L'ostéopétrose, appelée aussi la maladie des os de marbre, est un désordre métabolique secondaire à un dysfonctionnement des ostéoclastes, d'origine héréditaire. Sa prévalence est rare. La scintigraphie osseuse aux diphosphonates s'avère utile dans cette maladie. Nous élucidons, à travers cette observation, l'intérêt de la tomographie d'émission monophotonique/tomodensitométrie (TEMP/TDM) en complément de la scintigraphie osseuse planaire dans le diagnostic positif et topographique de l'ostéopétrose. Nous rapportons le cas d'un enfant âgé de 15 ans, sans antécédents pathologiques notables, présentant depuis quelques mois des douleurs osseuses diffuses essentiellement périarticulaires, résistantes au traitement symptomatique. Les radiographies standards des genoux ont révélé une augmentation diffuse de la densité osseuse périarticulaire évoquant une ostéopétrose. Une scintigraphie osseuse a été alors demandée pour dresser une cartographie lésionnelle. Le patient a bénéficié d'un balayage du corps entier 2 heures après injection de 740 MBq de 99mTc-HMDP, suivi d'une TEMP/TDM. La scintigraphie osseuse avait objectivé des hyperfixations modérées à intenses du radiotraceur au niveau des extrémités supérieures et inférieures des fémurs, tibias et fibulas qui correspondaient sur les coupes TEMP/TDM à une osctéocondensation avec hypertrophie des pièces osseuses touchées. Nous avons noté, par ailleurs, des hyperfixations étagées du rachis dorso-lombaire plus marquées au niveau L1 correspondant sur la TEMP/TDM à un épaississement dense des corticales des plateaux vertébraux avec aspect « d'os dans l'os ». La maladie des os de marbre est une maladie rare. La scintigraphie osseuse peut contribuer au diagnostic positif de cette maladie grâce à son mode planaire et surtout après un complément par TEMP/TDM qui permet d'objectiver des aspects radiologiques particuliers. Elle s'avère également utile pour le diagnostic topographique grâce à sa capacité à explorer l'ensemble du squelette et pour le diagnostic de ses complications osseuses.
Les cancers de primitif inconnu sont des cancers dont on ne retrouve pas leur origine, impliquant pour les patients la réalisation de nombreux examens complémentaires, notamment radiologiques et endoscopiques, et qui restent au final sans issue. L’objectif de ce travail est de souligner l’apport de la TEP/TDM au 18F-FDG dans la localisation de tumeur primitive chez les patients présentant une métastase d’origine inconnue. Nous rapportons le cas d’un patient, âgé de 63 ans, adressé pour la réalisation d’une TEP/TDM au 18F-FDG à la recherche d’un primitif inconnu suite à la découverte d’une adénopathie cervicale dont l’aspect histologique évoquait une localisation secondaire d’un carcinome peu différencié type UCNT, un complément par biopsie du cavum a été réalisé objectivant une métastase ganglionnaire d’un carcinome épidermoïde. La TDM TAP ainsi que L’IRM du cavum sont revenues sans anomalies. L’acquisition d’une tomographie d’émission TEP a été réalisée 60 minutes après injection de 3 MBq/kg de 18-FDG, suivie d’une tomographie de transmission TDM en mode hélicoïdal pour la correction de l’atténuation et le repérage anatomique, suivie d’une TDM-CTAP après injection de PDCI au temps portal. La TEP/TDM a montré au niveau de l’étage cervical un hypermétabolisme suspect au niveau de la tonsille palatine droite et du cornet nasal inférieur droit, ainsi qu’un hypermétabolisme en regard d’une adénopathie sous-mandibulaire et d’une masse ganglionnaire cervicale spinale. La conduite a été dans ce cas de faire une biopsie au niveau du cornet nasal droit qui a conclu à un carcinome épidermoïde des fosses nasales. Le patient a donc entamé ses séances de radiothérapie et il a bénéficié jusque-là de 36 séances. La TEP/TDM au 18F-FDG est un examen performant pour la détection et la prise en charge des tumeurs de primitif inconnu chez les patients avec un bilan initial morphologique et endoscopique négatif.
