Les maladies infectieuses touchant le système nerveux peuvent fréquemment se compliquer d’atteintes vasculaires intracrâniennes. Leurs conséquences ischémiques ou hémorragiques parenchymateuses cérébrales sont la cause de séquelles durables qui font un des aspects de la gravité de la maladie infectieuse causale. La revue actualisée de la littérature permet de décrire les spécificités diagnostiques et éventuellement thérapeutiques des affections bactériennes, virales, fungiques, et parasitaires à l’origine de ces complications vasculaires.
Abstract Objective The stroke risk for persons living with human immunodeficiency virus (PLHIVs) doubled compared to uninfected individuals. Stroke‐unit (SU)—access, acute reperfusion therapy—use and outcome data on PLHIVs admitted for acute ischemic stroke (AIS) are scarce. Methods AIS patients admitted (01 January 2017 to 31 January 2021) to 10 representative Paris‐area SUs were screened retrospectively from the National Hospitalization Database. PLHIVs were compared to age‐, initial NIHSS‐ and sex‐matched HIV‐uninfected controls (HUCs). Outcome was the 90‐day modified Rankin Scale score. Results Among 126 PLHIVs with confirmed first‐ever AIS, ~80% were admitted outside the thrombolysis‐administration window. Despite antiretrovirals, uncontrolled plasma HIV loads exceeded 50 copies/mL (26% of all PLHIVs; 38% of those ≤55 years). PLHIVs' stroke causes by decreasing frequency were large artery atherosclerosis (LAA), undetermined, other cause, cerebral small‐vessel disease (CSVD) or cardioembolism. No stroke etiology was associated with HIV duration or detectable HIVemia. MRI revealed previously unknown AIS in one in three PLHIVs, twice the HUC rate (p = 0.006). Neither group had optimally controlled modifiable cardiovascular risk factors (CVRFs): 20%–30% without specific hypertension, diabetes, and/or dyslipidemia treatments. Their stroke outcomes were comparable. Multivariable analyses retained good prognosis associated solely with initial NIHSS or reperfusion therapy. Older age and hypertension were associated with CSVD/LAA for all PLHIVs. Standard neurovascular care and reperfusion therapy were well‐tolerated. Interpretation The high uncontrolled HIV‐infection rate and suboptimal CVRF treatment support heightened vigilance to counter suboptimal HIV suppression and antiretroviral adherence, and improve CVRF prevention, mainly for younger PLHIVs. Those preventive, routine measures could lower PLHIVs' AIS risk.
Introduction. - Following the 2010-2014 French national stroke action plan, the number of stroke center (SC) has gradually increased in France, allowing a homogeneous coverage and access to neurovascular care in organized and territorially defined structures. However, operational difficulties within SCs have been progressively reported over the last few years. The objective of this study was to identify the medical staff shortages in SC that may contribute to these difficulties. Methods. - A survey on the medical staffing level as of January 1, 2021 was sent to all French SC managers. Specific questions related on vacancies, need of interim medical staff, and participation in out -of -hour healthcare services. Results. - Among the 139 SC managers contacted, 122 (88%) filled in the questionnaire. Analysis of the data showed that over 879 physician positions opened, 163 (18.5%) remained vacant for a mean of two years, and that in 51 SCs (41.9%), more than two positions were unfilled. In 13 of these 51 SCs, the out -of -hour healthcare services relied on less than four practitioners, defining a critical situation, and three other SCs had to close temporarily (2) or permanently (1). Moreover, 39.2% of SCs with at least one vacancy used interim physicians, for a median period of 12.5 weeks/year (IQR 5-18). Conclusion. - This study highlights the significant medical staff shortage in French SCs. In the absence of urgent measures, more SCs will close, jeopardizing the regional network and access to care for stroke patients. (c) 2023 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Les manifestations et complications neurologiques de la phase aiguë de la Covid-19 sont nombreuses. Elles concernent principalement le système nerveux central sous les formes fréquentes d’encéphalopathies, d’encéphalites et de pathologies neurovasculaires. Les manifestations neurologiques périphériques comportent principalement les polyneuropathies aiguës de type syndromes de Guillain-Barré et les neuromyopathies de réanimation. Ces manifestations ont été décrites pour la plupart lors de la première vague de la pandémie. Les aspects épidémiologiques, cliniques, paracliniques, physiopathologiques et thérapeutiques sont abordés dans cette revue générale de la littérature parue de 2020 à début 2023.
