Studying the EU requires to take into consideration a political system which has acquired a certain normality but which is also able to confront crises. To cope with this challenge, we have decided to bring together a range of excellent scholars from different Member States and different disciplines and academic traditions. A Companion must absolutely avoid any form of 'clannism' to offer readers, especially undergraduate and graduate students, a collection of concise and well-documented and well-written chapters that can be read independently of each other. A bit like what used to be called in the past an encyclopaedia, our objective is to propose chapters that do not necessarily aim to develop one specific research hypothesis, but seek to be very informative with bibliographical references helping go further on every topic related to the European Union. This Companion is an invitation to reflect on EU politics beyond the nation-state while not falling into the illusion that the nation-state has lost all its power and legitimacy. Desires to return to an exclusive nation state exist among citizens, as the Brexit experience has demonstrated, but there are also desires to join the European Union in order to better face the world, as Ukraine's application for membership following Russia's military intervention has shown. These contradictions in citizens' expectations need to be observed, compared and understood as they show that uniformity is hardly the model that governs the European Union.
The main question surrounding the re-election of Macron is the uncertain balance of France’s flexilateral policy vis-à-vis the EU in a post-Brexit and COVID-19 context: Strengthening European integration by changing France’s practice towards the EU or taking an inter-governmentalist turn by using – in a very classical way – Europe as an “Archimedes’ lever” to defend national interests.
Cet article dresse un bilan de l’action du président de la République quatre ans après son élection en 2017. Les initiatives prises par Emmanuel Macron sont caractérisées par certaines ambiguïtés stratégiques résultant d’un double programme d’action publique militaire. En héritier de la V e République, le chef de l’État défend une « certaine idée » de la France, en soutenant un programme « souverainiste ». En entrepreneur de l’Europe, il investit une stratégie d’alliances intergouvernementale « et en même temps » supranationale par un programme « libéral », révélant son « idée incertaine » de l’Europe.
Grande récession, choc migratoire, attaques jihadistes, Brexit, pandémie de Covid-19…, ces dernières années, l’Union européenne a dû faire face à une succession de crises sans précédent. Pourtant, les pronostics alarmistes qui prédisaient sa fin ont été déjoués. À quelques semaines du début de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, une première depuis 2008, quel état des lieux institutionnel peut-on dresser de l’Europe post-Brexit ?
Forum Introduction European Integration and National Elections After COVID-19The United Kingdom's departure from the European Union and the COVID-19 crisis are offering a window of opportunity for a deeper fi scal union and further European integration in various policy areas including foreign affairs and defence, tax harmonisation and climate change.While this debate goes far beyond national boundaries, the voters who cast their ballots are still as national as ever.When the EU emerges from the pandemic, the political landscape in different member states will likely become even more crucial for European integration.In this context, the recent elections in the Netherlands, the latest government crisis in Italy and the upcoming national elections in Germany, France and Hungary might show whether that window of opportunity remains.This Forum provides insight into how the domestic politics of EU member states pose a challenge to, and an opportunity for, the future of the European integration project.
Comment la Commission européenne a-t-elle négocié le « paquet défense » adopté en 2009 dans un secteur d’action publique où elle ne disposait d’aucune prérogative ni légitimité politique ? Par une approche se situant à la croisée de la sociologie de l’action publique et de la sociologie des élites, je mets à jour le « travail politique » initié par la Commission européenne dès le début des années 1990. Ce travail politique est caractérisé par la production de « soft law » (travail discursif) et par la constitution d’une large association d’acteurs (travail relationnel).
Cet article explique la structuration du capitalisme français de la défense, à partir de l’étude de l’acquisition par l’État de l’avion de combat Rafale marine en 1988. Ce débouché décisionnel s’explique par la victoire de l’« association souverainiste » sur l’« association libérale » conditionnée par des relations interpersonnelles plus denses à l’échelon politique. L’association souverainiste regroupe des élites civiles et militaires hétérogènes autour d’un programme d’action publique consistant à défendre le territoire national pour produire un avion militaire, plutôt que de réduire les coûts budgétaires en l’important des États-Unis. S’appuyant sur 89 entretiens semi-directifs, le capitalisme français de la défense est analysé à partir de l’approche programmatique qui s’inscrit en sociologie de l’action publique.