Mettre l’accent sur l’apport de la TEP-TDM dans l’exploration de l’étage encéphalique. La TEP-TDM est un examen d’imagerie moléculaire analysant le fonctionnement, le métabolisme et l’anatomie des organes. Le traceur utilisé est le FDG, dérivé du sucre (Fluro-déoxy-glucose), est consommé par le cerveau. La fixation physiologique du radiotraceur rend donc la détection des atteintes encéphaliques difficile. Notre travail rapporte 5 observations où la TEP au FDG a permis de révéler des foyers pathologiques cérébraux ou cérébelleux. Il s’agit d’une étude descriptive qui rapporte les cas de 5 patients ayant bénéficié d’une TEP-TDM au FDG dans le cadre d’un bilan d’extension néoplasique. Il s’agissant d’un bilan d’extension d’un mélanome connu métastatique au niveau cérébral et traité par radiothérapie cérébrale pour le premier patient. Pour les trois autres cas, l’examen a été demandé, respectivement, dans le cadre d’un adénocarcinome colique, d’un carcinome épidermoïde du vagin, d’un carcinome épidermoïde du col utérin stade IV et d’un cancer du poumon. Pour le premier patient, une plage hypométabolique temporale gauche était notée en rapport avec l’atteinte métastatique traitée. Pour le deuxième, la plage hypométabolique constatée correspondait à un élargissement des espaces péri-cérébelleux gauches correspondant à une méga-citerne. Pour le 3e et 4e patient, l’examen a objectivé, respectivement, un foyer hypométabolique temporal droit et un foyer au niveau de l’hémisphère cérébelleux gauche en rapport avec des séquelles d’AVC ischémique. Dans notre dernier cas, un hypermétabolisme focal a été constaté au niveau du cervelet permettant de révéler une métastase cérébelleuse. Malgré sa sensibilité limitée, les cas illustrés dans ce travail mettent en exergue l’intérêt potentiel de la TEP au FDG pour l’exploration de l‘étage encéphalique. Des anomalies focales du métabolisme en rapport avec des lésions parenchymateuses sous-jacentes peuvent en effet être découvertes.
Le phéochromocytome ectopique, également appelé paragangliome, est une tumeur sécrétant des catécholamines qui se développe en dehors de la médullosurrénale. Le phéochromocytome urinaire représente moins de 1 % de tous les paragangliomes et se situe le plus souvent dans la vessie. Néanmoins, le phéochromocytome prostatique est une entité clinique très rare, avec seulement quelques cas rapportés dans la littérature médicale. Ainsi, nous rapportons l’apport de la scintigraphie à la méta-iodo-benzyl-guanidine (MIBG) dans le diagnostic de phéochromocytome ectopique au niveau prostatique. Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 33 ans sans antécédents personnels pathologiques, qui consulte pour des signes paroxystiques de HTA exacerbés surtout en post-éjaculation, associés à des sueurs et des palpitations. Le diagnostic de phéochromocytome est retenu cliniquement devant la symptomatologie présentée par le patient et biologiquement par le dosage des catécholamines urinaires mesurées sur vingt-quatre heures qui étaient significativement élevées à 37, 69 μmoL/24 heures. L’échographie pelvienne a montré une masse hypoéchogène bien délimitée provenant du lobe droit de la prostate et mesurant 12 mm de grand axe. La TDM TAP a objectivé cette même lésion kystique identifiée sur l’échographie au niveau du lobe droit prostatique, mesurant 16 mm avec doute sur une composante charnue périphérique qui n’a pas pu être tranchée entre phéochromocytome prostatique ou un simple kyste intra-prostatique, d’où la nécessité de compléter par une IRM prostatique qui est revenue sans anomalie suspecte, hormis une plage de la région antéro-basale droite de 12 mm de diamètre en hyposignal T1 non rehaussée après injection. Afin de mieux caractériser cette lésion, le patient nous a été adressé pour une scintigraphie à la MIBG. L’examen scintigraphique a montré un foyer de fixation pathologique au niveau de cette même lésion identifiée sur les coupes IRM au niveau du lobe droit prostatique plaidant en faveur de diagnostic d’un phéochromocytome prostatique. Ce cas illustre une forme très rare de phéochromocytome ectopique au niveau prostatique. Son diagnostic reste difficile vu qu’elle évolue souvent de manière insidieuse avec des manifestations cliniques non spécifiques. La scintigraphie à la MIBG constitue un important outil diagnostique de ces formes ectopiques.
