Les techniques d'imagerie nucléaire, telles que la scintigraphie myocardique au MIBI et la TEP-18FDG, offrent des informations précises sur la perfusion, la fonction contractile et les processus métaboliques du muscle cardiaque. Ces examens isotopiques ont ouvert de nouvelles perspectives pour la prise en charge individualisée des patients atteints de cardiopathies ischémiques, en guidant les choix thérapeutiques, qu'il s'agisse de revascularisation coronaire, de thérapie médicamenteuse ou d'autres modalités de traitement. Ce travail a pour objectif de déterminer l'apport des examens isotopiques dans l'étude de la viabilité myocardique et de démontrer l'impact des résultats de ces modalités d'imagerie sur la décision de prise en charge thérapeutique et sur le pronostic des patients à moyen terme. Il s'agit d'une étude prospective à visée descriptive et analytique menée auprès de 40 patients chez qui une étude de la viabilité myocardique a été indiquée. Tous les patients ont bénéficié d'explorations isotopiques et de coronarographies réalisées dans les services de médecine nucléaire et de cardiologie au CHU Sahloul de Sousse sur une période de 18 mois entre janvier 2022 et juin 2023. La scintigraphie de viabilité myocardique avait conclu à un pourcentage de 62,5 % de territoires de myocarde non viables versus 37,5 % de territoires de myocarde hibernants. Ces résultats concordaient parfaitement avec ceux retrouvés par la TEP-TDM au 18FDG qui a été faite chez 10 patients parmi 40, amenant à conclure que la valeur diagnostique de la scintigraphie myocardique de viabilité est comparable à celle de l'imagerie métabolique. Aussi, la scintigraphie myocardique s'est révélée être un outil très fiable qui affectait considérablement la décision thérapeutique. En effet, selon les résultats fournis, la revascularisation a été indiquée chez 40 % des patients présentant un myocarde viable et le traitement médical chez tous les patients ayant un myocarde non viable. Durant le suivi sur une période de 13,3 ± 2,8 mois, on a noté une amélioration significative de la FEVG dans le groupe des patients présentant un myocarde hibernant et traités par revascularisation par rapport à ceux traités médicalement (p = 0,02). En plus, le groupe des non viables a eu un taux de décès (12 %) supérieur à celui du groupe viable (6,7 %). Les taux de survie étaient par conséquent meilleurs chez le groupe de patients présentant des lésions viables.
Les lymphomes cutanés primitifs (LCP) sont des tumeurs rares souvent diagnostiquées à un stade tardif de la maladie. Le pronostic et les décisions en matière de prise en charge sont basés sur la connaissance précoce de l’étendue de la maladie. Dans ce cadre, la TEP/TDM au 18FDG se présente comme modalité d’imagerie prometteuse appliquée de manière de plus en plus routinière dans la plupart des lymphomes. L’objectif de ce travail est d’insister sur les rôles actuels et potentiels de la TEP/TDM au 18FDG dans le diagnostic, la stadification et le suivi des LCP à travers l’étude de 7 cas suivis dans notre service et une revue de la littérature. Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive incluant les patients atteints d’un LCP prouvé histologiquement et ayant bénéficié d’une TEP/TDM au 18FDG au service de médecine nucléaire du CHU Sahloul de Sousse du 01 octobre 2019 au 31 août 2023.
L'ostéopétrose, appelée aussi la maladie des os de marbre, est un désordre métabolique secondaire à un dysfonctionnement des ostéoclastes, d'origine héréditaire. Sa prévalence est rare. La scintigraphie osseuse aux diphosphonates s'avère utile dans cette maladie. Nous élucidons, à travers cette observation, l'intérêt de la tomographie d'émission monophotonique/tomodensitométrie (TEMP/TDM) en complément de la scintigraphie osseuse planaire dans le diagnostic positif et topographique de l'ostéopétrose. Nous rapportons le cas d'un enfant âgé de 15 ans, sans antécédents pathologiques notables, présentant depuis quelques mois des douleurs osseuses diffuses essentiellement périarticulaires, résistantes au traitement symptomatique. Les radiographies standards des genoux ont révélé une augmentation diffuse de la densité osseuse périarticulaire évoquant une ostéopétrose. Une scintigraphie osseuse a été alors demandée pour dresser une cartographie lésionnelle. Le patient a bénéficié d'un balayage du corps entier 2 heures après injection de 740 MBq de 99mTc-HMDP, suivi d'une TEMP/TDM. La scintigraphie osseuse avait objectivé des hyperfixations modérées à intenses du radiotraceur au niveau des extrémités supérieures et inférieures des fémurs, tibias et fibulas qui correspondaient sur les coupes TEMP/TDM à une osctéocondensation avec hypertrophie des pièces osseuses touchées. Nous avons noté, par ailleurs, des hyperfixations étagées du rachis dorso-lombaire plus marquées au niveau L1 correspondant sur la TEMP/TDM à un épaississement dense des corticales des plateaux vertébraux avec aspect « d'os dans l'os ». La maladie des os de marbre est une maladie rare. La scintigraphie osseuse peut contribuer au diagnostic positif de cette maladie grâce à son mode planaire et surtout après un complément par TEMP/TDM qui permet d'objectiver des aspects radiologiques particuliers. Elle s'avère également utile pour le diagnostic topographique grâce à sa capacité à explorer l'ensemble du squelette et pour le diagnostic de ses complications osseuses.
