Late opportunistic infections (OI) occurring beyond the first year after kidney transplantation (KT) are poorly described and not targeted by prophylactic strategies. We performed a ten-year retrospective monocentric cohort study describing epidemiology, risk factors and impact of late OI occurring 1 year after KT. We included clinically symptomatic OI requiring treatment besides BK virus nephropathy. Control groups included early OI occurring in the first year after KT, and KT recipients without OI since KT and alive with a functional allograft at 1 year. Among 1066 KT recipients, 185 (19.4%) presented a first episode of OI 21.0 (8.0–45.0) months after KT: 120 late OI (64.9%) and 65 early OI (35.1%). Late OI were mainly viral (N = 83, 69.2%), mostly herpes zoster (HZ) (N = 36, 43.4%). Pneumocystis represented most late fungal infections (N = 12/25, 48%). Compared to early OI, we reported more pneumocystis (p = 0.002) and less invasive aspergillosis (p = 0.01) among late OI. Patients with late OI were significatively younger at KT (54.0 ± 13.3 vs. 60.2 ± 14.3 years, p = 0.05). Patient and allograft survival rates between late OI and control groups were similar. Only age was independently associated with mortality. While late OI were not associated with higher mortality or graft loss, implementing prophylactic strategies might prevent such infections.
INTRODUCTION:Robot-assisted nephrectomy for living kidney donation (LKD) has been described in the literature as a safe and reproducible technique in high volume centers with extensive robotic surgery experience. Any surgical procedure in a healthy individual ought to be safe in regards to complications. The objective of this study was to evaluate the Robotic-assisted Living Donor Nephrectomy (RLDN) experience in a robotic surgery expert center.METHODS:This is a retrospective study from 11/2011 and 12/2019. In total, 118 consecutive Living Donor (LD) kidney transplants were performed at our institution. All the procedures were performed by robotic-assisted laparoscopic approach. Extraction was performed by iliac (IE), vaginal (VE) or umbilical extraction (UE). The left kidney was preferred even if the vascular anatomy was not modal.RESULTS:For donors: the median operative time was 120min with 50mL of blood loss. The median warm ischemia time was 4min, with a non-significant shorter duration with the UE (4min) in comparison with IE or VE (5min). Nine patients had postoperative complications including 1 grade II (blood transfusion) and 1 grade IIIb (vaginal bleeding after VE). None of our procedures were converted to open surgeries and no deaths were reported. For the recipients: 1.7% presented delayed graft function; their median GFR at 1 year was 61mL/min/1.73m2.CONCLUSION:RLDN in an expert center appears to be a safe technique. The advantages of the robot device in terms of ergonomy don't hamper the surgical outcomes. Donor, recipient and graft survivals seem comparable to the reported laparoscopic outcomes in the literature.LEVEL OF EVIDENCE: 4:
Le bénéfice à long terme de la conversion des inhibiteurs de la calcineurine (ICN) au belatacept chez les patients transplantés rénaux reste peu documentée. Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique incluant 112 transplantés rénaux convertis des ICN au belatacept du 01/2012 au 01/2019. Jusqu’à 3 ans après la conversion ont été étudiés : l’évolution du débit de filtration glomérulaire (DFG), la survie des patients et des greffons, l’incidence du rejet d’allogreffe et des infections opportunistes (IO), l’évolution des anticorps anti-HLA spécifiques du donneur (DSA) et des données histologiques sous belatacept. La principale cause de conversion était la présence de lésions chroniques histologiques associée à une fonction rénale non optimale (58 %). La survie des patients et des greffons à 3 après conversion était de 89 % et 94 %. Le DFG augmentait significativement 36 mois après conversion. L’incidence de rejet d’allogreffe et des OI était de 3,6 [1,6–5,6] et 6,8 [4,1–9,7] pour 100 personnes-années, respectivement. Nous avons identifié 2 trajectoires de DFG : (i) une s’améliorant après conversion, (ii) l’autre se stabilisant dans les premières années avant de décroître et indépendamment associée à un DFG < 30ml/mn à la conversion. L’incidence cumulée de DSA de novo était de 22,2 % à 3 ans. Les DSA préformés restaient stables jusqu’à 60 mois après conversion. Les 10 lésions histologiques de micro-angiopathie thrombotique (MAT) induites par les ICN disparaissaient constamment (p < 0,001). L’inflammation microvasculaire et les lésions chroniques restaient stables après conversion hormis une augmentation significative de l’atrophie tubulaire (p = 0,04) (Fig. 1). La conversion des ICN au belatacept semble sûre et bénéfique sur la fonction rénale à long terme, indépendamment des raisons de la conversion et du délai après transplantation rénale avec une amélioration d’autant plus franche que le DFG est élevé au moment de la conversion. Cette stratégie thérapeutique semble faire disparaître les lésions de MAT induites par les ICN.
