Introduction Notre CHU génère actuellement 11 tonnes de déchets non recyclés et 900 kg de déchets recyclés par jour. Depuis juin 2022, le service des maladies infectieuses est un service pilote engagé dans l'écoresponsabilité. Nous trions les déchets recyclables ainsi que les biodéchets (1,89 tonnes par an). Le tri se fait -au moyen d'une liste affichée au-dessus des poubelles- dans des sacs en plastique recyclable positionnés dans la salle de soins, les bureaux, l'office et la salle de pause. Nous trions les aliments non consommés pour générer du biogaz. Nous avons comparé la quantité de déchets générée par un patient en précautions complémentaires contact (PCC) à celle générée par un patient en précautions standard (PS) selon leur degré d'autonomie. Matériels et méthodes Constitution d'un groupe de travail pluriprofessionnel pour élaboration d'une grille de recueil. Sélection de 4 patients : 2 en PCC pour bactérie multirésistante et 2 en PS, chacun apparié pour la charge en soins (autonome et dépendant). Recueil pendant 48 heures par chaque soignant des informations sur le matériel à usage unique utilisé ; pesée des déchets toutes les 8 heures avant élimination. Résultats Le patient dépendant en PCC (SIIPS = 10, ADL = 2) a généré 12 tabliers de protection, 28 paires de gants vinyle, 1 poche d'alimentation avec tubulure et 1,5 kg de déchets. Le patient dépendant en PS (SIIPS = 10, ADL = 4) a généré 1 tablier, 25 paires de gants, 11 pochons de médicament avec tubulure IV et 1,2kg de déchets. Le patient autonome en PCC (SIIPS = 1, ADL = 6) a généré 3 tabliers, 8 paires de gants, 4 aiguilles à prélèvement épicrâniennes et 1,1 kg de déchets. Le patient autonome en PS (SIIPS = 1, ADL = 6) a généré 0 tablier, 6 paires de gants, 1 aiguille à prélèvement épicrânienne et 0,8kg de déchets. Chacun des dispositifs générait un emballage en plastique non recyclable. Les repas servis en barquettes généraient 3 barquettes en plastique par repas et par patient. Conclusion La quantité de déchets générés par un patient en PCC est supérieure à celle générée par un patient en PS. Le degré de dépendance et la charge en soins influent aussi (nombre de passages de soignants, pansements complexes). Nous avons décidé d'évaluer nos pratiques par un audit des prescriptions des PCC (indication, réévaluation de la durée, respect de la procédure) afin de déterminer une éventuelle surconsommation en matériel à usage unique. Un nouvel audit sera réalisé après intervention auprès des soignants, médecins et étudiants en médecine. Nous proposons la mise en place du tri des déchets dans les chambres par les soignants et les patients. Nous travaillons par ailleurs à augmenter la possibilité de recycler certains matériels non souillés.Aucun lien d'intérêt
Les recommandations européennes dans le traitement de l'endocardite infectieuse à Enterococcus faecalis (EIEF) ne prévoient pas d'ajustement posologique en fonction de la clairance de la créatinine (ClCr): AMX 200 mg/kg/j et CRO 2g x 2/j. Néanmoins les β-lactamines peuvent avoir une toxicité neurologique et rénale. Actuellement, Les objectifs de concentrations résiduelles plasmatiques (C0) d'AMX et de CRO ne sont pas définies. L'objectif de l'étude était d'analyser la mortalité et la survenue d'effet indésirable en fonction de la première C0 d'AMX et de CRO chez les patients traités pour une EIEF. Nous avons réalisé une analyse rétrospective de 2016 à 2021 des données de surveillance thérapeutique pharmacologique (STP) des patients traités par AMX+CRO pour une EIEF. Les seuils de toxicité de l'AMX et de CRO ont été définis respectivement à 80 mg/L et 100 mg/L selon les recommandations françaises. Constitution de deux groupes en fonction du premier C0 d'AMX et/ou de CRO: groupe A pas de surdosage, groupe B présence d'un surdosage à l'une des deux molécules. Le critère de jugement principal