Les tumeurs germinales (TG) du testicule, bien qu’étant rares, représentent 90 à 95 % des cancers testiculaires qui représentent la seconde cause de décès par cancer après les leucémies chez les moins de 50 ans. On distingue deux grands groupes de TG qui sont les tumeurs germinales séminomateuses (TGS : 40 à 45 %) et les tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS : 55 à 60 %). Nous rapportons 3 cas de TG qui ont été imagés par TEP au 18FDG. Nos patients étaient des hommes de 35, 36 et 40 ans. Ils ont subi une orchidectomie pour une TG testiculaire. À l’examen histologique, deux d’entre eux avaient des séminomes et le dernier une tumeur germinale non séminomateuse (TNGS). Ils présentaient des stades IIIB et IIB selon le scanner initial. La TEP au 18FDG a été réalisée pour évaluer la réponse post-chimiothérapie dans tous les cas. Une rechute a été suspectée chez un patient devant l’élévation des marqueurs tumoraux sériques (MTS). Une rémission complète a été confirmée par TEP au 18FDG après une chimiothérapie bléomycin-étoposide-cisplatine (BEP) chez les deux patients atteints de séminome. Une progression de la maladie a été révélée dans le cas de TGNS, ce qui a conduit à commencer une chimiothérapie de sauvetage. Les masses résiduelles post-chimiothérapie sont retrouvées chez 20 à 30 % des patients métastatiques, parmi lesquelles seules 15 à 20 % sont actives et nécessitent une escalade thérapeutique. La TEP au 18FDG permet de préciser la situation carcinologique avant un éventuel curage grâce à la prédiction de tumeur viable au sein des masses résiduelles séminomateuses de taille supérieure à 3 cm, alors que ses performances sont insuffisantes pour être utilisées en pratique courante pour les TGNS selon les recommandations.
L’hépatoblastome est une tumeur maligne rare et ne représente qu’environ 1 % des cancers pédiatriques. Elle se développe souvent chez les enfants âgés de moins de 5 ans. La détection de récidive tumorale après un traitement curatif est vitale et peut prolonger la survie ultérieure après traitement de rattrapage précoce. Nous rapportons le cas d’une enfant opérée pour un hépatoblastome chez qui la TEP-18FDG avait permis la détection de récidive. Il s’agit d’une fille âgée de 3 ans, opérée il y a 1 an et demi d’une hépatectomie droite emportant le segment 1 et la veine cave rétro-hépatique pour un hépatoblastome du foie droit non métastatique pour lequel elle a eu une chimiothérapie néoadjuvante. Une chute du taux de l’alpha-fœtoprotéine (AFP) a été objectivée en postopératoire (de 90 000 à 13 ng/mL). Au cours du suivi, une ascension du taux de l’AFP à 130 ng/mL a été constatée. La TDM thoraco-abdomino-pelvienne a montré l’absence de signes de récidive tumorale locorégionale ou à distance. L’IRM hépatique avait montré un foie gauche en hypertrophie compensatrice, de contours réguliers, sans lésion focale sur la séquence de diffusion ni prise de contraste suspecte. Un complément d’exploration par TEP-18FDG a été demandé. L’examen TEP/TDM avait objectivé un hypermétabolisme focal modéré (SUVmax = 1,38) au niveau d’une formation tissulaire de l’hypochondre droit spontanément hypodense et rehaussée après injection de PDC, mesurant 10,7 × 8,6 mm. À la suite de la détection de ces anomalies morpho-métaboliques, la patiente a été réopérée et une récidive ganglionnaire locorégionale a été confirmée. Chez les patients atteints d’hépatoblastome et après une approche chirurgicale curative, l’augmentation du taux de l’AFP implique le recours aux moyens d’exploration morphologiques. Des remaniements postopératoires prêtent à confusion avec une récidive, ce qui rend la place de la TDM limitée dans ce contexte. De même, l’IRM a une valeur limitée dans la détection des récidives dans la mesure où elle ne permet pas de différencier les atteintes tumorales viables des lésions nécrotiques. Bien que sa place dans la stadification initiale reste mal définie, la valeur diagnostique de la TEP/TDM au 18FDG est supérieure aux autres moyens d’imagerie dans le cadre du suivi de l’hépatoblastome.