L’invasion veineuse d’origine maligne thyroïdienne est rare dans les carcinomes différenciés (CDT) et est associée à un mauvais pronostic. Le diagnostic repose sur les moyens d’imagerie morphologique et fonctionnelle. En cas d’échappement à l’irathérapie et aux traitements locaux, les nouvelles thérapies ciblées inhibant les voies de signalisation intracellulaires sont porteuses d’espoir. Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 63 ans, suivie pour un carcinome vésiculaire de la thyroïde avec métastases ganglionnaires, classé pT3bN1bM1 (métastases pulmonaires). Elle a eu une thyroïdectomie totale, complétée par un curage ganglionnaire médiastino-récurrentiel bilatéral. Elle a été adressée à notre service pour totalisation isotopique à l’iode 131. Notre patiente a reçu 4 cures avec persistance de foyers de fixation cervicale et pulmonaires bilatérales ainsi que des taux élevés de thyroglobuline (> 500 ng/mL). Les lésions pulmonaires sont devenues non iodofixantes lors de la 5e cure avec apparition d’une fixation médiastinale. Le complément par TEP au 18 FDG montrait une thrombose néoplasique étendue au niveau de la VCS, ainsi que des nodules pulmonaires avides au 18 FDG. Devant les risques opératoires non négligeables de la thrombectomie chirurgicale, la patiente était mise sous sorafénib avec évolution favorable et régression partielle des lésions décrites. L’occlusion néoplasique de la VCS secondaire à un CDT est une entité exceptionnelle qui peut être fatale. La compréhension de la biologie moléculaire des cancers de la thyroïde a progressé, ce qui a permis le développement de nouvelles approches thérapeutiques chez les patients réfractaires au traitement conventionnel. Les thérapies ciblées et, en particulier, les inhibiteurs des kinases sont efficaces et recommandées.
Les tumeurs germinales (TG) du testicule, bien qu’étant rares, représentent 90 à 95 % des cancers testiculaires qui représentent la seconde cause de décès par cancer après les leucémies chez les moins de 50 ans. On distingue deux grands groupes de TG qui sont les tumeurs germinales séminomateuses (TGS : 40 à 45 %) et les tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS : 55 à 60 %). Nous rapportons 3 cas de TG qui ont été imagés par TEP au 18FDG. Nos patients étaient des hommes de 35, 36 et 40 ans. Ils ont subi une orchidectomie pour une TG testiculaire. À l’examen histologique, deux d’entre eux avaient des séminomes et le dernier une tumeur germinale non séminomateuse (TNGS). Ils présentaient des stades IIIB et IIB selon le scanner initial. La TEP au 18FDG a été réalisée pour évaluer la réponse post-chimiothérapie dans tous les cas. Une rechute a été suspectée chez un patient devant l’élévation des marqueurs tumoraux sériques (MTS). Une rémission complète a été confirmée par TEP au 18FDG après une chimiothérapie bléomycin-étoposide-cisplatine (BEP) chez les deux patients atteints de séminome. Une progression de la maladie a été révélée dans le cas de TGNS, ce qui a conduit à commencer une chimiothérapie de sauvetage. Les masses résiduelles post-chimiothérapie sont retrouvées chez 20 à 30 % des patients métastatiques, parmi lesquelles seules 15 à 20 % sont actives et nécessitent une escalade thérapeutique. La TEP au 18FDG permet de préciser la situation carcinologique avant un éventuel curage grâce à la prédiction de tumeur viable au sein des masses résiduelles séminomateuses de taille supérieure à 3 cm, alors que ses performances sont insuffisantes pour être utilisées en pratique courante pour les TGNS selon les recommandations.
