ContexteAvec une prévalence mondiale comprise entre 12 % et 15 %, la migraine concerne un millliard de personnes en 2020. En France, c'est la pathologie neurologique la plus fréquente, avec une prévalence estimée entre 10 % et 14 %. Pourtant, elle demeure sous-diagnostiquée et sous-traitée.ObjectifContribuer à une meilleure connaissance des différentes trajectoires de soin et de l'expérience qu'ont les migraineux de leur maladie et de leur prise en charge.MéthodeCette étude transversale a été co-construite avec des représentant.e.s de la Voix des Migraineux. Le questionnaire a été conçu à partir du recueil de l'expérience de 24 migraineux interrogés lors de deux focus-groups. Il a pour objectif d’évaluer les différentes dimensions du parcours de soin des personnes souffrant de migraines ainsi que leur expérience de la maladie. L'impact des maux de tête a été évalué avec le Headache Impact Test (HIT-6) et le handicap fonctionnel avec le « Migraine Disability Assesment » (MIDAS). Le questionnaire était accessible sur la plateforme en ligne MoiPatient pendant un mois à partir du 21 mars 202 ; 600 réponses étaient attendues. Les données recueillies étaient traitées de manière confidentielle et anonymisée.RésultatsFin mars 2022, 300 patient.e.s avaient répondu à l'enquête : 93,9 % de femmes, âge moyen de 42,6±11,5 ans, première crise à 22 ans en moyenne. Le diagnostic de migraine a été confirmé par un médecin pour 96,7 %. L'errance diagnostique était importante (moyenne de 15 ans). Le score moyen au HIT montrait un impact important à majeur sur la vie quotidienne et le MIDAS montrait une perte de productivité moyenne par trimestre de grade 3 (échelle de 1 à 4). Les malades avaient déjà testé en moyenne 7 traitements de crise et 6 traitements de fond (migraineux chroniques) ; 48,8 % avaient déjà connu un abus médicamenteux (en moyenne 2) et parmi eux, 58,8 % n'ont pas été suivis dans le cadre d'un sevrage médicamenteux. 68 % des participants ont déclaré avoir souffert d'effets indésirables dans l'année écoulée suite à la prise de médicaments antimigraineux. Parmi les migraineux chroniques, 61% ont déjà décidé d'arrêter eux-mêmes leur traitement de fond (arrêt de 6 mois en moyenne). Parmi les 84 % ayant consulté un neurologue, 67,1 % considéraient ce suivi comme efficace ; 77,3 % ont qualifié leur parcours de soin de « parcours du combattant» et 16,2 % le considéraient comme « coordonné et efficace». Selon 74 % des personnes, la plupart des médecins ne sont pas bien informés sur la migraine ; 79 % ont rarement ou jamais reçu de conseils utiles de leur part sur la gestion de leur migraine. Les recherches personnelles des patients sont leur première source d'information devant le neurologue et le médecin généraliste et au final, 71,9 % pensent disposer d'informations suffisantes pour gérer leur traitement correctement. Enfin, 84,9 % prennent leur traitement conformément aux recommandations de leur médecin.DiscussionLa large diffusion du questionnaire via la Voix des Migraineux et les réseaux sociaux a permis de toucher des patient.e.s aux profils diversifiés. Les premiers résultats montrent la complexité du parcours des patients migraineux et l'impact important de la maladie sur leur vie quotidienne. Les résultats de l'enquête seront rapportés aux autorités sanitaires afin que la gestion du parcours de soin des migraineux soit adaptée, de manière à réduire l'errance diagnostique et à améliorer la qualité de leur prise en