était la mortalité toutes causes confondues 30 jours de l'arrêt du traitement. Les critères de jugements secondaires étaient l'apparition d'une l'insuffisance rénale aiguë (IRA) durant le traitement selon les éléments de définition du KDIGO, la durée de la bactériémie et la mortalité toutes causes à 3 mois (M-3) et un an (M-12). Au total, 72 patients dont 73% (53/72) de sexe masculin ont été analysés. La moyenne d'âge était de 79 ans (± 6), 71% (51/72) avait un matériel intracardiaque (pacemaker ou valve prothétique). Le diagnostic d'endocardite était certain chez 83% (60/72) des patients. Concernant la posologie initiale de CRO, parmi les 72 patients, 44 avaient reçu 2g x 2/j, 21 1g x 2/j et 7 <1g x2/j. Au total, 194 C0 d'AMX et 147 C0 de CRO ont été recueillis. Selon le premier C0, 30 (42%) patients ont été classés dans le groupe A et 42 (58%) dans le groupe B. Les patients dans le groupe B étaient plus âgés (79,8 vs. 77,1 ans, P<0,05) et présentaient une ClCr au diagnostic plus faible (45,1 vs. 69,1 mL/min, P<0,05). Dans le groupe A, la posologie en CRO de 2g x2/j était administrée chez 56% (17/30) et chez 62% (26/42) dans le groupe B. La mortalité à J-30 n'était pas différente (P=0,39) entre le groupe A (0%, 0/30) et le groupe B (0,23%, 1/42), de même que la mortalité à M-3 (3,3% 1/30 vs. 4,8% 2/42, P= 0,76) et à M-12 (13,3% - 4/30 vs. 24% - 10/42, P=0.26). La survenue d'une IRA était plus fréquente dans le groupe B (55% - 22/42 vs. 17,2% 5/30, P<0,005). La moyenne des C0 en CRO chez les patients ayant développés une IRA au cours du traitement était de 127,6 mg/L (+/- 45,9) contre 92,3 mg/L (+/- 37,3) chez les patients n'ayant pas développé d'IRA (P<0,05). À ce jour, Les recommandations européennes pour la prise en charge de l'endocardite ne prévoient pas d'adaptation posologique au poids (pour la CRO) ou la fonction rénale (AMX et CRO). Néanmoins, le surdosage semble fréquent et associé à une survenue d'évènements indésirables comme l'IRA. Un STP est important et pourrait permettre de mieux définir les objectifs des concentrations résiduelles de ces deux antibiotiques. Aucun lien d'intérêt
CONTEXT:In 2007, we performed a nationwide prospective study to assess the epidemiology of encephalitis in France. We aimed to evaluate epidemiological changes 10years later.METHODS:We performed a 4-year prospective cohort study in France (ENCEIF) from 2016 to 2019. Medical history, comorbidities, as well as clinical, biological, imaging, and demographic data were collected. For the comparison analysis, we selected similar data from adult patients enrolled in the 2007 study. We used Stata statistical software, version 15 (Stata Corp). Indicative variable distributions were compared using Pearson's Chi2 test, and means were compared using Student's t-test for continuous variables.RESULTS:We analyzed 494 cases from 62 hospitals. A causative agent was identified in 65.7% of cases. Viruses represented 81.8% of causative agents, Herpesviridae being the most frequent (63.6%). Arboviruses accounted for 10.8%. Bacteria and parasites were responsible for respectively 14.8% and 1.2% of documented cases. Zoonotic infections represented 21% of cases. When comparing ENCEIF with the 2007 cohort (222 adults patients from 59 hospitals), a higher proportion of etiologies were obtained in 2016-2019 (66% vs. 53%). Between 2007 and 2016-2019, the proportions of Herpes simplex virus and Listeria encephalitis cases remained similar, but the proportion of tuberculosis cases decreased (P=0.0001), while tick-borne encephalitis virus (P=0.01) and VZV cases (P=0.03) increased. In the 2016-2019 study, 32 causative agents were identified, whereas only 17 were identified in the 2007 study.CONCLUSION:Our results emphasize the need to regularly perform such studies to monitor the evolution of infectious encephalitis and to adapt guidelines.
