Unlike other solid organs, there is currently no available data on the impact of yeast contamination of preservation solutions (PS) in lung transplantation (LT). In this 10-year retrospective study involving all French LT centers, we aimed to assess the impact of Candida PS contamination in terms of invasive candidiasis (IC) incidence in LT recipients. All patients who experienced LT with PS contamination by Candida spp. between 2010 and 2019 were included. Among the 2894 LT performed in France during the study period, 153 PS cultures were positive for Candida spp. (5%). Candida albicans was the main species evidenced (n=124, 77%). During the 6 months following LT, 17/153 IC (11%) were reported, including candidemia (n=5) and deep-seated tissue candidiasis (n=12). Candida species were all identical to those of the corresponding PS. In this population, mortality rate was 6% (1/17) even though IC was not associated with death in multivariate analysis. The absence of bronchial colonization before LT and the need to perform tracheostomy after surgery were identified as factors associated with IC. On the other hand, the use of mycophenolate mofetil was associated with a lower incidence of IC. This national study is the first one to describe the impact of PS contamination with yeasts in LT. Overall, it occurred in 5% of LT and was associated with an unexpectedly high rate of IC. The observation of similar species between PS and clinical samples might suggest that contaminated PS can be the source of IC within the 6 months period post LT. Further investigation by genotyping Candida isolates would help to confirm this hypothesis.
La fibroélastose pleuroparenchymateuse (FEPP) est une maladie pulmonaire fibrosante évolutive souvent létale, caractérisée par un dépôt de fibres élastiques au niveau du parenchyme pulmonaire et de la plèvre, prédominant dans les parties supérieures du thorax [1]. Aucun médicament n’a démontré son efficacité. Nous avons souhaité évaluer si un traitement anti-fibrosant utilisé dans la fibrose pulmonaire idiopathique pourrait réduire la progression de la FEPP. Nous rapportons notre expérience de l’utilisation du nintédanib, un inhibiteur intracellulaire ciblant plusieurs tyrosine kinases, associé à une corticothérapie à dose moyenne, chez les patients ayant une FEPP d’évolution progressive. Nous avons revu rétrospectivement les dossiers de tous les patients diagnostiqués avec FEPP et admis dans le un Centre de référence des maladies pulmonaires rares entre janvier 2010 et décembre 2018. Les patients étaient traités à la discrétion du médecin après discussion multidisciplinaire ; les traitements étaient prescrits hors AMM. Sur 21 patients atteints de FEPP (dont 17 idiopathiques), 11 ont reçu du nintédanib (150 mg deux fois par jour) pendant au moins 3 mois, et 9 patients (dont 7 idiopathiques) ayant un suivi d’au moins 6 mois ont été inclus dans l’analyse. Un aspect histologique et/ou tomodensitométrique de pneumopathie interstitielle commune certaine ou probable était présent chez 3/9 malades traités. Le nintédanib a été associé à 10 à 15 mg/j de prednisone chez 6 patients. Le déclin annuel de la capacité vitale forcée (CVF) a été évalué avant et sous nintédanib. Chez les 9 patients traités, la CVF a diminué régulièrement avant l’initiation du nintédanib (déclin moyen de 274 ± 188 mL/an). Après un suivi médian de 372 jours, le traitement par le nintédanib a été associé à une diminution de la pente du déclin de la CVF (169 ± 214 mL/an ; p = 0,023). La tolérance du nintédanib était généralement bonne malgré un poids corporel moyen relativement faible (48,9 ± 8,7 kg). Le nintédanib pourrait réduire la vitesse de déclin de la CVF chez les patients atteints de FEPP idiopathique ou secondaire. Un essai thérapeutique randomisé est nécessaire pour évaluer le bénéfice et la tolérance de ce traitement au cours de cette affection grave.
INTRODUCTION:In 2015, the International Society for Heart and Lung Transplantation (ISHLT) published a consensus document for the selection of lung transplant candidates. In the absence of recent French recommendations, this guideline is useful in order to send lung transplant candidates to the transplantation centers and to list them for lung transplantation at the right time. BACKGROUND:The main indications for lung transplantation in adults are COPD and emphysema, idiopathic pulmonary fibrosis and interstitial diseases, cystic fibrosis and pulmonary arterial hypertension (PAH). The specific indications for each underlying disease as well as the general contraindications have been reviewed in 2015 by the ISHLT. For cystic fibrosis, the main factors are forced expiratory volume in one second, 6-MWD, PAH and clinical deterioration characterized by increased frequency of exacerbations; for emphysema progressive disease, the BODE score, hypercapnia and FEV1; for PAH progressive disease or the need of specific intravenous therapy and NYHA classification. Finally, the diagnosis of fibrosing interstitial lung disease is usually a sufficient indication for lung transplantation assessment. OUTLOOK AND CONCLUSION:These new recommendations, close to French practices, help clinicians to find the right time for referral of patients to transplantation centers. This is crucial for the prognosis of lung transplantation.
