The medical device M101 is an extracellular hemoglobin featuring high oxygen-carrying capabilities. Preclinical studies demonstrated its safety as an additive to organ preservation solutions and its beneficial effect on ischemia/reperfusion injuries. OXYgen carrier for Organ Preservation (OXYOP) is a multicenter open-label study evaluating for the first time the safety of M101 added (1 g/L) to the preservation solution of one of two kidneys from the same donor. All adverse events (AEs) were analyzed by an independent data and safety monitoring board. Among the 58 donors, 38% were extended criteria donors. Grafts were preserved in cold storage (64%) or machine perfusion (36%) with a mean cold ischemia time (CIT) of 740 minutes. At 3 months, 490 AEs (41 serious) were reported, including two graft losses and two acute rejections (3.4%). No immunological, allergic, or prothrombotic effects were reported. Preimplantation and 3-month biopsies did not show thrombosis or altered microcirculation. Secondary efficacy end points showed less delayed graft function (DGF) and better renal function in the M101 group than in the contralateral kidneys. In the subgroup of grafts preserved in cold storage, Kaplan-Meier survival and Cox regression analysis showed beneficial effects on DGF independent of CIT (P = .048). This study confirms that M101 is safe and shows promising efficacy data.
La formation des calculs de vessie chez l’homme est souvent attribuée à l’hyperplasie bénigne de prostate (HBP). Le traitement du calcul et de l’obstruction sous-vésicale lors de la même intervention est fréquent mais parfois inefficace voire délétère. Notre objectif était d’analyser l’évolution des hommes opérés d’une ablation de calcul de vessie avec ou sans chirurgie concomitante de l’HBP. Tous les cas d’hommes de plus de 50 ans opérés d’une ablation de calcul vésical dans 2 centres universitaires français entre 2009 et 2018 ont été analysés de façon rétrospective. Les patients présentant une insuffisance rénale terminale, une vessie neurologique ou opérés d’une entérocystoplastie ou d’une prostatectomie radicale étaient exclus. Trois critères binaires de jugement au suivi étaient recensés : complications postopératoires Clavien ≥ 2 suite à une chirurgie pour calcul et/ou pour HBP concomitante ou secondaire, chirurgie de l’HBP secondairement, nouvelle intervention pour récidive de calcul de vessie. Un score composite de 0 à 3 était calculé (0 = succès aux 3 critères). Cent trente-deux patients ont été inclus, 77 (58 %) ont reçu un traitement chirurgical concomitant de l’HBP (RTUP, laser, ICP ou AVH) et 55 une ablation seule de calcul. Le groupe avec un traitement concomitant avait un volume prostatique moyen supérieur (66 mL vs 52 mL, p = 0,012) et un résidu post-mictionnel plus élevé (119 mL vs 51 mL, p = 0,05). Avec un suivi moyen de 51 mois (écart-type 37 mois), les patients ayant reçu un traitement concomitant étaient moins souvent réopérés pour HBP (8 % vs 45 %, p < 0,01, délai moyen 35 mois), avaient plus de complications précoces (48 % vs 26 %, p = 0,012) et étaient moins souvent réopérés pour calcul de vessie (8 % vs 42 %, p < 0,01). Le score composite était en faveur du traitement concomitant (0,61 vs 1,14, p = 0,001). La chirurgie de l’HBP concomitante à l’ablation d’un calcul de vessie semble apporter un bénéfice concernant les taux de nouvelle intervention pour HBP ou calcul, au prix cependant d’une morbidité postopératoire supérieure. La stratégie thérapeutique d’ablation d’un calcul doit vraisemblablement être décidée au cas par cas.