charge.Mots-clésMigraine ; Parcours de soins ; Association de patients ; Traitements ; Expérience-patient ; Trajectoires de soinSoutien financierLe projet est mené avec le soutien financier de Abbvie, Pfizer et SOS Oxygène. Conformément aux garanties de MoiPatient, ils n'auront accès qu'aux résultats et en aucun cas aux données personnelles des répondants. Ils n'ont pas participé à l’élaboration du contenu de l’étude. L'actionnaire de MoiPatient est l'association Renaloo. MoiPatient bénéficie d'une subvention annuelle de l'ARS Ile-de-France.Déclaration de liens d'intérêtsAD salariée de Cemka, Paris, France Déclaration d'intérêts : NéantLopes Luna Salariée de Cemka, Paris, France Déclaration d'intérêts : NéantNevoret Camille Salariée de Cemka, Paris, France Déclaration d'intérêts : NéantMolins Manon Salariée de MoiPatient, Paris, FranceDebremaeker Sabine La voix des migraineux Déclaration d'intérêts : Néant
Objectif Evaluer le cout de la prise en charge medicale de certaines pathologies rares a partir des bases du systeme national des donnees de sante (SNDS) et estimer le surcout specifique lie a la maladie. Methode L’etude etait fondee sur l’exploitation des donnees du SNDS en ciblant cinq pathologies rares identifiables a partir de codes diagnostics dans le SNDS et selectionnees de maniere a illustrer des situations et manifestations morbides contrastees (Syndrome de Rett, Drepanocytose, Maladie de Willebrand, Amyotrophie spinale infantile (SMA), Syndrome de Marfan). Les patients ont ete identifies a partir des codes diagnostics des hospitalisations et/ou des motifs d’ALD (Affection de longue duree) entre 2012 et 2016. Les analyses ont permis d’identifier, sur l’annee 2017, la consommation totale de soins (soins de ville et hospitaliers) des patients presentant les maladies identifiees, par postes de consommation et la consommation attribuable a la pathologie (fardeau) a travers une comparaison cas-temoins apparies sur l’annee de naissance, le genre et le departement de residence. Resultats Les bases du SNDS ont permis d’identifier 694 patients atteints du syndrome de Rett (95,1 % de femmes ; 19,3 ans en moyenne), 19 016 patients drepanocytaires (60,3 % d’hommes ; 29 ans en moyenne), 5243 patients atteints du syndrome de Marfan (53,2 % d’hommes ; 37,7 ans en moyenne), 1085 patients atteints de SMA (hors type 1) (51,8 % d’hommes ; 33,9 ans en moyenne) et 8762 de patients atteints de la maladie de Willebrand (34,7 % d’hommes ; 41,1 ans en moyenne) toujours vivants au 31/12/2017. Le cout total de la consommation de soins en 2017 variait de 5003 en moyenne pour le syndrome de Marfan (mediane : 1682) a 18 762 pour les patients atteints SMA (hors type 1 et hors patients traites par Spinraza®) (mediane : 10 389), avec un surcout attribuable a la maladie (differentiel avec les temoins) de respectivement 3375 et 17 317 en moyenne. Ce surcout s’elevait a 3685 pour la maladie de Willebrand, 7456 pour la drepanocytose et 12 364 pour le syndrome de Rett. Discussion Malgre une methodologie exploratoire, des difficultes d’identification des pathologies dans les bases du SNDS et une forte variabilite des resultats, l’etude a permis de mettre en evidence pour chaque pathologie un surcout significatif lie a la maladie et a ses complications. Les depenses non presentees au remboursement, et donc certains restes a charge, ne sont pas prises en compte mais seront estimees dans un volet complementaire de l’etude, via un recueil aupres des patients/familles.