BACKGROUND: Autosomal-dominant signal transducer and activator of transcription 3 (STAT3) deficiency predisposes to recurrent bacterial pneumonia, complicated by bronchiectasis and cavitations. Aspergillosis is a major cause of morbidity in these patients. However, its diagnosis, classification, and treatment are challenging. OBJECTIVE: We aimed to assess the prevalence and describe the clinical, mycological, and radiological presentation and related therapy and outcome of Aspergillus infections of the respiratory tract in the STAT3-deficient patients of the National French cohort. METHODS: We performed a retrospective study of all pulmonary aspergillosis cases in STAT3-deficient patients (n = 74). Clinical and mycological data were collected up to October 2015 and imaging was centralized. RESULTS: Twenty-one episodes of pulmonary aspergillosis in 13 (17.5%) STAT3-deficient patients were identified. The median age at first episode was 13 years (interquartile range, 10-26 years). Ninety percent of patients had previous bronchiectasis or cavitations. Infections were classified as follows: 5 single aspergilloma, 9 chronic cavity pulmonary aspergillosis, 5 allergic bronchopulmonary aspergillosis-like disease, and 2 mixed forms of concomitant allergic bronchopulmonary aspergillosis-like disease and chronic cavity pulmonary aspergillosis. No invasive aspergillosis cases were identified. Aspergillus species were isolated in 71% of episodes and anti-Aspergillus antibodies in 93%. Eleven episodes were breakthrough infections. Antifungal treatment was prolonged, with a median of 13 months, and 6 patients (7 episodes) required surgery, with a high rate of postsurgical complications. One patient died and 6 had a relapse. CONCLUSIONS: Chronic and allergic forms of aspergillosis occurred in 17.5% of STAT3-deficient patients, mostly in lung cavities. Almost half had recurrences, despite prolonged antifungal treatment and/or surgery. (C) 2019 American Academy of Allergy, Asthma & Immunology
Le séquençage du génome complet (WGS) de Mycobacterium tuberculosis (Mtb) prend une importance croissante dans le diagnostic et la recherche sur la tuberculose (TB). En raison d’une résolution supérieure par rapport au spoligotypage, au typage MIRU-VNTR et au typage RFLP IS6110 ; le WGS offre une meilleure précision pour identifier les épidémies et les transmissions. Nous rapportons 3 cas de transmission nosocomiale de M. tuberculosis chez des patients transplantés pulmonaires. Depuis l’année 2000, le laboratoire des mycobactéries de notre centre hospitalier réalise de manière systématique le génotypage des souches de Mtb isolées dans notre région par spoligotypage et typage MIRU15. De plus, depuis 2017, il a été mis en place le WGS systématique des souches de Mtb. Ces méthodes nous ont permis de signaler des transmissions inattendues de TB, sans lien épidémiologique préalablement identifié. Entre 2008 et 2010, 3 chaînes de transmission nosocomiale de TB ont été suspectées grâce à la mise en évidence des isolats de Mtb ayant le même spoligotypes, ces spoligotypes n’ayant pas été détectés auparavant par notre surveillance. Les liens épidémiologiques entre les patients précédemment diagnostiqués avec la tuberculose et ceux transplantés pulmonaires ont finalement été dévoilés par l’enquête de l’équipe d’hygiène hospitalière. Plus tard, ces transmissions nosocomiales ont été confirmées par WGS, montrant une distance génétique de 1 à 4 single-nucleotide polymorphisms (SNP) d’écart pour le groupe 1, 1 seul SNP d’écart pour le groupe 2 et 0 SNP d’écart pour le groupe 3. Par ailleurs, le typage systématique des souches de Mtb isolées dans notre laboratoire a permis l’identification d’une souche dont la transmission perdure. En effet, des isolats présentant le même génotype que le groupe 1 ont été retrouvé chez 3 autres patients en 2015, 2017 et 2018 respectivement. Le génotypage systémique du Mtb est extrêmement utile pour le contrôle et la surveillance de la tuberculose, même dans les établissements hospitaliers. Les patients tuberculeux (même faiblement contagieux) ne doivent pas être pris en charge dans les mêmes unités ni sur les mêmes plateformes techniques que les patients fortement immunodéprimés. Des études complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la chaîne de transmission et le succès épidémiologique de l’isolat de Mtb du groupe 1.
