Introduction: In elderly patients, goal-directed haemodynamic therapy (GDHT), depth of anaesthesia monitoring and lung-protective ventilation have been shown to improve postoperative outcomes. The aim of this study was to evaluate current practices concerning strategies of anaesthesia optimisation in patients aged >= 75 years. Patients and methods: A multicentre observational study was performed from February to May 2015 in 23 French academic centres. On 30 consecutive days in each centre, patients >= 75 years with at least one major comorbidity undergoing elective or emergency procedures (femoral-neck fractures surgery, intraperitoneal abdominal surgery or vascular surgery) were included. Patient characteristics and data related to GHDT, management of hypotension, monitoring of temperature and depth of anaesthesia, lung ventilation, point of care haemoglobin testing were collected. Results: In total, 807 patients were included. Only 2% of patients [95% CI: 1-3] received GHDT in full accordance with guidelines. Depth of anaesthesia monitoring was largely performed (53% [95% CI: 50-56]). The multifaceted strategy of lung-protective ventilation combining low tidal volumes (6-8 mL/kg), PEEP of 5-8 cm cmH(2)O, and repeated recruitment manoeuvres, was performed in only 4% [95% CI: 3-5] of patients. A centre effect was a major determinant of variation concerning implementation of these strategies. Discussion: In patients' >= 75 years, strategies of anaesthesia optimisation are not in accordance with eligible guidelines. Implementation of these techniques varies independently of factors related to the patient or the type of surgery and may be dependent on the generated constraints. (C) 2018 Societe francaise d'anesthesie et de reanimation (Sfar). Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Les sujets atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont à risque d'aspergillose pulmonaire invasive (API). Un algorithme basé sur des critères clinico-radiologiques a été établi pour discriminer la colonisation bronchique à Aspergillus spp. de l'API putative (APIP). L'objectif est d'étudier l'APIP des sujets BPCO admis en réanimation. Étude rétrospective bicentrique cas-témoins incluant 50 patients BPCO admis en réanimation présentant les critères d'APIP, dans 2 CHU (Lille et Lyon) entre 2006 et 2013. Ces cas ont été appariés avec des témoins 1:2 selon l'IGSII, l'âge et la durée de séjour. L'objectif primaire de l'analyse était la mortalité à court (28 jours) et long terme (1 an), les objectifs secondaires étaient :– les facteurs de risque d'APIP ;– les profils de colonisation/infections bactériennes respiratoires ;– l'étude des traitements antifongiques. Cinquante cas et 100 témoins ont été inclus. La mortalité en réanimation, à j28 et à 1 an était significativement plus élevée chez les cas que chez les témoins (p < 0,001) et apparaissait comme un facteur indépendant de mortalité en réanimation (OR 7,44, IC à 95 % [2,93–18,93], p < 0,001) supérieur à d'autres manœuvres réanimatoires (amines vasopressives, épuration extra-rénale, durée de ventilation mécanique). La corticothérapie et l'antibiothérapie préalable à l'admission en réanimation étaient des facteurs de risque d'APIP (p < 0,003 et p < 0,001 respectivement). Il n'y avait pas de différence significative pour les données bactériologiques respiratoires. 64 % des cas ont reçu un traitement antifongique, principalement du voriconazole (59 %), sans impact du traitement antifongique sur la probabilité de survie. L'APIP est un facteur de mortalité fort et indépendant chez les sujets BPCO en réanimation, à court et à long terme.
Devant l’augmentation du nombre de patients inscrits sur liste d’attente s’est développé en France le prélèvement d’organes à partir de donneurs décédés d’arrêt cardiaque (DDAC) non contrôlés [1]. Deux méthodes de préservation in situ des reins se sont succédées : la sonde de Gillot (Gillot) (2006–2009) et la circulation régionale normothermique (CRN) (2010 à ce jour). L’objectif de cette étude est de comparer la fonction rénale à 2 ans des greffons selon la méthode de préservation utilisée. Étude rétrospective réalisée de septembre 2006 à octobre 2013 incluant les dossiers de tous les patients ayant reçu un rein de DDAC. Le débit de filtration glomérulaire (DFG) mesuré (inuline à 1 an) et estimé (MDRD à M3, M6, M12, M24) ainsi que les résultats des biopsies systématiques (rejets et fibrose interstitielle quantifiée à M3 et M12) étaient comparés entre les receveurs du groupe Gillot et ceux du groupe CRN. Soixante-quatre patients ont reçu un rein de DDAC (Gillot n = 32 vs CRN n = 32). On observe une différence en termes de DFG estimé sur 2 ans (Tableau 1) et mesuré à 1 an (Gillot = 43 contre CRN = 53 mL/min, p = 0,004). Il n’a pas été objectivé de différence en terme de fibrose interstitielle, de survie greffon et/ou patient ni de rejet aigu. Un taux plus élevé de rejet borderline a été mis en évidence à 12 mois dans le groupe Gillot (p = 0,009). Les patients dont les greffons ont été conservés par CRN ont eu une meilleure fonction rénale 2 ans après la transplantation, et moins de lésions borderlines à 1 an. Cela doit encourager les équipes de transplantation à définir la CRN comme technique de référence dans le prélèvement des DDAC non contrôlés.