L’hépatoblastome est une tumeur maligne rare et ne représente qu’environ 1 % des cancers pédiatriques. Elle se développe souvent chez les enfants âgés de moins de 5 ans. La détection de récidive tumorale après un traitement curatif est vitale et peut prolonger la survie ultérieure après traitement de rattrapage précoce. Nous rapportons le cas d’une enfant opérée pour un hépatoblastome chez qui la TEP-18FDG avait permis la détection de récidive. Il s’agit d’une fille âgée de 3 ans, opérée il y a 1 an et demi d’une hépatectomie droite emportant le segment 1 et la veine cave rétro-hépatique pour un hépatoblastome du foie droit non métastatique pour lequel elle a eu une chimiothérapie néoadjuvante. Une chute du taux de l’alpha-fœtoprotéine (AFP) a été objectivée en postopératoire (de 90 000 à 13 ng/mL). Au cours du suivi, une ascension du taux de l’AFP à 130 ng/mL a été constatée. La TDM thoraco-abdomino-pelvienne a montré l’absence de signes de récidive tumorale locorégionale ou à distance. L’IRM hépatique avait montré un foie gauche en hypertrophie compensatrice, de contours réguliers, sans lésion focale sur la séquence de diffusion ni prise de contraste suspecte. Un complément d’exploration par TEP-18FDG a été demandé. L’examen TEP/TDM avait objectivé un hypermétabolisme focal modéré (SUVmax = 1,38) au niveau d’une formation tissulaire de l’hypochondre droit spontanément hypodense et rehaussée après injection de PDC, mesurant 10,7 × 8,6 mm. À la suite de la détection de ces anomalies morpho-métaboliques, la patiente a été réopérée et une récidive ganglionnaire locorégionale a été confirmée. Chez les patients atteints d’hépatoblastome et après une approche chirurgicale curative, l’augmentation du taux de l’AFP implique le recours aux moyens d’exploration morphologiques. Des remaniements postopératoires prêtent à confusion avec une récidive, ce qui rend la place de la TDM limitée dans ce contexte. De même, l’IRM a une valeur limitée dans la détection des récidives dans la mesure où elle ne permet pas de différencier les atteintes tumorales viables des lésions nécrotiques. Bien que sa place dans la stadification initiale reste mal définie, la valeur diagnostique de la TEP/TDM au 18FDG est supérieure aux autres moyens d’imagerie dans le cadre du suivi de l’hépatoblastome.
Le carcinome muco-épidermoïde (CME) bronchique est une tumeur maligne rare, qui appartient au groupe « tumeurs primitives des glandes salivaires d’origine bronchique ». Son incidence au niveau du thorax est très rare, de 0,1 à 0,2 % des cancers pulmonaires. Elle est extrêmement rare chez l’enfant. À notre connaissance, quelques rares cas de CME bronchique pédiatrique ayant bénéficié de la TEP au 18F-FDG ont été rapporté dans la littérature et la place de cet examen n’a pas été bien établie. Nous rapportons un cas de CME survenant chez un enfant de 11 ans en mettant l’accent sur les résultats de la TEP au 18F-FDG. Il s’agit d’un enfant de 11 ans qui a été traité à plusieurs reprises par antibiothérapie pour des pneumonies récidivantes du lobe inférieur droit. Après un long suivi, la tomodensitométrie avait objectivé un aspect en faveur d’un corps étranger entouré d’une réaction inflammatoire importante ayant obstrué la bronche lobaire inférieure avec atélectasie subtotale en aval. Une bronchoscopie a été faite afin de libérer les voies aériennes et on découvre un nodule tissulaire endoluminal bourgeonnant obstruant la bronche lobaire inférieure droite. La biopsie bronchique avait mis en évidence un aspect morphologique et un profil immunohistochimique d’un CME du poumon. Un bilan d’extension par TEP-18FDG a été demandé avant de programmer la chirurgie. Notre examen avait mis en évidence la lésion endobronchique obstructive de la bronche intermédiaire qui exprimait un hypermétabolisme pathologique (SUVmax = 2,99) associé à une atélectasie partielle lobaire inférieure droite et moyenne et un épanchement pleural hypermétabolique (SUVmax = 2,74). Nous avons également objectivé un complexe ganglionnaire hypermétabolique englobant des adénopathies hilaires droites, interbronchiques et sous-carinaires arrivant jusqu’au hile gauche (le SUVmax variait de 1,97 à 3,33). La tumeur a été classée en T1N2M0. Selon les études, le CME se caractérise par une variation inter-individuelle du SUVmax qui est corrélée au grade de malignité histologique. On distingue le CME de bas grade et de haut grade de malignité dont le risque de récidive locale et de métastase à distance est très élevé. Ce dernier est le plus FDG-avide et son bilan d’extension ne diffère pas des autres CBPNC avec notamment la TEP-18FDG en préopératoire.
