Introduction Une étude préliminaire publiée en 2016 retrouvait une prévalence de 7,7 % de phéochromocytomes ou paragangliomes (PPGL) chez les NF1 suite à un dépistage biologique et radiologique.L’objectif de cette étude rétrospective et observationnelle était d’évaluer l’impact du dépistage radiologique dans une large cohorte de 1594 patients NF1 suivis au centre Léon-Bérard (CLB) ou aux hospices civils de Lyon de 1990 à 2023 par une revue systématique des dossiers médicaux. Résultats Au total, 49 patients avaient un diagnostic de PPGL soit une prévalence de 3 % sur la cohorte complète. Cette prévalence s’élève à 8,4 % des 585 patients ayant réalisé au moins une imagerie abdominale à partir de l’âge de 25 ans. Parmi, 19 ont été diagnostiqués par dépistage systématique (Screening Group [SG]) et 27 fortuitement (n=10) ou sur symptômes (n=17) (Non Screening Group [NSG]). Parmi, 26,3 % des patients du SG étaient symptomatiques vs 84,6 % dans le NSG (p<0,001), sans différence significative sur le caractère sécrétant : 66,7 % du SG vs 86,4 % du NSG (p=0,253). Aucun patient du SG n’avait de PPGL>4cm vs 24 % du NSG (p=0,072). Huit pour cent (n=2) des PPGL du NSG étaient métastatiques vs aucun du SG. Une chirurgie d’épargne a pu être réalisée chez 26,7 % des patients du SG (n=4) vs 4,2 % du NSG (n=1) (p=0,062). Conclusion La prévalence des PPGL dans la NF1 est sous-évaluée compte tenu de leur caractère paucisymptomatique bien que souvent sécrétant. Le dépistage systématique permettrait d’améliorer leur diagnostic et de favoriser la chirurgie conservative.
Introduction La neurofibromatose de type 1 (NF1) est une maladie génétique, qui touche 1/3000 naissances et provoque une prolifération tumorale neurogène, avec le développement de neurofibromes cutanés (NF) et/ou de neurofibromes plexiformes (PN) (dans 20–50 %). Les PN induisent des douleurs, des troubles fonctionnels et esthétiques, et altèrent la qualité de vie. La prise en charge habituelle des PN est la chirurgie, souvent complexe en raison de la progression régionale de la tumeur.La cryothérapie percutanée est une technique alternative pour le traitement des tumeurs des tissus mous.L’objectif principal de cette étude était d’évaluer la réduction du volume des neurofibromes, en considérant 20 % comme étant une réponse partielle.L’objectif secondaire était l’évaluation de la satisfaction des patients par rapport à la procédure. Matériel et méthodes Nous rapportons une étude pilote monocentrique (centre Léon-Bérard, Lyon), menée de janvier 2020 à mars 2022.L’évaluation du volume tumoral a été faite en comparant l’IRM avant et après la procédure.L’évaluation de la satisfaction des patients a été faite par un questionnaire en ligne pseudonymisé au moins un an après la procédure. Résultats Dix huit patients ont été inclus (11 hommes). La majorité (71,4 %, n=10/14) des PN ont diminué d’au moins 20 % en volume avec un suivi médian de 2 ans. La cryothérapie percutanée a été bien tolérée sans aucune toxicité de grade 3 ou 4. Les effets indésirables rapportés incluaient des douleurs transitoires et des ecchymoses. Après un suivi médian de 2 ans, les patients étaient majoritairement satisfaits de la procédure (66,6 %, n=8/12), ressentant moins de douleur (n=7/12, 58,3 %) avec une meilleure qualité de vie (n=7/12, 58,3 %). Discussion Cette étude a évalué la possibilité d’utiliser la cryothérapie percutanée dans la gestion des PN. La cryothérapie percutanée était une alternative efficace à la chirurgie pour traiter les PN, la majorité des patients ayant répondu à la procédure, avec une diminution significative de la taille de la tumeur. Elle a été bien tolérée, avec une amélioration significative de la qualité de vie. Conclusion Après cette étude pilote encourageante, un essai prospectif de phase II a été conçu (NCT05199376) et est actuellement en cours de recrutement.