Depuis 2011 l'artésunate IV est recommandée par l'OMS en traitement de 1re intention du paludisme grave, tout en restant soumis en France à une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) nominative, frein potentiel à la prescription. Le but fut d'analyser rétrospectivement une procédure mise en place en 2013 en un CHU pour chercher à en favoriser et sécuriser l'usage. Élaboration par la COMAI d'un référentiel « paludime grave » accessible à tous en 24/24 via intranet. Artésunate IV disponible à la pharmacie du site en 24/24 avec mise en place dès 2014 d'un protocole thérapeutique d'utilisation (PTU) permettant la délivrance sans appel à l'ANSM sauf doute (information a posteriori à l'agence). Analyse des cas de paludisme à P. falciparum relevant d'un traitement IV – artésunate ou quinine – identifiés via les thésaurus en pharmacie et parasitologie. De 2014 à 2018, 40 cas ont été traités, tous acquis en Afrique centrale et occidentale, dont 29 après séjour au pays d'origine (73 %), 35 sans chimioprophylaxie (88 %), incluant 6 enfants (15 %). La moitié des traitements furent initiés sur la garde de nuit ou de week-end, dont 17 (43 %) aux urgences et 27 (68 %) d'abord surveillés en réanimation pour une durée moyenne de 3 jours. L'appropriation de l'artésunate IV fut rapide avec un ratio versus quinine IV de 4 :4 (50 %) en 2014 puis de 28 :4 (88 %) sur 2015–18. Huit cas ont été traités par quinine IV (20 %) dont 5 sans facteur de gravité (FDG) mais avec vomissements (c.-à-d. indication cible), 2 avec 1 FDG traités en 2014–15 et 1 avec 3 FDG venant d'un autre établissement et switché pour artésunate IV ; survenue de 2 (25 %) hypoglycémies et d'1 (13 %) cinchonisme. Trente-deux cas ont été traités par artésunante IV dont 30 avec FDG (moyenne 3 jusqu'à 13) et 2 sans justification évidente dans les limites de l'étude a posteriori du dossier. Jamais d'appel à l'ANSM en garde depuis le PTU. Un cas relevant d'un traitement IV complet (c.-à-d., 9 doses) et 30 d'un switch oral (29 pour dérivé d'artémisinine PO et 1 pour atovaquone-proguanil), et ceci précocement (c.-à-d. après 3 doses IV) dans 17 cas (53 %) comme autorisé par l'ATU devant une rapide amélioration. Deux cas (6 %) d'hémolyse retardée requérant transfusion. Dossiers complets d'ATU remontés a posteriori à l'ANSM, ce qui reste chronophage, sans retour particulier. Ni échec, ni décès pour toute la cohorte. Disposer d'une procédure d'établissement adaptée au 24/24 intégrant le PTU permet de bien sécuriser le traitement d'urgence des paludismes graves, évènement rare en France métropolitaine auquel le médecin d'accueil n'a pas nécessairement déjà été confronté, avec rapidement un positionnement bien conforme de l'artésunante IV. Dans ce cadre, le bénéfice de l'ATU nominative n'est pas évident, à l'échelon individuel comme de l'établissement. Par ailleurs, des actions de sensibilisation à la prophylaxie sont indispensables devant l'absence fréquente de perception du risque lors du retour au pays.
