IntroductionPathologies à morbi-mortalité élevée, les infections ostéo-articulaires (IOA) nécessitent une prise en charge médico-chirurgicale et des poly-antibiothérapies initialement intra-veineuses dont la surveillance intra-hospitalière rapprochée est indispensable. Dans notre CHU, la majorité des IOA sont hospitalisées dans les services d'orthopédie. Pour optimiser le suivi des patients présentant une IOA sous antibiothérapie et afin de fluidifier leur parcours de soin nous avons mis en place une organisation de soins nouvelle : un infirmier référent en antibiothérapie dédié aux patients présentant une IOA (IDE IOA) dans les services de chirurgie orthopédique. Nous présentons le bilan d'activité de la dernière année.Matériels et méthodesUne infirmière référente en antibiothérapie réalise dans les services de chirurgie orthopédique le suivi de l'ensemble des patients présentant une IOA. L'Identification des patients se réalise en amont lors de la consultation d'anesthésie, soit au jour le jour dans chaque service par la surveillance des prescriptions d'antibiotiques.En lien avec les infectiologues, l'IDE assure la surveillance du traitement antibiotique probabiliste et recueille l'état clinique du patient. Elle s'assure de la correcte récupération des résultats bactériologiques et de l'adaptation des traitements antibiotiques. Sa participation à toutes les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) est indispensable pour la maitrise du parcours de soin et pour la transmission des informations aux soignants en charge des patients. En lien avec les pharmaciens, elle participe à l'éducation thérapeutiques des patients ayant une IOA et coordonne la sortie.RésultatsUn formulaire de suivi pour chaque patient a été mis en place, afin tracer les informations nécessaires au suivi et les actions pour chaque patient.En 2023, 500 patients ont été suivis, soit une moyenne 30 à 45 patients par mois, avec une majorité de retours au domicile sous traitement per os (80%). Les retours sous traitement intra-veineux exclusif représentent moins de 1% des patients et se réalisent en HAD ou grâce à des prestataires. Trente pour cent des patients pris en charge bénéficient d'un SSR.Les sollicitations sont multiples et fréquentes, émanant des soignants des services, des chirurgiens, ou même des patients lorsqu'ils sont au domicile pour des problématiques de tolérance des antibiotiques ou des questionnements sur leurs parcours de soins.La satisfaction des patients et des soignants (chirurgiens, soignants des services) est importante.ConclusionCette innovation organisationnelle (IDE référent en antibiothérapie IOA) permet un accompagnement personnalisé des patients au cours du séjour en chirurgie orthopédique et autorise un retour au domicile précoce. L'IDE IOA travaille en lien étroit avec l'ensemble des spécialités indispensables à la prise en charge optimale des patients IOA (chirurgiens, anesthésistes, pharmaciens et infectiologues). Elle permet d'améliorer les prises en charge, de fluidifier le parcours patient et d'optimiser l'offre en soin.Aucun lien d'intérêt
Les antibiothérapies prolongées sont à l'origine d'effets indésirables parfois sévères et nécessitent une surveillance étroite. Le suivi au domicile des patients sous antibiothérapie (> 14 jours) a été amélioré grâce à la mise en place en janvier 2021 d'un accompagnement par un infirmier référent en antibiothérapie (IRA) assisté par une application e-santé. Après inclusion du patient et éducation thérapeutique, l'IRA réalise, sous supervision médicale, le suivi clinique et biologique. Il participe à la gestion des effets indésirables, réalise le lien avec les soignants du domicile et veille au bon déroulement du parcours de soin. L'application e-santé permet de recueillir un questionnaire hebdomadaire d'évaluation clinique, de communiquer et de rappeler les bilans biologiques ainsi que les rendez-vous. Nous évaluons notre accompagnement sur les deux ans écoulés. L'intégralité des patients qui se sont vu proposer cet accompagnement l'ont accepté. Sur les 202 patients accompagnés, 27% (55/202) ont une infection ostéoarticulaire, 