Le lymphome à cellules du manteau (LCM) est un sous-type rare et agressif représentant environ 5 % des lymphomes non hodgkiniens à cellules B. Il se caractérise par un haut risque de récidive avec une survie à 5 ans < 50 %. Actuellement, il n’existe aucun consensus établi pour l’utilisation de la TEP 18FDG pour ce type de lymphome, bien qu’il s’agit le plus souvent de lésions FDG-avides. Nous avons colligé trois patients, de sexe masculin, âgés de 53, 55 et 59 ans, ayant un lymphome de Manteau. La TEP au 18FDG était pratiquée pour bilan d’extension initial chez le premier, fin de traitement chez le deuxième et suspicion de récidive chez le troisième. Chez le premier patient, nous avons conclu à une maladie lymphomateuse sus- et sous-diaphragmatique au niveau amygdalien, nasopharyngien, pleural et ganglionnaire correspondant à un stade IV de Ann Arbor. Un hypermétabolisme focal (SUVmax = 6,94) antérieur au niveau du globe oculaire droit a été objectivé. Une confrontation à un examen ophtalmologique a été demandée. Chez le deuxième patient, la TEP-TDM au 18FDG avait mis en évidence une atteinte lymphomateuse sus- et sous-diaphragmatique dont la lésion la plus intense correspond à une masse ganglionnaire inguinale droite avec SUVmax = 9,51 correspondant à un Deauville 5. Chez le troisième patient, nous avons pu confirmer la récidive de la maladie au niveau pulmonaire et médiastinal avec un doute sur une atteinte gastro-intestinale au niveau duodénal qu’on a demandé d’explorer par une endoscopie digestive avec biopsie. Selon les études, les performances de la TEP au 18FDG sont suffisantes pour être utilisées en pratique courante dans les LCM. La TEP 18FDG est associée à des taux de fixation du traceur variables selon le stade histologique et peut servir à guider la biopsie pour identification du degré d’agressivité de la tumeur. Cependant, sa sensibilité reste sous-optimale dans la détection des atteintes gastro-intestinales et ostéomédullaires.
Les cancers différenciés de la thyroïde sont des cancers rares avec une incidence qui continue à augmenter. Le traitement est basé sur l’exérèse chirurgicale de la tumeur associée à l’ablation isotopique. La surveillance de ces carcinomes après traitement repose sur le dosage de la thyroglobuline et, plus particulièrement, le dosage de la thyroglobuline stimulée (TSH > 30 mUI/L). Cette stimulation peut être induite par un arrêt de l’hormonothérapie substitutive pendant 3 à 4 semaines provoquant une hypothyroïdie et une élévation de la TSH. Nous rapportons le cas d’une patiente suivie pour carcinome différencié de la thyroïde avec TSH basse malgré l’arrêt de L-thyroxine pendant un mois. Il s’agit d’une patiente âgée de 70 ans, diabétique et hypertendue, opérée pour carcinome papillaire de la thyroïde en 2019. La patiente a bénéficié d’une thyroïdectomie totale sans curage ganglionnaire. La tumeur était classée p T2m Nx Mx. La patiente était adressée pour ablation isotopique. Un mois après l’arrêt de L-thyroxine prise à la dose de 100 μg/j, la patiente avait une TSH à 8,57 mUI/L contrôlée à 9,76 mUI/L et un taux de thyroglobuline à 0,35 ng/mL avec un taux d’anticorps anti-thyroglobuline négatif. La patiente a reçu 100 mCi d’131I. Le balayage corps entier post 100 mCi d’131I a objectivé un reliquat tumoral et des métastases ganglionnaires probables. Un complément par deuxième cure à 100 mCi a été indiqué avec un arrêt de L-thyroxine supérieur à un mois. Avant sa 2e cure, la patiente était en hypothyroïdie clinique avec au bilan thyroïdien une TSH à 8,3 mUI/L. Un dosage de FT4 était donc demandé, revenu effondré à 0,16 ng/dL témoignant d’une hypothyroïdie centrale associée. Le balayage a montré une cartographie blanche et la thyroglobuline était inférieure à 0,04 ng/mL. La reprise de l’interrogatoire a trouvé un antécédent d’accouchement hémorragique avec survenue de montée laiteuse et absence de retour de couches. L’exploration des autres axes a révélé une insuffisance gonadotrope avec une fonction corticotrope conservée. L’IRM hypophysaire a montré une selle turcique vide en rapport avec un syndrome de Sheehan. L’absence de l’augmentation de TSH après arrêt de traitement substitutif doit faire évoquer une pathologie endocrinienne associée, notamment hypophysaire. Un interrogatoire rigoureux permet de retrouver la cause.