Les transplantations rénales et hépatiques réalisées à partir de DDAC Maastricht 3 présentent d’excellents résultats grâce à l’utilisation de la circulation régionale normothermique (CRN). Néanmoins, la CRN pourrait être traumatique pour le pancréas, organe sensible aux barotraumatismes. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact du débit de perfusion de la CRN et de la solution de conservation sur le pancréas. Cette étude a été autorisé par l’Agence de biomédecine (PFS08-017). Six patients DDAC M3 ont été inclus entre janvier 2017 et décembre 2018 dans un centre universitaire et 2 donneurs en état de mort encéphalique ont été inclus. Des biopsies pancréatiques ont été réalisées lors du prélèvement d’organe. Une solution de 4e génération, l’IGL-1 © a été utilisé comme solution de perfusion et de conservation. Le débit de perfusion de la CRN était < 3 L/min chez 2 DDAC (groupe 250 mL/min chez 4 DDAC). Les caractéristiques des DDAC étaient équivalents entre les groupes. La durée de la CRN était de 174,5 ± 4,5 minutes dans le groupe < 3 L/min et 163,3 ± 23,0 minutes dans le groupe ≥ 3 L/min (p = 0,8). À l’analyse macroscopique, il n’y avait pas de différences entre les groupes à l’évaluation par l’Œdema Scale (échelle visuelle d’évaluation de l’œdème). Les variations de lactates pendant la CRN étaient équivalentes entre les groupes (delta lactates à 1 h de CRN–lactates pré-CRN : 7,4 ± 2,1 versus 10,1 ± 2,4 dans les groupes < 3 L/min et ≥ 3 L/min respectivement, p = 0,5). Il n’y a pas eu d’amines sous CRN. La clairance de la créatinine des patients transplantés à 1 mois était similaire. L’utilisation de la CRN permet d’améliorer la qualité des transplants et d’améliorer les résultats des transplantations rénales et hépatiques sans être délétère pour le pancréas.
Le prélèvement multi-organe (PMO) est un maillon indispensable dans la chaîne de la transplantation réalisé chez plus de 34 000 donneurs par année dans le monde [1]. La technique est standardisée mais la courbe d’apprentissage, liée au début d’expérience d’une majorité des chirurgiens préleveurs, se traduit par un allongement de la durée d’extraction qui a des conséquences sur les résultats de la greffe [2], [3]. Nous proposons l’évaluation du niveau 1 du modèle de Kirkpatrick [4] de la formation EFPMO dont l’apprentissage théorique est couplé à un enseignement par simulation sur SimLife depuis 2 ans. Une simulation en équipe des apprenants sur corps reperfusés et reventilés grâce à la technologie Simlife [5] était proposée au milieu de la formation. En fin de session, un questionnaire portant sur l’expérience de l’apprenant, la fidélité anatomique du modèle et les compétences acquises, gradués selon une échelle de Likert de 1 à 10 était proposé. Les résultats sont rapportés en moyenne (écart-type). Entre 2017 et 2018, 93 apprenants organisés en 24 équipes ont participé à l’étude. Le score de satisfaction globale était 8,91(1,22), la correspondance anatomique du modèle SimLife 8,37(1,19) et le degré de réalisme 7,86(1,29). Il n’y avait pas de différences significatives suivant l’année de formation de l’apprenant. On observait un score de compétences acquises plus important chez les apprenants sans expérience préalable en tant qu’opérateur principal. Le modèle anatomique et dynamique Simlife est un outil permettant d’obtenir une bonne adhérence des apprenants à une séance de simulation en prélèvement multi-organe. Il permet d’améliorer la connaissance anatomique et la confiance dans la technique du PMO, avec un effet plus marqué chez les apprenants sans expérience préalable comme opérateur.
Static cold storage (SCS) and hypothermic machine perfusion (HMP) are currently standard methods for renal grafts clinical preservation. Both methods are predominantly implemented without the active delivery of oxygen, even for donation after circulatory death-like kidneys. However, even under severe hypothermia (4°C-6°C), kidneys can consume oxygen and produce ATP. What is not established, though, is to what extent and how SCS and HMP compare in terms of oxygen. Using a porcine preclinical model of renal warm ischemia (WI) to compare SCS and HMP methods, we continuously monitored and quantified oxygen level and consumption along preservation; we also determined prepreservation and postpreservation cortical ATP level; values were given as median and [min; max] range. One-hour WI reduced ATP by ∼90% (from 3.3 [1.7; 4.5] mmol/L tissue in Controls). Oxygen consumption (QO2, μmol/min per 100 g) was determined from initial solution PO2 decrease (SCS and HMP) and from arterio-venous difference (HMP). In SCS and HMP, PO2 decreased rapidly (t1/2 ∼1 h) from atmospheric levels to 52.9 [38.0; 65.9] and 8.2 [3.0, 16.0] mmHg, respectively. In HMP, QO2 was 2.7 [0.4; 3.9] versus 0.5 [0.0; 1.3] in SCS (P < 0.05); postpreservation ATP amounted to 5.8 [3.2; 6.5] in HMP versus 0.1 [0.0; 0.2] in SCS. Despite hypothermic conditions in SCS or HMP, donation after circulatory death-like renal grafts require oxygen. Increased oxygen consumption, restored ATP level, and improved histological profile in HMP might explain the established HMP superiority over SCS. These results establish a rational basis for the use of oxygen in hypothermic preservation. Optimal levels required for preservation and graft-type variants remain to be determined.
