
Résumé Considérons l’énigme qui émerge des principes suivants : (A) Le chagrin de deuil n’est rationnellement approprié que si l’être perdu a été précédemment aimé par celui qui éprouve le chagrin ; (B) Dans un contexte de funérailles, le sujet collectif endeuillé n’a pas aimé précédemment l’être perdu. Cela mène à l’inférence (C) : Si (A) et (B), alors le chagrin de deuil collectif n’est pas rationnellement approprié. Cet article examine comment une émotion collective peut correspondre à une réalité structurelle du groupe en contexte funéraire tout en étant dénuée de fondements rationnels.
Immanuel Kant maintains that lying is always impermissible, since moral norms are categorical imperatives that admit of no exceptions. Yet this strict position conflicts with a widely shared intuition that lying may be permissible in certain exceptional cases. This article develops a revisionary Kantian proposal that accommodates this intuition while preserving the categorical character of moral norms. Central to this proposal is a default-and-exemption account of moral responsibility: The prohibition on lying applies universally, making agents morally responsible by default. This default condition, however, may be overridden if justifiable reasons for exemption exist. Emmanuel Kant soutient que le mensonge est toujours moralement inadmissible, les normes morales relevant d'imp & eacute;ratifs cat & eacute;goriques qui n'admettent aucune exception. Pourtant, cette position entre en tension avec l'intuition selon laquelle le mensonge peut & ecirc;tre permis dans certains cas exceptionnels. Cet article pr & eacute;sente une proposition kantienne r & eacute;visionniste conciliant cette intuition avec le caract & egrave;re cat & eacute;gorique des normes. Il d & eacute;fend une conception de la responsabilit & eacute; fond & eacute;e sur un sch & eacute;ma de & laquo; d & eacute;faut et exemption & raquo; : l'interdiction de mentir vaut universellement, engageant par d & eacute;faut la responsabilit & eacute; des agents, mais pouvant & ecirc;tre lev & eacute;e en pr & eacute;sence de raisons justifiant l'exemption.
This article argues that Spinoza's conception of truth as an intrinsically structured deductive system justifies the geometrical method of the Ethics. Three aspects of the method he develops for forming clear and distinct ideas - its deductive character, its reliance on self-evident starting points functionally analogous to axioms, and its use of definitions as guides to essences - converge with the constitutive features of the mos geometricus. Against externalist readings and beyond existing internalist accounts, these three aspects form a unified system explaining why the Ethics requires a deductive order, undemonstrated starting points, and definitions alongside axioms.
This article explicates the border as a metaphor for an English Canadian nation and for Canadian philosophy in English Canada. The concept of the nation is explicated with reference to Winthrop Pickford Bell. The role of metaphor in philosophy is justified while maintaining its distinction from literature or poetry. Key features of the concept of "border" are division, distinction, and relation. The fact that the border is open to two different interpretations testifies to its viability. Use of the border as a metaphor in philosophy and related cultural expressions suggests that it has a limited, though persisting, duration. Cet article explique la fronti & egrave;re comme la m & eacute;taphore d'une nation canadienne-anglaise et de la philosophie canadienne au Canada anglais. J'explique le concept de nation en r & eacute;f & eacute;rence & agrave; Winthrop Pickford Bell. Le r & ocirc;le de la m & eacute;taphore en philosophie se justifie tout en conservant sa distinction avec la litt & eacute;rature ou la po & eacute;sie. Les principales caract & eacute;ristiques du concept de fronti & egrave;re sont la division, la distinction et la relation. Le fait que la fronti & egrave;re soit ouverte & agrave; deux interpr & eacute;tations diff & eacute;rentes t & eacute;moigne de sa viabilit & eacute;. L'utilisation de la fronti & egrave;re comme m & eacute;taphore dans la philosophie et les expressions culturelles associ & eacute;es sugg & egrave;re qu'elle a une dur & eacute;e limit & eacute;e, bien que persistante.