Les endocardites infectieuses (EI) survenant sur dispositif intracardiaque représentent environ 10 % d’EI, sont graves et de diagnostic difficile. Nous rapportons le cas d’une patiente ayant une forte suspicion clinique d’EI qui a été confirmée par TEP/TDM au 18FDG bien que les autres examens d’imagerie étaient négatifs. Patiente de 61 ans, aux antécédents de BAV ayant nécessité la mise en place d’un Pacemaker en 2009 qui a été remplacé en septembre 2020 pour épuisement. Trois mois après, la patiente a développé une EI sur matériel ayant nécessité son extraction et son remplacement. Six mois après et devant la réapparition d’une fièvre inexpliquée associée à un syndrome inflammatoire biologique (SIB), des hémocultures positives mais à germes atypiques, la récidive d’EI a été suspectée. L’ETO et la TDM cervico-thoracique sont revenues normales. Ces constatations ont incité les cliniciens à compléter par une TEP/TDM au 18FDG, surtout qu’une 2e extraction du dispositif intracardiaque était envisagée. On a réalisé une TEP corps entier, sur un imageur Siemens Biograph, après injection de 190 MBq de 18F-FDG avec injection de PDC et tout en respectant le régime cardiaque 24 h avant. On a mis en évidence un foyer hypermétabolique intracavitaire (SUVmax = 5,89) au niveau de la sonde de stimulation atriale en plus d’un 2ème foyer hypermétabolique plus intense (SUVmax = 11,21) au niveau du TVBC gauche correspondant à un thrombus endoluminal spontanément hypodense, rehaussé après injection de PDC avec dilatation de la veine en amont. Le diagnostic d’EI est ainsi confirmé avec mise en évidence d’un foyer septique systémique à distance, qui était probablement à l’origine des récidives de l’EI malgré un traitement bien conduit. La patiente a bénéficié d’une extraction du matériel avec une couverture antibiotique large spectre, suivie d’une bonne évolution et régression de la fièvre et du SIB. Une ablation de l’embole septique a été programmée en chirurgie vasculaire. L’endocardite infectieuse sur dispositifs implantables est un challenge diagnostique et thérapeutique. La TEP/TDM au 18FDG offre une très bonne sensibilité et une assez bonne spécificité et fait désormais partie des critères majeurs diagnostiques dans les recommandations internationales. Elle permet également de rechercher des atteintes systémiques en réalisant un examen en corps entier.
La maladie de Basedow (MB) est une pathologie auto-immune due à la présence d’auto-anticorps dirigés contre les récepteurs de l’hormone thyréostimulante. Dans de rares cas, la MB peut ne toucher qu’un seul lobe. Nous rapportons le cas d’une MB unilatérale. Il s’agit d’une patiente âgée de 44 ans, sans antécédents pathologiques, qui consulte pour goitre avec syndrome de thyrotoxicose. L’examen trouve une tachycardie, une exophtalmie gauche et un gros goitre asymétrique non nodulaire. Les bilans ont révélé une hyperthyroïdie (3*N) avec des anticorps anti R-TSH positifs. L’échographie cervicale a trouvé une thyroïde augmentée de taille, de contours irréguliers, d’échostructure hétérogène micronodulaire donnant un aspect tigré avec hypervascularisation au Doppler. Un complément par scintigraphie thyroïdienne a conclu à un lobe gauche de fixation très intense et homogène contrastant avec un lobe droit de fixation nettement moins intense. Le diagnostic de MB unilatérale a été ainsi posé et la patiente a été mise sous anti-thyroïdiens de synthèse avec bonne évolution. La MB unilatérale est une entité rare dont les cas sont peu documentés. Le patient se présente généralement avec des symptômes typiques de MB, à savoir une hyperthyroïdie clinique et biologique, mais la fixation du radiotraceur n’est nettement intense que dans un seul lobe de la glande sur la scintigraphie. Une échographie normale ou en faveur d’une thyroïdite diffuse permet souvent d’éliminer certains diagnostics différentiels tels que l’hémiagénésie de la thyroïde, les nodules et goitres multinodulaires toxiques. La physiopathologie de cette entité reste mal élucidée, remettant en question l’origine auto-immune fréquemment décrite. Le traitement rejoint celui de la MB diffuse avec possibilité de recours à l’IRA-thérapie.