Abstract The relationship between cold ischaemia time (CIT) and adverse outcome is now acknowledged. However, the underlying mechanisms remain to be defined, which slows the development of adapted therapeutics and diagnostics. We explored the impact of CIT in both preclinical and in vitro models of preservation. We determined that the endoplasmic reticulum (ER) and its stress response (unfolded protein response, UPR) were regulated in close association with CIT; the eIF2α-ATF4 pathway was inhibited early (1–8 h) at the detriment of cell survival, while the ATF6 pathway was activated late (12–24 h) and associated with cell death. The IRE1α-XBP1 branch was activated at reperfusion only if CIT extended beyond 8 h, and had a dual role on cell fate – deleterious through IRE1’s RNase activity and beneficial through IRE1α other roles. Finally, the pro-apoptotic factor CHOP was a common target of both ATF6 and IRE1α pathways and was associated with elongated CIT and increased cell death. Microarray analysis of human transplanted kidney confirmed that UPR markers were regulated by CIT and that CHOP was associated with adverse outcome. We show that UPR could be a critical pathway explaining the relationship between CIT and graft outcome, highlighting the potential for UPR-based therapeutics and diagnostics to improve transplantation.
Objectifs Décrire pour la première fois notre technique d’urétérectomie segmentaire laparoscopique robot-assistée avec repérage de la sténose urétérale grâce au système d’imagerie par fluorescence proche infrarouge Da Vinci® FireflyTM après marquage endoscopique. Méthodes L’intervention a eu lieu en octobre 2016 chez une patiente de 54 ans souffrant d’endometriose avec nodule urétéral intrinsèque, qui a bénéficié d’une prise en charge médicale avec traitement hormonal ayant abouti à une sténose ureterale droite séquellaire. Le marquage endoscopique de la sténose a été réalisé par urétéroscopie rigide avec injection de vert d’indocyanine dans la paroi urétérale grâce à une aiguille à injection endoscopique. La sténose ainsi marqué a par la suite été mise en évidence pendant le temps laparoscopique robot-assisté par le système d’imagerie par fluorescence proche infrarouge FireflyTM, permettant un repérage rapide et exérèse précise de la lésion. L’uretère a par la suite été réimplanté sur une vessie psoïque sur une sonde double J. Résultats L’ablation de la sonde JJ a eu lieu six semaines après la chirurgie sans récidive de la symptomatologie. Une échographie de l’appareil urinaire réalisée à 12 semaines montrait une dilatation résiduelle de 24mm du bassinet avec une créatinine normale (Fig. 1). Conclusion En conclusion, l’imagerie par fluorescence proche infrarouge lors de l’urétérectomie segmentaire par laparoscopie robot-assisté permet un repérage aisé et rapide ainsi qu’une résection précise de la sténose.
« Jamais la première fois sur le patient » cette directive nationale représente le socle de l’enseignement par simulation en formation médico-chirurgicale initiale et continue. Pour la chirurgie, la simulation est limitée par la distance anatomique qui existe entre les dispositifs actuellement sur le marché et la réalité du bloc opératoire. C’est pourquoi nous proposons un modèle de simulation utilisant des corps associés à un dispositif de circulation pulsatile et de ventilation permettant de réaliser des procédures par voie ouverte et par cœlioscopie. Le modèle SimLife comprend un corps relié à un dispositif spécifique permettant une circulation artérielle pulsatile, une turgescence veineuse grâce à un liquide mimant le sang. Ce procédé permet d’obtenir une couleur et une texture des tissus proches du réalisme du bloc opératoire. Ce dispositif s’adapte aux conditions opératoires : exemple : choc hémorragique par plaie vasculaire. SimLife System permet une ventilation mimant les mouvements du thorax et du diaphragme. Ce modèle a été évalué au cours de sessions de formation en chirurgie ouverte et cœlioscopique : néphrectomie, sleeve gastrectomie, thoracoscopie, promontofixation, prostatectomie, prélèvement multiorganes, remplacement valvulaire aortique… Pour les critères : possibilité d’apprentissage d’une procédure avec ce modèle, réalisme général du modèle, réalisme anatomique du modèle et satisfaction globale, le taux de satisfaction est toujours supérieur à 80 % (83–98 %). En chirurgie ouverte et en cœlioscopie, SimLife est un dispositif d’enseignement par simulation à très haut degré de réalisme, utilisable pour évaluer l’acquisition de performance des apprenants dans un programme pédagogique.