Canada has a history of unjust injury inflicted on innocents by institutions, by collectives, and by individuals in personal relationships. There is widespread consensus in Canadian society that a proper response to such injury is an apology. I argue that for moral repair to take place the apology is not a good place to start. Explicit apologies conceal systemic social, political, and hermeneutic questions: by speaking out, they silence. As an alternative, I propose forgiveness, which I fill with meaning drawn from a particular Canadian perspective of diversity and recency in nation building. Le Canada a une histoire de blessures injustes inflig & eacute;es & agrave; des personnes innocentes par des institutions, des collectifs et des individus dans leurs relations personnelles. La soci & eacute;t & eacute; canadienne s'accorde g & eacute;n & eacute;ralement & agrave; reconna & icirc;tre que la r & eacute;ponse appropri & eacute;e est la pr & eacute;sentation d'excuses. Je soutiens que pour qu'il y ait r & eacute;paration morale, les excuses ne sont pas un bon point de d & eacute;part. Les excuses explicites dissimulent des questions sociales, politiques et herm & eacute;neutiques qui sont syst & eacute;miques : en s'exprimant, les excuses r & eacute;duisent au silence. Comme alternative, je propose le pardon, que j'enrichis d'une signification tir & eacute;e d'une perspective canadienne particuli & egrave;re de la diversit & eacute; et de la r & eacute;cente & eacute;dification de la nation canadienne.
Charles Taylor's idea of "deep diversity" has played a major role in debates over multiculturalism in Canada and around the world. Originally, the idea was meant to account for how different groups within Canada - anglophone Canadians, francophone Quebecers, and Indigenous - conceive of their belonging to the country in different ways. Taylor, however, conceives of these differences strictly in terms of irreducibility; that is, he fails to see that they also mean that the country cannot be said to form a unified whole. After giving an account of the philosophical as well as theological reasons for this, I explore its political implications. L'id & eacute;e de & laquo; la diversit & eacute; profonde & raquo; de Charles Taylor a jou & eacute; un r & ocirc;le majeur dans les d & eacute;bats sur le multiculturalisme au Canada et dans le monde. & Agrave; l'origine, cette id & eacute;e & eacute;tait cens & eacute;e rendre compte de la mani & egrave;re dont les diff & eacute;rents groupes au sein du Canada - les Canadiens anglophones, les Qu & eacute;b & eacute;cois francophones et les autochtones - con & ccedil;oivent leur appartenance au pays de diff & eacute;rentes mani & egrave;res. Taylor, cependant, con & ccedil;oit ces diff & eacute;rences strictement en termes d'irr & eacute;ductibilit & eacute;, c'est-& agrave;-dire qu'il ne voit pas qu'elles signifient & eacute;galement que le pays ne peut pas & ecirc;tre consid & eacute;r & eacute; comme formant un tout unifi & eacute;. Apr & egrave;s avoir expos & eacute; les raisons philosophiques et th & eacute;ologiques de ce constat, j'en explore les implications politiques.
I argue that Winthrop Pickard Bell's 1915 prediction that Canada would develop into a nation was accurate by examining two Canadian public figures. First, I examine Bell's analysis that a nation has its own culture. Second, I analyze Rom & eacute;o Dallaire's explanation that his actions in Rwanda were guided by his Canadian background. Third, I turn to Harold R. Johnson who argues that culture is story: we choose which stories to tell about ourselves. I conclude that there is a thread that runs through Bell, Dallaire, and Johnson, a cultural thread about nation, culture, and story. Je soutiens que la pr & eacute;diction faite en 1915 par Winthrop Pickard Bell, selon laquelle le Canada deviendrait une nation, & eacute;tait exacte, et ce, en examinant deux personnalit & eacute;s publiques canadiennes. Premi & egrave;rement, j'examine l'analyse de Bell selon laquelle chaque nation poss & egrave;de sa propre culture. Deuxi & egrave;mement, j'analyse l'explication de Rom & eacute;o Dallaire selon laquelle ses actions au Rwanda ont & eacute;t & eacute; guid & eacute;es par ses origines canadiennes. Troisi & egrave;mement, je me tourne vers Harold R. Johnson, qui soutient que la culture est un r & eacute;cit: nous choisissons les r & eacute;cits que nous voulons raconter sur nous-m & ecirc;mes. Je conclus qu'il existe un fil conducteur entre Bell, Dallaire et Johnson, un fil conducteur culturel autour de la nation, de la culture et de l'histoire.