Évaluer les comorbidités liées à une dépendance probable à l'alcool au sein de la cohorte Constances. Une analyse a été conduite sur les volontaires inclus dans la cohorte Constances entre 2012 et 2015 (plus de 200 000 sujets âgés de 18 à 69 ans, 81 000 à la date de l'étude). La population d'intérêt a été définie via le score AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test), en excluant les abstinents. Les données analysées étaient issues des auto-questionnaires d'inclusion et de suivi à un an (caractéristiques socio-démographiques, conduites addictives, santé perçue, symptômes dépressifs, etc.), du bilan médical réalisé à l'inclusion (antécédents médicaux, pathologies, biologie), chainées avec les données du Système national des données de santé (SNDS) sur trois années (affections de longue durée (ALD), délivrances de médicaments, consultations et hospitalisations). Les analyses ont été réalisées selon le score AUDIT en trois classes (dépendance à l'alcool probable ou risque problématique, risque dangereux, risque faible). Les analyses comparatives ont été stratifiées sur le sexe et ajustées sur l'âge. Les 71 343 consommateurs d'alcool identifiés dans la cohorte Constances à leur inclusion étaient composés de 47,4 % d'hommes et avaient en moyenne 48 ans. 80,4 % présentaient un risque faible de dépendance à l'alcool, 17,2 % un risque dangereux et 2,4 % une dépendance probable. Ces derniers étaient en moyenne plus jeunes que les autres consommateurs (hommes : 44 ans, femmes : 41 ans), plus souvent fumeurs (54,7 % des hommes et 62,0 % des femmes) et avaient une santé perçue plus dégradée. Les volontaires ayant une dépendance probable bénéficiaient plus souvent d'une exonération des frais de santé au titre d'une ALD, notamment pour épisodes dépressifs (OR [IC à 95 %] de 4,9 [2,8–4,5]) chez les hommes et 5,9 [3,0–11,9] chez les femmes), troubles spécifiques de la personnalité (6,5 [2,9–14,5] et 9,6 [4,1–22,5]) et schizophrénie. Les hommes étaient aussi plus souvent hospitalisés pour des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool (OR de 29,7 [18,8–46,7], des troubles du Système digestif (OR de 4,0 [2,0–8,2] pour une œsophagite), ou un motif cardiovasculaire (OR de 2,0 [1,4-2,9] pour une hypertension artérielle) et les femmes pour des épisodes dépressifs (OR de 8 [6,4–18,6] et des douleurs (OR de 4,6 [1,4–14,9]. Chez les hommes, le risque de décès dans l'année suivant l'inclusion était accru (OR de 4,7 [1,8–12,4]). Malgré l'âge moyen relativement jeune des dépendants probables et probablement un moindre recours aux soins de cette population, un surrisque important vis-à-vis de troubles mentaux sévères ainsi qu'un surrisque d'hospitalisation et de mortalité à court terme est mis en évidence. Un suivi plus long via la cohorte pourrait permettre de compléter ces résultats.
Abstract Early intervention programs (EIP) have been developed in many countries (United States, Europe, Canada) and are now widely considered effective in the treatment of early psychosis. In France, current national policies in the field of mental health promote the development of early intervention but France has not yet met national standards of care for EIP. A recent report from the London School of Economics (2016) even mentioned the delay of France in this area, referring to only one EIP in the country. A preliminary investigation conducted in 2017 showed a strong dynamic with many ongoing projects which led us to renew this investigation in 2018. This was a two-phase study. First, an inventory was achieved through a bottom-up approach and many contacts across the country which may either provide this kind of care or know of such initiatives: psychiatrists, healthcare facilities or Health Regional Agencies. Then, an online declarative survey was administered covering structure of attachment, dedicated team, funding, targeted population, activity in 2017, difficulties and prospects. Between May and October 2018, 69 EIP were identified in France: 35 were operational and 34 were being established or beginners. The 35 identified operational programs were located throughout the country with a few disparities. Half of the programs had been existing for 2 years (17/35). All programs operated with multidisciplinary teams, including at least one psychiatrist and with a mean of 5.9 dedicated full-time equivalents workers. Half of the programs offered case management (48.6%). Most programs were not as a specific setting and had mixed activities, including chronic patients with schizophrenia and most programs offered an integration of ambulatory follow-up in the living environment for some patients (77.1%). A real dynamic has been launched in France. This study will help to improve visibility of programs and to harmonize and ensure a high level of care. Key messages This study shows that a real dynamic has been launched in France. This study shows a need for teams to harmonize and standardize practices of care.