Le protoxyde d'azote inactive la vitamine B12, ce qui peut entraîner une myélopathie et/ou une neuropathie périphérique. La consommation récréative de protoxyde d'azote (N20) a augmenté depuis quelques années. L'objectif de cette étude est de décrire l'épidémiologie de ces complications neurologiques en Île-de-France, comparées aux autres maladies neurologiques inflammatoires fréquentes. Nous avons contacté chaque service de neurologie et médecine interne d'Île-de-France. Les données ont été recueillies selon une grille standardisée afin de constituer une cohorte rétrospective multicentrique de patients atteints de myélopathie ou neuropathie périphérique secondaire à la prise de protoxyde d'azote. L'incidence des diagnostics différentiels tels syndrome de Guillain–Barré (SGB), myélite, sclérose en plaques (SEP), a été estimée à partir de la base de données de l'Assurance Maladie. Sur 80 services contactés, la majorité (n = 74) a participé à l'étude, permettant d'inclure 186 patients dont 54 % d'hommes. L'âge moyen est de 23 ans, 54 % ont entre 20 et 25 ans. L'atteinte nerveuse est périphérique pure dans 35 %, médullaire dans 24 % et mixte dans 37,7 %. Un déficit moteur est retrouvé dans 70,4 % des cas et un déficit sensitif dans 88,2 % des cas. L'EMG montre une atteinte majoritairement axonale dans 45,7 % des cas. La ponction lombaire montre une hyperprotéinorachie supérieure à 0,4 g/L chez 17 % des patients (n = 16/63). Le dosage sanguin de la B12 est modérément abaissé (en moyenne 178,2 pmol/L), alors que l'homocystéine et le méthymalonate sont augmentées dans plus de 90 % des cas. Enfin, l'hémoglobine et le VGM sont normaux (respectivement à 13,3 g/dL et 92,8 fL de moyenne). L'inhalation de protoxyde d'azote se fait préférentiellement sous forme de bonbonnes (68 %), à hauteur de 16 bonbonnes par semaine en moyenne (là où une cartouche utilisée en cuisine représente une quantité 50 à 100 fois inférieure à celle d'une bonbonne). Plus de la moitié sont fumeurs actifs et près d'un quart consomment du cannabis. Dans cette population, 33,3 % sont sans emploi, 14,5 % sont étudiants et 46,1 % travaillent. En comparaison, le taux de chômage en Île-de-France est de 7,7 %. Parmi les travailleurs, la plupart ont des métiers à faible revenu, par exemple chauffeur, coursier ou encore travailleur dans le monde de la nuit. Il existe une grande disparité entre les départements hors de Paris. Ainsi, la majorité des cas (n = 63) est rapportée en Seine-Saint-Denis (93), tandis que d'autres départements signalent moins de 10 cas, voire aucun. Nous rapportons 4 cas en 2018 et 2019, puis une augmentation avec un maximum de 146 cas en 2021. En Île-de-France 2021, les incidences respectives des complications neurologiques graves liées à la prise récréative de protoxyde d'azote sont supérieures à celles des affections neurologiques inflammatoires (Tableau 1). Cette étude portant sur 186 patients constitue la plus grande cohorte de la littérature. Les patients sont majoritairement jeunes et vivent dans des conditions proportionnellement plus précaires que la moyenne en Île-de-France. La consommation récréative de protoxyde d'azote apparaît être, dans la tranche d'âge des 20–25 ans habitant en Île-de-France la première cause de neuropathie périphérique et de myélite. L'incidence de ces complications atteint 1/3000 en Seine-Saint-Denis, qui constitue les départements avec les conditions de vie les plus précaires, avec par exemple des revenus moyens plus faibles et un taux de rémunération par le RSA deux fois plus élevé que dans le reste de l'Île-de-France. Ces résultats soulignent l'importance de sensibiliser les plus jeunes à la consommation récréative de protoxyde d'azote, en particulier en milieu défavorisé, et de mettre en place des actions de prévention pour limiter la méconnaissance des risques liés à cette pratique.
The neurological manifestations and complications of the acute phase of COVID-19 are numerous. They mainly concern the central nervous system in the frequent forms of encephalopathy, encephalitis and neurovascular pathologies. Peripheral neurological manifestations mainly include acute polyneuropathies such as Guillain-Barré syndrome and intensive care neuromyopathies. Most of these manifestations were described during the first wave of the pandemic. The epidemiological, clinical, paraclinical, pathophysiological and therapeutic aspects are addressed in this general review of the literature published from 2020 to early 2023.