Dans cette introduction, nous d & eacute;finissons bri & egrave;vement la philosophie canadienne et discutons de son importance avant de pr & eacute;senter les auteurs qui ont contribu & eacute; & agrave; ce num & eacute;ro sp & eacute;cial et leurs articles. L'histoire de la philosophie canadienne a & eacute;t & eacute; peu & eacute;tudi & eacute;e et il est n & eacute;cessaire de r & eacute;aliser de nouveaux travaux philosophiques sur les d & eacute;fis auxquels le Canada est confront & eacute;. Certains articles rassembl & eacute;s dans ce num & eacute;ro sp & eacute;cial examinent l'histoire de la philosophie au Canada, tandis que d'autres soumettent des questions contemporaines & agrave; une analyse philosophique. Les contributeurs & agrave; ce num & eacute;ro sp & eacute;cial incluent Ian H. Angus, Robert Timko, Anna Brinkerhoff, Stefan Lukits, Charles Blattberg, Ronald A. Kuipers, J & eacute;r & ocirc;me Gosselin-Tapp, Delphine T. Raymond, Fr & eacute;d & eacute;rique Jean, R & eacute;mi Poir & eacute;, Matthew Robertson, Janet C. Wesselius, et R. Bruce Elder. In this introduction, we briefly define Canadian philosophy and discuss its importance before introducing the authors who contributed to this special issue and their articles. The history of Canadian philosophy has been understudied, and there is a need for new philosophical work on the challenges facing Canada. Some articles collected in this special issue examine the history of philosophy in Canada, while others subject contemporary issues to philosophical analysis. The contributors to this special issue include Ian H. Angus, Robert Timko, Anna Brinkerhoff, Stefan Lukits, Charles Blattberg, Ronald A. Kuipers, J & eacute;r & ocirc;me Gosselin-Tapp, Delphine T. Raymond, Fr & eacute;d & eacute;rique Jean, R & eacute;mi Poir & eacute;, Matthew Robertson, Janet C. Wesselius, and R. Bruce Elder.
If, following Hannah Arendt, we understand Canada's public sphere as constituted by the basic human condition of plurality, then our public sphere must do more than follow the liberal strategy of containing potentially fractious religious differences. What might a more robust recognition of religious voices in Canada's public sphere look like, especially considering the destructive historic role that Canada's mainline Christian churches played in supporting Canada's genocidal policy of cultural assimilation of Indigenous peoples? How might Canada's religious voices become more publicly salient while also supporting the basic human condition of plurality? Si, & agrave; l'instar d'Hannah Arendt, nous comprenons que la sph & egrave;re publique canadienne doit & ecirc;tre constitu & eacute;e par la condition humaine fondamentale de la pluralit & eacute;, notre sph & egrave;re publique doit aller au-del & agrave; de la strat & eacute;gie lib & eacute;rale qui tient & agrave; d & eacute;samorcer les conflits potentiels & eacute;manant des diff & eacute;rences religieuses. & Agrave; quoi pourrait ressembler une meilleure reconnaissance des voix religieuses dans la sph & egrave;re publique canadienne, compte tenu surtout du r & ocirc;le historique destructeur que les principales & eacute;glises chr & eacute;tiennes du Canada ont jou & eacute; en soutenant la politique g & eacute;nocidaire d'assimilation culturelle des peuples autochtones du Canada ? Comment les voix religieuses du Canada pourraient-elles devenir plus pertinentes publiquement tout en soutenant la condition humaine fondamentale de la pluralit & eacute; ?
This article argues that it is not possible to understand a nation's ideals, values, goals, and institutional practices or its past, present, and future possibilities without an examination of its foundational philosophy and the historical evolution of that philosophy. Canada is no exception in this regard. Canada's underlying philosophy is objectively idealistic, inclusive, duty and community oriented, examines life as it is lived, and moves forward in an evolutionary and dialectical fashion. If this hypothesis is true, then why is it the case that the study of this philosophy is largely absent from Canadian university curricula and public discourse? Cet essai propose qu'il n'est pas possible de comprendre les id & eacute;aux, les valeurs, les objectifs ou les pratiques institutionnelles d'une nation, ni ses possibilit & eacute;s pass & eacute;es, pr & eacute;sentes ou futures, sans un examen de sa philosophie fondamentale et de l'& eacute;volution historique de cette philosophie. Le Canada ne fait pas exception & agrave; cet & eacute;gard. La philosophie sous-jacente du Canada est objectivement id & eacute;aliste, inclusive et ax & eacute;e sur le devoir et sur la communaut & eacute; ; elle examine la vie telle qu'elle est v & eacute;cue et avance de mani & egrave;re & eacute;volutive et dialectique. Si cette hypoth & egrave;se est vraie, pourquoi l'& eacute;tude de cette philosophie est-elle largement absente des programmes universitaires canadiens et des forums de d & eacute;bat public ?
