Dans les zones oasiennes du Maroc, l’agriculture a connu une extension très importante depuis 30 ans en dehors des oasis, basée principalement sur l’exploitation des eaux souterraines et stimulée par des politiques agricoles volontaristes. Les oasis et leurs extensions sont aujourd’hui confrontées à des pénuries d’eau conséquentes, accentuées par une irrégularité croissante des pluies et des crues. Un processus participatif, impliquant un panel mixte d’acteurs, a été mené en vue d’établir un diagnostic d’ensemble de la situation des ressources en eau dans la zone oasienne de Ferkla (Drâa-Tafilalet) et de coconstruire des solutions consensuelles pour une gestion durable de l’eau à l’échelle du territoire. Le diagnostic a permis d’identifier plusieurs indices démontrant le surdéveloppement voire la « fermeture » du bassin versant : relocalisation de l’usage de l’eau vers l’amont, déclin des niveaux piézométriques des nappes et conflits d’usages. Face à ces enjeux, nombreuses sont les initiatives individuelles et collectives pour augmenter l’offre en eau localement, identifiées par les participants. Celles-ci ont été mises en œuvre ou sont en cours de réflexion, mais elles restent localisées et tributaires d’interventions ailleurs dans le bassin versant. De l’avis général, un nouveau modèle de gouvernance de l’eau est à inventer pour assurer un avenir durable des oasis au Maroc. Ce modèle se baserait sur l’implication et la responsabilisation des usagers dans la gestion de l’eau. Cet article où une démarche participative a été déployée pour comprendre et apporter des propositions autour des enjeux de la gouvernance de l’eau dans les zones oasiennes se veut une contribution au débat national sur la gestion de l’eau.
The Kebili region in Tunisia is experiencing overexploitation of aquifers, exacerbated by the expansion of palm groves through illicit pumping. The development of these extensions is poorly documented and their impacts on groundwater resources are not properly assessed. Competing priorities for groundwater protection and local economic development have led to conflicts between policymakers and farmers. This situation illustrates the difficulties of implementing participatory groundwater management, including the challenges of applying regulations, coordination between institutions, and the complexity of interactions between stakeholders. A common representation of the territory is therefore necessary, it is even a prerequisite for building collective management of water resources. A multi-stakeholder process was initiated with the stakeholders involved in the management of the Kebili oases to collectively reflect on future scenarios for reconciling the sustainable management of groundwater resources and the development of oasis extensions. The aim of this article is to explore the role of spatial visualisation of the diverse development dynamics of oasis expansion in initiating this multi-stakeholder dialogue. In this study, spatial visualisation refers to the use of satellite images, geographical maps and participatory maps (i) to illustrate the evolution of the area and boundaries of these extensions, the spatial distribution of palm groves, drainage and solar irrigation systems (boreholes, photovoltaic panels), and (ii) to construct future scenarios for the evolution of the oasis territory. By clarifying the causal links between the development of extensions and the quantitative and qualitative degradation of groundwater resources, this approach has contributed to the identification of sustainable management strategies for this oasis territory.
La région de Kébili en Tunisie subit une surexploitation des aquifères, exacerbée par l’extension des palmeraies en utilisant des pompages illicites. L’évolution de ces extensions est sous documentée et leurs impacts sur les ressources en eau souterraines sont sous-évalués. Les priorités divergentes en matière de protection des eaux souterraines et de développement économique local ont conduit à des conflits entre les décideurs et les agriculteurs. Cette situation illustre les difficultés de la mise en place d’une gestion participative des eaux souterraines, incluant les défis de l’application des réglementations, de coordination entre les institutions, et la complexité des interactions entre les parties prenantes. Une représentation commune du territoire est donc nécessaire, c’est un prérequis pour construire une gestion collective des ressources en eau. Un processus multi-acteurs a donc été mis en place avec les parties prenantes impliquées dans la gestion des oasis de Kébili, afin de mener une réflexion collective sur les scénarios futurs permettant de concilier la gestion durable des ressources en eau souterraines et le développement des extensions oasiennes. Cet article a pour objectif d’explorer le rôle de la visualisation spatiale des dynamiques diversifiées de développement des extensions oasiennes dans l’initiation de ce dialogue multi-acteurs. Dans ce travail, la visualisation spatiale se réfère à l’utilisation des images satellites, des cartes géographiques et des cartes participatives (i) pour illustrer l’évolution des limites et des superficies de ces extensions, la distribution spatiale des palmeraies, des systèmes de drainage et d’irrigation solaire (forages, panneaux photovoltaïques) et (ii) pour construire des scénarios d’évolutions futures possibles du territoire oasien. En explicitant les liens de causalité entre le développement des extensions et la dégradation quantitative et qualitative des ressources en eau souterraines, cette approche a permis de faire émerger des stratégies de gestion durable de ce territoire oasien.