L'immunodépression (ID) est un facteur de risque de gravité et de mauvais pronostic chez les patients présentant une infection. Nous décrivons les patients immunodéprimés (ID) inclus dans la cohorte ENCEIF, cohorte prospective multicentrique portant sur les encéphalites prises en charge en France entre 2016 et 2019. Notre objectif secondaire était de les comparer avec les patients non-immunodéprimés (NID) de la cohorte, ainsi qu'avec les patients ID d'une cohorte précédente (encéphalites 2007). Les patients ont été inclus selon la définition 2013 de l'International Encephalitis Consortium (Venkatessan et al., CID 2013). Les informations démographiques, cliniques et diagnostiques ont été recueillies de façon standardisée. La définition de l'ID comprenait : une tumeur solide active traitée ou en rémission récente, une transplantation d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques, une immunodépression congénitale, un traitement par corticoïdes à dose élevée, par inhibiteur de calcineurine ou par certains anticorps monoclonaux. L'analyse statistique a utilisé le test du Chi2 de Pearson, le test de Student et, si nécessaire, les tests non-paramétriques. Au 16 octobre 2019, 476 patients avaient été inclus, 59 (12 %) étaient ID. Les étiologies les plus fréquentes chez ces patients ID étaient VZV (25 %), HSV (21 %), L. monocytogenes (10 %), C. neoformans (5 %) et JC virus (5 %). Quarante et un pour cent de ces patients avaient un antécédent d'hémopathie maligne, 25 % de cancer solide, 25 % étaient receveurs d'une transplantation, 22 % avaient une pathologie inflammatoire systémique, et 11 % étaient traités par un médicament immunosuppresseur pour une autre raison (certains patients cumulaient plusieurs motifs d'ID, expliquant un total supérieur à 100 %). Les patients ID étaient significativement plus âgés que les patients NID (âge moyen 71 ans vs 58 ans, p < 10−4), et sont décédé plus souvent au cours de l'hospitalisation (21 % vs 6 %, p < 10−3). Ils étaient plus à risque d'infection associée aux soins que les patients NID (29 % vs 17 %, p = 0,02), mais ils étaient moins souvent admis en soins intensifs, avec une différence non significative cependant (34 % vs 43 %, NS). Seuls 12 % des patients de la cohorte étaient ID mais leur pronostic était plus souvent défavorable. La fréquence de certains pathogènes tels que VZV ou Listeria souligne l'importance de la prévention quand elle est possible (vaccination VZV, chimioprophylaxie, recommandations alimentaires).
Malgré les incertitudes sur son efficacité, le lopinavir-ritonavir (LPV/r) a été utilisé pour le traitement des COVID-19 sévères. Ses effets indésirables étant connus pour être fréquents et dose-dépendants lors du traitement du VIH, le but fut de réaliser un suivi étroit incluant des dosages sanguins. De mars à juin, le référentiel thérapeutique du CHU positionnait le LPV/r comme une possibilité thérapeutique en cas de pneumopathie sévère (O2 > 3 L/min) avant le 12e jour d'évolution chez les patients non en fin de vie, en l'absence de contre-indication et d'interaction médicamenteuse importante. La posologie était 400/100 mg bid pendant 10 à 14 j adaptée à un dosage à j3 avec vallée (H0) et pic (H4). Ce dosage était réalisé par LC-MS/MS selon un protocole développé par le laboratoire de pharmacologie et validé conformément aux normes d'accréditation ISO15189. Les valeurs cibles étaient celles recommandées pour le VIH : 1000–8000 ng/mL à H0 et 9000–14 000 ng/mL à H4. Afin d'évaluer les pratiques, les dossiers pour lesquels un dosage de LPV/r était réalisé furent analysés. Sur les 69 patients traités par LPV/r pendant cette période, 39 dosages furent réalisés chez 21 patients hospitalisés. L'âge moyen était de 64 ans, 11 (52 %) étaient des femmes, l'IMC médian de 27 kg/m2 (33 % de surpoids, 33 % d'obésité). Au