La néphropathie épidémique (NE), causée par le virus Puumala, est une forme modérée de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, endémique dans le nord-est de la France, et menant fréquemment à une hospitalisation. Un score prédictif permettant l’identification des patients présentant un risque faible ou élevé de NE grave serait un outil utile en pratique clinique. L’objectif principal de cette étude était d’identifier les facteurs prédictifs de forme sévère afin d’obtenir un score clinico-biologique permettant d’identifier les patients susceptibles de développer une forme sévère de NE. Nous avons inclus dans une étude de cohorte rétrospective multicentrique tous les patients Ardennais atteints de NE sérologiquement confirmée de janvier 2000 à décembre 2014. Les patients atteints d’une forme sévère à l’admission étaient exclus. Une forme sévère était définie par : choc hypovolémique, hémorragique ou septique, créatininémie > 353,6 μmol/L, anurie (< 300 mL/24 h), nécessité de dialyse, hémorragie nécessitant une transfusion sanguine, admission en unité de soins intensifs ou décès. Les caractéristiques à l’admission étaient considérées comme des variables explicatives potentielles. Une régression logistique multivariée était utilisée et un score prédictif était dérivé et validé à l’aide d’une technique de ré échantillonnage de type « Bootstrap ». Deux cent cinq patients ont été finalement inclus (âge moyen 38,6 ± 14,3 ans, 74,6 % d’hommes), dont 45 ont développé une forme grave. Les facteurs prédictifs indépendamment associés à la survenue d’une NE sévère étaient l’exposition aux néphrotoxiques (Odd Ratio ajusté (ORa) = 3,25 ; p = 0,005 ; 10 points), les troubles visuels (ORa = 2,64 ; p = 0,02 ; 8 points), une hématurie microscopique ou macroscopique (ORa = 2,37 ; p = 0,04 ; 7 points), une hyperleucocytose > 10 Giga/L (ORa = 3,03 ; p = 0,01 ; 9 points) et une thrombopénie ≤ 90 Giga/L (ORa = 3,74 ; p = 0,003 ; 11 points). Un score ≤ 10 permettait d’identifier des patients à faible risque (3,3 % de formes graves) tandis qu’un score ≥ 20 permettait d’identifier des patients à haut risque (45,3 %) de NE grave. La statistique était de 0,80. Les techniques de ré échantillonnage montraient une bonne validation interne. Nous proposons ici un score simple, réalisable à l’admission, permettant d’identifier les patients à risque élevé ou faible de survenue de NE grave. Ce score pourrait faciliter l’évaluation clinique initiale et permettre de raccourcir la durée d’hospitalisation des patients à faible risque. Une validation externe est requise avant de recommander une large utilisation de ce score.
Les hospitalisations en médecine interne (MI) via le service d'accueil des urgences (SAU) pour exploration de fièvre ou de syndrome inflammatoire sont fréquentes. La discordance diagnostique pourrait augmenter la morbi-mortalité et la durée de séjour. L'objectif de l'étude était d'estimer la proportion de discordance diagnostique, ses facteurs associés et son impact sur la mortalité et la durée de séjour. Il s'agissait d'une étude rétrospective observationnelle, longitudinale, analytique, monocentrique, incluant tous les patients consécutifs ≥ 18 ans admis au SAU, de février à juillet 2014, présentant une t ≥ 38 °C ou < 36 °C et/ou un syndrome inflammatoire (CRP ≥ 15 mg/L) et hospitalisés en MI. Les diagnostics établis au SAU puis à la sortie du service de MI étaient considérés comme concordants (DC) si le même diagnostic avait été fait, comme discordant (DD) si le diagnostic était différent, et comme incertain (DI) en l'absence de diagnostic posé au SAU (exclus de l'analyse). L'association entre la discordance et : âge, sexe, lieu de vie, t, syndrome inflammatoire biologique, examen par un médecin sénior ou non, réalisation d'examens complémentaires (radiographie thoracique [RT], examen des urines, hémocultures) était évaluée en analyse univariée par une régression logistique binaire. L'impact de la discordance sur la durée de séjour était évalué par un test de Wilcoxon et sur la survie par une régression logistique binaire. Cent patients (62 hommes) ont été inclus, de moyenne d'âge 67 ± 20 ans ; 81 patients vivaient à domicile, 3 en foyer-logement et 16 en institution. Seize avaient une t ≥ 38,5 °C. La durée d'évolution de la fièvre était en moyenne de 2,6 ± 4,1 jours (j). L'examinateur était un sénior pour 54 patients, 77 avaient eu une RT, 75 un examen urinaire et 66 des hémocultures. La leucocytose moyenne était de 13 ± 9G/L et la CRP 161 ± 111 mg/L. Un DD était noté dans 17 cas, un DC dans 56 cas, un DI dans 27 cas. Parmi les DD, les diagnostics retenus au SAU étaient : 15 (88,2 %) pathologies infectieuses (PI), 1 (5,9 %) thrombose veineuse profonde (TVP) et 1 (5,9 %) anasarque. En MI, les diagnostics étaient : 6 (35,3 %) pathologies inflammatoires/auto-immunes, 10 (58,8 %) PI, 1 (5,9 %) néoplasie. Pour les DC, les étiologies étaient : 53 (94,6 %) PI, 1 (1,8 %) TVP, 1 (1,8 %) toxidermie médicamenteuse et 1 (1,8 %) sans étiologie retrouvée. Aucune des variables