Ce travail explore l’aménagement hydro-agricole des merjas centrales de la plaine du Gharb au Maroc, en suspens depuis plusieurs décennies. Différentes visions contrastées, quant à l’évolution et à la mise en valeur de ces zones humides temporaires, sont avancées par les institutions publiques, les considérant comme zones d’expansion des crues ou des zones peu valorisées et à intégrer dans un futur aménagement hydro-agricole. Pourtant les merjas sont intensivement exploitées par une diversité d’acteurs dans un contexte d’insécurité foncière et de multiples conflits d’usages. Focalisant sur la merja Sidi Ameur, une démarche de concertation a été menée, à travers des entretiens individuels, des focus groupes et des ateliers participatifs, invitant les acteurs locaux et institutionnels à coconstruire différents scénarios d’aménagement hydro-agricole. L’objectif de l’étude est de développer et tester une démarche pour rendre plus visibles les usages actuels et la vision des communautés locales afin de les engager, au même plan que les acteurs institutionnels, dans un processus de réflexion et de négociation. Dans un premier temps, la cartographie participative a permis de faire converger les participants vers une délimitation commune – hydrologique et juridique – des merjas. Ensuite, la phase prospective a permis d’identifier différents scénarios d’aménagement collectif, et d’explorer leur faisabilité technique et leurs impacts socio-économiques. Les ateliers montrent la focalisation agricole des parties prenantes, écartant tout autre destin des merjas (zones tampons, réserves écologiques). Pour toutes les options d’aménagement hydro-agricole, la question de qui est légitime pour la mise en valeur des merjas est posée, avec une forte demande d’assainissement foncier préalable. Nos résultats soulignent l’importance et la place de la concertation comme un outil de négociation pour mettre en exergue la position et les revendications des communautés locales souvent marginalisées dans les programmes publics.
More and more literature and practice recommend involving the public at the early stages of the policy cycle, i.e. issue identification, definition of the policy objectives and policy design. Policy design involves, among others, identifying solutions, ideas or alternatives which may address the policy objectives. Three main arguments are often put forward to advocate for the involvement of stakeholders, or the public, in policy design: a "user-centered" argument (i.e. for the policy to better meet people's priorities), an innovation argument (i.e. to conceive new solutions) and a collective argument (i.e. to identify collective actions and better tackle environmental problems). However, in both research and practice these arguments have been challenged. Research has insufficiently generated evidence of the influence of large-scale participation in policy design on resulting proposed actions. The objective of this paper is to analyze whether a large-scale participatory process leads to action proposals that fit people's priorities and that are innovative and collective. It draws from a land management and rural development policy design experiment conducted in six vulnerable areas of Tunisia. 4,300 direct participants were involved and 11,583 action proposals were collected. Our results highlight the influence of the local circumstances on innovation and the interest towards collective actions. Our results also show that whether policy design is made individually or in group influences the outcomes. The results also suggest that appropriate facilitation can help fostering more collective and innovative actions. We conclude the paper by opening up the idea of hybridizing policy design methods with methods from political and agricultural sciences in order to better understand the drivers and rationalities behind participants' action proposals.
Les facilitateurs territoriaux ont généralement pour mission de faciliter le dialogue entre différents types d’acteurs (agriculteurs, élus, administration…) en vue du développement d’un territoire. Cet article décrit un dispositif pilote qui a formé et accompagné des agents de l’administration agricole tunisienne, chargés d’appui au développement rural, dans l’apprentissage et la mise en œuvre de leur nouveau métier en vue d’une planification territoriale concertée dans six zones rurales tunisiennes.