Les patients atteints d’une maladie rénale chronique (MRC) peuvent développer une perte de masse musculaire ainsi qu’une augmentation des dépôts adipeux au sein du muscle (myostéatose). Nous avons étudié l’impact d’un faible indice de surface musculaire (ISM), correspondant à la surface musculaire divisée par la taille au carré (marqueur indirect de sarcopénie) et d’une faible densité musculaire (DM), marqueur indirect de myostéatose, sur la survie des patients après transplantation rénale (TR). Dans cette étude rétrospective portant sur 200 patients transplantés rénaux, nous avons analysé les déterminants d’un faible ISM ainsi que d’une faible DM, mesurés sur une coupe unique de scanner abdominal au niveau de la 3e vertèbre lombaire. Nous avons déterminé des seuils de faibles ISM et DM, en fonction de l’âge et du sexe, à partir d’une cohorte de 130 sujets sains. Le groupe avec une DM basse comportait 49 patients (25 %) et le groupe avec un ISM bas contenait 10 patients (5 %). Les facteurs de risques associés de manière indépendante à la présence d’une myostéatose étaient le fait de bénéficier au moins d’une deuxième TR (ORa 5,2, IC 95 % 2,22–12,4, p = 0,0001), un antécédent d’accident vasculaire cérébral (ORa 3,7, IC 95 % 1,30–10,7, p = 0,015) et un IMC > 25 kg/m2 (ORa 2,94, IC 95 % 1,40–6,18, p = 0,004). La présence d’une myostéatose en TDM était indépendamment associée à la mortalité (HRa 2,12, IC 95 % 1,06–4,24, p = 0,033), de la même manière que la présence d’un antécédent cardio-vasculaire majeur (HRa 2,06, IC 95 % 1,02–4,15, p = 0,043) et de l’âge (HRa 1,06, IC 95 % 1,03–1,09, p = 0,0003). Un ISM bas n’était pas associé à la mortalité post-transplantation (Fig. 1). En conclusion, la myostéatose est plus prévalente que la faible masse musculaire chez les receveurs de greffe rénale, et est un facteur pronostique indépendant de mortalité en transplantation rénale.
Le phénotype du COVID-19 est très variable. Identifier et caractériser les populations à risque d'évolution défavorable est cruciale. L'objectif de cette étude est de décrire l'infection COVID-19 dans une population de transplantés rénaux (TR). Il s'agit d'une étude rétrospective monocentrique des TR atteints de COVID-19 de février à mai 2020. Les cas confirmés par PCR et les cas possibles (clinique et lésions pulmonaires scanographiques compatibles) ont été inclus. La mortalité a été comparée avec celle de la population générale non transplantée dans le même centre. Parmi 1004 TR, 34 dont 26 hommes ont été atteints de COVID-19, avec un délai médian de 6 ans [2,2–10,3] après la transplantation. Deux patients avaient été transplantés dans les 6 mois précédents. L'âge moyen était de 61 ans [23–81]. Les principales comorbidités étaient une hypertension artérielle (31 cas, 94 %), une cardiopathie (16 cas, 47 %) et un diabète (14 cas, 41 %). Le traitement de maintenance associait les inhibiteurs de la calcineurine, les anti-métabolites et les corticoïdes chez 22 patients (65 %). Le débit de filtration glomérulaire estimé était de 40 mL/min/1,73 m2 [32–52]. Neuf patients (26,5 %) avaient déjà présenté des complications infectieuses pulmonaires après la greffe. Trente patients (88 %) ont été hospitalisés avec un délai médian de 7,7 jours [3–9,5] après le début des symptômes. Les signes cliniques initiaux principaux étaient une fièvre (n = 28,82 %), une toux (n = 23, 68 %), une dyspnée (n = 16, 47 %) et une diarrhée (n = 12, 35 %). À l'admission on observait une lymphopénie chez 18 patients (53 %), une CRP médiane à 84 mg/L [31,2–99,8] et une PCT médiane à 0,25 μg/L [0,19–0,4]. Sept patients sur 18 (39 %) présentaient une atteinte parenchymateuse pulmonaire sévère (plus de 50 %) au scanner. Les traitements spécifiques comprenaient l'hydroxychloroquine (n = 6, 18 %), l'association lopinavir/ritonavir (n = 1, 3 %), les anti-IL6 (n = 2, 6 %). L'arrêt d'un des immunosuppresseurs a été effectué chez 20 patients. Une forme clinique sévère (admission en réanimation ou oxygénothérapie ≥ 9 L/min) est survenue chez 20 patients (61 %). Le délai d'admission en réanimation était de 2,5 jours [0–6,5] depuis l'hospitalisation. Vingt patients (61 %) ont présenté une insuffisance rénale aiguë dont 6 nécessitant de l'hémodialyse. Quinze patients (44 %) sont décédés dans un délai de 11 jours [7–16] après l'hospitalisation. Le taux de décès chez les patients hospitalisés pour COVID-19 non TR était de 15,4 %. Les patients transplantés rénaux sont une population à haut risque de forme sévère de COVID-19 avec un taux de mortalité approchant 50 % dans cette étude. Le renforcement des stratégies préventives et de dépistage semble primordial chez ces patients immunodéprimés et à fort risque cardiovasculaire.
Les infections sont la principale cause de mortalité non cardiovasculaire après transplantation rénale (TR). Malgré l'existence de recommandations de prevention avant TR, celles-ci restent peu appliquées. Nous décrivons l'intérêt d'une consultation d'infectiologie avant la TR comme outil pour améliorer la prévention anti-infectieuse dans ce contexte. Il s'agit d'une étude mono centrique prospective de cohorte ayant intéressé tous les patients adultes en liste d'attente de TR entre janvier 2014 et décembre 2018. A l'inclusion, les données démographiques et néphrologiques des patients étaient recueillies, ainsi que celles relatives aux vaccinations reçues avant la consultation d'infectiologie. Les sérologies suivantes étaient réalisées : hépatites A et B, fièvre jaune (si préalablement vaccinés), rougeole, VZV. Chez tous les patients, une imagerie pulmonaire était réalisée ainsi qu'un test de dépistage de l'infection tuberculose latente (ITL) par détection de production d'interféron gamma (IGRA). Parmi les 994 patients sur liste de transplantation, 467 (47 %) ont eu une consultation d'infectiologie pré-greffe. Parmi eux, 302 (65 %) étaient des hommes (sex ratio 1,83), l'âge médian était de 58 ans (46–66), 333 (71 %) étaient dialysés. Une immunosuppression (greffe antérieure, traitement immunosuppresseur) était présente chez 107 (23 %) patients. Pour l'état vaccinal à l'inclusion : 109 (24 %) et 27 (6 %) patients avaient une vaccination diphtérie-tétanos-polio-coqueluche (dTPc) et anti-pneumocoque à jour respectivement, 51 % des patients (228) avaient été vaccinés contre la grippe l'année précédente. Les patients non dialysés étaient significativement moins vaccinés contre l'hépatite B que ceux dialysés (46 % vs. 57 %, p = 0,0001), mais leur vaccination contre dTPc était plus fréquemment à jour (33 % vs. 20 %, p = 0,005). Les patients vaccinés contre le pneumocoque étaient plus immunodéprimés (33 % vs 17 %, p = 0,028), avaient plus de vaccinations à jour contre dTPc (41 % vs 23 %, p = 0,040) et grippe (70 % vs 50 % p = 0,038) que les patients non vaccinés contre le pneumocoque. Soixante-quinze patients (16 %) avaient un IGRA positif et 26 avaient des lésions pulmonaires séquellaires (6 %). Un traitement de l'ITL (INH ou INH/RMP) a été initié chez 78 (16 %) patients, compliqué d'effets secondaires chez 9 (11 %), dont une neurotoxicité centrale à l'INH. L'acceptabilité de la mise à jour vaccinale et du traitement de la TL, proposés au cours la consultation, était excellente (2 refus de vaccinations sur 467). Une consultation d'infectiologie avant TR optimise l'application des mesures recommandées de prévention anti-infectieuse.