L’enseignement par simulation devient la norme pour la formation en médecine. Pour la chirurgie, la simulation est limitée par le degré de réalisme des dispositifs sur le marché et le bloc opératoire. Ainsi nous proposons un nouveau modèle de simulation utilisant des corps auxquels un dispositif de circulation pulsatile et de ventilation est associé, le SimLife. Ce modèle est un outil de formation et dévaluation supplémentaire pour des procédures par voie ouverte comme le prélèvement multi-organe. Le SimLife comprend un corps relié à un dispositif spécifique permettant une circulation artérielle pulsatile et une ventilation induisant des mouvements thoraciques et diaphragmatiques. La perfusion artérielle permet de maintenir une colonne de pression dans les artères. Les électrovannes assurent la dimension pulsatile de cette colonne de liquide, mimant ainsi pour le chirurgien les battements cardiaques transmis aux vaisseaux. Le passage du sang simulé dans les organes redonne à ceux-ci une recoloration, une température et une texture réalistes. Il a été évalué sur deux ans lors des sessions de l’École francophone de prélèvement multi-organe (EFPMO), par 70 apprenants, au cours de sessions de prélèvement multi-organes, en utilisant une échelle de Likert de 1 à 10. Pour 4 critères : possibilité d’apprentissage d’une procédure avec ce modèle, réalisme général du modèle (Fig. 1 : canulation aortique), réalisme anatomique du modèle et satisfaction globale (Fig. 2 : mise en situation), le taux de satisfaction est toujours supérieur à 85 % (82–98 %). En chirurgie ouverte, le SimLife est un dispositif d’enseignement par simulation à très haut degré de réalisme, utilisable pour évaluer l’acquisition de performance des apprenants dans un programme pédagogique comme le prélèvement multi-organe.
La simulation doit être la norme de la formation médicochirurgicale initiale ou continue selon les directives nationales. Mais pour la chirurgie, elle est limitée par la distance entre les dispositifs disponibles et la réalité du bloc opératoire. Nous proposons un nouveau modèle de simulation utilisant des corps auxquels un dispositif de circulation pulsatile et de ventilation est associé. Le modèle SimLife comprend un corps relié à un dispositif spécifique permettant une circulation artérielle pulsatile par un liquide mimant le sang et permettant d’obtenir une couleur, une texture des tissus proches de la réalité (Fig. 1 : schéma du module). Ce dispositif s’adapte aux conditions opératoires pour des procédures par voie ouverte et par cœlioscopie. SimLife System permet de plus une ventilation induisant les mouvements du thorax et du diaphragme. Ce modèle a été évalué pendant 24 mois, par 40 apprenants, au cours de sessions de formation en chirurgie en cœlioscopie : néphrectomie, prostatectomie pré péritonéale et sleeve gastrectomie en utilisant une échelle de Likert de 1 à 10. Pour les 4 critères suivant : possibilité d’apprentissage d’une procédure avec ce modèle, réalisme général du modèle (Fig. 2 : plaie de l’artère rénale gauche), réalisme anatomique du modèle et satisfaction globale, le taux de satisfaction est toujours supérieur à 80 % (83–97 %). En cœlioscopie, le SimLife est un dispositif d’enseignement par simulation à très haut degré de réalisme, utilisable pour évaluer l’acquisition de performance des apprenants dans un programme pédagogique.