De plus en plus d’initiatives de développement rural au Maghreb affichent une volonté d’adopter des approches participatives. Or, pour les agents de l’administration, la mise en œuvre de ces approches implique souvent un changement de posture et l’acquisition de connaissances et de compétences spécifiques. Comme tous les agents ne peuvent pas être formés à la participation, bon nombre d’initiatives adoptent une stratégie reposant sur une hypothèse de partage de compétences et de posture entre un petit groupe d’agents de l’administration qui sont formés à la participation et leurs collègues. Cet article vise à analyser dans quelle mesure ce partage de compétences et de posture est effectif ou non dans le cas d’une démarche participative mise en œuvre sur un territoire rural en Tunisie. Notre analyse repose sur 12 entretiens individuels réalisés auprès d’agents de l’administration. Notre analyse montre qu’il y a eu un partage partiel entre les facilitateurs de la démarche et les agents de l’administration qui ont été impliqués. Les personnes interrogées ont notamment acquis des compétences sur les outils participatifs et pour l’une d’entre elles au moins un changement de posture est envisagé. On ne peut pas dire pour autant que leur implication dans la démarche, quel que soit son degré, ait changé leur vision sur la participation. Le partage de compétences et de posture pourrait être renforcé par une réflexion plus poussée sur la distribution des rôles et des responsabilités entre agents de l’administration lors de l’ingénierie de la démarche.
Promoting innovation to improve both productivity and sustainability of irrigated farming systems is crucial for the first question addressed within the Sustainable Development Goals process led by the United Nations. This is a complex task that requires methods and processes which include a diversity of knowledge. For this reason, participatory approaches have been increasingly encouraged. A broad range of methods have been developed in the literature. However, debates on the effectiveness of the results, including questions on how different stakeholders influence results and how the context influences platform processes, remain theoretical. In this article, the authors evaluate the results of a participatory diagnosis aiming to identify the constraints and possible innovations to improve agricultural production in the Brahmi irrigation scheme in Tunisia. The process was implemented with individual interviews and focus groups operationalized through two types of platforms, ‘Community of Practice (CoP)' and ‘Learning and Practice Alliance (LPA)'. We highlighted that both CoP and LPA offer fruitful platforms for the interaction of all stakeholders. However, the results could be biased by the context and the expectations and strategies of powerful participants. Individual interviews are complementary to focus group results, especially in situations where open or latent conflicts exist. Copyright © 2020 John Wiley & Sons, Ltd.
La Tunisie cherche à réorienter ses politiques d’Aménagement et de conservation des eaux et des sols (ACES) afin qu’elles gagnent en efficacité, en s’appuyant sur des démarches participatives innovantes. Cette orientation s’inscrit dans des contextes ruraux souvent peu documentés où la dimension environnementale nécessite d’être objectivée. De plus, il existe peu d’espaces de dialogue et de concertation entre les principales catégories d’acteurs des espaces ruraux concernés. Cet article analyse une démarche participative originale conçue pour produire de l’information de qualité en valorisant les savoirs locaux, partager et prendre en compte les perceptions des différents acteurs, et enfin construire des consensus pour contribuer à l’élaboration de politiques d’ACES plus efficaces. L’évaluation mobilise un double dispositif comprenant des observateurs extérieurs et une enquête de satisfaction auprès des participants. Elle s’appuie sur une grille d’évaluation de cette démarche, de ses produits et des effets induits à court terme. La structuration progressive et adaptative de la démarche, les choix des acteurs, des lieux de réalisation des ateliers et le recours à un animateur neutre ont été des facteurs très importants pour satisfaire aux critères d’évaluation de la démarche. Le partage et la prise en compte des informations et des données collectées, mais aussi des expertises et perceptions des différents acteurs, a permis de produire des informations jugées satisfaisantes ou très satisfaisantes par la totalité des participants. Cela a nourri les connaissances de la quasi-totalité des acteurs et a contribué à une dynamique constructive d’apprentissage collectif. L’engagement et la mobilisation des acteurs, en particulier au niveau central, dans cet espace opérationnel de concertation sur les enjeux territoriaux, les pratiques agricoles et les ACES, ont montré une trajectoire d’ouverture vers la décentralisation du pouvoir politique.