BACKGROUND:Neurofibromatosis 1 (NF1) is one of the most common inherited disorders characterized by mutations in the tumour suppressor gene NF1. Its clinical manifestations are highly variable and unpredictable. A specific NF1 mutation does not predict the severity or complications of the disease. OBJECTIVE:The objective of this study was to build an empirical classification scheme without any a priori hypotheses to identify the underlying NF1 subtypes that best explain the observed heterogeneity. METHODS:We performed latent class analysis (LCA) of 1351 consecutive NF1 patients aged >17 years seen between 2002 and 2014. Data and phenotypic features were collected prospectively on a standardized form. RESULTS:The median age was 36.8 (17-81) years. A three-class model showed the best fit: 706 (52%) belonged to the LC1 'Cutaneous neurofibromas' class having preferentially cutaneous neurofibromas (99%), plexiform neurofibromas (63%) and blue-red macules (29%); 593 (44%) belonged to the LC2 'Subcutaneous neurofibromas' class characterized by the presence of at least 10 subcutaneous neurofibromas (21%) and a familial form (77%) and 52 (4%) belonged to the LC3 'Dysmorphic phenotype' class characterized by dysmorphic features (78%) and learning difficulties (87%). Patients in LC1 had a higher likelihood of developing scoliosis (RR = 1.7, 95% confidence interval (CI) [1.2-2.4]). Patients in LC2 were more likely to be men (RR = 1.4, 95% CI [1.1-1.7]). Patients in LC3 were at higher risk of having an optic pathway glioma (RR = 4.8, 95% CI [1.9-11.8]) and epilepsy (RR = 4.5, 95% CI [1.8-11.6]). CONCLUSION:Our findings invite the performance of a larger cohort study to test whether the various latent classes reflect different underlying genetic modifiers of these phenotypic traits.
Les neurofibromatoses regroupent plusieurs maladies bien identifiées à transmission autosomique dominante, la neurofibromatose de type 1 (NF1), la neurofibromatose de type 2, la neurofibromatose de type 3 ou schwannomatose et la maladie des taches café au lait ou maladie de Legius. La NF1 représente 95 % de l’ensemble des neurofibromatoses avec une mutation localisée sur le chromosome17. Son incidence est estimée à une naissance sur 3500 et sa prévalence d’un individu sur 4000. La NF1 est caractérisée par une expression clinique surtout cutanée et neurologique tumorale. Les complications et le pronostic sont très variables. Des progrès récents ont été faits en matière de conseil génétique et de prise en charge thérapeutique. Les centres multidisciplinaires avec leurs réseaux d’experts sont les structures de choix pour la prise en charge des malades.
Background: Second primary cancers (SPCs) are diagnosed in over 5% of patients after a first primary cancer (FPC). We explore here the impact of immune checkpoint inhibitors (ICIs) given for an FPC on the risk of SPC in different age groups, cancer types and treatments. Patients and methods: The files of the 46 829 patients diagnosed with an FPC in the Centre Leon Berard from 2013 to 2018 were analyzed. Structured data were extracted and electronic patient records were screened using a natural language processing tool, with validation using manual screening of 2818 files of patients. Univariate and multivariate analyses of the incidence of SPC according to patient characteristics and treatment were conducted. Results: Among the 46 829 patients, 1830 (3.9%) had a diagnosis of SPC with a median interval of 11.1 months (range 078 months); 18 128 (38.7%) received cytotoxic chemotherapy (CC) and 1163 (2.5%) received ICIs for the treatment of the FPC in this period. SPCs were observed in 7/1163 (0.6%) patients who had received ICIs for their FPC versus 437/16 997 (2.6%) patients receiving CC and no ICIs for the FPC versus 1386/28 669 (4.8%) for patients receiving neither CC nor ICIs for the FPC. This reduction was observed at all ages and for all histotypes analyzed. Treatment with ICIs and/or CC for the FPC are associated with a reduced risk of SPC in multivariate analysis. Conclusion: Immunotherapy with ICIs alone and in combination with CC was found to be associated with a reduced incidence of SPC for all ages and cancer types.