La chirurgie robotique dans la néphro-urétérectomie totale (NUT) a été décrite mais nécessitait deux temps, rénal et pelvien, imposant un changement d’installation et un désarrimage du robot. Notre objectif a été de présenter une technique reproductible avec le robot DaVinci Xi sans repositionnement ni du malade, ni des trocarts, et sans désarrimage du robot. Le patient a été installé en décubitus latéral à 45°. Quatre trocarts de 8 mm ont été disposés sur la ligne médio-claviculaire, un trocart aide de 10 mm en sus-ombilical. La néphrectomie a été réalisée avec : bipolaire sur le bras 1, optique 30° sur le bras 2, ciseaux sur le bras 3, pince Prograsp sur le bras 4. Au temps pelvien, on a permuté la Prograsp sur le bras 1, bipolaire sur le 2, optique sur le 3, ciseaux sur le 4. Un Hem-o-lok a été disposé sur le bas-uretère, et un surjet de V-Loc pour étanchéifier la vessie avant de découper la collerette vésicale. Trois procédures ont été réalisées par cette technique sans complication per- ou postopératoire. Chaque intervention s’est déroulée sans désarrimage du robot ni conversion, ni nécessité de mise en place de trocart supplémentaire. Les résultats anatomopathologiques ont été des carcinomes urothéliaux du pyélon pT3 dans 2 cas, et pT2 de l’uretère pelvien dans un cas. Les marges étaient saines. La technique opératoire présentée a permis de réaliser de façon standardisée une NUT sans désarrimage du robot ni modification des trocarts, démontrant ainsi la possibilité d’optimiser la procédure en économisant deux installations rénale et pelvienne, et ce de manière reproductible.
Les modalités de l’enseignement anatomique est discutée mais constitue un élément important de la formation des futures professionnels en médecine. Des outils numériques procurent actuellement des modèles anatomiques, cependant leur utilisation en éducation médicale reste limitée. La dissection cadavérique humaine continue d’être un outil essentiel dans l’apprentissage de l’anatomie dans la formation médicale. L’enseignement et la recherche en anatomie est basée sur le Don du Corps à la science. Plus encore, le cadavre humain reste une référence pour la simulation chirurgicale en raison de son réalisme anatomique et tissulaire.
Background Ischemia reperfusion injury (IRI) induced immune response is a critical issue in transplantation. Complement and contact system activation are among its key mechanisms. Study design We investigated the benefits of pre-reperfusion treatment with recombinant human C1INH (rhC1INH), inhibitor of both complement and contact activation, in a pig model of kidney autotransplantation, subjecting the organ to 60 min warm ischemia prior to 24 h static preservation to maximize damage. Results Serum creatinine measurement showed that treated animals recovered glomerular function quicker than the Vehicle group. However, no difference was observed in tubular function recovery, and elevated level of urinary NGal (Neutrophil gelatinase-associated lipocalin) and plasma AST (Aspartate Aminotransferase) were detected, indicating that treatment did not influence IRI-mediated tubular cell necrosis. Regarding chronic graft outcome, rhC1INH significantly prevented fibrosis development and improved function. Immunohistochemistry and western blot showed decreased invasion by macrophages and T lymphocytes, and reduction of epithelial to mesenchymal transition. We determined the effect of treatment on complement activation with immunofluorescence analyses at 30 min post reperfusion, showing an inhibition of C4d deposition and MBL staining in treated animals. Conclusions In this model, the inhibition of complement activation by rhC1INH at reperfusion, while not completely counteracting IRI, limited immune system activation, significantly improving graft outcome on the short and long term.