18% (37/202) une septicémie, 14% (28/202) ont une endocardite infectieuse,13% (27/202) un abcès et enfin 17% (34/202) une tuberculose. Les 11% restants (21/202) ont diverses pathologies. Un tiers des patients ont un traitement intraveineux, majoritairement sur midline. L'âge moyen est de 56 ans, les comorbidités sont le diabète, les troubles cardiovasculaires et les cancers. Environ 20% (40/202) sont en précarité sociale. Hors tuberculose, les durées moyennes d'antibiothérapie et de suivi sont respectivement de 54 et 67 jours, 45 patients sont suivis simultanément. L'IRA réalise des actions d'information et de coaching à destination du patient mais aussi d'assistance et de coordination à destination des soignants. Le nombre d'appels reçus par jour est de 35. Parmi les 1430 bilans biologiques récupérés et analysés, la moitié n'aurait pas été réalisée sans l'intervention de l'infirmier. Les principaux effets indésirables rencontrés sont les éruptions cutanées, les troubles digestifs, et la cytolyse hépatique. Le suivi par l'IRA a conduit à 28 ré-hospitalisations en évitant le passage par les urgences. L'application a permis la réalisation de 2736 questionnaires cliniques (13 par patient) et l'échange de 512 messages (3 par patient). Les patients et les soignants sont très satisfaits de cet accompagnement (sécurité procurée, pertinence des réponses, facilité à joindre le service référent). Cette innovation organisationnelle (IRA + application e-santé) permet un accompagnement personnalisé des patients et un retour au domicile sécurisé. Elle permet de prendre en charge rapidement les effets indésirables et d'éviter les passages aux urgences. Elle répond aux besoins de la relation ville-hôpital, apporte un franc bénéfice à la qualité du suivi des patients sous antibiothérapie au domicile et souligne le rôle clef de l'IRA. Un protocole de coopération local entre professionnels de santé permettra l'autonomisation de l'infirmier pour la prescription de bilans biologiques et de traitements symptomatiques de première ligne. Aucun lien d'intérêt
Les options de relais antibiotique oral pour les infections sur prothèse articulaire à Staphylococcus spp. sont souvent limitées. L’objectif de l’étude était d’étudier l’efficacité et la tolérance des cyclines en association à la rifampicine en comparaison au traitement par rifampicine/fluoroquinolone. Étude rétrospective cas-témoins au CRIOAC du CHU de Toulouse de 2014 à 2017 des infections sur prothèse articulaire à Staphylococcus spp. , pris en charge par chirurgie et antibiothérapie orale par rifampicine/cycline vs. rifampicine/fluoroquinolone. Le critère de jugement principal était l’absence de rechute à 2 ans. Quatre vingt deux patients ont été inclus, dont 40 dans le groupe rifampicine/cycline et 42 dans le groupe rifampicine/fluroquinolone. Les patients traités par rifampicine/cycline étaient plus âgés (77,5 vs. 67,5 ans, p = 0.06) et plus co-morbides (score de Charlson > = 3 dans 40% vs. 14,3%, p = 0,01) que ceux traités par rifampicine/fluroquinolone. Les infections concernaient essentiellement des prothèses de hanche ( n = 51, 62%) et de genou ( n = 29, 35%), sans différence entre les 2 groupes, avec une infection précoce (< 1 mois) dans 23 cas (28%). Les patients infectés par S. aureus meti-S (SAMS, n = 25) étaient plus fréquemment traités par rifampicine/fluoroquinolone (24/25), alors que ceux infectés par S. aureus meti-R (SAMR, n = 10) ou S. epidermidis meti-R (SEMR, n = 39) étaient plus fréquemment traités par rifampicine/cycline (8/10 et 30/39). La minocycline restait sensible pour toutes les souches résistantes à la doxycycline. Sur le plan chirurgical, un traitement conservateur (débridement, antibiotiques, irrigation, rétention) était réalisé dans 28 cas (34%), et un traitement non conservateur dans 54 cas (66%), le plus souvent dépose/repose en 1 temps (32/54), sans différences entre les 2 groupes. L’antibiothérapie probabiliste parentérale utilisait un glycopeptide ( n = 42) ou de la daptomycine ( n = 20), associé à une béta-lactamine, pour 7 jours en médiane, sans différence entre les groupes. En relais, dans le groupe cyclines, la rifampicine