Pain and stress have been reported after lung transplantation and are likely to jeopardize its result. Supportive care includes a variety of strategies aiming at improving quality of life in sick patients; efficacy has been demonstrated in cancer patients. We started a program of supportive care after lung transplantation. In order to evaluate such a program, we prospectively analysed the effect of massage therapy on pain, mood and vital signs.
Despite recent advances in lung transplantation, Aspergillus infections are still a major concern in lung transplant (LT) recipients. The genus Aspergillus may manifest as colonization or infection forms. The latter being associated with significant mortality and morbidity. Colonization, defined as bronchoalveolar lavage or bronchial aspirate, or positive bronchoalveolar lavage galactomannan test, or at least two positive sputum cultures, or tracheal aspirate for Aspergillus spp. in asymptomatic patients with normal-appearing respiratory mucosa or absence of endobronchial lesions, usually precedes infectious forms and complicates transplantation course. While several antifungal prophylactic strategies have been used to limit this deadly disease that mess with this complex endeavor, evidence from retrospective or prospective studies is lacking. In a recent international survey, only 50% of lung transplants' centers use antifungal prophylaxis, yet, substantial differences regarding the duration and the modality of antifungal prophylaxis exist among centers and, hence, increase the unmet need for clear recommendations. Since airways' colonization usually precedes Aspergillus infections and LT recipients are most vulnerable, in particular, during the early post-operative period due to anastomotic ischemia, Aspergillus' eradication seems to be a plausible solution to prevent or minimize Aspergillus colonization/infections post-transplantation. Consequently, all patients who underwent single or double lung transplantation in our center after 2014 received antifungal prophylaxis started on day 1 post-transplantation and carried on till healing of bronchial anastomosis. We report our 4-year experience with antifungal prophylaxis in LT recipients. A retrospective analysis was conducted and compared LT recipients who systematically received inhaled amphotericin B deoxycholate (6 mg twice daily) and 200 mg twice daily oral voriconazole (2014–2017) to those who did not (2008–2013). Only non-cystic fibrosis LT recipients were included in the analysis given that cystic fibrosis patients usually harbor aspergillus species in their sino-nasal/respiratory tract, a fact that may underestimate such therapeutic strategy benefit and Aspergillus' eradication may not be achieved. The data showed in this analysis was traced till hospital discharge. A total of 142 non-cystic fibrosis patients had undergone single/double lung transplantation. Between 2014 and 2017, 59 LT recipients received antifungal prophylaxis and Aspergillus spp. was found in 20 patients (incidence of 33%), while in the control group (n = 83) Aspergillus spp. was recovered from 42 patients (incidence of 50%). The difference between these 2 groups was statistically significant (P = 0.04) suggesting a potential beneficial effect of prompt post-operative antifungal prophylaxis in reducing Aspergillus colonization. Aspergillus fumigatus, A. niger, and A. flavus were most commonly found. Immediate post-operative antifungal prophylaxis using amphotericin B deoxycholate and oral voriconazole significantly reduced nosocomial Aspergillus colonization in non-cystic fibrosis LT recipients. A finding that might decrease subsequent Aspergillus related complications and reduce unnecessary morbidity. However, prospective controlled randomized trials with long-term follow-up are eagerly awaited.