This article introduces theories of populism and empty signifiers to Canadian Indigenous studies. Canadian populist politics may serve to marginalize Indigenous actors and lead them to feel misrepresented within related social movements. These movements commonly develop empty signifiers, which are vague terms that mean different things to different political actors, but help to unite a "people." Indigenous resistance movements can make strategic use of empty signifiers to build populist or non-populist social movements that challenge colonial institutions. I argue that any such movement would require careful strategizing between Indigenous and other social movements to ensure that Indigenous priorities are not marginalized. Cet article a pour objectif de pr & eacute;senter les th & eacute;ories du populisme et des signifiants vides aux chercheurs en & eacute;tudes autochtones canadiennes. Les tactiques politiques populistes canadiennes peuvent servir & agrave; marginaliser les acteurs autochtones et les amener & agrave; se sentir mal repr & eacute;sent & eacute;s au sein des mouvements sociaux qui sont associ & eacute;s & agrave; ce populisme. Ces mouvements d & eacute;veloppent g & eacute;n & eacute;ralement des signifiants vides, qui sont des termes vagues qui signifient des choses diff & eacute;rentes pour diff & eacute;rents acteurs politiques, mais qui contribuent & agrave; unir un & laquo; peuple & raquo;. Les mouvements de r & eacute;sistance autochtones peuvent faire un usage strat & eacute;gique de signifiants vides pour construire des mouvements sociaux populistes ou non populistes qui remettent en question les institutions coloniales. Je soutiens que tout mouvement de ce type n & eacute;cessiterait une planification strat & eacute;gique minutieuse de la part des mouvements autochtones et des autres mouvements sociaux pour garantir que les priorit & eacute;s autochtones ne soient pas mises de c & ocirc;t & eacute;.
Discontinuity is a challenge for conceptual engineering. Instead of providing amelioration, conceptual engineering leads to discontinuity. Engineered concepts are different from those that ordinary people use. I call this "conceptual discontinuity." Conceptual discontinuity is about individuation of concepts. I argue that conceptual discontinuity is connected with semantic individuation of concepts. Hence, to avoid conceptual discontinuity, semantic individuation must go. I offer originalism instead. According to originalism, concepts are individuated by their origin, not by their semantic content. Moreover, it is argued that originalist engineering gives the freedom of choice to revise old concepts or to replace them with new ones. La discontinuit & eacute; est un d & eacute;fi pour l'ing & eacute;nierie conceptuelle. Au lieu d'apporter des am & eacute;liorations, l'ing & eacute;nierie conceptuelle conduit & agrave; la discontinuit & eacute;. Les concepts con & ccedil;us par l'ing & eacute;nierie sont diff & eacute;rents de ceux utilis & eacute;s par les gens ordinaires. J'appelle cela la & laquo; discontinuit & eacute; conceptuelle & raquo;. Il est g & eacute;n & eacute;ralement soutenu que la discontinuit & eacute; conceptuelle concerne l'individuation des concepts. Je soutiens que la discontinuit & eacute; conceptuelle est li & eacute;e & agrave; l'individuation s & eacute;mantique des concepts. Par cons & eacute;quent, pour & eacute;viter la discontinuit & eacute; conceptuelle, l'individuation s & eacute;mantique doit dispara & icirc;tre. Je propose l'originalisme & agrave; la place. Selon l'originalisme, les concepts sont individu & eacute;s par leur origine, et non par leur contenu s & eacute;mantique. En outre, je soutiens que l'ing & eacute;nierie conceptuelle originaliste donne & agrave; l'ing & eacute;nieur la libert & eacute; de choisir de r & eacute;viser d'anciens concepts ou de les remplacer par de nouveaux.
Doxastic Partialism in Friendship is the view that part of being a good friend is having positively tilted beliefs about one's friends. Being a patriot - like being a good friend - is demanding. And there is a case to be made that patriotism - like friendship - demands doxastic partiality, this time towards one's country. Although doxastic partiality in friendship has been widely discussed in the philosophical literature, comparatively little has been written on its patriotic cousin. Focusing on doxastic partiality in the Canadian context, this article seeks to rectify this lack by considering both motivations and worries for Patriotic Doxastic Partialism. La partialit & eacute; doxastique dans l'amiti & eacute; est l'id & eacute;e selon laquelle & ecirc;tre un bon ami consiste en partie & agrave; avoir des croyances positives sur ses amis. & Ecirc;tre patriote, comme & ecirc;tre un bon ami, est exigeant. Et il est vrai que le patriotisme, comme l'amiti & eacute;, exige une partialit & eacute; doxastique, cette fois envers son pays. Bien que la partialit & eacute; doxastique en amiti & eacute; ait & eacute;t & eacute; largement abord & eacute;e dans la litt & eacute;rature philosophique, relativement peu d'& eacute;crits ont & eacute;t & eacute; consacr & eacute;s & agrave; sa cousine patriotique. En se concentrant sur la partialit & eacute; doxastique dans le contexte canadien, cet article cherche & agrave; combler ce manque en examinant & agrave; la fois les motivations et les inqui & eacute;tudes li & eacute;es au partialisme doxastique patriotique.