moment du dosage, le débit médian d'O2 était de 4 L/min, 10 (47 %) avaient une atteinte scanographique sévère ou étendue, 2 patients étaient en réanimation, et la CRP moyenne était de 59 mg/L [5 ; 234]. Le LPV/r était débuté en moyenne à j8 du début des symptômes, en comprimés pour 16 patients (76 %), en sirop pour 5 (24 %). Les posologies reçues étaient 400/100 mg bid pour 12 patients (57 %), 200/50 mg bid pour 5 (23 %) et une posologie intermédiaire pour 4 (19 %). À 400/100 mg bid, 12/12 patients étaient sur-dosés, avec un H0 moyen à 18 154 ng/mL et un H4 moyen à 21 250 ng/mL, 5 ont eu un 2e dosage : après réduction de moitié de la posologie 2 étaient bien dosés et 1 restait sur-dosé (H0 à 13 000 ng/mL), sans modification de posologie 2 étaient bien dosés. À 200/50 mg bid, 4/5 patients étaient sur-dosés mais avec un H0 moyen à 9401 ng/mL avoisinant la normale haute et 1/5 était bien dosé. À dose intermédiaire, 2/4 patients étaient sur-dosés avec un H0 moyen à 22 736 ng/mL, 1/4 était bien dosé et 1/4 était sous-dosé. Sur 18 patients sur-dosés, 7 (39 %) avaient de la diarrhée et 2 (11 %) développaient une cytolyse (jusqu'à 5 fois la normale). Dix-sept patients (80 %) ont reçu la durée totale du traitement, aucun traitement ne fut arrêté pour effet secondaire, 2 (9,5 %) sont décédés dont un en cours de traitement. Réduire les effets indésirables du traitement par LPV/r reste primordial a fortiori en l'absence d'efficacité démontrée. Dans la limite de petits effectifs notre série montre des surdosages constants à 400/100 mg bid, associés à des effets secondaires cliniques et biologiques, malgré un poids des patients élevé. Sauf s'il se dégageait un rationnel pour de très fortes concentrations à visée antivirale, initier le traitement à demi-dose est à considérer.
Aims The EURO-ENDO registry aimed to study the management and outcomes of patients with infective endocarditis (IE). Methods and results Prospective cohort of 3116 adult patients (2470 from Europe, 646 from non-ESC countries), admitted to 156 hospitals in 40 countries between January 2016 and March 2018 with a diagnosis of IE based on ESC 2015 diagnostic criteria. Clinical, biological, microbiological, and imaging [echocardiography, computed tomography (CT) scan, F-18-fluorodeoxyglucose positron emission tomography/computed tomography (F-18-FDG PET/CT)] data were collected. Infective endocarditis was native (NVE) in 1764 (56.6%) patients, prosthetic (PVIE) in 939 (30.1%), and device-related (CDRIE) in 308 (9.9%). Infective endocarditis was community-acquired in 2046 (65.66%) patients. Microorganisms involved were staphylococci in 1085 (44.1%) patients, oral streptococci in 304 (12.3%), enterococci in 390 (15.8%), and Streptococcus gallolyticus in 162 (6.6%). F-18-fluorodeoxyglucose positron emission tomography/computed tomography was performed in 518 (16.6%) patients and presented with cardiac uptake (major criterion) in 222 (42.9%) patients, with a better sensitivity in PVIE (66.8%) than in NVE (28.0%) and CDRIE (16.3%). Embolic events occurred in 20.6% of patients, and were significantly associated with tricuspid or pulmonary IE, presence of a vegetation and Staphylococcus aureus IE. According to ESC guidelines, cardiac surgery was indicated in 2160 (69.3%) patients, but finally performed in only 1596 (73.9%) of them. In-hospital death occurred in 532 (17.1%) patients and was more frequent in PVIE. Independent predictors of mortality were Charlson index, creatinine > 2 mg/dL, congestive heart failure, vegetation length > 10 mm, cerebral complications, abscess, and failure to undertake surgery when indicated. Conclusion Infective endocarditis is still a life-threatening disease with frequent lethal outcome despite profound changes in its clinical, microbiological, imaging, and therapeutic profiles.