Abstract Issue The French national health strategy “Ma Santé 2022” underlines the need to decompartmentalize the organization of care through city-hospital cooperation. The Connexin® platform aims, as part of treatments prescribed in hospitals and delivered in community, to identify all health professionals around the patient, and ensure they communicate and coordinate with each other to improve the coherence and relevance of care within the pathway. Description of the problem A pilot phase of deployment of the tool was conducted in two regions to measure the organizational and clinical impact of its use. This evaluation was based on qualitative interviews with the various stakeholders (local pharmacists, hospital teams, institutional partners, etc.). The objective was to assess the adoption and transition phases while identifying its effects and added value for health professionals using it. Results Adherence was important: many pharmacists registered, reflection on the service organization in hospital teams. Despite some access problems (codes lost, dual authentication), professionals believe Connexin® facilitates communication between primary care and hospital actors. However, transition was difficult in several hospitals (lack of support from management mainly), insufficient use by pharmacists (hampered by the new missions entrusted to them by law). Support closest to professionals in the tool implementation thus seems crucial to ensure transition to routine use. Lessons Connexin® is a secure, intuitive platform adapted to health professionals’ needs for cooperation. Mobilization of the various actors around the platform proves the interest for and the relevance of such a tool to optimize the efficiency of care. However, the organizational impact, no matter how small, is a barrier to the transition to routine use, a finding shared for many tools. Key messages While the platform was designed by primary, hospital and institutional health professionals, the study points out the need to set up a project governance and appropriate support during implementation. Any organization impact is an obstacle to the evolution of practices.
To investigate potential predictors of readmission with recurrent Clostridium difficile infection (rCDI) after a first hospital stay with CDI. An inception cohort study was performed on an exhaustive health insurance database (Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information - PMSI) and included all patients with at least one hospital stay with CDI over a one-year period in France. Readmissions with rCDI were defined as a novel hospital stay with CDI within 12 weeks following discharge of the index hospitalization. Risk factors for readmission with rCDI were investigated on survivors after the index episode through a bivariate analysis and a multivariate logistic regression. Analyses were focused on the first readmission in patients with multiple readmissions with rCDI. 16,794 patients (females, 56.3%; median age, 75 years) experienced at least one hospital stay with CDI in France in 2015. Among the 14,739 survivors of the index hospital stay (females, 57.3%; median age, 74 years), 2,135 (14.5%) required at least one readmission with rCDI. Independent risk factors for readmission were age ≥65 years [adjusted odds ratio (aOR), 1.34, 95% confidence interval (CI), 1.21-1.49, P<0.0001), immunosuppression (aOR, 1.27, 95% CI, 1.15-1.41, P<0.0001), chronic renal disease (aOR, 1.29, 95% CI, 1.14-1.46, P<0.0001) and a previous history of CDI in the past 6 months (aOR, 2.05, 95% CI, 1.55-2.71, P<0.0001). Conversely, cerebrovascular diseases (aOR, 0.73, 95% CI, 0.58-0.91, P = 0.004) and dementia (aOR, 0.73, 95% CI, 0.61-0.88, P = 0.001) had an apparent protective effect. The cumulative number of risk factors was independently associated with the hazard of readmission but led to no additional risk. Hospital readmissions with rCDI are common after a first episode.These results enable to identify high-risk patient subgroups who could gain the largest benefit from secondary prevention strategies.
Évaluer les conséquences sur la qualité de vie d’un épisode d’infection à Clostridium difficile (ICD) chez des patients hospitalisés en court séjour. Une étude observationnelle prospective a été conduite en 2016 dans sept centres hospitaliers français chez des patients présentant une ICD confirmée microbiologiquement. L’auto-questionnaire EQ-5D-3L a été complété par les patients pour décrire leur état de santé perçu, à deux reprises : à 7 (± 2) jours après le diagnostic d’ICD ainsi que de façon rétrospective pour décrire leur état avant l’épisode infectieux. Les décréments d’utilité correspondants (avant et pendant l’épisode) ont été calculés en appliquant les valeurs de référence françaises [1]. Le score obtenu variait entre −1 et 1, 1 étant la meilleure qualité de vie possible. Le calcul des QALYs a été effectué à partir de l’EQ-5D et des durées moyennes observées des épisodes dans les études publiées. La perte de QALY a été estimée en multipliant la perte incrémentale d’utilité par la durée moyenne d’un épisode. Une analyse de la variance des décréments d’utilité en fonction de la sévérité de l’ICD et des caractéristiques des patients a été réalisée. Au total, 80 patients ont été inclus et disposaient de données exploitables ; 45 % des patients inclus étaient des hommes et l’âge médian à l’inclusion était de 71 ans (min/max : 30/98). La durée d’hospitalisation moyenne était de 30 jours (± 29). Le score moyen de Charlson était de 5,1 (± 2,8). Les scores d’utilité étaient négatifs chez 14 patients (18 %) avant l’épisode d’ICD et chez 43 patients (54,4 %) pendant l’épisode. Le score moyen EQ-5D est passé de 0,542 (± 0,391) avant l’épisode infectieux à 0,050 (±0,404) pendant l’épisode, avec une perte d’utilité moyenne ajustée de 0,482 points (±0,4). Le décrément d’utilité était significativement plus important en fonction de la sévérité de l’ICD (score Zar ≥ 3) (p = 0,001), pour les patients avec un score d’utilité positif avant l’épisode (p = 0,032), pour les femmes (p = 0,041) et pour les patients âgés de 65 ans ou plus (p = 0,041). Aucune association avec le score de Charlson n’a été mise en évidence. La perte de QALY associée en l’absence de décès était de 10,22 QALD (« Quality-Adjusted Life Days ») (± 19,44) soit 0,028 QALY (± 0,052). Les conséquences sur la qualité de vie des épisodes d’ICD, en dehors des conséquences en termes de mortalité plus élevée, sont importantes et se traduisent en une perte significative de QALY malgré leur courte durée.