This article argues that music can reflect and express the ideas that define particular cultures by considering the presence of concepts from Canadian philosophy in the nation's music. It begins by examining how musical compositions can incorporate philosophical notions before surveying some themes in Canadian philosophy. The article then identifies these concepts from Canadian philosophy in the musical compositions of artists such as L & eacute;o Pol Morin, R. Murray Schafer, Udo Kasemets, Michael Snow, Glenn Gould, R. Bruce Elder (this article's author), and David Jaeger. Cet article soutient que la musique peut refl & eacute;ter et exprimer les id & eacute;es qui d & eacute;finissent des cultures particuli & egrave;res en consid & eacute;rant la pr & eacute;sence de concepts de la philosophie canadienne dans la musique du pays. Il commence par examiner comment les compositions musicales peuvent int & eacute;grer des notions philosophiques avant d'examiner certains th & egrave;mes de la philosophie canadienne. L'article identifie ensuite ces concepts de la philosophie canadienne dans les compositions musicales d'artistes tels que L & eacute;o Pol Morin, R. Murray Schafer, Udo Kasemets, Michael Snow, Glenn Gould, R. Bruce Elder (l'auteur de cet article) et David Jaeger.
Quebec sociopolitical context is currently characterized by two distinct political undertakings: on the one hand, a modernization of the Charter of the French Language, and on the other, a desire to establish a nation-to-nation relationship with the Indigenous peoples whose territory lies within Quebec. Although compatible in theory, these two projects are in tension in practice. This article thus proposes a critical analysis of the notion of a "common language" ("langue commune") at the heart of Quebec's language policies. This article argues that it relies on a conception of linguistic justice ill-suited for plurinational societies such as Quebec. Le contexte sociopolitique qu & eacute;b & eacute;cois est marqu & eacute; par deux entreprises politiques distinctes : d'une part, une modernisation de la Charte de la langue fran & ccedil;aise, et d'autre part, une volont & eacute; d'& eacute;tablir un rapport de nation & agrave; nation avec les peuples autochtones dont le territoire se situe au Qu & eacute;bec. Bien que compatibles en th & eacute;orie, ces deux projets se retrouvent en tension dans la pratique. Cet article propose en ce sens une analyse critique de la notion de & laquo; langue commune & raquo; au coeur des politiques linguistiques qu & eacute;b & eacute;coises. L'hypoth & egrave;se g & eacute;n & eacute;rale est que cette id & eacute;e repose sur une conception de la justice linguistique inadapt & eacute;e & agrave; une soci & eacute;t & eacute; plurinationale comme le Qu & eacute;bec.
Le contexte sociopolitique qu & eacute;b & eacute;cois est marqu & eacute; par deux entreprises politiques distinctes : d'une part, une modernisation de la Charte de la langue fran & ccedil;aise, et d'autre part, une volont & eacute; d'& eacute;tablir un rapport de nation & agrave; nation avec les peuples autochtones dont le territoire se situe au Qu & eacute;bec. Bien que compatibles en th & eacute;orie, ces deux projets se retrouvent en tension dans la pratique. Cet article propose en ce sens une analyse critique de la notion de & laquo; langue commune & raquo; au coeur des politiques linguistiques qu & eacute;b & eacute;coises. L'hypoth & egrave;se g & eacute;n & eacute;rale est que cette id & eacute;e repose sur une conception de la justice linguistique inadapt & eacute;e & agrave; une soci & eacute;t & eacute; plurinationale comme le Qu & eacute;bec. Quebec sociopolitical context is currently characterized by two distinct political undertakings: on the one hand, a modernization of the Charter of the French Language, and on the other, a desire to establish a nation-to-nation relationship with the Indigenous peoples whose territory lies within Quebec. Although compatible in theory, these two projects are in tension in practice. This article thus proposes a critical analysis of the notion of a "common language" ("langue commune") at the heart of Quebec's language policies. This article argues that it relies on a conception of linguistic justice ill-suited for plurinational societies such as Quebec.