Un délai entre la biopsie et l’IRM prostatique doit être respecté en raison des remaniements hémorragiques. Le délai minimum admis est de 4 à 6 semaines, avec un faible niveau de preuve. L’objectif était d’évaluer le délai optimal entre la biopsie de prostate transrectale écho-guidée et l’IRM multiparamétrique 3 T afin d’avoir le minimum d’artéfacts hémorragiques en recherchant des facteurs prédictifs de sang intraprostatique. Dans cette étude prospective monocentrique, nous avons inclus 40 patients adressés pour suspicion de cancer de prostate, entre décembre 2014 et mars 2016. Une biopsie de prostate suivie d’une IRM de prostate à 4 semaines (IRMpM1) était réalisée. En cas de remaniement hémorragiques, une IRM était reprogrammée à 8 et 12 semaines (IRMpM2, M3). Des facteurs prédictifs de saignement intraprostatique étaient analysés, dont la prise d’un anticoagulant/antiagrégant, les effets secondaires post-biopsie, le score IPSS et les critères anatomopathologiques de la biopsie. Une mesure du volume de sang intraprostatique était faite par reconstruction 3D en séquences T1. À l’IRMpM1, du sang était retrouvé pour 97,5 % des patients. Les taux de remaniements hémorragiques étaient de 90,9 et 88,9 % respectivement aux IRMp M2 et M3. La décroissance de sang entre l’IRMpM1 et l’IRMpM3 était de 3,2 mL en médiane (IQ 4,9) soit 75 % du volume initial. Des symptômes d’infection urinaire masculine à 4 semaines étaient significativement associés au volume de sang sur l’IRMpM1 (p = 0,0063). L’IPSS pré-biopsie et la douleur périnéale à 12 semaines étaient corrélées négativement au volume de sang sur l’IRMpM3 (respectivement p = 0,041, p = 0,045). Aucun facteur prédictif de résorption des remaniements hémorragiques n’a été retrouvé. Le volume de sang intraprostatique était plus important en cas de discordance de résultats entre la biopsie et l’IRM (11,3 vs 2,3 ; p = 0,0051). Nous proposons un délai minimal de 8 semaines entre la biopsie et l’IRM de prostate pour limiter les remaniements hémorragiques, prédits par la présence de symptômes d’infection post-biopsie. Un délai biopsie-IRM de 12 semaines est optimal si cela ne retarde pas la prise en charge du patient.
Le réseau microvasculaire est une cible majeure de l’ischémie reperfusion. Le but de cette étude était de caractériser le remodelage vasculaire du cortex rénal après ischémie reperfusion et de déterminer la partie la plus affectée. Nous avons utilisé un modèle préclinique porcin d’auto-transplantation rénale avec néphrectomie controlatérale dans lequel le greffon a été conservé 24 h à 4 °C dans la solution de conservation : University of Wisconsin. Trois mois après auto-transplantation, les reins porcins (n = 5) ont été étudiés ex vivo par micro-tomographie en les comparant à des reins natifs (n = 5 ; Fig. 1a). La morphologie du réseau vasculaire et notamment la densité et la tortuosité des segments vasculaires ont été analysés à partir d’un procédé d’analyse tridimensionnelle. Le débit sanguin cortical a également été évalué, ainsi que la fonction rénale et les lésions tissulaires. L’ischémie-reperfusion rénale a conduit à une diminution du volume des segments vasculaires associée à une raréfaction des petits vaisseaux de moins de 30 μm, en particulier dans le cortex profond (Fig. 1b). Cette raréfaction microvasculaire a été corrélée à une détérioration de la fonction rénale accompagnée de protéinurie et de dysfonction tubulaire (Fig. 1c). Le débit sanguin cortical des greffons était diminué à 1 h et à 3mois après la transplantation. Dans le cortex total des greffons, il a été mis en évidence une augmentation du nombre de bifurcations des segments vasculaires et le développement d’un tissu fibreux qui participe au remodelage vasculaire (Fig. 1d). Ce travail apporte des indications sur le spectre lésionnel de l’ischémie reperfusion rénale et permettra de développer des futures thérapies dans le but d’améliorer la préservation du réseau microvasculaire du greffon rénal.
Extracorporeal membranous oxygenation is proposed for abdominal organ procurement from donation after circulatory determination of death (DCD). In France, the national Agency of Biomedicine supervises the procurement of kidneys from DCD, specifying the durations of tolerated warm and cold ischemia. However, no study has determined the optimal conditions of this technique. The aim of this work was to develop a preclinical model of DCD using abdominal normothermic oxygenated recirculation (ANOR). In short, our objectives are to characterize the mechanisms involved during ANOR and its impact on abdominal organs.