Les données de la littérature rapportent la néphrectomie pour don de rein vivant apparenté (DV) par voie laparoscopique robot-assistée comme une technique sûre et reproductible chez des équipes avec une expertise en chirurgie robotique. L’intervention chez un patient sain impose en effet un minimum de risque. L’objectif de l’étude est d’évaluer notre expérience du prélèvement rénal de DV depuis 2011 dans un centre expert français. De novembre 2011 à janvier 2019, dans notre centre, 100 patients ont eu une néphrectomie pour don de rein par laparoscopie robot-assistée (DA VINCI Si). Toutes les interventions étaient réalisées par un seul chirurgien expérimenté. L’extraction était réalisée par voie iliaque (EI) pour 23 patients, voie vaginale (EV) pour 23 patients et voie ombilicale (EO) pour 54 patients. Le rein gauche était privilégié même si l’anatomie vasculaire n’était pas modale (2 reins droits prélevés). L’âge médian des donneurs était de 49 ans. La durée médiane d’intervention était de 120 min avec des pertes sanguines de 50 mL. La durée médiane d’ischémie chaude était de 5 min, avec un temps d’ischémie chaude plus faible en cas d’EO (4 min). Neuf patients ont eu des complications postopératoires : 7 de grade I, 1 de grade II et 1 de grade IIIb (saignement vaginal après EV) de la classification de Clavien. La durée médiane d’hospitalisation était de 5 jours. Quatre-vingt-dix-huit receveurs ont repris une fonction rénale immédiate et 3 greffons ont été détransplantés : un en peropératoire pour thrombose artérielle, un à j4 pour ischémie sur dissection artérielle et un à 5 mois pour rejet aigu. Le prélèvement rénal DV par cœlioscopie robot-assistée est une technique sûre pour un chirurgien expérimenté. Elle permet de combiner l’apport de la robotique pour la dissection du pédicule rénal et les bénéfices déjà établis de la laparoscopie pour les suites postopératoires, sans altérer la fonction du greffon rénal. L’EO entraînerait une ischémie chaude plus courte que l’EV ou l’EI.
La stratégie d’induction des patients hyperimmunisés en transplantation rénale n’est pas consensuelle, notamment concernant la place des échanges plasmatiques (EP) et du rituximab. Le but de l’étude est de comparer des stratégies d’induction utilisant ou non des EP et du rituximab pour des patients ayant au moins un DSA préformé à fort titre. Cinquante et un patients transplantés rénaux entre 2012 et 2017 provenant de deux centres d’Île-de-France et ayant au moins un DSA score 8 (MFI > 3000) entre 6 mois prégreffe et J5 post-greffe ont été inclus dans l’étude. Tous les patients ont reçu un traitement d’induction par sérum anti-lymphocytaire, corticoïdes, anticalcineurine et mycophénolate mofétil. Les 22 patients du groupe A ont reçu des EP et une injection de rituximab en post-transplantation. Les 29 patients du groupe B n’ont pas reçu de rituximab. La durée moyenne de suivi était de 3,2 ans post-greffe. Les deux groupes étaient comparables en termes d’âge du receveur (48 ± 14 vs 50 ± 10 ans), du donneur (54 ± 16 vs 59 ± 13 ans), et d’ischémie froide (16 ± 6 vs 17 ± 6 heures). La MFI moyenne du DSA immuno-dominant était similaire (8351 ± 4079 vs 8977 ± 5297). Il n’y avait pas de différence dans l’incidence des rejets histologiquement prouvés à 1 an (n = 8 soit 36 % vs n = 11 soit 38 % respectivement). Les patients du groupe A avaient une meilleure fonction rénale à 3 mois (DFG CKD-EPI 54 ± 27 vs 38 ± 21 mL/min/L, 73 m2 ; p = 0,01) et à 1 an (51 ± 19 vs 38 ± 15 mL/min/1,73 m2 ; p = 0,02). Il n’y avait pas de différence dans l’incidence des complications infectieuses à 1 an. Notre étude suggère qu’une stratégie d’induction utilisant des EP et du rituximab pour les receveurs hyperimmunisés ne diminue pas significativement le risque de survenue de rejet humoral à un an, mais s’associe à une meilleure fonction rénale sans augmentation du risque de complications infectieuses.