évaluées n'était significativement associée au risque de DD. Néanmoins, une t < 38,5 °C était à la limite du seuil de significativité (aucun patient fébrile chez les DD, p = 0,06). Seuls trois décès sont survenus, ne permettant pas d'évaluer l'impact de la discordance sur la mortalité hospitalière. La durée moyenne de séjour était de 10,2 ± 6,2 j dans le groupe DC, contre 15,5 ± 14,6 j dans le groupe DD (p = 0,30). Peu d'études portent sur la discordance diagnostique entre les SAU et les services d'hospitalisation. Une étude portant sur les discordances diagnostiques chez les sujets de plus de 65 ans hospitalisés pour infection (103 patients) retrouvait un DD dans 18 % des cas, majoritairement chez les patients institutionnalisés. Nous retrouvons 17 % de DD avec, comme seul facteur possiblement associé, une t < 38,5 °C. On constate que, dans le groupe DD, 41 % des diagnostics faits en MI étaient des pathologies auto-immunes, inflammatoires ou néoplasiques, nécessitant des moyens plus poussés que ceux disponibles au SAU. La différence de durée moyenne de séjour entre les groupes DD et DC était de 5 j. Un manque de puissance de l'étude pourrait expliquer l'absence d'association statistiquement significative. Cette étude est la première à notre connaissance à étudier les discordances diagnostiques entre un SAU et un service de MI pour les patients présentant une fièvre ou un syndrome inflammatoire quel que soit l'âge. La discordance diagnostique est fréquente. L'apyrexie aux urgences pourrait être un facteur associé à un DD. Un DD pourrait être associé à un allongement de la durée de séjour. Des études avec un plus grand effectif seront nécessaires pour confirmer ces associations.
Contexte. – Les infections à Hantavirus sont présentes dans le Nord-Est de la France. L'homme se contamine en inhalant des poussières contaminées par les excrétas de rongeurs. En février 2003, le centre national de référence (CNR) des fièvres hémorragiques virales signalait un nombre accru d'infections. Une investigation était initiée afin de confirmer l'excès de cas, de les décrire et de proposer des mesures adéquates.Matériel et méthode. – Les cas, recensés par le CNR, étaient définis par des signes cliniques évocateurs associés à des IgM et des IgG Puumala chez des patients résidant en France. Pour chaque patient, des renseignements cliniques et épidémiologiques étaient recueillis.Résultats. – En 2003, 128 cas ont été identifiés contre 61 en 2002. L'âge médian était de 38 ans et 77 % des cas étaient des hommes ; 82 % étaient hospitalisés. Les patients résidaient dans le quart Nord-Est du pays avec des clusters importants dans les Ardennes et l'Oise. Les expositions à risque retrouvées étaient l'activité professionnelle (35 %) (Bâtiment, secteur forestier et agriculture), la manipulation de bois (35 %), le jardinage (29 %) et les loisirs en extérieur (14 %).Conclusions. – Cette investigation a confirmé l'excès de cas en 2003. La localisation géographique et les expositions à risque étaient conformes à celles rapportées lors de précédentes investigations. La prévention des infections à Hantavirus passe par des mesures individuelles contre les rongeurs et l'exposition à des aérosols de poussières contaminées. Des moyens d'information des professionnels de santé et du grand public dans les zones à risque sont nécessaires pour favoriser ces mesures.Background. – Hantaviral infections causing hemorrhagic fever with renal syndrome are endemic in North Eastern France. Humans are contaminated by the inhalation of aerosols contaminated by rodent faeces. In February 2003, the National reference centre (NRC) for hemorrhagic fevers detected an increased number of cases. An investigation was carried out to confirm the outbreak and take appropriate control measures.Methods. – Cases were collected by the NRC. A case was defined as a person living in France with symptoms compatible with hantaviral infection and a positive blood test both for specific Puumala IgM, and IgG. Clinical information and at-risk exposures during the 2 weeks before onset were recorded.Results. – In 2003, 128 cases were diagnosed (61 in 2002). The median age of patients was 38, 77% were men and 82% were hospitalized. Patients were living in North-Eastern France. Clusters were detected in the Ardennes and Oise districts. Occupation (35%) (in agriculture, forestry, and construction work), manipulation of firewood (35%), gardening (29%), and outdoors leisure (14%) were identified as at-risk exposures in these cases.Conclusions. – An increased number of positive diagnoses of hantaviral infections was confirmed. The location and at-risk exposures of the cases were identical in previous investigations. Exclusion and prevention of rodents' access to houses and avoiding the inhalation of contaminated dust are the only possible prevention measures of hantaviral infections. Information about the disease and its prevention needs to be made widely available to both healthcare professionals and the general population living in endemic areas.