Les kystes du tractus thyréoglosse (KTT) sont des malformations cervicales congénitales, dues à une persistance anormale du canal thyréoglosse. Les localisations néoplasiques au niveau du KTT sont rares (1 à 1,5 %), le plus souvent de type papillaire. Nous rapportons le cas d’une patiente opérée pour carcinome papillaire sur kyste du tractus thyréoglosse. Il s’agit d’une patiente âgée de 18 ans, sans antécédents pathologiques, ayant consulté pour une tuméfaction cervicale antérieure découverte depuis 2 ans. L’examen a trouvé une tuméfaction sus-hyoïdienne médiane mobile à la protrusion de la langue. La cytoponction a conclu à un kyste du tractus thyréoglosse et la patiente a été adressée en ORL pour résection de ce kyste. L’examen anatomopathologique de la pièce a révélé un carcinome papillaire thyroïdien. La patiente a été réopérée et a eu en deuxième temps une thyroïdectomie totale avec curage récurrentiel bilatéral. L’étude histopathologique de la pièce ainsi que des ganglions n’a pas trouvé d’infiltration tumorale. Elle a été ensuite adressée en médecine nucléaire pour complément d’IRAthérapie. Elle a été mise sous L-Thyroxine à dose freinatrice et la rémission était obtenue au bout de 2 cures d’iode131 de 100 mCi. Le carcinome papillaire sur kyste KTT est une entité rare. Il a été démontré qu’un cancer latent de la thyroïde peut se développer plusieurs années après l’exérèse du kyste. De ce fait, cette chirurgie doit être impérativement suivie d’une thyroïdectomie totale complémentaire, associée à une IRAthérapie et à un traitement freinateur par L-thyroxine. Une prise en charge complète et bien conduite est généralement associée à un bon pronostic au long cours.
L’hyperparathyroïdie primaire (HPT) est une endocrinopathie assez fréquente, due dans 80 à 85 % des cas à un adénome parathyroïdien, qui serait ectopique dans 10 % des cas. Nous rapportons le cas d’une patiente présentant un adénome au dépend d’une parathyroïde ectopique médiastinale. Il s’agit d’une patiente âgée de 50 ans, sans antécédents, qui consulte pour douleurs osseuses diffuses et constipation avec syndrome polyuro-polydipsique depuis 6 mois. Le bilan phosphocalcique a révélé une hypercalcémie avec hyperparathormonémie à 170 ng/L. La patiente a été admise au service d’endocrinologie pour complément de prise en charge de son hypercalcémie symptomatique. L’échographie cervicale faite dans le cadre du bilan de localisation était sans anomalies. Un complément par scintigraphie parathyroïdienne au 99mTC-sestaMIBI et SPECT-CT a conclu à un adénome au dépend d’une parathyroïde ectopique médiastinale antérieure au niveau de la loge thymique mesurant 11 × 17 mm. La prise en charge en urgence était de mettre la patiente sous réhydratation orale avec normalisation rapide des chiffres de calcémie à 2,7 mmol/L. L’HPT a une incidence plus significative après l’âge de 50 ans et chez la femme. Elle est le plus souvent due à un adénome parathyroïdien. Dans environ 5 à 15 % des cas, cet adénome est en situation ectopique en raison d’une migration embryologique aberrante des glandes parathyroïdes : 10 % dans le médiastin antérieur en situation intra-thoracique, 1 à 3 % en situation intra-thyroïdienne, 1 % en situation rétro-œsophagienne, et 3–5 % dans le médiastin postérieur. L’échographie cervicale et la scintigraphie parathyroïdienne sont les premiers examens à réaliser afin de localiser l’adénome et faciliter ainsi son exérèse.
Les sarcomes à cellules folliculaires dendritiques sont une entité extrêmement rare et relativement récente, appartenant, selon la classification 2008 de l’Organisation mondiale de la santé, au groupe des tumeurs à cellules histiocytaires. Nous rapportons un cas de localisation de la sphère oto-rhino-laryngée (ORL), d’évolution favorable après chirurgie et radiothérapie. Notre patiente, âgée de 45 ans, présentait une tuméfaction latérocervicale gauche évoluant depuis 1 an. Le scanner cervical avait objectivé des adénomégalies jugulocarotidiennes et spinales gauches associées à un épaississement tissulaire de la paroi postérolatérale homolatérale du cavum. Deux biopsies du cavum ont été pratiquées et ont conclu à une hyperplasie folliculaire réactionnelle de la muqueuse rhinopharyngée sans infiltration tumorale. Un curage ganglionnaire cervical gauche avec examen histologique avait conclu à une localisation ganglionnaire d’un sarcome à cellules folliculaires dendritiques dans un seul ganglion parmi les 7 prélevés avec un Ki67 à 80 %. Une TEP au 18FDG a été demandée pour une meilleure caractérisation de la lésion du nasopharynx et un bilan d’extension exhaustif. Notre examen avait mis en évidence un hypermétabolisme focal intense (SUVmax = 11,04) d’allure néoplasique au niveau de l’épaississement tumoral de la paroi postéro-latérale du cavum. La patiente était ensuite traitée par radiothérapie externe avec une évolution favorable. Les sarcomes à cellules folliculaires dendritiques ORL sont une entité nosologique encore en cours d’étude, le plus fréquemment de bas à moyen grade de malignité. La chirurgie carcinologique est réalisée dans un but diagnostique et thérapeutique. L’utilisation de la TEP au 18FDG dans la stadification initiale ou la surveillance est rarement décrite et justifie des recherches supplémentaires.