Objective. Identify job factors associated to return to work, especially age, among postal workers after a work absence due to health reasons. Methods. In 2015, 32 La Poste occupational physicians conducted a cross-sectional descriptive epidemiological study within 477 postmen over 49 years and 339 of postmen aged between 40 and 49 years old. The main variable of interest is how to stay in work after a sickness absence for more than 30 days. The explanatory variables are personal, medical and occupational factors. Perceived health, perceived physical constraints and relational factors were scored. Multivariate statistical analysis was done by multinomial logistic regression. Results. At the time of medical visit, half of the workers can return to work on their job, 40% can return to work with a reorganized job, 6% reclassified to another job and 4% cannot return to work. The mean total duration of the absence episode is 120 days. In multivariate analysis, the variables significantly associated with a higher risk of having a job arrangement are: age; a cause of absence workrelated; a period of sick leave of more than 90 days; a disability situation; a perceived poor health. Variables significantly associated with a higher risk of reclassification are: more than 90 days of sick leave; a cause of absence work-related; a disability situation; a poor psychosocial score; a perceived poor health. Conclusion. It is possible to identify the predictive factors of return to work after a sickness absence through simple questions and therefore to find solutions to favor the return to work on the medical as well as on the professional levels. (C) 2018 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Les résultats de l’essai NLST ont ouvert le débat sur l’opportunité d’un programme de dépistage du cancer bronchopulmonaire (CBP) chez les personnes exposées à des cancérigènes respiratoires. L’objectif de ce travail est l’analyse coût–efficacité d’un programme de dépistage du CBP dans une cohorte de sujets exposés à l’amiante. Les résultats de l’étude NLST (ajustés à l’âge) sont appliqués à la population de la cohorte APEXS (6453 hommes exposés à l’amiante, ayant passé un scanner du thorax, suivi sans intervention spécifique pendant 8 ans) pour déterminer le nombre et le stade de CBP supplémentaires qui seraient dépisté ; la survie des CBP dépistés a été modélisé en utilisant les données de la cohorte KBP 2010 ; les coûts, limités aux coûts directs, du point de vue de la Sécurité sociale, prennent en compte le coût du programme de dépistage et de la prise en charge des CBP dépistés. On estime 2,5 cas de CBP incident supplémentaires pour 1000 sujets ayant les caractéristiques de la cohorte APEXS, dépistés selon les données du NLST sur 2 ans ; un gain en année de vie compris entre 6,2 à 9,7 et un ratio coût–efficacité variant de 32 039 à 40 359 euros par année de vie gagnée. Bien que supérieur à ceux des programmes de dépistage du cancer du sein ou du côlon, ce ratio coût–efficacité se situe dans le champ de l’acceptable au regard des seuils habituels pour une intervention de santé.