INTRODUCTION:Kidney transplantation is championed as the gold standard treatment for patients with end-stage kidney disease. According to the biomedical agency, there is an increasing number of patients waiting for kidney transplantation. Faced with organ shortage, the use of marginal grafts may well increase the number of available kidney grafts. Occasionally, during dual kidney graft transplantation, the poor quality of one of the two grafts, or other specific circumstances, may lead to transplantation of only one of the two grafts. We have compared patient outcome concerning single kidney transplantation from an initial dual kidney graft with respect to dual kidney graft transplantation. MATERIAL:Among 67 patients enrolled for a dual kidney graft, 39 dual kidney grafts (group 1) were compared with 12 grafts performed with only one of the two kidneys of a dual kidney graft (group 2) as well as 15 grafts performed following a classic kidney graft protocol (group 3). RESULTS:The survival of grafts was respectively for groups 1, 2 and 3 of 100%, 72,5% and 75,4% (P=0.17). The survival of patients was respectively for groups 1, 2 and 3 of 78.3%, 89.9% and 87.8% (P=0.47). CONCLUSION:Our study suggests that transplantation of a single kidney, initially proposed as dual kidney graft candidate, has satisfying results in terms of graft survival and patient mortality at the expense of poorer renal function in comparison to dual kidney graft. Indeed, there was no significant difference in the survival of patients and grafts. This seems promising taking into consideration that the aim of transplantation in elderly recipients is primarily to avoid dialysis, rather than having optimal post-transplantation kidney function. LEVEL OF EVIDENCE:4.
BACKGROUND:The differential pathogenicity of anti-HLA donor-specific antibodies (DSAs) is not fully understood. The presence of complement-binding DSAs helps in better defining the prognosis of acute antibody-mediated rejection (ABMR). The evolution of these antibodies after the treatment of ABMR is unknown.METHODS:We included patients from the French multicenter RITUX ERAH study diagnosed with acute ABMR within the first year of renal transplantation, with circulating anti-HLA DSAs and treated randomly by rituximab or placebo (and intravenous immunoglobulins, plasma exchange). We centrally analyzed serum samples at the time of ABMR, 3 and 6 months after ABMR, with anti-HLA DSAs specificities and C1q-binding capacity assessment.RESULTS:Twenty-five patients were included: 68% had C1q-binding DSAs at the time of ABMR. The presence of C1q-binding DSAs was associated with a poorer evolution of chronic glomerulopathy at 6 months (P = 0.036). The persistence of C1q-binding DSAs at 3 and/or 6 months after ABMR was associated with more severe chronic glomerulopathy (P = 0.006), greater C4d score deposition score at 6 months after ABMR (P = 0.008), and graft loss 5 years after ABMR (P = 0.029). C1q-binding capacity was associated with the DSA MFI but 5 C1q-binding DSAs in 4 patients had low MFI values without a prozone effect.CONCLUSION:The presence and persistence of anti-HLA C1q-binding DSAs after ABMR is a detrimental marker, leading to transplant glomerulopathy and graft loss. Assessment of the complement-binding capacities of DSAs could help decide treatment intensification.