In the present retrospective study, we described a series of 45 non-icteric leptospirosis and 44 nephropathia epidemica (NE) patients diagnosed in the northeast of France from 1995 to 2005 and compared their clinical picture and laboratory parameters, as well as some epidemiological data. Loin pain (P < 0.001), abdominal pains (P = 0.007), rise of blood pressure (P < 0.001) and pharyngitis (P = 0.01) were more frequently found in NE patients. Aspartate aminotransferase (ASAT) (P = 0,006), creatine phosphokinase (CPK) (P < 0.0001) and C-reactive protein (CRP) (P < 0.0001) were higher in leptospirosis, whereas creatinine (P = 0.009) was higher in NE. Leptospirosis mainly concerns occupational hazards, e.g. farmers, and leisure activities like swimming, and NE concerns professional foresters or leisure activities in the forest and the cleaning of attics. During hospitalisation, patients receiving antibiotics were more frequent among leptospirosis than among NE patients (80% versus 59%, P = 0.06). Among the various common clinical signs, only acute myopia appeared to be a pathognomonic but inconsistently observed clinical sign, which was only observed in 47% of NE cases.
Hantaviruses are cosmopolite anthropozoonosis considered as an emerging disease. Four pathogenic types for humans and part of the Bunyaviridae species are hosted by rodents and have been isolated: the Sin nombre virus responsible for the severe American respiratory form; the Hantaan and Seoul viruses responsible for hemorrhagic fevers with renal syndrome (HFRS) of severe to moderate expression in Asia and also in the Balkans; the Puumala virus responsible for HFRS of moderate expression or the socalled nephropathia epidemica in Europe. The Puumala virus is responsible for a minor form of the disease that is observed in areas of the Occidental sector of the ex-URSS, in Scandinavia and in the rest of Europe, notably in the North-East of France. The epidemic episodes occur every three years. They follow the proliferation of rodents, notably russet voles, the reservoir hosts, and their degree of infection. The concept of an occupation at risk in 20 to 49 year-old men (working in forests, agriculture, living near a forest, contact with wood) in an endemic area has not always been found. Its clinical form can vary greatly in its presentation. Basically it is a severe algic influenza syndrome accompanied by acute myopia in 38% of cases, but is nearly pathognomonic in the context. Respiratory involvement is frequent but benign. The initial syndrome can suggest an abdominal or urological surgical emergency, which is source of diagnostic and therapeutic errors. Early biological examination reveals thrombopenia and proteinuria. Then more or less severe acute kidney failure appears in slightly more than 50% of cases. Although it usually regresses with symptomatic treatment, after effects remain in some patients. The environmental changes, the geographical distribution depending on the biotope, the dynamics and behaviour of rodents and the viral circulation between them and its transmission to human beings and its risk factors must continue to be studied in order to gain further knowledge on the epidemiology of this anthropozoonosis.