a été associée à la doxycycline dans 17 cas, et à la minocycline dans 23 cas. Dans le groupe fluoroquinolones, la rifampicine a été associée à la levofloxacine dans 39 cas/42. La durée de traitement était de 12 semaines sans différences entre les groupes. Une rechute avec le même germe est survenue dans les 2 ans chez 12 patients sur 71 évaluables (16,9%), dont 7/32 (21,9%) dans le groupe cyclines et 5/39 (12,8%) dans le groupe fluroquinolones ( p = 0,35). En analyse multivariée, il n’y avait pas statistiquement de sur-risque de rechute dans le groupe cyclines après ajustement sur les facteurs de confusion (ORa = 2,48 (0,49–12,58) p = 0,27). Des effets indésirables sont survenus dans 16 cas (19,5%), sans différence entre les groupes ( p = 0,51) : digestifs ( n = 8), allergiques ( n = 2), neuropsychologiques ( n = 4), insuffisance rénale aiguë ( n = 1), hépatite cytolytique ( n = 1). Les cyclines associées à la rifampicine semblent une alternative intéressante aux fluoroquinolones pour le relai per os des infections sur prothèse articulaire à Staphylocoques, en particulier pour les infections à SAMR et SEMR multi-résistants.
Les antibiothérapies prolongées sont à l'origine d'effets indésirables cliniques ou biologiques parfois sévères, d'un prolongement de l'hospitalisation ou de ré-hospitalisations, et nécessitent une surveillance rapprochée. Afin d'optimiser le suivi de nos patients, de prévenir les infections de voies d'abord, et d'éviter les ré-hospitalisations, nous avons développé une solution e-santé supervisée par un infirmier de coordination. Cette application mobile permet de recueillir un questionnaire hebdomadaire d'évaluation clinique des patients (fièvre, éruption cutanée, nausée, vomissements, poids, voie d'abord IV..), de rappeler les bilans biologiques à réaliser et les rendez-vous médicaux et enfin de transmettre des photos et documents. Notre solution de suivi des patients sous antibiothérapie au domicile a été developpée à partir d'une plateforme e-santé dont s'est doté notre CHU. Un questionnaire hebdomadaire simple, réalisé en 3 minutes a été créé, et incrémenté d'un code couleur donnant du poids aux réponses afin de les hiérarchiser (fièvre à 40 °C : alerte rouge, etc.). Nous avons créé des parcours patients dont découlent les principes de surveillance selon le diagnostic, le type d'antibiotiques, ainsi que le type de voie d'abord. Nous proposons l'accompagnement e-santé à chaque patient qui va recevoir une antibiothérapie supérieure à 7 jours IV ou per os à la sortie d'hospitalisation. La consultation d'inclusion est réalisée par l'infirmier de coordination à la sortie d'hospitalisation, il rappelle les principes de l'antibiothérapie, les principaux effets indésirables, les modalités de contacts et de communication via l'application. Le consentement est signé et l'application est installée. Grâce à elle le patient peut communiquer avec l'équipe soignante en cas d'événements indésirables, peut donner des nouvelles de son état de santé, trouver des informations dans la bibliothèque de l'application sur les antibiotiques ainsi que sur sa pathologie et enfin échanger des données: photos de voies d'abord suspectes, d'éruption, transmission de bilan biologique. Sur le tableau de bord de la plateforme de suivi s'affiche chaque jour par ordre de sévérité décroissantes les réponses aux questionnaires, ce qui permet de hiérarchiser les patients qui doivent être recontactés rapidement. Toute intervention de l'infirmier de coordination est tracée dans le dossier de soin et consultable par le médecin en charge du patient. À cette application mobile s'ajoute la création d'une consultation « avancée » qui permet à l'IDE de coordination de voir les patients pour évaluation clinique, dosages des antibiotiques, ablation de voies, réassurance etc. Cet outil de e-santé adapté au suivi des antibiothérapies prolongées à domicile a pour but de sécuriser le bon déroulement du traitement, de permettre des sorties plus précoces, et de diminuer le nombre de complications et de réhospitalisations. Une étude médico-économique de cet outil est en cours pour évaluer son coût-efficacité.