L’ostéomyélite chronique récurrente multifocale (OCRM) est une pathologie rare de l’enfant et de l’adolescent d’origine auto-immune qui peut atteindre tout le squelette avec une prédilection pour les os longs. Elle est caractérisée sur le plan anatomopathologique par une inflammation osseuse aseptique. Nous décrivons à travers ce cas l’aspect en scintigraphie osseuse (SO) de cette entité et son intérêt dans l’orientation diagnostique. Il s’agit d’un patient âgé de 28 ans, qui s’est présenté pour des douleurs multifocales du genou gauche et des chevilles de type inflammatoire, évoluant depuis 6 mois, rebelles aux antalgiques. Le bilan radiologique initial était sans anomalies. L’IRM des genoux a montré des anomalies de signal osseux intramédullaire au niveau des zones douloureuses et du péroné gauche d’aspect non spécifique évoquant une pathologie tumorale ou inflammatoire. Au décours de ces examens d’imagerie, aucun traitement n’a pu être instauré et un complément d’exploration par une SO a été indiqué. Nous avons réalisé un examen scintigraphique au 99mTc-HMDP en deux temps. Les images au temps tissulaire ont montré une hypercaptation précoce et intense au niveau des régions épiphyso-métaphysaires proximales et distales du tibia gauche, métaphysaire tibiale inférieure droite, des calcanéus et du tarse du pied gauche. Les images tardives montraient des hyperfixations intenses au niveau des zones sus-décrites, sans anomalies de fixation sur le reste du squelette. Les images SPECT-CT ont révélé que ces hyperfixations sont en rapport avec une discrète ostéocondensation visible sur la métaphyse tibiale inférieure, les calcanéus et le naviculaire gauche. Cet aspect était concordant avec une OCRM ; le diagnostic final a été confirmé sur une biopsie osseuse transcutanée du tibia en rapport avec une ostéomyélite chronique et active sans signes de malignité. L’OCRM est une pathologie rare apparentée au syndrome SAPHO où les signes cutanés et l’atteinte claviculaire peuvent manquer. L’atteinte multifocale est suggestive du diagnostic d’où l’intérêt de rechercher les sites infracliniques. La SO est d’aspect caractéristique en cas d’atteinte claviculaire associée, utile pour identifier des lésions asymptomatiques et sert à guider une biopsie osseuse d’une lésion active.
Le microcarcinome papillaire de la thyroïde (MCP) représente 13 à 50 % des cancers thyroïdiens. Souvent localisé, il est classé à très faible risque de récidive. L’atteinte métastatique intra-abdominale et cutanée est extrêmement rare avec seulement quelques cas isolés décrits dans la littérature. Nous présentons un cas insolite d’une évolution inattendue d’un MCP avec découverte de localisations métastatiques assez rares, diagnostiquées sur une TEP-TDM au 18F-FDG et confirmées par la scintigraphie à l’iode 131 (131I). Patient âgé de 65 ans, suivi pour un MCP de la thyroïde, traité initialement par thyroïdectomie totale et radiothérapie métabolique à l’131I (200 mCi) avec obtention d’une réponse biologique et morphologique complète. Une récidive ganglionnaire cervicale a été détectée 3 ans plus tard, qui a été reprise chirurgicalement et traitée par 400 mCi d’iode 131. Les balayages post-thérapeutiques montraient toujours une fixation cervicale en rapport avec des métastases ganglionnaires avec des chiffres de thyroglobuline et des anticorps anti-thyroglobuline (AAT) en ascension. La chirurgie a été refusée par le patient. L’évolution a été marquée par la découverte de nodules cutanés au niveau dorsal. Une exérèse chirurgicale a confirmé le caractère secondaire des lésions, en rapport avec le MCP. Devant la découverte de cette localisation assez particulière et rare et l’ascension des AAT, une TEP-TDM au 18F-FDG a été indiquée. Plusieurs sites métastatiques hypermétaboliques ont été détectés en rapport avec une récidive locorégionale, pulmonaire, cutanée et hépatique. Le patient a subi une exérèse tumorale locorégionale partielle emportant une partie de l’œsophage, une corporectomie de C6-C7 et une exérèse des lésions cutanées. Le balayage post-7e cure d’131I, couplé à une SPECT/CT, a confirmé le caractère secondaire des lésions décrites à la TEP-TDM ainsi qu’une progression des lésions, notamment l’apparition d’une adénopathie para-trachéale et d’un nodule hépatique hypodense initialement infra-radiologique sur la TEP-TDM. Le MCP de la thyroïde est réputé de bon pronostic avec de rares cas d’évolution défavorable. Les métastases à distance et notamment de localisation hépatique et cutanée sont exceptionnelles. Une TEP-TDM au 18F-FDG est d’un très grand apport pour dresser la cartographie des carcinomes papillaires réfractaires à l’131I.