La tomographie par émission monophotonique couplée à la tomodensitométrie (TEMP/TDM) est une technique d’imagerie hybride qui intègre des données fonctionnelles et anatomiques. Le but de notre étude est d’évaluer l’apport de l’imagerie hybride TEMP/TDM dans la prise en charge des patients suivis pour un carcinome différencié de la thyroïde (CDT). Des balayages scintigraphiques post-irathérapie à forte activité en iode 131 (131I), suivis d’une acquisition TEMP/TDM cervico-thoracique ou crânio-cervico-thoracique, ont été réalisés chez 22 patients qui nous ont été adressés après cure chirurgicale de leurs CDT, en vue d’un complément de prise en charge selon le protocole thérapeutique des CDT. L’imagerie planaire et la TEMP/TDM ont été parfaitement concordantes chez 95% des patients au niveau cervical et chez 57% des patients au niveau thoracique. En effet, la TEMP/TDM a permis, chez 5 patients, de faire la différence entre une métastase ganglionnaire médiastinale ou rachidienne et une fixation oesophagienne ou thymique, et chez 4 patients, de distinguer une métastase pulmonaire d’une métastase costale et d’une fixation mammaire physiologique. Elle a également objectivé une lésion hépatique et des métastases pulmonaires qui n’étaient pas visibles sur les images planaires dans deux cas. L’utilisation de l’imagerie de fusion nous a ainsi permis de rectifier notre attitude thérapeutique dans 33% des cas. L’imagerie hybride TEMP/TDM permet de faciliter l’interprétation des examens, de mieux localiser les foyers iodofixants, de corriger la stratégie thérapeutique et, dans certains cas, d’aider le chirurgien lors de certaines reprises chirurgicales.
Les carcinomes différenciés de la thyroïde (CDT) sont rarement responsables de thromboses des grosses veines. Les manifestations cliniques ne sont pas toujours évidentes et la découverte est souvent fortuite. Il s’agit de deux patientes âgées de 60 et 61 ans, suivies dans notre service pour complément de prise en charge d’un carcinome différencié de la thyroïde avec découverte au cours du suivi d’une thrombose de la veine jugulaire interne (VJI). Les deux patientes avaient eu une thyroïdectomie totale sans curage ganglionnaire. Chez la première patiente, l’examen histologique avait conclu à un carcinome vésiculaire lobaire droit classé pT3NxMx. Elle a reçu initialement 3 cures d’iode 131, de 3700 MBq chacune. Les balayages post-thérapeutiques ont montré la persistance d’une fixation cervicale latéralisée à droite, associée à une fixation thoracique haute qui correspondait sur la TEMP/TDM à une lésion de type mixte de l’arc antérieur de la deuxième côte gauche. Le taux de thyroglobuline (TG) était supérieur à 500 ng/mL. L’IRM cervicale avait montré un envahissement d’allure tissulaire de la partie supérieure de la VJI droite. La patiente a été mise sous anticoagulation à dose curative. Une résection de la veine thrombosée a été pratiquée. L’examen anatomopathologique avait conclu à une thrombose tumorale d’origine thyroïdienne. Chez la deuxième patiente, l’examen histologique avait conclu à deux foyers de microcarcinome papillaire. La tumeur était classée pT1amNxMx. Le balayage post 3700 MBq d’iode 131 avait montré une fixation cervicale médiane en rapport avec un reliquat thyroïdien et rien par ailleurs. Sa TG était à 2,33 ng/mL avec des anticorps anti-TG négatifs. Sur l’échographie de contrôle, on a noté la vacuité du lit thyroïdien et la présence d’un thrombus non sténosant de la VJI gauche. La patiente était mise sous héparinothérapie curative en l’attente d’un contrôle échographique ultérieur. La thrombose de la VJI au cours des CDT est une entité rare, associée à un mauvais pronostic. Le diagnostic repose sur les moyens d’imagerie morphologique, notamment l’échographie, et fonctionnelle. La prise en charge est basée sur la combinaison de l’héparinothérapie, de la radiothérapie métabolique et de la thrombectomie dans certains cas. Devant l’absence de consensus établi, une étude multicentrique serait nécessaire pour valider cette approche thérapeutique.