Introduction Dans le cadre de l’evaluation de 10 ans de politique de lutte contre le cancer (2003–2013), et plus particulierement des deux plans cancer, le Haut Conseil de la sante publique a souhaite la realisation d’une enquete qualitative sur des parcours de patients atteints de cancer. L’objectif etait d’evaluer le niveau de mise en œuvre des plans cancer sur le terrain. Methode L’enquete a concerne 30 patients atteints de quatre types de cancers (sein, poumon, colon et prostate), inclus a partir de huit etablissements hospitaliers. Plusieurs personnes ont ete interrogees autour de chaque parcours : le patient, le medecin hospitalier, un autre professionnel de sante et un personnel non medical ou un aidant. Resultats L’enquete a mis en evidence une grande variete de parcours, en termes de situation medicale, de complexite, d’acteurs professionnels impliques et d’environnement (medical, territorial…). L’analyse de ces parcours montre que les dispositifs directement instaures ou en partie relayes par les plans cancer sont mis en œuvre de facon tres inegale sur le terrain. Certains dispositifs sont globalement en place et bien visibles : les reunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), la surveillance et l’implication des patients dans leur prise en charge. D’autres dispositifs ou objectifs recherches par les plans ont evolue de facon positive mais doivent encore etre ameliores : le dispositif d’annonce, l’offre de soins de support…. Enfin, certains dispositifs apparaissent peu ou tres insuffisamment mis en place, notamment le programme personnalise de soins (PPS) et l’accompagnement social et professionnel. Une evolution plutot positive est observee sur d’autres objectifs recherches par les plans cancer mais plus directement lies a d’autres plans ou reglementations : le souci d’informer les patients, l’attention portee au confort, l’ecoute et la prise en compte de la douleur. Discussion Cette approche via les parcours apporte un eclairage complementaire aux autres methodes d’evaluation des plans.
Avec l'évolution des données démographiques du monde du travail, la prise en compte de la relation entre vieillissement, santé et travail constitue aujourd'hui une problématique essentielle. Le comité des médecins du travail du groupe la Poste (COMTLP) a souhaité étudier le problème du maintien dans l'emploi et le rôle de l'âge dans cette problématique. Une étude épidémiologique transversale a été conduite en 2015 par les médecins du travail du groupe la Poste afin d'identifier les facteurs personnels, médicaux et professionnels associés au maintien dans l'emploi après un arrêt de travail. Les agents ont été inclus par leur médecin du travail, lors de la visite de reprise ou de pré-reprise après un arrêt d'au moins 30 jours. Le questionnaire était complété par le médecin en leur présence. Les facteurs associés à la reprise du travail ont été analysés par un modèle de régression logistique. Au total, 32 médecins du travail ont participé et inclus 819 postiers dont 61,3 % de femmes. L'âge moyen est de 50,4 ans et 58,7 % des agents avaient plus de 50 ans. Au moment de la visite, la moitié des salariés pouvaient reprendre sur leur poste sans aménagement ni reclassement (51,2 %), 38,9 % avec des aménagements matériels ou organisationnels, 6,3 % en étant reclassés sur un autre poste et 3,6 % ne pouvaient pas reprendre le travail. Les analyses multivariées permettront d'étudier le taux de reprise avec ou sans aménagement du poste à la suite de la visite en fonction des caractéristiques personnelles des agents (âge, sexe, niveau de diplôme, conditions de vie...), du poste de travail (poste, contraintes horaires, physiques, relations au travail), de l'état de santé (réel et perçu) et de l'historique d'absence au travail. Les résultats de l'enquête permettront de proposer des solutions pour favoriser le maintien dans l'emploi, tant sur le plan médical que managérial.