OBJECTIVE:The objective was to evaluate the association between age-related comorbidities (ARCs) and 5-year HIV-related excess mortality in people living with HIV aged ≥60 years.DESIGN:Cohort study using relative survival analysis (Estève's model).SETTING:The French multicentre prospective Dat'AIDS cohort that involves 12 French hospitals.PARTICIPANTS:Inclusion of 1415 HIV-1 infected patients actively followed aged ≥60 years on January 2008, with a 5-year follow-up period in the late combination antiretroviral therapy era.RESULTS:Among 1415 patients included, 154 died. By multivariable analysis, factors predictive of 5-year HIV-related excess mortality were non-AIDS-related cancer (adjusted excess HR (aEHR)=2.94; 95% CI 1.32 to 6.57), cardiovascular disease (aEHR=6.00; 95% CI 2.45 to 14.65), chronic renal disease (aEHR=4.86; 95% CI 2.24 to 10.53), cirrhosis (aEHR=3.58; 95% CI 1.25 to 10.28), hepatitis C co-infection (aEHR=3.63; 95% CI 1.44 to 9.12), body mass index<18.5 kg/m² (aEHR=4.10; 95% CI 1.61 to 10.48) and having a CD4 cell count ≤200/mm3 (aEHR=5.79; 95% CI 2.28 to 14.69).CONCLUSIONS:ARCs, particularly cardiovascular disease and chronic renal disease, are predictive of HIV-related excess mortality, with an increase in hazard similar to that of CD4 cell count.TRIAL REGISTRATION NUMBER:NCT02898987.
OBJECTIVESTo analyse the frequency and causes of treatment discontinuation in patients who were treated with an integrase strand transfer inhibitor (INSTI), with a focus on neuropsychiatric adverse events (NPAEs).METHODSPatients in 18 HIV reference centres in France were prospectively included in the Dat'AIDS cohort. Data were collected from all patients starting an INSTI-containing regimen between 1 January 2006 and 31 December 2016. All causes of INSTI-containing regimen discontinuations were analysed, and patients' characteristics related to discontinuation due to NPAEs were sought.RESULTSINSTIs were prescribed to 21315 patients: 6274 received dolutegravir, 3421 received elvitegravir boosted by cobicistat, and 11620 received raltegravir. Discontinuation was observed in 12.5%, 20.2% and 50.9% of the dolutegravir-, elvitegravir- and raltegravir-treated patients, respectively (P < 0.001). Discontinuation for NPAEs occurred in 2.7%, 1.3% and 1.7% of the dolutegravir-, elvitegravir-, and raltegravir-treated patients, respectively (P < 0.001). In the multivariate analysis, discontinuation for NPAEs was related to dolutegravir versus elvitegravir (HR = 2.27; 95% CI 1.63-3.17; P < 0.0001) and versus raltegravir (HR = 2.46; 95% CI 2.00-3.40; P < 0.0001), but neither gender (HR for women = 1.19; 95% CI 0.97-1.46; P = 0.09) nor age (P = 0.12) was related. The association with abacavir was not retained in the final model.CONCLUSIONSAlthough discontinuation for side effects was less frequent with dolutegravir than with boosted elvitegravir, discontinuation for NPAEs, although rare (2.7%), was more frequent with dolutegravir. No patient characteristic was found to be associated with these side effects in this very large population.
