 2019 et montre comment cet auteur devient progressivement le seul représentant de l'éloquence (sacrée). En effet, il est l'orateur qui peut le mieux être « adapté » aux évolutions de la discipline. Il est étudié, dès le milieu du xixe siècle, pour son lyrisme, sa « poésie », et devient progressivement un maître de l'argumentation. L'éloquence scolaire est donc une éloquence scolarisée, mise au service des exercices de la discipline (modèle de composition au xixe siècle, mais de manière très marginale ; lecture et explication de textes qui s'attachent à son « style » ensuite ; objet d'histoire littéraire : génie classique, écrivain national…).
L'article se propose d'explorer à nouveaux frais la question de la construction des savoirs scolaires, initiée dès les années 1980-1990 dans le champ des didactiques disciplinaires par la théorie de la transposition didactique, en élaborant un appareil conceptuel cohérent autour de deux concepts : la scolarisation et la culture scolaire. Il le fera en mettant en perspective la didactique du français avec d'autres didactiques et d'autres disciplines (sociologie de l'éducation, histoire des disciplines…), et en revisitant l'histoire des didactiques (et particulièrement de la didactique du français) et de la construction du champ.
Cet article envisage l'extrait et l'extraction dans l'enseignement secondaire français d'un point de vue didactique, comme un processus de scolarisation des œuvres littéraires. Il envisage tout d'abord l'extrait en tant que support privilégié de la mise au travail des élèves, et questionne l'extrait et l'exercice en tant que couple fondateur des pratiques d'enseignement de la littérature. Il analyse ensuite des formes variées de réancrage des extraits (assemblage, amphitextualité, lecture suivie) pour comprendre comment elles s'intègrent et s'articulent aux pratiques disciplinaires.
Si la notion de « culture scolaire » intéresse de nombreuses disciplines en sciences humaines et sociales, elle n’a jamais fait l’objet d’un travail théorique spécifique dans le champ des didactiques. C’est cette élaboration conceptuelle que vise cet ouvrage, qui explore tout d’abord – sur un plan épistémologique et archéologique – les cadres théoriques par lesquels les didactiques disciplinaires saisissent la construction de la culture scolaire, avant de mettre à l’épreuve cette spécificité des approches didactiques de la culture scolaire à travers trois études de cas : la littérature scolaire, les exercices et les genres scolaires, et enfin les manuels scolaires. Il s’agit donc – à partir d’un ancrage plus spécifique mais non exclusif en didactique du français – de contribuer au projet comparatiste et au dialogue épistémologique des didactiques, en proposant un appareil conceptuel cohérent : c’est la scolarisation qui permet de décrire les processus de fabrication de la culture scolaire, envisagée comme une culture originale de l’école.
S'interrogeant sur la scolarisation des romans de Victor Hugo, l'article propose une triple approche comparatiste, historique et didactique en analysant, à travers un corpus raisonné de manuels scolaires, quels sont les extraits lus dans quatre niveaux scolaires : le lycée général, professionnel, le collège et l'école primaire, de la fin du xixe siècle au début du xxie. À travers les extraits et leur rapport à l'œuvre intégrale, il s'agit de découvrir ce qui s'enseigne selon les âges et les niveaux scolaires des élèves et quelles sont les finalités visées dans le domaine de la littérature.