Décrire les caractéristiques cliniques et démographiques des patients diabétiques de type 2 (DT2) débutant un traitement par un analogue du GLP-1 et les conditions de cette prescription en vie réelle en France. Étude transversale, multicentrique, réalisée en 2013 auprès d’endocrinologues et de médecins généralistes (MG), chez les patients DT2 ini-tiant un traitement par GLP-1. Une analyse comparative avec les études d’enregistrement d’albiglutide (programme HARMONY) a été réalisée. 407 patients français ayant débuté un traitement par liraglutide (88,5 %) ou exénatide (11,5 %) ont été inclus: 314 (77 %) par des endocrinologues (n = 73) et 93 (23 %) par des mg (n = 67). 48 % étaient des hommes, d’âge moyen 59 ± 11 ans, avec une ancienneté moyenne du diabète de 11 ± 7 ans. Leur IMC moyen était de 33,6 ± 6,4 kg/m² avec 71 % de patients obèses, 24 % de patients en surpoids. Avant initiation de l’analogue du GLP-1, le dernier taux d’HbA1c était en moyenne de 8,7 ± 1,4 % et supérieur à 8 % pour 65 % des patients ; 76 % étaient traités par antidiabétiques oraux (ADO) seuls, 4 % par insuline seule et 20 % par insuline et ADO. L’analogue du GLP-1 était prescrit en association avec des ADO seuls (78 % des cas, le plus souvent en trithérapie) ou avec de l’insuline ± ADO (22 %). Le profil des patients de l’étude n’est pas apparu différent de celui des populations incluses dans le programme de développement de l’albiglutide, excepté pour l’âge. Les analogues du GLP-1 sont la plupart du temps utilisés conformé-ment à leurs indications. De plus, le profil des patients en vie réelle correspond bien à celui observé dans les essais cliniques évaluant l’albiglutide. Les auteurs déclarent avoir un intérêt avec un organisme privé, industriel ou commercial en relation avec le sujet présenté. Étude financée par GSK
BACKGROUND:The impact of Clostridium difficile infection (CDI) on healthcare costs is significant due to the extra costs of associated inpatient care. However, the specific contribution of recurrences has rarely been studied.AIM:The aim of this study was to estimate the hospital costs of CDI and the fraction attributable to recurrences in French acute-care hospitals.METHODS:A retrospective study was performed for 2011 on a sample of 12 large acute-care hospitals. CDI costs were estimated from both hospital and public insurance perspectives. For each stay, CDI additional costs were estimated by comparison to controls without CDI extracted from the national DRG (diagnosis-related group) database and matched on DRG, age and sex. When CDI was the primary diagnosis, the full cost of stay was used.FINDINGS:A total of 1067 bacteriological cases of CDI were identified corresponding to 979 stays involving 906 different patients. Recurrence(s) were identified in 118 (12%) of these stays with 51.7% of them having occurred within the same stay as the index episode. Their mean length of stay was 63.8 days compared to 25.1 days for stays with an index case only. The mean extra cost per stay with CDI was estimated at €9,575 (median: €7,514). The extra cost of CDI in public acute-care hospitals was extrapolated to €163.1 million at the national level, of which 12.5% was attributable to recurrences.CONCLUSION:The economic burden of CDI is substantial and directly impacts healthcare systems in France.
Background Few studies have analyzed the impact of rheumatoid arthritis (RA) on workplace insertion and occupation of patients in France. However, the overall negative impact of RA on work capacity has been shown previously. Objectives To investigate the contribution of different socio-economic and clinical factors to absenteeism and loss of work capacity in a population of RA patients below 60 years of age in France in 2012. Methods A national retrospective survey was conducted in a population of patients recruited by rheumatologists practising in hospitals or private practices during a visit, and/or were members of a patients association (ANDAR). The patients responded to a structured telephone interview with an investigator. The data collected included the current employment situation and its history, the functional impact of RA (Health Assessment Questionnaire [HAQ] score), the frequency of flares, work stoppages and disability allowance. Results 503 patients agreed to participate, and 488 were interviewed (97%). In this study population (mean age 49.5±7.7 years and 84.4% women), the disease duration of RA was 12.2 (±9.2) years. 