La péricardite est une pathologie fréquente. Elle est responsable de 5 % des hospitalisations pour douleurs thoraciques. La tuberculose est la cause principale dans les pays où cette infection est épidémique. Dans les pays industrialisés, les péricardites sont dans 80 à 90 % des cas « idiopathiques ». L’enjeu reste de ne pas méconnaître les 10 à 20 % de péricardites en lien par exemple avec des pathologies inflammatoires systémiques ou néoplasiques. Le TEP scanner a déjà fait la preuve de son intérêt dans la stratégie diagnostique de ces affections. L’intérêt diagnostique du TEP scanner dans le bilan étiologique d’une péricardite n’a jamais été étudié. Nous avons réalisé une étude rétrospective bicentrique à partir du centre TEP du CHU de Toulouse. Les patients inclus étaient des patients de plus de 18 ans, bénéficié d’un TEP scanner à visée diagnostique dans le cadre du bilan étiologique d’une péricardite. Vingt neuf patients ont été inclus (14 hommes et 15 femmes). L’âge moyen au diagnostic de péricardite était de 51 ± 18 ans. Concernant les caractéristiques des péricardites, la douleur était présente dans 93 % des cas, un frottement péricardique auscultatoire dans 17 % des cas, des anomalies ECG dans 31 % des cas, un épanchement péricardique dans 76 % des cas. Sept patients avaient une tamponnade. Treize patients (45 %) avaient une pleurésie associée. Onze patients (38 %) étaient fébriles, 7 avaient une altération de l’état général (24 %). Cinq patients avaient un ATCD de maladie auto-immune et 4 de cancer. Les péricardites étaient aiguës dans 10 cas et chroniques dans 19 cas. Le nombre moyen de péricardites par patient était de 1,7 ± 1,4 (de 1 à 5). Le délai médian entre l’épisode de péricardite et la réalisation du TEP scanner était de 22 ± 23 jours. La CRP moyenne était de 142 ± 104 mg/L (de 5 à 369 mg/L). Une hyperfixation péricardique au TEP scanner était signalée dans 19 cas (65 %). Chez ces patients, une anomalie au scanner thoraco-abdomino-pelvien avait été retrouvée chez 17 d’entre eux (90 %). Finalement, le TEP scanner a permis un apport dans la démarche diagnostique dans 3 cas de péricardite (10 %). Il s’agissait toujours de péricardites chroniques. Un patient ayant déjà bénéficié de biopsies ganglionnaires sans apport diagnostique a bénéficié d’un TEP scanner, qui a permis de cibler la biopsie ganglionnaire et aboutir au diagnostic de sarcoïdose. Chez deux patients, le TEP scanner a mis en évidence une hyperfixation ganglionnaire. Chez une patiente la biopsie aspécifique n’a pas permis le diagnostic et la patiente a bénéficié d’un traitement d’épreuve par quadrithérapie antituberculeuse et corticothérapie. Dans l’autre cas, une biopsie ganglionnaire était préconisée chez un patient ayant un ATCD de cancer bronchique mais le patient a été perdu de vue. L’intérêt du TEP scanner au cours du bilan étiologique des péricardites n’a, à notre connaissance, jamais été étudié. L’incidence des péricardites aiguës est de 27,7 cas pour 100 000 personnes par an et la mortalité est faible (1,1 %), principalement en cas de pathologie infectieuse associée et chez les personnes âgées. L’apport diagnostique dans notre étude est faible car le scanner thoraco-abdomino-pelvien apportait déjà des informations importantes. L’intérêt diagnostique principal du TEP scanner est de rechercher l’hyperfixation d’une lésion visualisée au scanner afin de guider une biopsie. Une étude a évalué l’apport du TEP scanner pour différencier les péricardites tuberculeuses et les péricardites idiopathiques. La fixation péricardique était plus importante au cours de péricardites tuberculeuses et la TEP scanner permettait de mettre en évidence des hyperfixations ganglionnaires associées. L’intérêt pronostique du TEP scanner au cours d’un premier épisode de péricardite a été évalué dans une étude et l’intensité de la fixation scintigraphique du péricarde était associée au risque de récurrence de la péricardite. Au cours des péricardites néoplasiques, le TEP scanner est peu utile car concordant avec les données de l’échographie. La rentabilité diagnostique du TEP scanner au cours des péricardites est faible, principalement car il n’apporte pas d’information supplémentaire par rapport au scanner thoraco-abdomino-pelvien. L’indication du TEP scanner au cours des péricardites doit concerner les péricardites chroniques, et être discutée au cas par cas afin d’apporter des arguments supplémentaires en cas suspicion diagnostique.