The most frequent and the most troublesome adverse effect of interferon plus ribavirin-based therapy is anaemia. The aim of this analysis was to determine the incidence and risk factors of anaemia (Hb < 10 g/dL) in human immunodeficiency virus/hepatitis C virus (HCV)-coinfected patients receiving anti-HCV therapy. We reviewed all cases of anaemia occurring among 416 patients participating in a randomized, controlled 48-week trial comparing peginterferon (peg-IFN) alpha 2b plus ribavirin with interferon alpha-2b plus ribavirin. Univariate and multivariate analyses were used to identify links with antiretroviral treatments, HCV therapy and clinical and laboratory findings. Sixty-one (15.9%) of the 383 patients who received at least one dose of anti-HCV treatment developed anaemia. In multivariate analysis the risk of anaemia was significantly associated with zidovudine (OR, 3.27 95% CI, 1.64-6.54, P = 0.0008) and peg-IFN (OR, 2.35; 95% CI, 1.16-4.57, P = 0.0179). The risk of anaemia was lower in patients with higher baseline haemoglobin levels (OR, 0.35 95% CI, 0.26-0.49, P < 0.0001) and in patients receiving protease inhibitor-based antiretroviral therapy (OR, 0.51 95% CI, 0.30-0.86, P = 0.0114). Zidovudine discontinuation could help to avoid anaemia associated with anti-HCV therapy.
Las hantavirosis son antropozoonosis cosmopolitas que se consideran enfermedades emergentes y que causan varios miles de casos de infección en el mundo. Se han descrito dos cuadros clínicos: el síndrome pulmonar por Hantavirus (SPH), que a menudo es grave, en el continente americano, y las fiebres hemorrágicas con síndrome renal (FHSR), de gravedad variable, en Asia y en Europa. El virus Puumala es la causa de una forma leve de la enfermedad que aparece en focos en la parte occidental de la antigua Unión Soviética, en Escandinavia y en el resto de Europa, en especial en el nordeste de Francia. Este artículo presenta una revisión de todas las formas de hantavirosis y, en especial, del cuadro de FHSR que se observa en Francia.
INTRODUCTION:Kawasaki disease is a systemic necrotizing vasculitides concerning medium arteries and affecting predominantly young children.CASE RECORD:We describe here an incomplete Kawasaki disease occurring in an adult with an unusual manifestation presenting as aseptic purulent meningitis.DISCUSSION:Diagnosis and treatment management of incomplete Kawasaki disease.
Introduction. - Kawasaki disease is a systemic necrotizing vasculitides concerning medium arteries and affecting predominantly young children.Case record. - We describe here an incomplete Kawasaki disease occurring in an adult with an unusual manifestation presenting as aseptic purulent meningitis.Discussion. - Diagnosis and treatment management of incomplete Kawasaki disease. (C) 2006 Publie par Elsevier SAS.
We compared the occurrence of nephropathia epidemica cases, over a multi-annual population cycle, in northeastern France with the hantavirus serology for bank voles captured in the same area. We discuss hypotheses to explain the pattern of infection in both humans and rodents and their synchrony.
French hemorrhagic fever with renal syndrome (HFRS) is due to the puumala virus, one of the Hantaviruses. The rodent Clethrionomys glareolus is present throughout the whole country. Human cases are collected in the northeast quarter of France, with an epidemic foci in the Ardennes area (30-40% of the cases). Cyclic variations occur every third year in humans, following prevalence in small rodents (bank voles). Human activities tin forested and rural areas) permit contacts with infected rodents and contamination probably through inhalation of viral particles. In the Ardennes area seven human studies have been undertaken since 1993; one study on the bank vole has been conducted since 1997 Some answers have been found but further studies are needed fora better under standing of this disease. (C) 2001 Editions scientifiques et medicales Elsevier SAS.
La fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) qui sévit en France est due au virus Puumala du genre Hantavirus. Le rongeur hôte est le campagnol roussâtre présent dans toute la France. Les cas humains sont regroupés dans le quart nord-est du pays, avec un foyer épidémique prépondérant, le massif ardennais (30 à 40 % de cas). Les poussées épidémiques surviennent tous les 3 ans, elles suivent les pullulations des rongeurs et leur degré d'infection. Les activités humaines (en forêt, agricole, habitat à proximité de la forêt) rapprochent l'homme des rongeurs, mais les modalités exactes de contamination ne sont pas connues. Les enquêtes chez l'homme effectuées sur les Ardennes depuis 1993 ont permis de confirmer ou d'apporter certaines réponses, les études sur les rongeurs débutées depuis 1997 sont essentielles pour mieux comprendre cette maladie.
The aim of this study was to assess reasons contributing to a cessation of occupational activities in HIV-infected persons. One hundred patients were studied, 55 of whom were working at the time of the study while 45 were unemployed. Twenty of the patients had been diagnosed as having AIDS and the remaining patients were HIV-positive. The main causes of work cessation were psychological, not physical, symptoms. Disclosure of HIV status to work colleagues or employers does not seem to have an effect on employment.