Eudaimonism is a richly complex ethical tradition. To distinguish eudaimonism from other ethical approaches and to demonstrate the diversity of eudaimonistic accounts, I outline five key distinctions: (i) form vs. content, (ii) weak vs. strong eudaimonism, (iii) perfectionism vs. non-perfectionism, (iv) intellectualism vs. materialism, and (v) dogmatism vs. non-dogmatism. This analysis escapes the traditional focus on eudaimonism through a predominantly Aristotelian lens. It also offers a rich conceptual framework for understanding the historical development of eudaimonism and the dialogue between ancient, early modern, and modern eudaimonists. L'eud & eacute;monisme est une tradition & eacute;thique d'une grande complexit & eacute;. Afin de distinguer l'eud & eacute;monisme des autres approches & eacute;thiques et de mettre en & eacute;vidence la diversit & eacute; des conceptions eud & eacute;monistes, je pr & eacute;sente cinq distinctions cl & eacute;s : (i) forme contre contenu, (ii) eud & eacute;monisme faible contre eud & eacute;monisme fort, (iii) perfectionnisme contre non-perfectionnisme, (iv) intellectualisme contre mat & eacute;rialisme et (v) dogmatisme contre non-dogmatisme. Cette analyse s'affranchit de l'approche traditionnelle de l'eud & eacute;monisme, souvent r & eacute;duite & agrave; une perspective aristot & eacute;licienne. Elle offre & eacute;galement un cadre conceptuel riche pour comprendre le d & eacute;veloppement historique de l'eud & eacute;monisme et le dialogue entre les penseurs eud & eacute;monistes de l'Antiquit & eacute;, de l'& eacute;poque moderne et de l'& eacute;poque contemporaine.
This article addresses two objections by Samuel Kahn to my argument for a living wage for life-sustaining workers. First, it refutes the charge that my position is patronising for asserting that low wages impede a worker's ability to thrive. Second, it responds to a challenge regarding the claim that individuals have a right to a monetary equivalent of their fair share of natural resources, and that this right can be used to determine the justice of a life-sustaining worker's situation in modern society. J'aborde deux objections de Samuel Kahn & agrave; mon argument en faveur d'un salaire d & eacute;cent pour les travailleurs dont l'activit & eacute; est essentielle & agrave; la vie. Premi & egrave;rement, je r & eacute;fute l'accusation selon laquelle ma position est condescendante en affirmant que les bas salaires entravent la capacit & eacute; d'un travailleur & agrave; s'& eacute;panouir. Deuxi & egrave;mement, je r & eacute;ponds & agrave; sa contestation de l'affirmation selon laquelle les individus ont droit & agrave; un & eacute;quivalent mon & eacute;taire de leur juste part des ressources naturelles, et que ce droit peut & ecirc;tre utilis & eacute; pour d & eacute;terminer la justice de la situation d'un travailleur dont l'activit & eacute; est essentielle & agrave; la vie dans la soci & eacute;t & eacute; moderne.
I argue for a general conception of justice that aims to identify what is common to multiple complementary types of justice. John Rawls agrees that there are multiple types (or "levels" or "subjects") of justice, each needing its own principles, but he opposes a general conception in favour of "unity by appropriate sequence." I present my general conception - justice as environment-shaping responsibility - as a different path to theoretical unity in a multi-type view of justice. I show how my general conception of justice can be arrived at through a process of generalizing that starts with Rawls's conception of domestic justice. Je d & eacute;fends une conception g & eacute;n & eacute;rale de la justice qui vise & agrave; identifier ce qui est commun & agrave; plusieurs types de justice compl & eacute;mentaires. John Rawls reconna & icirc;t qu'il existe plusieurs types (ou << niveaux >> ou << objets >>) de justice, chacun n & eacute;cessitant ses propres principes, mais il s'oppose & agrave; une conception g & eacute;n & eacute;rale pour favoriser plut & ocirc;t << l'unit & eacute; obtenue gr & acirc;ce & agrave; une s & eacute;quence appropri & eacute;e >>. Je pr & eacute;sente ma conception g & eacute;n & eacute;rale - la justice comme responsabilit & eacute; de fa & ccedil;onner des environnements inclusifs - comme une voie diff & eacute;rente vers l'unit & eacute; th & eacute;orique de tous les types de justice. Je montre comment ma conception g & eacute;n & eacute;rale de la justice peut & ecirc;tre obtenue & agrave; travers un processus de g & eacute;n & eacute;ralisation qui a pour point de d & eacute;part la conception de la justice domestique de Rawls.