Introduction La penurie d’organe est un probleme majeur de sante publique. Notre institution a developpe le prelevement a partir de Donneurs Decedes d’un Arret Cardiaque (DDAC) afin d’augmenter le nombre de greffons [1] . Cette technique pose le probleme de la conservation in situ des organes pendant la periode d’ischemie chaude. Afin de minimiser les dommages causes au greffon, deux methodes de conservation existent : la technique par sonde de Gillot et la circulation regionale normothermique (CRN). Le centre de prelevement DDAC de notre institution a debute son activite en septembre 2006 avec la sonde de Gillot, puis la CRN a partir de janvier 2010. L’objectif de cette etude etait de comparer ces 2 techniques sur l’activite de prelevement et sur la fonction a court terme des greffons renaux. Materiel et methodes Etude retrospective, observationnelle, monocentrique de septembre 2006 a septembre 2013. Tous les patients DDAC potentiels admis dans le service etaient inclus ainsi que tous DDAC greffes. Les donnees suivantes etaient recueillies : nombre de donneurs proposes, âge et sexe des donneurs, nombre de donneurs preleves, motif de non-prelevement. Le motif de non-prelevement etait classe en 3 categories : patient hors criteres (dont des delais trop importants), refus de la famille ou famille injoignable et problemes lies a la technique. Chez les patients greffes a partir de DDAC, les elements suivants ont ete recueillis : non-fonction primaire du greffon (NFP), retard de reprise de fonction du greffon, duree de l’hemodialyse (HDI) post-greffe, creatininemie a 3 mois, delai pour une diurese > 1000 mL, et duree d’hospitalisation post greffe. Un test de Fisher, de Mann–Whitney et du Chi2 etaient realises. Resultats Durant la periode d’etude, 110 patients ont ete proposes comme DDAC potentiels. L’âge moyen etait de 43 ans ± 9,13 et 85 % etaient des hommes ( Fig. 1 ). Au total, 47 patients ont ete greffes a partir de DDAC. Trente-deux patients ont ete greffes lors de la periode « Gillot » et 15 lors de la periode « CRN » ( Tableau 1 ). Discussion L’utilisation de la CRN s’est accompagnee d’un accroissement des problemes techniques ne permettant pas le prelevement. Le faible effectif de patients peut expliquer que la technique CRN soit moins maitrisee par l’equipe medico-chirurgicale. Contrairement a d’autres equipes, cette etude ne retrouve pas de reprise plus precoce de la fonction renale lors de l’utilisation de la CRN. Cela peut possiblement etre explique par cette augmentation des problemes techniques [2] .