Ce second tome du Guide pour l’Action decrit la demarche participative DIMA : « un DIalogue Multi-Acteurs pour la gestion concertee des ressources et des territoires » et l’illustre a travers l’exemple du GDA de Ahouez-Gaafour en Tunisie. La demarche DIMA est une demarche participative de resolution de problemes qui permet d’impliquer et de faire dialoguer des acteurs ayant des interets differents, voire antagonistes, et se trouvant dans une situation d’asymetrie de pouvoir. DIMA permet tout d’abord de creer des conditions propices au dialogue entre les differents acteurs concernes. Elle permet ensuite de (1) co-construire un diagnostic partage d’une situation donnee, (2) de s’accorder sur ce qui fait probleme, (3) d’identifier un panel de solutions possibles et acceptables, et (4) d’elaborer un plan d’action concret dans lequel les differents acteurs partagent les responsabilites. Elle comporte enfin une phase d’accompagnement permettant de suivre la mise en oeuvre des actions prevues dans la duree. En plus de ces resultats a court terme, DIMA permet egalement d’ameliorer durablement le fonctionnement interne des organisations dans une optique d’autonomisation, mais aussi de renforcer le lien social entre les acteurs.
Les travaux precedents de Kchouk et al. ont montre qu'une collaboration entre acteurs agricoles, fonciers et de l'alimentation en eau potable (AEP) est necessaire pour choisir et mettre en ½uvre des solutions concretes aux problemes des pollutions diffuses, comme par exemple la mise en place de Zone Tampon Humide Artificielle (ZTHA). Dans le cadre d'un projet pilote mene en Seine-et-Marne par Irstea et visant a deployer ce type d'infrastructures, une demarche d'accompagnement innovante a ete developpee sur la base du developpement d'un jeu de roles pour stimuler les dialogues entres les acteurs. En etape prealable, la synthese des entretiens individuels avec des acteurs locaux a revele ldes interactions existant entre eux. Le processus s'est appuye ensuite sur la conception et l'experimentation d'un jeu de roles qui permet de faire le lien entre l'amont et l'aval de ces pollutions, du monde agricole aux operateurs d'AEP, et de mettre en debat differents types de solutions. Recreer du lien entre ces deux mondes et faciliter leur collaboration est aujourd'hui un enjeu qui necessite des outils adaptes. Differentes phases de test et validation ont ete menees avec des experts du monde agricole, des chercheurs et membres du Groupe Technique Zones Tampon (groupe pilote par Irstea/Onema). La demarche deployee a permis d'aboutir a la production d'un jeu de roles nomme « Res-Eau-lutions Diffuses ». Cet outil est operationnel et generique dans le sens ou il touche une problematique partagee par d'autres territoires que Rampillon, et peut etre facilement adapte a d'autres contextes locaux. Le jeu se base sur 2 leviers complementaires : les changements de pratiques et l'amenagement de zones tampons sur le territoire. Les tests de validation ont permis de mettre en evidence l'interet de la demarche aupres des acteurs locaux. Neanmoins, d'un point de vue operationnel, il apparait que 1) le cas de la pollution diffuse par le nitrate devrait etre integre a ce stade et 2) qu'un travail prealable participatif de re-calibration avec les acteurs concernes pour valider et adapter le dispositif a leur territoire et le rendre ainsi plus legitime. Ceci augmenterait ainsi les potentialites de cet outil en termes d'appropriation et de pertinence vis-a-vis de la situation etudiee. En effet, un JdR est plus legitime pour des joueurs qui ont participe a sa construction, car il proposera une representation de la situation et du panel d'actions possibles en concordance avec leurs propres schemas mentaux.