Aims The European Society of Cardiology (ESC) EURObservational Research Programme (EORP) European Endocarditis (EURO-ENDO) registry aims to study the care and outcomes of patients diagnosed with infective endocarditis (IE) and compare findings with recommendations from the 2015 ESC Clinical Practice Guidelines for the management of IE and data from the 2001 Euro Heart Survey. Methods and results Patients (n = 3116) aged over 18 years with a diagnosis of IE based on the ESC 2015 IE diagnostic criteria were prospectively identified between 1 January 2016 and 31 March 2018. Individual patient data were collected across 156 centres and 40 countries. The primary endpoint is all-cause mortality in hospital and at 1 year. Secondary endpoints are 1-year morbidity (all-cause hospitalization, any cardiac surgery, and IE relapse), the clinical, epidemiological, microbiological, and therapeutic characteristics of patients, the number and timing of non-invasive imaging techniques, and adherence to recommendations as stated in the 2015 ESC Clinical Practice Guidelines for the management of IE. Conclusion EURO-ENDO is an international registry of care and outcomes of patients hospitalized with IE which will provide insights into the contemporary profile and management of patients with this challenging disease.
To determine whether bacterial DNA will be detectable by polymerase chain reaction (PCR) in torn graft tissue at the time of revision anterior cruciate ligament reconstruction (ACLR).A total of 31 consecutive revision ACLR cases from 1 center from 2014-2016 were recruited. No patients had clinical signs of infection on presentation. Torn graft tissue was obtained in revision cases and subjected to clinical culture and PCR analysis with a universal bacterial primer. Fluorescence microscopy was used to confirm the presence of a biofilm. We obtained negative control samples of water open to air on the field and excess primary ACLR graft tissue, as well as torn native ligament, to evaluate for PCR positivity due to environmental contamination.Clinical cultures were positive (coagulase-negative Staphylococcus) in 1 revision case (3%, 1 of 31). Bacterial DNA was detectable in most revision ACLR cases (87.0%, 27 of 31), and there was a low rate of PCR positivity in negative control samples of water open to air (0%, 0 of 3), excess primary ACLR graft tissue after passage (20%, 1 of 5), or native torn ligament (20%, 1 of 5). Bacterial biofilm presence on failed graft tissue as well as monofilament suture was visually confirmed with fluorescence microscopy.Bacterial DNA is frequently present in failed ACLR grafts, with high rates of DNA detection by PCR but low culture positivity.Level IV, case series.
En 2008, la SPILF a modifié les recommandations de prise en charge des méningites bactériennes aiguës communautaires et proposé une nouvelle stratégie antibiotique (Ab) de première intention, fondée sur les résultats de l’examen direct (ED) du liquide céphalo spinal (LCS). En cas de suspicion de méningite à pneumocoque, le recours à la vancomycine a été abandonné sous couvert d’une prescription de doses majorées de céphalosporine de troisième génération (C3G). Notre objectif était de décrire la stratégie Ab des 24 h post-ponction lombaire (PL), avant identification microbiologique, et d’évaluer son adéquation aux recommandations SPILF-2008 à partir des données de la cohorte nationale prospective observationnelle des méningites bactériennes communautaires de l’AdulTe (COMBAT). COMBAT a inclus les patients (pts) adultes présentant une méningite dans 69 centres hospitaliers français. L’adéquation de l’Ab aux recommandations a été définie en tenant compte des résultats de l’ED, de l’existence de facteurs de risque (FDR) de Listeria en cas d’ED négatif, du(es) Ab(s) initié(s) dans les 24 h post-PL et de la dose de C3G lorsque l’Ab initié était adéquat. Parmi les 403 pts inclus (février 2013–novembre 2015), l’ED était positif chez 294 (73 %) (Cocci Gram + n = 204, Cocci Gram-n = 63, Bacille Gram + n = 6, Bacille Gram-n = 21). L’ED était négatif chez les 109 (27 %) autres pts, un FDR de listeria étant présent chez 75 d’entre eux. Sans tenir compte des doses de C3G, l’adéquation des Ab aux recommandations était de 68 % pour les pts avec ED-positifs et 38 % pour ceux avec ED-négatifs (p < 0,0001). Chez ces derniers, l’inadéquation était expliquée pour plus des 2/3, par une non-prescription d’amoxicilline malgré la présence de FDR de listeria. Quels que soient les résultats de l’ED, la vancomycine n’était administrée que chez 5 % des pts. En considérant les doses de C3G, l’adéquation n’était plus respectivement que de 34 % et 44 % (p = 0,20). Comme recommandée, une monothérapie par C3G est largement prescrite en cas d’ED positif et la vancomycine abandonnée pour la quasi-totalité des pts. Néanmoins, la recommandation d’utiliser des doses majorées de C3G n’est pas suffisamment suivie. Par ailleurs, des efforts doivent être entrepris pour appliquer les recommandations d’adjonction d’amoxicilline en cas d’ED négatif et de FDR de listériose.