Le tératome immature est une tumeur germinale non séminomateuse très rare (moins de 100 cas décrits). L’évolution de ces tératomes reste variable dans les différents cas publiés (récidive, maturation, dégénérescence). Nous rapportons le rôle de la TEP/TDM au 18F-FDG dans la prise en charge d’un tératome ovarien récidivant après traitement chirurgical conservateur et chimiothérapie. Il s’agit d’une femme âgée de 33 ans, G3P3A0, suivie pour tératome immature ovarien bilatéral traité par annexectomie droite et tumorectomie gauche, suivie d’une chimiothérapie. Une échographie, pratiquée dans le cadre d’exploration des douleurs pelviennes récentes, a objectivé une masse mal limitée rétro-utérine de 7 cm de grand axe. Le complément par IRM pelvienne a montré une masse pelvienne sus-utéro-vésicale de 7 cm associée à une autre masse latéro- et rétro-utérine droite pré-sacrée évocatrices de récidives d’un tératome immature avec présence d’une masse sous-cutanée de la région inguinale gauche, masse du segment VII du foie et masse intrapéritonéale sous-phrénique gauche évocatrices de localisations secondaires d’un tératome immature. Afin de compléter le bilan d’extension de la maladie et de mieux caractériser les différentes masses, la patiente nous a été adressée pour un examen TEP/TDM au 18F-FDG. La TEP/TDM a montré des foyers hypermétaboliques (SUVmax = 4,8) au niveau de la partie solide de la masse sus-utérovésicale plaidant en faveur de son caractère immature avec absence d’hypermétabolisme en regard des autres masses en faveur de leurs caractères matures. La TEP/TDM au 18F-FDG a donc un rôle dans le diagnostic des tératomes immatures de l’ovaire, la prédiction de la transformation maligne des tératomes matures et dans le bilan d’extension de la maladie.
L’ostéomyélite chronique récurrente multifocale (OCRM) est une pathologie rare de l’enfant et de l’adolescent d’origine auto-immune qui peut atteindre tout le squelette avec une prédilection pour les os longs. Elle est caractérisée sur le plan anatomopathologique par une inflammation osseuse aseptique. Nous décrivons à travers ce cas l’aspect en scintigraphie osseuse (SO) de cette entité et son intérêt dans l’orientation diagnostique. Il s’agit d’un patient âgé de 28 ans, qui s’est présenté pour des douleurs multifocales du genou gauche et des chevilles de type inflammatoire, évoluant depuis 6 mois, rebelles aux antalgiques. Le bilan radiologique initial était sans anomalies. L’IRM des genoux a montré des anomalies de signal osseux intramédullaire au niveau des zones douloureuses et du péroné gauche d’aspect non spécifique évoquant une pathologie tumorale ou inflammatoire. Au décours de ces examens d’imagerie, aucun traitement n’a pu être instauré et un complément d’exploration par une SO a été indiqué. Nous avons réalisé un examen scintigraphique au 99mTc-HMDP en deux temps. Les images au temps tissulaire ont montré une hypercaptation précoce et intense au niveau des régions épiphyso-métaphysaires proximales et distales du tibia gauche, métaphysaire tibiale inférieure droite, des calcanéus et du tarse du pied gauche. Les images tardives montraient des hyperfixations intenses au niveau des zones sus-décrites, sans anomalies de fixation sur le reste du squelette. Les images SPECT-CT ont révélé que ces hyperfixations sont en rapport avec une discrète ostéocondensation visible sur la métaphyse tibiale inférieure, les calcanéus et le naviculaire gauche. Cet aspect était concordant avec une OCRM ; le diagnostic final a été confirmé sur une biopsie osseuse transcutanée du tibia en rapport avec une ostéomyélite chronique et active sans signes de malignité. L’OCRM est une pathologie rare apparentée au syndrome SAPHO où les signes cutanés et l’atteinte claviculaire peuvent manquer. L’atteinte multifocale est suggestive du diagnostic d’où l’intérêt de rechercher les sites infracliniques. La SO est d’aspect caractéristique en cas d’atteinte claviculaire associée, utile pour identifier des lésions asymptomatiques et sert à guider une biopsie osseuse d’une lésion active.