La trimétazidine (TMZ), agissant sur le métabolisme de la mitochondrie, a été étudiée dans différentes situations d’ischémie reperfusion avec des effets protecteurs. À partir d’un modèle porcin d’auto-transplantation rénale mimant la situation des donneurs décédés par arrêt cardiaques, l’évaluation de TMZ ajoutée au milieu de conservation a été faite pour étudier l’amélioration de la reprise de fonction et les effets à long terme. Des groupes de 7 animaux ont été étudiés: témoin (laparotomie et manipulation douce du pédicule rénale); groupe uninéphrectomisé (ablation du rein gauche); groupe IC60VIA (rein auto-transplanté conservé par Viaspan); groupe IC60VIA + TMZ10 (rein auto-transplanté conservé par Viaspan et 10 mg de TMZ); groupe IC60VIA + 20 (rein auto-transplanté conservé par Viaspan et 20 mg de TMZ). Les reins conservés étaient soumis à 60 minutes d’ischémie chaude par clampage du pédicule rénale suivi par 24 h d’ischémie froide dans la solution Viaspan (UW). La reprise de fonction, le niveau de stress oxydant et la réaction inflammatoire ont été évalués ainsi que les lésions histologiques. L’ajout de TMZ améliore significativement (p < 0.05), la reprise de fonction rénale précoce en particulier à la dose de 20 mg par litre de solution, comme en témoigne l’évolution de la créatinine. La fonction tubulaire est également améliorée (p < 0.05) ainsi que le pouvoir de concentration (p < 0.05) durant la phase précoce des 2 semaines post-transplantation. L’analyse histologique à la fin de la première semaine met en évidence une limitation des lésions de nécrose rénale et une amélioration de la réparation. Durant cette première semaine, le niveau plasmatique de 8 iso-prostane, marqueur de la péroxydation lipidique, est également diminué dans les groupes traités et particulièrement avec 20 mg de TMZ. Les cytokines pro-inflammatoires TNF-α et Il-6 sont diminuées dans le plasma durant la première semaine. La TMZ est un agent pharmacologique qui agit sur le métabolisme mitochondriale. Ajouté à une solution de conservation dans un modèle mimant les donneurs décédés après arrêt cardiaque, cet agent pharmacologique limite les effets des principaux mécanismes lésionnels impliqués. Ce type de molécule pourrait être intéressant dans des protocoles de conditonnement comportant des étapes de circulation régionale normothermique (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).
Le réseau vasculaire est reconnu comme une cible majeure au cours de l’ischémie reperfusion avec les conséquences à cours et long terme sur le devenir des organes. Il a été démontré que l’évolution péjorative de fonction des reins peut être liée à réponse discordante entre hypoxia inducible factor-1α (HIF-1α) et vascular endothelial growth factor (VEGF). Dans cette perspective, nous avons étudié différents isotypes de VEGF. Deux isotypes de VEGF (165 et 121) ont été étudiés après ajout dans la solution Viaspan (UW solution) à la posologie de 25 μg par litre de solution de conservation. L’évaluation s’est faite dans un modèle d’autotransplantation rénale chez le porc Large White (6 animaux par groupe) avec un suivi à 3 mois et comparée à un groupe témoin et un groupe néphrectomisé. La reprise de fonction rénale et la réaction inflammatoire (détermination des marqueurs pro inflammatoires) et les marqueurs de lésions tubulaires. À trois mois, les animaux étaient sacrifiés. L’expression de HIF-1α ; VEGF et TGF-β et l’évaluation de la fibrose tubulo-interstitielle étaient effectuées. Après 24 h de conservation, la reprise de fonction s’est faite plus précocement dans le groupe conservé avec Viaspan + VEGF 121 et durant le suivi des animaux (Fig. 1). Les fonctions tubulaires ont également été significativement améliorées. Au niveau tissulaire, le tenuer en eau était moins importante avec le groupe Viaspan + VEGF 121. L’utilisation du VEGF 121 a limité l’expression des marqueurs pro-inflammatoire de façon significative pour TNF-α, Il-1 et HMGB1 (Fig. 2). L’excrétion urinaire et la détermination plasmatique de NGAL est diminuée significativement dans les deux groupes traités mais de façon plus marquée dans le groupe traité avec VEGF 121. Trois mois après la transplantation, la fibrose interstitielle et l’atrophie tubulaire étaient réduites de façon plus marquée dans le groupe Viaspan + VEGF 121 (Tableau 1). Ce travail l’importance des facteurs intervenant sur les lésions vasculaires et leur intérêt dans la réparation. De plus, le type de la molécule concernée est important avec un impact différent en fonction des isotypes. Ce travail souligne que la cellule endothéliale est une cible qui mérite une approche thérapeutique conjuguée et complémentaire, pouvant avoir des conséquences sur l’aspect tubulaire.