364 patients (74.6%) were employed, 31 (6.4%) unemployed and 93 (19.1%) were out of the labor market. For the 31 unemployed patients, the impact of RA occured as a factor of loss of employment and restriction of access to the labor market. For the 93 patients out of the labor market, discontinuation of professional activity was due to RA for three quarters of them (73%), explained by fatigue (75%), pain or stiffness (25%), or difficulty in moving (25%). The main results of the group of 364 patients in employment according to the HAQ score are shown below. The mean HAQ score was low (0.8) and the mean disease duration was 11.6 years. The proportion of patients receiving biological treatment was very high (60.4%), compared with 24.8% of patients under 60 years of age in the French national representative claims database (“Echantillon Généraliste des Bénéficiaires”) in 2011. This high proportion may also explain the low HAQ. With a HAQ score equal or greater than 1.5, 68.4% of patients reported at least one work stoppage in the last 12 months for an average of 91.6 days; this proportion was 48.3% for all active employees (p<0.0001). Regression analyses suggest that the HAQ score is the major factor contributing to absenteeism, regardless of patients9 socio-economic characteristics. Conclusions The impact of RA on work capacity is important, affecting work stoppages, loss of employment and part-time work. Lost productivity associated with RA is related to the level of HAQ, which suggests that better control of the disease would reduce this loss of productivity. Acknowledgements The authors acknowledge Costello Medical Consulting for editorial assistance which was funded by UCB Pharma. Disclosure of Interest P. Bertin: None declared, F. Fagnani Grant/research support: UCB Pharma, Consultant for: CEMKA-EVAL, A. Duburcq Grant/research support: UCB Pharma, Consultant for: CEMKA-EVAL, A. Woronoff: None declared, P. Chauvin: None declared, G. Cukierman Employee of: UCB Pharma, S. Tropé-Chirol: None declared, J.-M. Joubert Employee of: UCB Pharma, G. Kobelt: None declared DOI 10.1136/annrheumdis-2014-eular.2361
To investigate the contribution of different socio-economic and clinical factors to absenteeism in the workplace in a population of Rheumatoid Arthritis (RA) patients currently in employment. A national retrospective survey was conducted in French RA patients (age <60, either employed or unemployed) recruited by rheumatologists or who were members of a patients’ association (ANDAR). Patient-reported outcomes, socio-economic characteristics and various measures of productivity loss were collected using structured telephone interviews. Multivariate regression analyses were performed to identify the contributing factors to absenteeism. A sample of 503 patients agreed to participate, of which 488 were evaluable. 364 patients (74.6%) were in employment, 31 (6.4%) were unemployed and 93 (19.1%) were out of the labor market. Among the 364 patients currently in employment, 102 (28.0%), 138 (37.9%) and 124 (34.1%) were in ACR functional class of I, II and III/IV, respectively. The mean HAQ scores were 0.6, 1.4 and 1.5 (p<0.0001), and 2.9%, 16.7% and 29.0% (p<0.0001), respectively, had an occupational disability status. An overall proportion of 48.3% patients declared an RA associated work absence over the last year. This proportion increased from 28.4% in ACR I to 62% in ACR III/IV group, and from 7.8% to 31.4% (p<0.0001), respectively, for absence >1 month. Despite a high uptake of biologic agents (60.4%) among these patients, RA was active for a significant period of time; mean 2.2 (±3.2) months in ACR I group and 4.8 (±4.2) months in ACR III/IV group. Regression analyses suggested that ACR functional class and frequencies and duration of flares were the major factors contributing to absenteeism, far ahead of any other socio-economic characteristics. Loss of productivity due to RA could be further reduced through better control of disease activity.
Purpose: Adjustment disorder with anxiety (AjD-A) is a common cause of severe anxiety symptoms, but little is known about its prevalence in old age. Methods: This cross-sectional study examined the prevalence of AjD-A in outpatients over the age of 60 who consecutively consulted 34 general practitioners and 22 psychiatrists during a 2-week period. The diagnosis of AjD-A was obtained using the optional module for diagnostic of adjustment disorder of the Mini International Neuropsychiatric Interview (MINI). The study procedure also explored comorbid psychiatric conditions and documented recent past stressful life events, as well as social disability and current pharmacological and non-pharmacological management. Results: Overall, 3651 consecutive subjects were screened (2937 in primary care and 714 in mental health care). The prevalence rate of AjD-A was 3.7% ( n = 136). Up to 39% ( n = 53) of AjD-A subjects had a comorbid psychiatric condition, mostly of the anxious type. The most frequently stressful life event reported to be associated with the onset of AjD-A was personal illness or health problem (29%). More than 50% of the AjD-A patients were markedly to extremely disabled by their symptoms. Compared to patients who consulted psychiatrists, patients who were seen by primary care physicians were older, had obtained lower scores at the Hamilton Anxiety Rating Scale, benefited less frequently from non-pharmacological management and received benzodiazepines more frequently. Conclusions: AjD-A appears to be a significantly disabling cause of anxiety symptoms in community dwelling elderly persons, in particular those presenting personal health related problems. Improvement of early diagnosis and non-pharmacological management of AjD-A would contribute to limit risks of benzodiazepine overuse, particularly in primary care settings.