Objective. - To describe the changes in first-line antiretroviral (ART) regimens in France between 2005 and 2015 and patients' characteristics related to the use of protease inhibitors in 2015. Methods. - We extracted all patients starting ART between 2005 and 2015 from a large prospective cohort. Regimens were classified as three nucleoside reverse transcriptase inhibitors (NRTI), or two NRTIs with a boosted protease inhibitor (bPI), with a non-nucleoside reverse transcriptase inhibitor (NNRTI), or with an INSTI. Patients' characteristics at the time of initiation were collected. A multinomial logit model was fitted to analyze characteristics related to the choice of regimen in 2015. Results. - We analyzed data from 15,897 patients. The proportion of patients starting with (i) a bPI decreased from 60% before 2014 to 38.1% in 2015; (ii) an NNRTI decreased from 30% to 17.8% in 2015; (iii) an INSTI gradually increased to 39.4% in 2015. In 2015, patients with an initial viral load >5 log copies/mL were less likely to receive NNRTI (OR = 0.08) or INSTI regimens (OR = 0.69) than bPIs. Patients with initial CD4(+) T cell count <200/mm(3) were less likely to receive an NNRTI (OR = 0.28) or an INSTI regimen (OR = 0.52) than a bPI. Women were less likely to receive an NNRTI (OR = 0.79) or an INSTI regimen (OR = 0.71) than a bPI; although this depended on age. Conclusion. - The use of bPI as first-line ART declined sharply in France from 2005 to 2015. bPI remained of preferential use in patients with high viral load, low CD4(+) T cell count, and in women. (C) 2018 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
ABSTRACTIsavuconazole is a new antifungal prodrug to treat invasive aspergillosis and mucormycosis, theoretically not requiring drug monitoring. However, we reported 4 clinical cases with toxic concentrations. Based on Desai’s population pharmacokinetic model, we estimated patients’ kinetic profile. Clearance was abnormally low, likely related to CYP3A4/5 polymorphisms. Thus, we recommend to collect blood sample just before the first maintenance dose to estimate pharmacokinetic profile and individualized dose. For patients presenting high concentrations, pharmacogenetics can be done.
Les hémocultures aéro-anaérobies représentent des examens complémentaires fréquents et cruciaux dont les performances dépendent de leurs modalités de prélèvement. Nous avons analysé ces modalités dans un service de maladies infectieuses et évalué l’impact d’une intervention de formation des infirmiers/ères et des médecins prescripteurs du service. Le taux de positivité (marqueur de sensibilité) et le taux de contamination (marqueur de spécificité) des hémocultures ainsi que le volume de remplissage des flacons d’hémocultures (facteur influençant la sensibilité) et le nombre de paires d’hémocultures réalisées simultanément (≥ 2 paires sur le même prélèvement ; facteur influençant la spécificité de l’analyse) ont été évalués sur une période 5 mois (septembre–décembre 2015) avant une intervention de formation des médecins prescripteurs et des infirmiers/ères du service (février–avril 2016). Ces mêmes critères ont été réévalués sur une période d’activité similaire au décours de l’intervention (septembre–décembre 2016). À l’occasion de 264 épisodes fébriles requérant la réalisation d’hémocultures pendant la période préintervention, le pourcentage de positivité des hémocultures était de 10 ?2 % (27/264) et le pourcentage de contamination de 1,5 % (4/264). À l’occasion des 226 épisodes fébriles pendant la période postintervention, le pourcentage de positivité des hémocultures était de 12,8 % (29/226) et le pourcentage de contamination de 1,8 % (4/226). Le volume moyen de remplissage des flacons d’hémocultures était de 3,5 ± 2,8 mL sur la période préintervention (1043 flacons) et de 7,6 ± 5,5 mL sur la période postintervention (966 flacons). Le pourcentage de paires d’hémocultures réalisées simultanément était respectivement de 25 % (65/264) avant intervention et de 45 % (102/226) après intervention. Ce travail a permis de montrer que les modalités de prélèvement des hémocultures influençant les performances de l’analyse (volume de remplissage des flacons et nombre de paires) pouvaient être améliorées, bien que la sensibilité et la spécificité de la procédure n’aient pas significativement progressé après l’intervention. Afin de tenter d’améliorer les performances des hémocultures, nous allons répéter cette formation 2 fois par an et renouveler l’analyse.