Les critères d'initiation de traitement d'une infection pulmonaire chronique (IPC) à mycobactéries non tuberculeuses (MNT) chez des individus exempts d'antécédent pulmonaire ou dysimmunitaire sont peu connus. Le but de l'étude était d'évaluer les critères ayant conduit à amorcer un traitement anti-MNT et son impact sur le pronostic. Étude rétrospective monocentrique observationnelle (2013–2016) incluant des patients adultes immunocompétents sans pathologie pulmonaire chronique connue, présentant une IPC à MNT selon les critères internationaux et ayant reçu un traitement anti-MNT (≥ 3 mois) ou pas. Ont été recueillis 110 données : – d'antécédents ; – cliniques ; – respiratoires fonctionnelles ; – immunologiques ; – microbiologiques (MNT et co-infection[s]) ; – radiologiques ; – thérapeutiques ; – pronostiques. L'analyse descriptive a évalué la fréquence des variables ( % ou médiane) et les patients traités/non traités ont été comparés par test de Fisher ou de Mann–Whitney. Les critères associés à l'initiation d'un traitement anti-MNT ont été recherchés par une régression logistique bivariée. Cinquante et une IPC à MNT ont été incluses dont Mycobacterium avium (n = 10, 39 %), M. chimarea (n = 10, 39 %), M. xenopi (n = 4, 16 %), M. intracellulare (n = 2, 8 %), M. gordonae (n = 1, 4 %) et M. simiae (n = 1, 4 %) avec 25 (49 %) patients traités et 26 (51 %) non traités. Les critères cliniques significativement associés à l'initiation d'un traitement anti-MNT étaient l'index de masse corporel (OR = 0,83 [0,70–0,98], p = 0,032), la perte pondérale depuis le début des symptômes (OR = 3,40 [1,07–10,77], p = 0,038), l'hémoptysie (OR = 11,77 [1,35–102,86], p = 0,026). Les critères radiologiques étaient des micronodules multiples (OR = 4,66 [1,34–16,24], p = 0,015), une ou des lésion(s) excavée(s) (OR = 4,24 [1,27–14,18], p = 0,019). Les critères microbiologiques étaient la récolte répétée (≥ 2) de cultures positives à MNT sur des prélèvements respiratoires inférieurs (OR = 1,79 [1,01–3,18], p = 0,045), la co-infection avec Aspergillus spp. (OR = 6,30 [1,78–22,24], p = 0,004). Treize (52 %) patients traités ont présenté des effets secondaires significatifs ou graves. La durée médiane de traitement était de 36,3 (intervalle interquartile [IIQ] 13,1–64,4) semaines. La durée médiane de suivi était de 17,1 (IIQ 8,7–27,1) mois. La mortalité globale ou attribuable n'était pas différente entre les deux groupes. La décision de démarrer un traitement d'IPC à MNT chez un patient immunocompétent est multifactorielle. L'algorithme décisionnel optimal incluant des paramètres cliniques, microbiologiques, fonctionnels respiratoires, radiologiques et d'efficacité du traitement reste à définir.
L’âge lors du diagnostic d’hypertension pulmonaire (HTP) est en augmentation. Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer les particularités cliniques et hémodynamiques, et le pronostic des patients âgés (65–74 ans) et très âgés (≥ 75 ans). Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique dans un centre de compétences régional de l’HTP. Tous les patients consécutifs diagnostiqués pour une HTP précapillaire ont été inclus dans l’analyse. Entre le1er novembre 2010 et le 31 octobre 2014, une HTP précapillaire a été diagnostiquée chez 248 patients, d’âge médian de 68 ± 14 ans. Au diagnostic, 82 patients (33,1 %) étaient âgés de 65 à 74 ans, et 65 (26,2 %) de 75 ans ou plus. L’étiologie variait en fonction de l’âge (p < 0,001) : l’HTP du groupe 1 était prédominante chez les patients jeunes (55,4 %) ; 40 % des patients âgés et très âgés avaient une HTP du groupe 3. Parmi les patients de 75 ans ou plus, 24,6 % avaient une HTP du groupe 4. Le délai de diagnostic augmentait avec l’âge (p = 0,001). La distance parcourue au test de marche de 6 minutes diminuait significativement avec l’âge (p < 0,001). Au diagnostic, 62 % des patients étaient en classe III/IV NYHA, quel que soit l’âge (p = 0,205). Les pressions artérielles pulmonaires étaient inférieures chez les patients de 65 ans et plus ; l’index cardiaque médian était diminué chez les patients de plus de 75 ans uniquement (tous p < 0,05). La médiane de survie était de 46 ± 1,4 mois dans la cohorte globale et de 28 ± 4,7 mois chez les ≥ 75 ans (p < 0,001). La survie à partir des premiers symptômes (p = 0,237) et la survie ajustée sur le score de comorbidités de Charlson (p = 0,343) ne différaient pas selon les classes d’âge. L’âge lors du diagnostic d’HTP précapillaire est corrélé à des particularités cliniques et hémodynamiques. Le retard de diagnostic et les comorbidités des patients les plus âgés participent au moins bon pronostic.