Cet article interroge la dynamique d’intégration différenciée de la défense européenne à partir de la décision historique de la France de quitter les négociations portant sur la construction d’un avion de combat européen pour préférer l’acquisition de l’avion Rafale « Made in France ». Le choix de la France pour le Rafale ne s’explique pas seulement par le travail de lobbying de Dassault Aviation et de la Snecma, comme l’affirment les arguments, libéral et néo-institutionnaliste, mais aussi par l’effet des acteurs étatiques. Cette recherche a nécessité la conduite de 89 entretiens semi-directifs auprès des élites françaises de l’armement et s’inscrit dans le développement d’une approche sociohistorique de la politique européenne par l’opérationnalisation du concept éliassien de « configuration ».
Qui a défendu la constitution d’un marché intérieur de la défense au sein du champ de l’Eurocratie à la suite de l’adoption en 2009 du « paquet défense » ? Cette analyse met en lumière les acteurs de l’armement qui ont travaillé à ce changement d’action publique et ceux qui s’y sont opposés. M’appuyant sur une enquête de terrain, j’établis que cette rivalité au sommet de l’Union européenne ne se réduit ni aux intérêts nationaux qui opposent entre eux les États membres ni au clivage institutionnel attendu entre la Commission européenne et les États de l’UE. Les acteurs de l’armement défendant l’adoption du paquet défense sont des États membres et des institutions de l’UE, des acteurs publics et des acteurs industriels privés. À partir d’une approche « programmatique » se situant à la croisée de la sociologie de l’action publique européenne et de la sociologie des élites, je mets en lumière deux « associations » d’acteurs en lutte, les « souverainistes » et les « libéraux », qui se positionnent respectivement en adversaires et en partisans de l’adoption du paquet défense. Cette approche contribue à l’étude de la structuration du champ de l’Eurocratie au xxi e siècle.
Cet article apporte une contribution sociologique à la comparaison des capitalismes en France et au Royaume-Uni. Pour ce faire, le rapport à l’État, l’internationalisation et la financiarisation des trajectoires professionnelles des dirigeants de grandes entreprises de l’industrie de la défense (Safran, Thales, BAe Systems et Rolls-Royce) sont interrogés. La controverse entre convergence et divergence des capitalismes nationaux de la défense est dépassée par le dévoilement d’une réalité contre-intuitive et inattendue, à savoir leur simultanéité. En même temps que les pratiques des dirigeants des grandes entreprises des deux côtés de la Manche sont plus structurées que jadis par l’internationalisation de leur formation et leur familiarité avec le monde financier, leur rapport à l’État demeure nettement différent.
Since the beginning of the 21st century, European studies have developed an interest in the analysis of "variable geometry Europe". This introduction proposes a critical dialogue with the mainstream theories of European integration which conceptualise "horizontal" differentiation (territorial variations) and "vertical" differentiation (variations in the centralisation of power from one public policy to another). A third logic of "transversal" differentiation is proposed to capture the professional groups working to build a variable geometry Europe thought as a social fact.
Qui a defendu la constitution d’un marche interieur de la defense au sein du champ de l’Eurocratie a la suite de l’adoption en 2009 du « paquet defense » ? Cette analyse met en lumiere les acteurs de l’armement qui ont travaille a ce changement d’action publique et ceux qui s’y sont opposes. M’appuyant sur une enquete de terrain, j’etablis que cette rivalite au sommet de l’Union europeenne ne se reduit ni aux interets nationaux qui opposent entre eux les Etats membres ni au clivage institutionnel attendu entre la Commission europeenne et les Etats de l’UE. Les acteurs de l’armement defendant l’adoption du paquet defense sont des Etats membres et des institutions de l’UE, des acteurs publics et des acteurs industriels prives. A partir d’une approche « programmatique » se situant a la croisee de la sociologie de l’action publique europeenne et de la sociologie des elites, je mets en lumiere deux « associations » d’acteurs en lutte, les « souverainistes » et les « liberaux », qui se positionnent respectivement en adversaires et en partisans de l’adoption du paquet defense. Cette approche contribue a l’etude de la structuration du champ de l’Eurocratie au xxie siecle.