La stratégie d’induction des patients hyperimmunisés en transplantation rénale n’est pas consensuelle. Certains centres réalisent des échanges plasmatiques et une injection de rituximab en post-transplantation afin de diminuer le taux circulant d’anticorps anti-HLA et ainsi diminuer le risque de survenue de rejet humoral et augmenter la survie rénale. Cependant, l’efficacité du rituximab et des échanges plasmatiques dans cette indication n’est pas complètement démontrée et ces deux thérapeutiques peuvent s’accompagner d’effets indésirables. Le but de l’étude était de comparer deux stratégies d’immunosuppression utilisant ou non des échanges plasmatiques et une injection de rituximab en post-transplantation immédiate pour des patients ayant au moins un DSA préformé à fort titre. Quarante-cinq patients transplantés rénaux entre 2012 et 2017 provenant de deux centres d’Île-de-France (A et B) et ayant au moins un DSA score 8 (MFI > 3000) entre 6 mois pré-greffe et j5 post-greffe ont été inclus dans l’étude. Les patients ayant bénéficié d’une greffe combinée ont été exclus. Les patients des deux centres ont reçu du sérum anti-lymphocytaire, des corticoïdes, une anticalcineurine et du mycophénolate mofétil. Les 22 patients du centre A ont en plus reçu des échanges plasmatiques et une injection de rituximab post-transplantation. La durée de suivi était comprise entre un an et six ans post-greffe. Les deux groupes étaient comparables en termes d’âge du receveur (48 ± 14 vs. 47 ± 12 ans) et du donneur (54 ± 16 vs. 57 ± 12 ans), et d’ischémie froide (16 ± 6 vs. 19 ± 7 heures). La MFI moyenne du DSA immuno-dominant était similaire entre les 2 groupes (8735 ± 4192 vs. 10106 ± 6015 ; p = ns). La survenue d’un rejet histologiquement prouvé à 12 mois était similaire entre les deux groupes (n = 9 soit 41 % vs. n = 7 soit 30 % respectivement), dont n = 6 vs. n = 7 rejets humoraux, et n = 3 vs. n = 0 rejets cellulaires respectivement. La survie du greffon n’était pas significativement différente à un an (90,9 % dans le groupe A contre 82,6 % dans le groupe B). On ne notait pas de différence significative en termes de complications hémorragiques, thrombotiques, anaphylactiques ou infectieuses. Notre étude suggère qu’une stratégie d’induction utilisant des échanges plasmatiques et du rituximab dans la période post-transplantation immédiate pour les receveurs hyperimmunisés ne diminue pas significativement le risque de survenue de rejet ou de perte de greffon. L’impact des échanges plasmatiques sur la pharmacocinétique et l’efficacité du sérum anti-lymphocytaire n’est par ailleurs pas élucidé.
L’amélioration de la prise en charge des patients drépanocytaires est associée à une augmentation de la prévalence de la maladie rénale chronique. Il existe peu d’études évaluant le devenir spécifique de ces patients après transplantation rénale. Il s’agit d’une étude multicentrique, rétrospective, évaluant le suivi post-transplantation rénale des patients drépanocytaires. Tous les patients ont été suivis au moins 3 mois. Nous avons analysé les données de 35 patients dont 29 (82,9 %) étaient homozygotes (33 greffes rénales seules, une greffe combinée rein-cœur et une greffe combinée rein-foie). Ces patients qui avaient un âge moyen au moment de la greffe de 37,7 ans (± 11,8), présentaient plusieurs complications de la drépanocytose avant la transplantation : 41,9 % présentaient plus de 3 CVO par an, 48,6 % avaient déjà été hospitalisés pour STA, 33,3 % présentaient une vasculopathie cérébrale et 45,7 % une cardiopathie drépanocytaire. Parmi ces patients 57,6 % recevaient un traitement par hydroxyurée. Sur les 35 patients, 12 (34,3 %) étaient immunisés dont 5 (17,9 %) avaient des DSA le jour de la greffe. Vingt et un (61,8 %) patients ont eu un traitement d’induction par SAL, et 12 par antagoniste du récepteur de l’IL-2. Les patients ont été suivi en moyenne 45,7 mois (± 15). Sur 35 patients, 11 sont décédés (32,4 %). Parmi les survivants, 83,3 % présentent un greffon fonctionnel avec un DFG moyen au terme du suivi à 52,2 (± 24,9) mL/min/1,73 m2 (formule EPI CKD). Dans les suites de la transplantation, 20 % ont présenté un choc hémorragique ou un hématome avec reprise chirurgicale, 14,3 % ont présenté des sténoses ou thromboses de l’artère ou de la veine du greffon. Au total, 94,2 % ont présenté une infection grave (4 maladies à CMV, 11 pyélonéphrites, 15 infections bactériennes autres, 3 infections parasitaires). Par ailleurs, 22,8 % des patients ont présenté un rejet aigu (2 humoraux, 6 cellulaires) et 14,3 % présentaient des lésions histologiques sur le greffon suggérant une néphropathie drépanocytaire. Cette étude rétrospective apporte une première estimation du pronostic de la transplantation rénale chez les patients drépanocytaires. Après 3 mois de suivi, 4 patients étaient décédés et 31 patients avec un greffon fonctionnel avec une DFG moyen de 54,7 (± 23,2) mL/min/1,73m2. Une étude complémentaire est en cours afin de comparer le pronostic des patients transplantés avec les patients non drépanocytaires et les patients drépanocytaires inscrits sur liste et non greffés.