Les méningites à Campylobacter fetus sont des infections rares. Nous présentons le cas d'un patient avec tumeur vésicale ayant présenté une gastro-entérite à Campylobacter jejuni et une méningite à Campylobacter fetus révélée par une crise d’épilepsie de novo et soulignons l'importance d'une exploration exhaustive des manifestations neurologiques survenant chez les patients immunodéprimés.
BACKGROUND:Immune reconstitution inflammatory syndrome (IRIS) affecting the central nervous system (CNS) is associated with poor outcomes. AIMS:To report on risk factors for CNS-IRIS following tuberculous meningitis (TBM) in HIV-negative patients. METHODS:In this retrospective multicentre study, all HIV-negative adult patients admitted between 2003 and 2021 with microbiologically proven TBM were included. The primary outcome measure was IRIS onset over follow-up. Characteristics of patients who developed IRIS were described. Factors associated with IRIS were identified using a multivariable logistic regression procedure. RESULTS:Fifty-six patients (33.0 (27.0-44.3) years, 39 (69.6%) men) with microbiologically proven TBM were studied. All patients received antituberculosis treatment and 48 (n = 48/56; 85.7%) steroids at TBM diagnosis. During a median follow-up of 18.0 (12.0-27.3) months, IRIS occurred in 28 (n = 28/56, 50.0%) patients, at a median time of 2.0 (1.0-3.0) months after antituberculosis treatment was started. IRIS involved the CNS in all but one case. Imaging revealed new (n = 23/28, 82.1%) and/or worsening (n = 21/28; 75.0%) of previously recognised lesions. Multivariable analysis showed that meningeal enhancement on brain magnetic resonance imaging (MRI) (odds ratio (OR): 15.3; 95% confidence interval (CI): (1.19-1193.5)) at TBM diagnosis and high blood albumin level (OR: 1.21; 95% CI: (1.02-1.60)) were associated with the occurrence of CNS-IRIS during follow-up. CONCLUSION:CNS-IRIS following TBM in non-HIV patients appears frequent and severe. Meningeal enhancement on brain MRI at tuberculosis diagnosis is a risk factor for CNS-IRIS.
Parmi les encéphalites auto-immunes, l’encéphalite à auto-anticorps anti-GABAA récepteurs est encore peu connue des praticiens. Elle se manifeste par un tableau neurologique sévère associant une épilepsie souvent réfractaire et des anomalies IRM multifocales en séquence FLAIR. Nous rapportons le cas d’une femme de 43 ans ayant présenté un état de mal partiel super-réfractaire à une penta thérapie antiépileptique et au traitement immunomodulateur de première ligne avec à l’imagerie cérébrale de multiples hypersignaux FLAIR cortico-sous-corticaux ne prenant pas le contraste et dont le diagnostic d’encéphalite auto-immune antirécepteur GABAA a été fait grâce à plusieurs analyses de LCS et une biopsie neuroméningée.
La tubercolosi è una malattia endemica a distribuzione disomogenea nel mondo, la cui incidenza è fortemente correlata alle condizioni socioeconomiche dei paesi e degli individui. Le lesioni neuromeningee sono rare, stimate all’1% di tutti i casi di tubercolosi, ma tra le più gravi, con un aumentato rischio di mortalità e sequele motorie o cognitive. La meningite tubercolare ne è la forma più frequente, evolve il più delle volte verso un quadro di encefalite e può essere complicata da vasculite e idrocefalo. Le altre forme di coinvolgimento del sistema nervoso centrale spesso associate alla meningite tubercolare sono il tubercoloma e l’ascesso tubercolare e la radicolomielopatia tubercolare o meningite spinale. La precocità della diagnosi e la rapidità dell’implementazione del trattamento sono un importante fattore prognostico per la meningite tubercolare. Pertanto, l’accesso alle tecniche di diagnostica per immagini più sensibili, come la risonanza magnetica (RM) cerebrale, e alle tecniche microbiologiche più veloci, come l’amplificazione dell’acido desossiribonucleico (DNA) mediante polymerase chain reaction (PCR) in tempo reale nel liquido cerebrospinale (LCS), è tra gli strumenti più interessanti per migliorare i tempi di trattamento. Tuttavia, la coltura di una quantità sufficiente di LCS e l’esecuzione di prelievi sistematici o mirati da siti extraneurologici sono di primaria importanza per la documentazione microbiologica dei casi e la gestione del trattamento, date l’emergenza e l’attuale diffusione di ceppi multiresistenti. Infine, l’evidenza di un aggravamento paradossale sotto trattamento antitubercolare, più o meno sintomatico dal punto di vista clinico e indicativo di una sindrome da immunoricostituzione, può rivelarsi complessa nella sua gestione, ancora poco codificata. Essa impone di accertarsi del buon controllo dell’infezione o anche di rivalutare la diagnosi iniziale in assenza di documentazione, quindi di adattare il trattamento antinfiammatorio in base alla gravità clinica.