Des nouvelles molécules ciblant le B cell receptor (BCR), ibrutinib et idelalisib, ont intégré l'arsenal thérapeutique des hémopathies lymphoïdes B comme la leucémie lymphoïde chronique (LLC). Les études d'enregistrement de ces molécules ont rapporté un taux d'infections sévères de grade ≥ 3 proche de 20 %, constitué principalement d'infections bactériennes. L'objectif de notre travail est de préciser en pratique clinique le risque infectieux lié à ces molécules. Tous les patients ayant reçu de l'ibrutinib ou de l'idelalisib dans notre CHU, du 19 mars 2014 au 13 janvier 2015, ont été inclus. Les événements infectieux ont été identifiés de manière rétrospective à partir des dossiers médicaux. Cinquante-quatre patients ont été inclus, dont 34 (63 %) ont reçu de l'ibrutinib et 20 (37 %) de l'idelalisib, principalement pour une LLC (70 %). L'âge moyen était de 69 ± 11 ans et le nombre moyen de lignes de chimiothérapies précédemment reçues de 3,25 ± 1,7. Après un suivi moyen de 6,2 ± 3,3 mois, 13 patients (24 %) ont développé 19 épisodes infectieux de grade ≥ 3 : dont 9 (47 %) infections fongiques (5 aspergilloses invasives, 2 mucormycoses et 1 pneumocystose), 9 (47 %) infections bactériennes principalement pulmonaires, et 1 (6 %) pneumopathie à CMV. Six patients (11 %) sont décédés, dont 5 d'infection fongique. Les 2 molécules étaient associées à un risque similaire d'infection fongique : 4 patients sous ibrutinib (12 %) et 3 sous idelalisib (15 %). Notre travail confirme le risque infectieux important pour ces patients sévèrement immunodéprimés. Toutefois, comparé aux études d'enregistrement, notre travail montre un surcroît d'infections fongiques graves sous ibrutinib ou idelalisib. L'utilisation croissante de ces molécules nécessite une vigilance accrue. Nous travaillons à identifier les facteurs de risque associés à ces infections fongiques.