Introduction A l’ere de la generalisation de l’utilisation des nouveaux anticoagulants oraux, le risque majeur associe, en particulier en post-operatoire, est l’hemorragie [1] . Nous avons voulu evaluer le risque hemorragique lie au type de thromboprophylaxie utilise en postoperatoire d’arthroplastie de hanche ou de genou. Materiel et methodes Nous avons realise au Centre hospitalier Lyon Sud une etude observationnelle retrospective sur 3 ans, incluant 1082 patients successifs operes d’arthroplastie de hanche ou de genou. Nous avons recueillis pour chaque patient sa thromboprophylaxie et les donnees peroperatoires permettant de definir un saignement majeur (difference d’hemoglobine entre J-1 et J + 5 par rapport a l’intervention, pertes totales en mL de globules rouges, quantite de sang transfusee). Resultats L’âge moyen etait de 67,3 ans. On comptait 603 femmes (55,7 % de la population). L’acide tranexamique a ete utilise chez 449 patients (41,5 % de la population) et permet une epargne sanguine de 0,9 points d’hemoglobine (31,3 %) ou de 116 mL de globules rouges (30,2 %) a J + 5. (p Tableau 1 . Discussion Nous avons retrouve conformement a la litterature que l’utilisation d’acide tranexamique etait un facteur protecteur de saignement [2] . Pour ce qui est de la thromboprophylaxie utilisee, nos resultats ont tendance a montrer l’absence de sur-risque hemorragique de nouvelles molecules comme le dabigatran et le rivaroxaban, cependant ces resultats n’ont pas de valeur statistique tant qu’ils n’ont pas ete confirmes par une analyse mutivariee incluant l’ensemble des facteurs de risque pertinents de saignement (sexe, âge, neoplasie, antecedent (ATCD) de saignement gastrointestinal, de chirurgie ou de traumatisme recent, usage d’alcool ou de drogues, diabete, utilisation d’antiagregants plaquettaires, immobilisation prolongee recente, infarctus du myocarde recent, ATCD d’accident vasculaire cerebral, insuffisance renale ou hepatique confirmee, anemie, thrombopenie, hypertension arterielle, risque de chute). Cette etude est actuellement en cours dans le service.
L’aspergillose pulmonaire invasive (API) est une infection sévère dont la prise en charge est bien codifiée chez les patients présentant des hémopathies malignes. Un nombre croissant d’études rapporte l’émergence d’API dans les populations non immunodéprimées en réanimation, représentées principalement par les patients atteints de bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), avec une incidence estimée à 2 %. Cette catégorie de patients présente une altération multifactorielle de leurs défenses locales, et les facteurs de risque les plus importants sont l’utilisation de corticoïdes systémiques et l’administration d’antibiotiques à large spectre. L’API est responsable d’une mortalité importante, et ses caractéristiques spécifiques clinicoradiologiques et biologiques sont généralement absentes dans ce contexte. Par conséquent, une meilleure compréhension de sa pathogenèse et une connaissance approfondie de ses spécificités en réanimation sont nécessaires pour permettre un diagnostic plus précoce. L’obtention d’une preuve histopathologique certifie le diagnostic. La sensibilité des cultures des prélèvements respiratoires ainsi que des sérologies est faible. La détection de l’antigène fongique galactomannane dans le lavage bronchoalvéolaire semble être de valeur diagnostique intéressante. Le traitement antifongique recommandé en première intention est le voriconazole, mais il existe des alternatives largement utilisées dans le passé comme l’amphotéricine B. Nous avons conduit une revue de la littérature étudiant l’API chez les patients non immunodéprimés en réanimation, afin d’analyser les données concernant l’épidémiologie, la physiopathologie, le pronostic, les méthodes diagnostiques et les options thérapeutiques.
Résumé L’aspergillose pulmonaire invasive (API) est une infection sévère dont la prise en charge est bien codifiée chez les patients présentant des hémopathies malignes. Un nombre croissant d’études rapporte l’émergence d’API dans les populations non immunodéprimées en réanimation, représentées principalement par les patients atteints de bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), avec une incidence estimée à 2 %. Cette catégorie de patients présente une altération multifactorielle de leurs défenses locales, et les facteurs de risque les plus importants sont l’utilisation de corticoïdes systémiques et l’administration d’antibiotiques à large spectre. L’API est responsable d’une mortalité importante, et ses caractéristiques spécifiques clinicoradiologiques et biologiques sont généralement absentes dans ce contexte. Par conséquent, une meilleure compréhension de sa pathogenèse et une connaissance approfondie de ses spécificités en réanimation sont nécessaires pour permettre un diagnostic plus précoce. L’obtention d’une preuve histopathologique certifie le diagnostic. La sensibilité des cultures des prélèvements respiratoires ainsi que des sérologies est faible. La détection de l’antigène fongique galactomannane dans le lavage bronchoalvéolaire semble être de valeur diagnostique intéressante. Le traitement antifongique recommandé en première intention est le voriconazole, mais il existe des alternatives largement utilisées dans le passé comme l’amphotéricine B. Nous avons conduit une revue de la littérature étudiant l’API chez les patients non immunodéprimés en réanimation, afin d’analyser les données concernant l’épidémiologie, la physiopathologie, le pronostic, les méthodes diagnostiques et les options thérapeutiques.