L'hypertension pulmonaire (HTP) est une complication fréquente des maladies respiratoires chroniques sévères, sans bénéfice prouvé des traitements spécifiques utilisés dans l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP). Notre hypothèse était que l'HTP du groupe 3 serait associée à une présentation initiale et un pronostic plus sévères que l'HTAP (Fig. 1). Nous avons analysé de manière rétrospective tous les patients incidents avec une HTP pré-capillaire inclus dans le registre national entre 2006 et 2014 par un centre de compétences régional. Les patients appartenant aux groupes 4 et 5 ont été exclus. Nous avons comparé les caractéristiques cliniques, fonctionnelles et hémodynamiques ainsi que la survie entre les groupes 1 et 3. Au total, 273 patients ont été analysés (âge médian 68 ans), dont 164 patients (60,1 %) du groupe 1 et 109 (39,9 %) du groupe 3. Les patients du groupe 3 étaient plus âgés (72 vs. 65 ans), plus fréquemment de sexe masculin (ratio F/M 0,14 vs. 1,4), et avaient une classe NYHA plus altérée que ceux du groupe 1 (82,6 % en classe III–IV vs. 46,9 %). Sur le plan fonctionnel, ils avaient des valeurs significativement plus basses de TM6 (222 vs. 320 m), CVF (78 vs. 91 %), CPT (78 vs. 88 %), VEMS (62 vs. 81 %) et de KCO (35 vs. 64 %). Sur le plan hémodynamique, les patients du groupe 3 avaient des valeurs de PAPm (41 vs. 38 mm Hg) et de RVP (9,7 vs. 8,5 UW) significativement supérieures à celles du groupe 1 et des valeurs d'IC (2,4 vs 2,6 L/min/m2) et de SvO2 (61 vs. 66 %) significativement plus basses. Un traitement spécifique de la maladie vasculaire pulmonaire était moins souvent utilisé chez les patients du groupe 3. La survie des patients du groupe 3 (37,3 % à 5 ans) était significativement inférieure à celle des patients du groupe 1 (66 % à 5 ans). Les patients du groupe 3 d'HTP sont plus âgés, ont des caractéristiques cliniques, fonctionnelles et hémodynamiques plus altérées, et un moins bon pronostic que les patients atteints d'HTAP.
L'âge lors du diagnostic d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) est en augmentation. Les patients âgés sont rarement inclus dans les essais thérapeutiques. Les objectifs de cette étude étaient de décrire la prise en charge de l'HTAP des patients âgés (65–74 ans) et très âgés (≥ 75 ans), et d'évaluer leur réponse et leur tolérance thérapeutique. Nous avons conduit une étude rétrospective, monocentrique dans un centre de compétence régional de l'HTAP. Les traitements entrepris, leur efficacité et leur tolérance ont été analysés pour tous les patients incidents. Entre le 1er novembre 2010 et le 31 octobre 2014, 113 patients ont été inclus dans l'analyse : 56 (49,6 %) étaient âgés de moins de 65 ans, 33 (29,2 %) de 65 à 74 ans et 24 (21,2 %) de 75 ans ou plus. Les patients de plus de 65 ans recevaient moins de traitements combinés d'emblée (respectivement 6,1, 20,8 et 35,7 % ; p = 0,047 dans les 3 groupes). Lors de la première réévaluation, la classe NYHA, les résistances vasculaires pulmonaires et le débit cardiaque s'amélioraient significativement chez les patients de moins de 65 ans et chez ceux de 65 à 74 ans (p tous < 0,05). Chez les plus de 75 ans, seul le débit cardiaque augmentait significativement (p = 0,027). Durant la période de l'étude, 34,5 % des patients ont présenté au moins un effet indésirable. Ces événements semblaient plus fréquents chez les patients très âgés notamment lors de l'utilisation d'inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 (p = 0,009) et des antagonistes des récepteurs de l'endothéline (p = 0,004), conduisant à plus d'interruptions thérapeutiques. La réponse clinique et hémodynamique au traitement est moins bonne chez les patients les plus âgés. Ceci peut être expliqué par le recours moins fréquent à une thérapie combinée d'emblée, et à un taux plus élevé d'effets secondaires et d'interruptions thérapeutiques.