Le maintien de « zones tampons » telles que les bandes enherbées permet de capter les transferts superficiels de produits phytosanitaires et les Zones Tampons Humides Artificielles (ZTHA), les transferts par les réseaux de drainage. Les premières peuvent être qualifiées d'innovations réussies dans le sens où elles sont passées d'un stade expérimental vers une adoption dans les textes réglementaires et par la profession agricole. Les deuxièmes, encore au stade expérimental, ont nécessité un compromis entre un optimum technique et les requêtes des agriculteurs, afin d'être diffusées une première fois. En nous basant sur une analyse ex-post pour les bandes enherbées et ex-ante pour les ZTHA, nous analysons leur passage depuis la phase de conception vers leur appropriation par les usagers. Le déploiement de ces deux dispositifs suit deux approches différentes mais la mise en place d'une réglementation contraignante, encore non instaurée pour les ZTHA, est le dénominateur commun.
Les recherches récentes sur les zones tampons humides artificielles ont démontré leur capacité à limiter la contamination des eaux souterraines par les eaux de drainage. Mais comment faciliter le déploiement de cette innovation dans un territoire agricole en mobilisant les acteurs en présence ? En Seine-et-Marne, dans le cadre d’une démarche d’accompagnement du dialogue multi-acteurs sur les pollutions diffuses d’origine agricole, les chercheurs d’Irstea ont conçu et expérimenté, avec l’aide de la société Lisode, un jeu de rôles pour favoriser l’émergence de solutions innovantes et partagées par tous les acteurs concernés : opérateurs de l’eau, agriculteurs et acteurs fonciers.
There is an increasing call for local measures to adapt to climate change, based on foresight analyses in collaboration with actors. However, such analyses involve many challenges, particularly because the actors concerned may not consider climate change to be an urgent concern. This paper examines the methodological choices made by three research teams in the design and implementation of participatory foresight analyses to explore agricultural and water management options for adaptation to climate change. Case studies were conducted in coastal areas of France, Morocco, and Portugal where the groundwater is intensively used for irrigation, the aquifers are at risk or are currently overexploited, and a serious agricultural crisis is underway. When designing the participatory processes, the researchers had to address four main issues: whether to avoid or prepare dialogue between actors whose relations may be limited or tense; how to select participants and get them involved; how to facilitate discussion of issues that the actors may not initially consider to be of great concern; and finally, how to design and use scenarios. In each case, most of the invited actors responded and met to discuss and evaluate a series of scenarios. Strategies were discussed at different levels, from farming practices to aquifer management. It was shown that such participatory analyses can be implemented in situations which may initially appear to be unfavourable. This was made possible by the flexibility in the methodological choices, in particular the possibility of framing the climate change issue in a broader agenda for discussion with the actors.
Algeria as well as the southern Mediterranean countries (Morocco, Tunisia, Lybia, and Egypt) is confronted more and more with a serious problem of water scarcity. Making a tool of assistance for a better valorization of water by the improvement of the performances of irrigated perimeters will help decision-makers to reduce this pressure. This tool is based on the knowledge and the control of the key performances indicators used in irrigation compared to four criteria: hydraulics, agronomic, economic and environmental. The first results show in the case of Algeria that various logics of valorization of this water by the farmers are in presence for example the water consumed as irrigation water by the market gardening is more effective with a bring a fertilizer excess, whereas the water consumed as water irrigation by the arboriculture is less effective and bringing a few fertilizers. These results will have to be suitable thereafter by the policymakers or managers to lead to a rational management of the water used in these perimeters.
Approaches to improve the governance of social–ecological systems are difficult to define in situations where governance is weak, that is, involving limited interactions between the actors and weak management of natural resources. This article analyzes an action research process implemented in the Chaouia coastal region of Morocco, where weak governance of the social–ecological system led to a groundwater and agricultural crisis. A dialogue between local actors was set up with the aim of identifying strategies to address the crisis. First separately and then together, farmers' groups and staff members of public organizations analyzed the existing situation, scenarios for the future of the area, and strategies to cope with the crisis. Contrary to the expectations of the participants, farmers and staff members of public organizations had productive discussions. This approach clarified how social learning can be achieved and governance improved in this situation of weak governance.