Little is known on headaches long-term persistence after bacterial meningitis and on their impact on patients’ quality of life. In an ancillary study of the French national prospective cohort of community-acquired bacterial meningitis in adults (COMBAT) conducted between February 2013 and July 2015, we collected self-reported headaches before, at onset, and 12 months (M12) after meningitis. Determinants of persistent headache (PH) at M12, their association with M12 quality of life (SF 12), depression (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale) and neuro-functional disability were analysed. Among the 277 alive patients at M12 87/274 (31.8
Hepatic encephalopathy (HE) is a frequent and severe complication of liver disease with poor patient outcomes. However, it is a poorly understood complication, with no consensus for diagnosis. Therefore, HE is often underdiagnosed. Differential diagnosis may be cumbersome because of non-specific symptoms, such as confusion, cognitive disorders, the aetiological factors of cirrhosis and comorbidities, which are often observed in cirrhotic patients. Therefore, an overt or covert form of HE should be systematically investigated. Advice is provided to drive patient work-up. Effective treatments are available to prevent or treat HE bouts, but the issue of single or combination therapy has not been resolved. Transjugular intrahepatic portosystemic shunt (TIPS) placement largely improved the prognosis of cirrhotic patients, but HE occurrence of HE is often a fear, even when post-TIPS HE can be avoided by a careful selection of patients and preventive treatment. HE is an indication of liver transplantation. However, its reversibility post-transplantation and the consequences of transplantation in patients with other causes of neurological disorders remain controversial, which supports the performance of an extensive work-up in expert centres for this subset of patients. The present guidelines assist clinicians in the diagnosis of the overt or covert form of HE to implement curative and preventive treatments and clarify which patients require referral to expert centres for consideration for liver transplantation. These guidelines are very clinically oriented and address different frequent clinical issues to help physicians make bedside decisions.
Les atteintes auditives sont des manifestations peu décrites dans l’artérite à cellules géantes. Les différents types de surdité sont possibles avec une prédominance de surdité de perception.Nous rapportons l’observation d’une femme de 75 ans qui présentait un tableau typique d’artérite à cellules géantes associé de façon concomitante à la survenue d’une surdité mixte bilatérale confirmée par l’audiogramme. Une corticothérapie permettait une évolution clinique et biologique rapidement favorable. L’audiogramme de contrôle à 3 mois était en nette amélioration et montrait une diminution de la surdité de perception et disparition de la surdité de transmission.Toute surdité d’apparition rapide dans un contexte inflammatoire chez la personne âgée devrait faire rechercher une artérite à cellules géantes. Le diagnostic peut être difficile en l’absence d’autres manifestations typiques, ce d’autant que la biopsie de l’artère temporale revient le plus souvent négative. La corticothérapie est généralement efficace.Hearing loss is a rare manifestation in giant cell arteritis. The different types of deafness are possible with a predominance of sensorineural deafness.We report a 75-year-old woman who presented with typical manifestations of giant cell arteritis associated concomitantly with the occurrence of bilateral mixed hearing loss confirmed on the audiogram. Corticosteroids allowed a rapidly favorable clinical and biological outcome. The follow-up audiogram at 3 months was markedly improved and showed a decrease in sensorineural hearing loss and disappearance of conductive hearing loss.Any rapid onset deafness in an inflammatory context in the elderly should lead to a search for giant cell arteritis. The diagnosis can be difficult in the absence of other typical manifestations, especially since the biopsy of the temporal artery most often comes back negative. Corticosteroids are usually effective.
The data that support the findings of this study are available from the corresponding author upon reasonable request.