La transplantation d’organe solide est un facteur de risque de tuberculose (TB) maladie. La gestion de la TB maladie est particulièrement complexe chez les receveurs de transplantation hépatique (TH) avec la double contrainte de gestion de la toxicité des antituberculeux sur le greffon et des interactions avec les immunosuppresseurs. Étude de cohorte rétrospective descriptive monocentrique des cas de TB maladie diagnostiqués dans les suites d’une TH entre 2003 et 2015. Parmi les 1020 TH effectuées sur la période 2003–2015, une TB a été diagnostiquée chez 6 patients, correspondant à une incidence de 0,045 cas/1000 receveurs/an et à une prévalence de 0,6 %. Seul 1 patient avait bénéficié d’un test immunologique de dépistage d’infection TB latente (ITL). Dans un délai de 10 (intervalle interquartile [IQR] 6–21) mois après la TH, ces 4 hommes et 2 femmes d’âge médian de 56 (IQR 55–59) ans présentait tous une altération de l’état général, associée à une fièvre prolongée isolée (n = 1), une atteinte ganglionnaire (n = 2), pleurale (n = 2), pulmonaire (n = 2), ou péritonéale (n = 1). Le mécanisme était une réactivation endogène (n = 4), une contamination par le donneur, et une contamination de novo (séjour en zone d’endémie). Le diagnostic microbiologique direct, il a été obtenu par culture et PCR (n = 2) et étude anatomopathologique tissulaire objectivant des lésions granulomateuses non nécrotiques (n = 3). Pour le traitement antituberculeux, l’utilisation de la rifampicine (RMP) (n = 3, 50 %) nécessitait une augmentation importante des doses d’anti-calcineurine (ACN) à partir de j7 (+62 % pour la ciclosporine, +330 % pour le tacrolimus) avec un arrêt prématuré de la RMP pour sous-dosage récurrent en tacrolimus. Aucun rejet n’a été observé sous double traitement ACN et antituberculeux. Trois (50 %) patients ont reçu du pyrazinamide (PZA), avec une hépatite cholestatique ne nécessitant qu’une diminution de posologie. Les alternatives à la RMP et au PZA comprenaient l’amikacine (n = 2) et les fluoroquinolones (n = 4, levofloxacine ou moxifloxacine). Une combinaison de maintenance simplifiée étaient instaurée à 2,5 (IQR 2,0–2,9) mois de l’initiation des antituberculeux. La durée médiane de traitement antituberculeux était de 10,4 (IQR 9,5–12,4) mois. Tous les patients ont guéri, sans rechute après un suivi médian de 16 (IQR 13–31) mois. Dans les suites d’une TH, le principal mécanisme de survenue d’un TB maladie est la réactivation endogène, soulignant l’importance du dépistage et de la gestion d’une ITL pré-TH. Le diagnostic microbiologique direct n’est pas la règle (formes cryptiques). L’utilisation d’ACN ne contre-indique pas l’usage de RMP, mais une augmentation des doses à j7 est nécessaire assortie d’un monitoring pharmacologique étroit.
L'augmentation du risque de cancers cutanés est bien documentée chez les greffés rénaux, hépatiques et cardiaques, mais moins de données existent chez les greffés pulmonaires (GP). L'objectif de notre étude a été de décrire la survenue des cancers cutanés et leurs facteurs de risque dans une cohorte de transplantés pulmonaires, avec une immunosuppression initiale standardisée et homogène. Étude monocentrique rétrospective sur les patients greffés pulmonaires ou cœur–poumons, transplantés entre janvier 2001 et décembre 2014 à Lyon. Les données ont été collectées à partir des dossiers médicaux et d'un questionnaire adressé aux patients. Cent trente-sept GP ont été inclus (76 hommes [H]) avec une moyenne d'âge de 43 ans au moment de la greffe et un suivi médian de 5,4 ans. Dix-huit GP (10 H) (13,1 % de ceux étudiés) ont développé 36 tumeurs épithéliales (10 carcinomes épidermoïdes [CE], 9 carcinomes basocellulaires [CBC], 11 maladies de Bowen [MB], 6 kératoses pré-épithéliomateuses [KPE]), un mélanome et une maladie de Kaposi. Sept GP ont eu au moins un CE, 5 GP au moins un CBC (sans CE), 11 GP au moins une MB (sans CE ni CBC). Huit GP ont eu plusieurs tumeurs. Le ratio global CSC/CBC était de 10/9. L'incidence cumulative des cancers cutanés épithéliaux était de 2,9 %, 8,4 %, 16,6 % et 47,9 % à 2, 4, 8 et 12 ans respectivement. En analyse univariée, seule la durée de l'immunosuppression était identifiée comme facteur de risque de survenue de cancer cutané (p < 0,05). Notre série est une des plus importantes cohortes spécifiquement dédiées aux GP, avec un suivi médian conséquent et une population homogène en termes d'immunosuppression. La prévalence globale des cancers cutanés est plus faible que dans d'autres séries de la littérature. Cela peut être expliqué par une cohorte plus jeune, et qui a été peu exposée à l'azathioprine, au voriconazole, au soleil et au tabac, ces variables étant reconnues pour être des facteurs de risque de survenue de cancers cutanés. Néanmoins, l'incidence cumulative à 12 ans rejoint celle trouvée dans la littérature. Le relatif faible taux de cancers cutanés dans notre étude n'a pas permis de déterminer plusieurs facteurs de risque de survenue de cancers cutanés. Notre étude souligne l'importance de la survenue des cancers cutanés chez les transplantés pulmonaires et cœur-poumons, et l'augmentation progressive de ce risque au cours du suivi, nécessitant une surveillance dermatologique rapprochée.