Le microcarcinome papillaire de la thyroïde (MCP) représente 13 à 50 % des cancers thyroïdiens. Souvent localisé, il est classé à très faible risque de récidive. L’atteinte métastatique intra-abdominale et cutanée est extrêmement rare avec seulement quelques cas isolés décrits dans la littérature. Nous présentons un cas insolite d’une évolution inattendue d’un MCP avec découverte de localisations métastatiques assez rares, diagnostiquées sur une TEP-TDM au 18F-FDG et confirmées par la scintigraphie à l’iode 131 (131I). Patient âgé de 65 ans, suivi pour un MCP de la thyroïde, traité initialement par thyroïdectomie totale et radiothérapie métabolique à l’131I (200 mCi) avec obtention d’une réponse biologique et morphologique complète. Une récidive ganglionnaire cervicale a été détectée 3 ans plus tard, qui a été reprise chirurgicalement et traitée par 400 mCi d’iode 131. Les balayages post-thérapeutiques montraient toujours une fixation cervicale en rapport avec des métastases ganglionnaires avec des chiffres de thyroglobuline et des anticorps anti-thyroglobuline (AAT) en ascension. La chirurgie a été refusée par le patient. L’évolution a été marquée par la découverte de nodules cutanés au niveau dorsal. Une exérèse chirurgicale a confirmé le caractère secondaire des lésions, en rapport avec le MCP. Devant la découverte de cette localisation assez particulière et rare et l’ascension des AAT, une TEP-TDM au 18F-FDG a été indiquée. Plusieurs sites métastatiques hypermétaboliques ont été détectés en rapport avec une récidive locorégionale, pulmonaire, cutanée et hépatique. Le patient a subi une exérèse tumorale locorégionale partielle emportant une partie de l’œsophage, une corporectomie de C6-C7 et une exérèse des lésions cutanées. Le balayage post-7e cure d’131I, couplé à une SPECT/CT, a confirmé le caractère secondaire des lésions décrites à la TEP-TDM ainsi qu’une progression des lésions, notamment l’apparition d’une adénopathie para-trachéale et d’un nodule hépatique hypodense initialement infra-radiologique sur la TEP-TDM. Le MCP de la thyroïde est réputé de bon pronostic avec de rares cas d’évolution défavorable. Les métastases à distance et notamment de localisation hépatique et cutanée sont exceptionnelles. Une TEP-TDM au 18F-FDG est d’un très grand apport pour dresser la cartographie des carcinomes papillaires réfractaires à l’131I.
Le rein sigmoïde est un rein en ectopie croisée fusionné au rein orthotopique par son pôle supérieur. Il s’agit d’une malformation rénale extrêmement rare avec une prévalence de 1/16 000 dans les autopsies de l’adulte et de 0,05 % dans la population générale. Notre objectif est de souligner l’apport de l’imagerie isotopique dans la prise en charge de l’ectopie rénale croisée. Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 35 ans, opérée pour un syndrome de la jonction pyélo-urétérale (SJPU) sur un rein en ectopie croisée. Un complément d’exploration par scintigraphie à l’acide dimercaptosuccinique marqué au 99mTc (DMSA-99mTc) a été demandé afin d’étudier le parenchyme rénal et assurer une évaluation précise de sa fonction rénale relative. Des acquisitions statiques et une SPECT/CT abdominopelvienne ont été réalisées 3 heures après l’injection intraveineuse de 185 MBq de DMSA-99mTc. Il s’agit d’une patiente âgée de 35 ans ayant consulté pour des douleurs lombaires droites. La TDM abdominopelvienne a mis en évidence un rein droit en place, augmenté de taille, mesurant 14,6 cm de grand axe avec des cavités excrétrices fines. Le rein gauche était ectopique, de siège iliaque droit, mesurant 10 × 3,7 × 5,5 cm, fusionné au rein droit par son pôle supérieur. Il présentait une dilatation de ses cavités pyélocalicielles avec un diamètre antéro-postérieur du pyélon de 20 mm contrastant avec un uretère fin. Il s’agissait d’un SJPU avec à l’uroscanner un rein muet. Une pyélotomie avec pyéloplastie a été réalisée avec des suites opératoires complexes associant une pyélonéphrite obstructive avec montée de sonde double J. Un complément d’exploration par une scintigraphie rénale corticale au DMSA, complétée par une SPECT/CT abdominopelvienne, avait montré un rein sigmoïde situé à droite par ectopie croisée du rein gauche. Ce dernier avait une fixation hétérogène et diminuée participant pour 23 % à la fonction rénale globale, avec des cavités pyélocalicielles dilatées en postopératoire. Le rein sigmoïde est une malformation congénitale généralement asymptomatique, rare et très souvent de découverte fortuite. L’association à une sténose de la jonction est fréquente, nécessitant un suivi régulier par scintigraphie rénale dynamique et corticale. La prise en charge chirurgicale doit être réservée aux traitements de complications et sous couvert d’un suivi échographique et fonctionnel périodique.