Introduction. - Cat-scratch disease (CSD) is a systemic infectious disease. The most well-known posterior segment presentation is neuroretinitis with a macular star. In this study, we present a case series emphasising the heterogeneity of the disease and the various posterior segment manifestations.Materials and methods. - A retrospective case series of consecutive patients presenting with posterior segment CSD, over a 5-year period (2010 to 2015), at two ophthalmological centres in Midi-Pyrenees.Results. - Twelve patients (17 eyes) were included, of whom 11 (92%) presented with rapidly decreasing visual acuity, with 6 of these (50%) extremely abrupt. CSD was bilateral in 5 (42% of all patients). Posterior manifestations were: 12 instances of optic nerve edema (100%), 8 of focal chorioretinitis (67%) and only 6 of the classic macular edema with macular star (25% at first examination, but 50% later). Other ophthalmological complications developed in three patients; one developed acute anterior ischemic optic neuropathy, one a retrohyaloid hemorrhage and one a branch retinal artery occlusion, all secondary to occlusive focal vasculitis adjacent to focal chorioretinitis.Conclusion. - Classical neuroretinitis with macular star is not the only clinical presentation of CSD. Practitioners should screen for Bartonella henselae in all patients with papillitis or focal chorioretinitis. (C) 2015 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
We report the case of a 56-year-old patient, presenting with bilateral hypertensive anterior uveitis due to Leishmania infantum, in the setting of immune deficiency related to HIV infection. The etiology of the uveitis was diagnosed following detection of L. infantum DNA on anterior chamber paracentesis. Initially, the patient received an intravitreal injection of liposomal amphotericin B, systemic antiparasitic treatment, topical steroid and ocular hypotensive treatment. Due to unfavourable disease progression in the right eye, we re-evaluated the anti-inflammatory, antiretroviral and antiparasitic medications (beginning meglumine antimoniate): the uveitis in the left eye was thus able to be controlled. We followed the efficacy of treatment with weekly quantification of Leishmania DNA in the aqueous humor. Uveitis secondary to leishmaniasis is rare and serious. Physicians must be aware of this cause of uveitis, particularly in immunodeficient patients. The quantitation of Leishmania DNA in the aqueous humor is an indispensible tool for monitoring the disease.
Introduction L'objectif de ce travail est de décrire les caractéristiques des accidents d'exposition sexuelle au VIH (AES) et des traitements post-exposition (TPE) mis en place. Tous les patients ayant consulté pour un AES entre 2004 et 2012 dans un CHU ont été décrits. 2 495 patients ont consulté, dont 68 % ont reçu un TPE. Parmi les 1 632 hommes (66 %), 41 % avaient eu un rapport homosexuel, 18 % avec un(e) prostitué(e), 16 % avec une source séropositive pour le VIH, qui était indétectable dans 17 % des cas. Le rapport était vaginal dans 54 % des cas, anal réceptif dans 20 %, anal insertif dans 22 % et dans 7,7 % une fellation seule. Il était correctement protégé par un préservatif dans 5 % des cas. Un TPE a été prescrit dans respectivement 73 %, 77 %, 79 %, 88 %, 63 %, 79 %, 77 %, 38 % et 47 % de ces AES. Parmi les 863 femmes, le rapport était vaginal dans 88 % des cas, anal dans 10 %, oral seul dans 2 % et il s'agissait d'un viol dans 36 % des cas. Il était correctement protégé par un préservatif dans 6 % des cas. Un TPE a été prescrit dans respectivement 70 %, 85 %, 47 %, 85 % et 64 % de ces AES. Le TPE a consisté en AZT/3TC + LPV/r dans 71 % des cas, AZT/3TC + NFV dans 17 % et TDF/FTC + LPV/r dans 9 %. L'ATZ, le DRV ou le RAL ont été prescrits dans < 0,5 % des cas. 80 % des patients traités ont été revus à 1 et 3 mois, et 20 % des patients non traités. 23 patients ayant consulté pour un AES ont présenté après un délai médian de 3,3 ans (IQ25–75 0,9–4,9) une séroconversion VIH en rapport avec un AES ultérieur n'ayant pas donné lieu à une consultation. Des divergences existent entre les pratiques cliniques et les nouvelles recommandations françaises de prise en charge des AES. Les facteurs ayant influencé l'absence de recours à la consultation post-exposition chez les 23 patients s'étant ultérieurement contaminés méritent d'être étudiés.
Visceral leishmaniasis can rarely be unmasked by immune reconstitution in human immunodeficiency virus (HIV)-1-infected patients. We report the first case of immune reconstitution associated with leishmaniasis in an HIV patient to be imaged with [(18)F]fluorodeoxyglucose positron emission tomography (FDG/PET), at both baseline and after therapy.