L’augmentation de l’âge des patients inclus dans les registres nationaux d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et le vieillissement global de la population française justifient une caractérisation précise de l’hypertension pulmonaire (HTP) pré-capillaire du sujet âgé. Notre objectif était de comparer les caractéristiques de l’HTP pré-capillaire du sujet âgé à celles de l’HTP du sujet jeune (Fig. 1). Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique des sujets âgés (âge ≥ 75 ans au diagnostic d’HTP) présentant une HTP pré-capillaire, inclus entre 1982 et 2012 par un centre de compétences régional dans le registre national. Les patients appartenant au groupe 2 ont été exclus. Au total, 508 patients ont été analysés dont 147 (28,9 %) étaient âgés. La proportion des patients âgés a augmenté progressivement avec le temps, passant de 0 % en 1982–1993, à 3,5 % en 1999–2003, 29,7 % en 2004–2008, et 32 % en 2009–2012. Comparativement aux patients jeunes, les patients âgés appartenaient plus fréquemment aux groupes 3 (33,3 % vs. 21,9 %) et 4 d’HTP (35,4 % vs. 13 %) et avaient une classe fonctionnelle NYHA (72,8 % en classe III–IV vs. 55 %) ainsi qu’un TM6 (218 vs. 351 m) significativement plus altérés. Les patients âgés avaient des valeurs d’IC (2,2 vs. 3,1 L/min/m2), de RVP (10,6 vs. 9 UW) et de SvO2 (61 vs. 64 %) significativement plus altérées que les patients jeunes lors du cathétérisme cardiaque droit initial. Sur le plan thérapeutique, la seule différence significative était l’utilisation d’inhibiteurs calciques moins fréquente chez les patients âgés par rapport aux patients jeunes (2 vs. 8,9 %). Les patients âgés avaient une survie à 5 ans de 45,9 %, ce qui était significativement inférieure à la survie des patients jeunes qui était de 65,6 % à 5 ans (p < 0,05). La survie des patients âgés variait selon le groupe d’HTP. Elle était la plus élevée dans le groupe 4 d’HTP et la plus faible dans le groupe 3. Comparativement aux sujets jeunes, les patients âgés présentent des caractéristiques cliniques, fonctionnelles et hémodynamiques plus altérées à la prise en charge initiale. Le pronostic plus sévère chez ces patients peut être expliqué, au moins en partie, par la fréquence plus élevée de patients issus du groupe 3 d’HTP. Les sujets âgés représentent une proportion importante et croissante de notre cohorte d’HTP. Leur atteinte plus sévère nécessite une meilleure définition des stratégies thérapeutiques à adopter.
Objectives: Fungi belonging to the Metarhizium anisopliae complex comprise ubiquitous arthropod pathogenic moulds used as mycopesticides. Rare cases of human infections due to M. anisopliae have been reported. We hypothesize misidentifications of fungal strains implicated in these cases or used in mycopesticides. Methods: A review of the literature was conducted to identify previously published cases. We collected some of these previous described strains and reported new cases, and a French mycopesticide containing M. anisopliae. All identifications were performed based on elongation factor-1 alpha gene sequencing. Results: We report eight new cases of Metarhizium infection in humans (three from France and five from Australia). The strains isolated from these cases, and three others from already published cases and reported as M. anisopliae, were molecularly identified based on elongation factor-1 alpha (Ef1-alpha) gene sequencing as follows: Metarhizium robertsii (six), Metarhizium guizhouense (three), Metarhizium brunneum (one) and Metarhizium pingshaense (one). Conclusions: In this study, we report new human cases of Metarhizium infections, and, based on Ef-1 alpha gene sequencing, we demonstrate the misidentification of species in case reports. We also correct the species identification of a strain reported as M. anisopliae used in a commercially available mycopesticide. According to our results, none of the strains from the human infection reports reviewed belongs to the species M. anisopliae. Crown Copyright (C) 2017 Published by Elsevier Ltd on behalf of European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases. All rights reserved.