The aim of this study was to describe the proportion of liver‐related diseases (LRDs) as a cause of death in HIV‐infected patients in France and to compare the results with data from our five previous surveys.
De nombreux services d'infectiologie comportent des chambres (ch) à lits multiples. Le but fut d'analyser leur gestion. Dans un service avec 2 ch à 3 lits (ch3) et 25 ch à 1 lit (ch1) : étude du taux d'occupation, des mutations internes et du respect des procédures d'hygiène (par « quick audit »). Sur 90 jours, le taux d'occupation était de 96 % dont 99 % en ch1 et 86 % en ch3 (p = 0,001). 32 patients/304 (10 %) étaient ensuite mutés, soit de ch3 en ch1 pour hygiène ou confort (n = 15), soit de ch1 en ch3 pour isoler un autre patient en ch1 (n = 17). Lors de l'audit de 122 soins, 13/31 patients (42 %) relevaient de précautions complémentaires contact (62 %), respiratoire (23 %) ou pour aplasie (23 %). L'hygiène des mains (constat avant ou après le soin) était aussi bien respectée en ch3 (29/33 soins observés = 87 %) qu'en ch1 (76/91 soins = 83 %) ; le « zéro bijou » n'était pas atteint, sans différence significative entre médecins et soignants (96 et 91 % sans bijou), ni entre élèves et permanents (100 et 90 %). Les avant-bras étaient dégagés dans 96 % des cas. Le port du masque n'était jamais transgressé. En ch3 l'hygiène des mains entre 2 patients fut omise 1 fois sur 10. Passer de 31 lits (dont 2 ch3, soit 20 % des lits) à 30 (i.e., – 3 %) en ch1 offrirait la même capacité. Près de la moitié des hospitalisés en infectiologie relève de précautions complémentaires. Les ch à lits multiples n'entravent pas le respect des précautions standard mais suscitent des difficultés de gestion et un moindre confort pour les patients et l'équipe (transferts itératifs pour raison d'hygiène ou de qualité : agitation, douleur, gravité…). Un ratio de 80 % de lits en chambre particulière n'est pas optimal. Même avec un taux d'occupation élevé, réduire le nombre de lits pour n'avoir que des ch à 1 lit augmenterait qualité et efficience : 100 % de ch particulières est souhaitable !