Le rein sigmoïde est un rein en ectopie croisée fusionné au rein orthotopique par son pôle supérieur. Il s’agit d’une malformation rénale extrêmement rare avec une prévalence de 1/16 000 dans les autopsies de l’adulte et de 0,05 % dans la population générale. Notre objectif est de souligner l’apport de l’imagerie isotopique dans la prise en charge de l’ectopie rénale croisée. Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 35 ans, opérée pour un syndrome de la jonction pyélo-urétérale (SJPU) sur un rein en ectopie croisée. Un complément d’exploration par scintigraphie à l’acide dimercaptosuccinique marqué au 99mTc (DMSA-99mTc) a été demandé afin d’étudier le parenchyme rénal et assurer une évaluation précise de sa fonction rénale relative. Des acquisitions statiques et une SPECT/CT abdominopelvienne ont été réalisées 3 heures après l’injection intraveineuse de 185 MBq de DMSA-99mTc. Il s’agit d’une patiente âgée de 35 ans ayant consulté pour des douleurs lombaires droites. La TDM abdominopelvienne a mis en évidence un rein droit en place, augmenté de taille, mesurant 14,6 cm de grand axe avec des cavités excrétrices fines. Le rein gauche était ectopique, de siège iliaque droit, mesurant 10 × 3,7 × 5,5 cm, fusionné au rein droit par son pôle supérieur. Il présentait une dilatation de ses cavités pyélocalicielles avec un diamètre antéro-postérieur du pyélon de 20 mm contrastant avec un uretère fin. Il s’agissait d’un SJPU avec à l’uroscanner un rein muet. Une pyélotomie avec pyéloplastie a été réalisée avec des suites opératoires complexes associant une pyélonéphrite obstructive avec montée de sonde double J. Un complément d’exploration par une scintigraphie rénale corticale au DMSA, complétée par une SPECT/CT abdominopelvienne, avait montré un rein sigmoïde situé à droite par ectopie croisée du rein gauche. Ce dernier avait une fixation hétérogène et diminuée participant pour 23 % à la fonction rénale globale, avec des cavités pyélocalicielles dilatées en postopératoire. Le rein sigmoïde est une malformation congénitale généralement asymptomatique, rare et très souvent de découverte fortuite. L’association à une sténose de la jonction est fréquente, nécessitant un suivi régulier par scintigraphie rénale dynamique et corticale. La prise en charge chirurgicale doit être réservée aux traitements de complications et sous couvert d’un suivi échographique et fonctionnel périodique.
L’histiocytose langerhansienne (HL) est une maladie rare qui touche principalement l’enfant et l’adulte jeune. L’atteinte osseuse peut être uni- ou multifocale. Nous rapportons les aspects en scintigraphie osseuse, SPECT-CT et IRM d’une HL unifocale à travers un cas. Patiente M.C., âgée de 13 ans, connue comme porteuse d’une HL de diagnostic histologique sur une biopsie osseuse palpébrale. Elle se présente pour tuméfaction de la hanche droite avec impotence fonctionnelle totale du membre inférieur. La scintigraphie osseuse a révélé une fixation modérée au niveau de l’extrémité supérieure du fémur droit qui correspond sur les coupes SPECT-CT à une lésion ostéolytique du col fémoral d’aspect caractéristique de l’atteinte osseuse de sa maladie, ainsi que la disparition de la lésion osseuse orbitaire initiale, sans autres anomalies décelables sur le reste du squelette. Un complément par IRM corps entier a révélé en plus de la lésion du col du fémur droit, des anomalies de signal de la diaphyse fémorale homolatérale en rapport avec une périostite active. La patiente a été traitée par une corticothérapie systémique avec une bonne évolution. La scintigraphie osseuse au 99mTc-HMDP peut être proposée pour rechercher les localisations osseuses de l’HL et le suivi d’une atteinte osseuse unifocale. L’IRM corps entier ou la TEP-TDM au 18F-FDG sont plus sensibles et sont actuellement les examens de référence pour le bilan initial de l’atteinte osseuse et extra-osseuse et pour l’évaluation de la réponse thérapeutique.