L'hypertension pulmonaire (HTP) est une complication sévère survenant au cours de l'évolution des pneumopathies interstitielles diffuses (PID) idiopathiques et sa présence aggrave la morbi-mortalité. Notre objectif était de comparer les caractéristiques de l'HTP selon le type de PID associée : fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), syndrome emphysème–fibrose (SEF) ou autre PID (Fig. 1). Nous avons analysé de manière rétrospective les patients incidents du groupe 3 d'HTP, avec une PID idiopathique connue antérieurement et une HTP précapillaire, inclus entre 2006 et 2014 dans le registre national par un centre de compétences régional. Nous avons comparé les caractéristiques cliniques, fonctionnelles et hémodynamiques ainsi que la survie entre les 3 groupes. Au total, 63 patients ont été analysés (âge médian de 72 ans, dont 87 % d'hommes) ; 37 patients (58,7 %) avaient un SEF, 14 patients (22,2 %) une FPI et12 patients (19,1 %) une autre PID. La majorité des patients (82,5 %) avaient une classe fonctionnelle NYHA III ou IV à la présentation initiale. La distance parcourue médiane au TM6 était de 225 mètres. Sur le plan fonctionnel, les patients avec un SEF avaient des valeurs de CVF, CPT et de VEMS supérieures à celles des patients avec FPI et autres PID, ainsi qu'un KCO plus bas. Les valeurs médianes de la PAPm, des RVP et de l'IC étaient respectivement de 39 mm Hg, 9,1 unités Wood et 2,2 L/min/m2. Il n'y avait aucune différence significative entre les 3 groupes au niveau des paramètres hémodynamiques du cathétérisme cardiaque droit. Dans les 3 premiers mois suivant le diagnostic d'HTP, 59 patients (93,6 %) ont reçu un traitement spécifique de la maladie vasculaire pulmonaire : une monothérapie chez 54 patients (85,7 %) et une bithérapie d'emblée chez 5 patients (7,9 %). La survie globale de l'ensemble des patients était de 71,4 % à1 an, 39,1 % à 3 ans et 29,3 % à 5 ans. Il n'y avait pas de différence de survie significative entre les 3 groupes de PID (p = 0,37). Les patients atteints d'HTP pulmonaire associée aux PID ont des caractéristiques cliniques, fonctionnelles et hémodynamiques sévères lors de la présentation initiale. En dehors des mesures de l'épreuve fonctionnelle respiratoire, il n'y a pas de différence significative de ces paramètres selon le type de PID. Le pronostic de l'HTP associée aux PID est péjoratif.
Le cathétérisme cardiaque droit (KTD) est l'examen de référence pour établir le diagnostic d'hypertension pulmonaire (HTP). L'augmentation de l'âge des patients pris en charge oblige le clinicien à s'interroger sur la pertinence de proposer cet examen invasif à des patients âgés. Les objectifs de cette étude étaient d'évaluer la morbidité du KTD chez les patients âgés et ses implications sur la prise en charge diagnostique et thérapeutique. Nous avons conduit une étude rétrospective, monocentrique, dans un centre de compétences régional de l'HTP. Toutes les données des KTD réalisés durant la période de l'étude ont été analysées. Entre le1er novembre 2010 et le 31 octobre 2014, 1060 KTD ont été réalisés, dont 228 (21,5 %) chez des patients âgés de ≥ 75 ans. La durée de l'examen et la voie d'abord étaient similaires quel que soit l'âge des patients (p < 0,05). Neuf KTD (0,9 %) ont occasionné des complications : 3 chez des patients âgés de ≥ 75 ans (1,3 %) et 6 chez des patients de moins de 75 ans (0,7 %) (p = 0,5). Huit de ces complications étaient en lien avec un abord fémoral (OR : 64,1 ; IC95 % 31,9–128,9 ; p < 0,001). En l'absence de toute cardiopathie gauche, les pressions artérielles pulmonaires moyennes et diastoliques étaient moins élevées (respectivement p = 0,02 et p = 0,001) et le débit cardiaque plus altéré (p = 0,009) chez les patients les plus âgés. La morbidité du KTD n'est pas plus élevée chez les patients de plus de 75 ans. La majorité des complications est en lien avec un abord veineux fémoral, que nous conseillons d'éviter. Les patients très âgés ont une altération plus marquée de la fonction ventriculaire droite.
Lung transplantation (LT) is now considered as an excellent treatment option for selected patients with end-stage pulmonary diseases, such as COPD, cystic fibrosis, idiopathic pulmonary fibrosis, and pulmonary arterial hypertension. The 2 goals of LT are to provide a survival benefit and to improve quality of life. The 3-step decision process leading to LT is discussed in this review. The first step is the selection of candidates, which requires a careful examination in order to check absolute and relative contraindications. The second step is the timing of listing for LT; it requires the knowledge of disease-specific prognostic factors available in international guidelines, and discussed in this paper. The third step is the choice of procedure: indications of heart-lung, single-lung, and bilateral-lung transplantation are described. In conclusion, this document provides guidelines to help pulmonologists in the referral and selection processes of candidates for transplantation in order to optimize the outcome of LT. (C) 2014 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.