Les R en infectiologie, nombreuses, actualisées et de qualité, sont parfois complexes, et se heurtent alors à des difficultés d’appropriation, a fortiori pour des praticiens dont l’infectiologie n’est pas l’exercice principal. L’objectif était de développer un outil d’aide à l’application de R thérapeutiques, à travers l’exemple des M. La commission des anti-infectieux d’un CHU structurait la prise en charge des M. dans un logigramme informatisé organisé en étapes successives et intégrait à chacune des étapes les R nationales. Le logigramme reprenait selon un ordre chronologique les R de prise en charge initiale des M : 1/signes de gravité, contre-indications à la PL, indications de l’imagerie, 2/interprétation de la PL, calcul en ligne d’un score diagnostique, 3/modalités thérapeutiques… rendant les R accessibles à des praticiens qui n’en n’auraient pas une parfaite connaissance. Des R complémentaires étaient émises : 1/mention des traitements qui contre-indiquent la PL sans hémostase (H) préalable, 2/des seuils d’H autorisant la PL étaient définis, 3/le score diagnostique était positionné après le résultat de l’examen direct du LCR, 4/un poids corrigé était calculable en ligne, pour adapter la dose d’ATB (ex : 27 g/j vs 36 pour un sujet d’1,8 m et 120 kg traité par 300 mg/kg d’amoxicilline), 5/des posologies adaptées à la fonction rénale étaient proposées après H24, 6/des liens vers les R nationales et l’INVS étaient intégrés. L’outil était disponible sur intranet et internet, consulté dans l’établissement en moyenne 21 fois par mois en 6 mois, dans 40 % des cas hors du temps de présence d’un infectiologue. L’actualisation était aisée. L’intérêt d’outils informatiques de mise à disposition des R en infectiologie, démontré ici pour les M, pourrait dorénavant être envisagé chaque fois que possible, dès l’élaboration des R.
Introduction. - Moxifloxacin is an antibiotic of the fluoroquinolone class, marketed in France since 2002. It is used primarily in the treatment of bacterial sinusitis and acute exacerbations of chronic bronchitis. The purpose of this study is to report a possible severe ocular side effect following the systemic use of moxifloxacin.Patient and methods. - Case report of a patient who presented with the appearance of a severe acute uveitis after being treated with systemic moxifloxacin. Eleven days after initiation of moxifloxacin treatment, the patient developed simultaneous bilateral eye pain, pigment dispersion and diffuse iris transillumination. This case was further complicated by ocular hypertension. Etiologic investigations for other causes of the uveitis were negative. In particular, an anterior chamber tap was performed and PCR for herpes viruses (HSV, VZV, EBV, CMV) was negative.Discussion. - Drug-induced uveitis is relatively rare. The relationship between systemic fluoroquinolone treatment and the occurrence of uveitis has been considered "possible'', according to World Health Organization criteria, in a recent retrospective analysis of 40 case reports. Moxifloxacin was suspected in 25 of these cases. The presence of both iris transillumination and pigment dispersion appears specific to the uveitis in question.Conclusion. - It appears that practitioners prescribing moxifloxacin and ophthalmologists should be informed of this possible adverse effect, so that it may be quickly recognized, managed and reported. (C) 2012 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
AIM:To describe the main characteristics and the treatment of cryptococcosis in patients with sarcoidosis.DESIGN:Multicenter study including all patients notified at the French National Reference Center for Invasive Mycoses and Antifungals.METHODS:Retrospective chart review. Each case was compared with two controls without opportunistic infections.RESULTS:Eighteen cases of cryptococcosis complicating sarcoidosis were analyzed (13 men and 5 women). With 2749 cases of cryptococcosis registered in France during the inclusion period of this study, sarcoidosis accounted for 0.6% of all the cryptococcosis patients and for 2.9% of the cryptococcosis HIV-seronegative patients. Cryptococcosis and sarcoidosis were diagnosed concomitantly in four cases; while sarcoidosis was previously known in 14/18 patients, including 12 patients (67%) treated with steroids. The median rate of CD4 T cells was 145 per mm(3) (range: 55-1300) and not related to steroid treatment. Thirteen patients had cryptococcal meningitis (72%), three osteoarticular (17%) and four disseminated infections (22%). Sixteen patients (89%) presented a complete response to antifungal therapy. After a mean follow-up of 6 years, no death was attributable to cryptococcosis. Extra-thoracic sarcoidosis and steroids were independent risk factors of cryptococcosis in a logistic regression model adjusted with the sex of the patients.CONCLUSIONS:Cryptococcosis is a significant opportunistic infection during extra-thoracic sarcoidosis, which occurs in one-third of the cases in patients without any treatment; it is not associated to severe CD4 lymphocytopenia and has a good prognosis.