Les mouvements respiratoires lors d’une acquisition TEP/TDM au 18F-FDG sont à l’origine d’artéfacts de flou cinétique, avec un biais de correction de l’atténuation et, par conséquent, dans l’estimation des valeurs SUVmax. Cet artéfact est plus gênant lors de la caractérisation de micronodules pulmonaires. Cette série constitue une ébauche d’un travail visant à déterminer la valeur ajoutée de la synchronisation respiratoire sur la SUVmax des lésions pulmonaires, dans l’un des premiers centres réalisant des examens TEP FDG en Tunisie. On a inclus neufs patients qui nous ont été adressés pour caractérisation de nodules pulmonaires dans un contexte oncologique, ayant bénéficié d’un examen TEP au 18F-FDG. Les patients avec des métastases pulmonaires multiples connues ont été exclus. Tous les patients ont bénéficié d’un examen TEP/TDM après injection de 3 MBq/kg de 18F-FDG avec une acquisition standard ainsi qu’un pas supplémentaire centré sur le thorax avec synchronisation respiratoire. Pour chaque nodule pulmonaire, les données suivantes ont été collectées : la localisation, la taille sur les coupes TDM et la SUVmax avant et après synchronisation respiratoire. Dans cette série, 12 nodules pulmonaires ont été étudiés. Cinq patientes ont été suivies pour un cancer du sein, un patient pour un UCNT du cavum et 3 patients pour un cancer du pancréas. La taille moyenne de ces nodules était de 2,7 cm. Les différents nodules ont été répartis comme suit : 4 dans les lobes supérieurs et 8 dans les lobes inférieurs. On a noté une augmentation du SUVmax de 13 % avec une différence statistiquement significative, avant et après synchronisation respiratoire. Pour une taille supérieure à 30 mm, la valeur SUVmax ne varie pas de façon significative alors que pour les nodules de taille inférieure à 30 mm, la variation du SUVmax est importante : 25 %. La localisation des nodules pulmonaires n’affecte pas de façon significative la variation de la SUVmax. La synchronisation respiratoire majore la quantification par rapport à l’acquisition TEP/FDG non synchronisée. Cette augmentation est d’autant plus importante que la taille du nodule est petite. Un nombre de patients plus large est cependant nécessaire pour déterminer le cutoff de la taille du nodule pulmonaire à partir de laquelle la synchronisation respiratoire doit être réalisée systématiquement.
Le foie et les poumons sont fortement mobiles lors des mouvements respiratoires. Ces mouvements peuvent induire une non correspondance des organes lors d’une acquisition TEP/TDM au 18F-FDG et sous-estimer la valeur du SUVmax des lésions. Nous rapportons, à partir de cette observation, un cas où la synchronisation respiratoire a permis de mieux caractériser une lésion hépatique équivoque sur la TDM. Il s’agit d’un homme âgé de 42 ans, suivi pour UCNT du cavum traité par radio-chimiothérapie. Une TDM CTAP de contrôle a montré une lésion infra-centimétrique du segment VIII du foie de caractère équivoque. Afin de mieux caractériser cette lésion et en vue d’une hépatectomie, le patient nous a été adressé pour un examen TEP/TDM au 18F-FDG. Le patient a reçu une dose de 177 MBq de 18F-FDG après un jeûne de six heures et un contrôle de la normalité de la glycémie. Il a eu une acquisition standard (non synchronisée à la respiration) du haut du crâne jusqu’à mi-cuisses qui a révélé un foyer hypermétabolique se projetant en regard du segment pulmonaire antéro-basal droit sans anomalie sous-jacente sur le scanner. Le foie ne présentait pas de foyer de métabolisme pathologique, notamment au niveau de la lésion hépatique décrite, spontanément isodense sur le scanner de repérage de la TEP, non injecté. Afin de mieux localiser ce foyer, une acquisition synchronisée à la respiration a été pratiquée. Elle a permis d’ajuster le foyer hypermétabolique qui se projetait au niveau du segment VIII du foie avec une majoration de la SUVmax à 8 (vs 4,4 avant la synchronisation), plaidant en faveur de son caractère secondaire. La synchronisation respiratoire assure une bonne correspondance des tissus entre la TEP et la TDM et une réduction de la composante de mouvement dans les données TEP. Cette technique permet d’améliorer la détectabilité des lésions hépatiques et apporte une quantification plus précise par rapport aux examens classiques TEP/TDM au 18F-FDG.