L’histiocytose langerhansienne (HL) est une maladie inflammatoire se caractérisant par la prolifération monoclonale d’histiocytes à type de cellules de Langerhans. Ces lésions sont FDG avides. Nous rapportons le cas d’un patient présentant une HL dans sa forme multifocale systémique où l’examen TEP-TDM au 18FDG a permis de faire un staging initial complet. Le patient a reçu une injection intraveineuse de 230 MBq de 18F-FDG puis acquisition après 60 minutes de repos stricte d’une TEP/TDM du corps entier sur l’imageur Siemens Biograph 64 avec correction de l’atténuation. Il s’agit d’un patient âgé de 64 ans ayant des sciatalgies de type L5. Une IRM du rachis lombaire et du bassin avait montré trois lésions ostéolytiques en hyposignal T1 et hypersignal T2 intéressant le pédicule de L5, l’articulation sacro-iliaque gauche et le col du fémur gauche. Une biopsie de l’os iliaque gauche, faite sous contrôle TDM, avait mis en évidence un aspect histologique et immunohistochimique évocateur d’une HL avec présence d’histiocytes CD1a et PS100 positifs. Une TEP-TDM au 18FDG a été demandée afin de compléter le bilan d’extension. Elle a mis en évidence plusieurs foyers hypermétaboliques intenses touchant le squelette au niveau du col du fémur gauche, de l’os iliaque gauche, de la vertèbre L5, de la mandibule et de l’os temporal gauche avec des SUVmax allant de 6 à 12. Ces foyers correspondent sur les coupes TDM à des lésions de type mixte. Pour les atteintes extra-osseuses, nous avons constaté un hypermétabolisme focal en regard d’un nodule de la gouttière pariéto-colique droite (SUVmax = 4,25) et des ganglions iliaques communs (SUVmax = 3,4), ainsi qu’un hypermétabolisme minime en regard de la selle turcique évoquant une atteinte hypophysaire qui a été ensuite confirmée par L’IRM. Les coupes TDM ont montré des kystes parenchymateux pulmonaires bilatéraux sans hypermétabolisme pathologique en regard. Au terme de ce bilan, le diagnostic retenu était une HL multifocale systémique osseuse, pulmonaire, hypophysaire et ganglionnaire nécessitant un traitement par chimiothérapie. L’HL est une maladie rare et polymorphe, d’origine non déterminée, ce qui rend parfois son diagnostic difficile. La TEP-TDM au 18FDG, récemment recommandée en première intention, offre un essor important dans le staging initial et l’évaluation post-thérapeutique, particulièrement en cas d’atteinte osseuse.
L’îlot osseux condensant ou énostose est une tumeur bénigne ostéoformatrice généralement de petite taille (diamètre < 1 cm). Les îlots condensants géants (ICG) sont une entité rare où le diagnostic radiographique est insuffisant et donc le caractère non évolutif est d’une grande valeur diagnostique. Nous présentons le cas d’une patiente âgée de 66 ans qui présentait une douleur isolée de la hanche droite. Les paramètres biologiques de l’inflammation étaient normaux. La radiographie standard du bassin a objectivé une ostéocondensation bien limitée du col du fémur droit. Les résultats de la scintigraphie osseuse montraient un aspect stable par rapport à une ancienne scintigraphie datant de 6 ans d’une hyperfixation modérée au niveau du col du fémur droit correspondant sur les images SPECT-CT à une lésion de densité corticale > 2 cm de grand axe sans autres anomalies de fixation sur le reste du squelette. L’aspect scintigraphique et scanographique était en faveur d’une lésion bénigne de type îlot condensant géant. L’évolution clinique était favorable sous traitement symptomatique avec persistance radiologique de la lésion. Généralement, asymptomatique et de fixation scintigraphique normale, les îlots condensants bénins sont facilement reconnaissables et de découverte fortuite à l’imagerie. L’augmentation de la fixation des ICG serait liée à un remodelage osseux et à une activité ostéoblastique augmentée par rapport aux lésions « froides ». Il a même été décrit un hypermétabolisme au 18F-FDG au sein d’un ICG. Il est important de garder à l’esprit cette entité particulière afin de ne pas la confondre avec une étiologie tumorale maligne primitive ou secondaire.
Le phéochromocytome est une tumeur neuroendocrine pouvant s’intégrer rarement dans le cadre d’une maladie familiale. Il est présenté dans ce cas par des formes multiples survenant à un âge plus jeune et ayant un potentiel de malignité plus important. Nous proposons d’étudier le rôle de la scintigraphie à la MIBG (méta iodo benzyl guanidine) dans ces cas particuliers.