De bon pronostic lorsque diagnostiqué précocement, le taux de survie à 5 ans des mélanomes primitifs est de 88 %. Toutefois, lorsque le diagnostic est posé à un stade avancé métastatique, ce taux chute à 18 %. En France, peu d'études sont disponibles sur les différences de profil clinique des patients suivant leur stade d'entrée dans la maladie. Ainsi, ce travail a pour objectif de comparer l'évolution dans le temps du profil clinique des patients atteints de mélanome entrant dans la maladie à un stade différent à partir de la base de données française du réseau RIC-Mel (Recherche et Investigation Clinique sur le Mélanome). La base RIC-Mel a été créée en 2012. L'analyse a été réalisée en sélectionnant arbitrairement 2 périodes d'inclusion dans la base de 2 ans : mars 2012, ouverture aux inclusions, à mars 2014 (période A) et mars 2017 à mars 2019, dernière année complète d'inclusions (période B). Les stades ont été définis en fonction de l'entrée dans la maladie : "P" mélanome cutané, "LR" ganglion loco-régional sans passage par le stade P, "D" métastases sans passage par un stade P et LR. À l'extraction des données des 2 périodes en juin 2020, 26 595 patients étaient inclus dans la base RIC-Mel. Le nombre de patients extraits sur la période A était de 8 558 (32,2 %) et 5 505 sur la période B (20,7 %). Sur la période A, 7 248 patients étaient diagnostiqués au stade P (84,69 %), 926 au stade LR (10,82 %) et 183 au stade D (2,14 %). Sur la période B, 4 819 patients étaient diagnostiqués au stade P (87,54 %), 375 au stade LR (6,81 %) et 170 au stade D (3,09 %). Aucune différence significative par sous-groupe n'était trouvée entre les 2 périodes. L'âge moyen au diagnostic était de 57 ans sur la période A et 61 ans sur la période B (p < 0,0001). Le sexe ratio hommes/femmes était de 0,98 sur la période A et 1,03 sur la période B (p = 0,14) sans différence significative en sous-groupe. Dans le sous-groupe P, les patients étaient diagnostiqués plus tardivement à la période B (61 ans vs 57 ans sur la période A, p = 0,07) et avaient un indice de Breslow plus souvent inférieur à 1 mm (2 883 vs 2 721 patients sur la période A, p < 0,0001). Toujours dans ce sous-groupe P, le pourcentage de mélanomes nodulaires était plus élevé (12,04 %) sur la période A que la période B (7,52 %) (p < 0,0001). Notre étude montre que la proportion de patients entrant dans chacun des stades de la maladie ne se modifie pas entre les périodes 2012–2014 et 2017–2019. Le diagnostic de mélanome au stade primitif cutané reste la situation la plus fréquente voire augmente légèrement. L'âge au diagnostic dans la population globale est significativement plus élevé dans la période B. Il n'y a pas de modification du sexe ratio entre les 2 périodes. Le focus sur le sous-groupe P montre un profil de patient dans la période B dont l'âge est plus élevé au diagnostic, l'épaisseur plus faible avec moins de mélanome nodulaire.
Dans la filière de santé maladies rares dermatologiques (FIMARAD), une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) neurofibromatoses (NF) nationale est organisée mensuellement depuis 2018. Elle est ouverte pour avis diagnostique ou thérapeutique. Depuis 2016 plusieurs études ont montré une efficacité des anti-MEK sur les neurofibromes inopérables et symptomatiques dans une population NF1 essentiellement pédiatrique, permettant leur prescription en autorisation temporaire d'utilisation (ATU) en France. Le but de notre étude était de revoir ces dossiers. Étude rétrospective. Tous les dossiers présentés au cours de la RCP nationale depuis mars 2018 étaient audités. Les données démographiques des patients présentés, la question posée et la proposition de la RCP étaient recueillies. Lorsqu'une indication à un anti-MEK était validée en RCP, les médecins ayant présenté le cas étaient recontactés afin de recueillir des informations sur la prescription effective du traitement et les profils d'efficacité et de tolérance du traitement. De mars 2018 à mai 2020, 95 dossiers concernant 80 patients ont été présentés à la RCP, dont la moitié (n = 40) avaient moins de 16 ans. Les cas présentés concernaient des patients avec NF1 dans 88/95 cas (92,6 %) et avec NF2 ou schwannomatose dans les autres cas. Les questions posées étaient thérapeutiques dans 88/95 cas (92,6 %) et portaient sur la prise en charge de tumeurs des gaines nerveuses (TGN, neurofibromes ou tumeurs malignes) dans 80/88 cas (90,9 %). Une chirurgie était proposée dans 17/80 cas (21,3 %). L'indication à un anti-MEK était validée dans 13 cas (16,6 %) dont 7 pédiatriques et dont 9 ont été suivis d'une initiation effective. Une réduction tumorale objective n'était notée que dans 1/9 cas mais avec une efficacité antalgique dans les 8 cas où la douleur faisait partie de l'indication. Des effets indésirables étaient rapportés de façon constante, notamment cutanés chez 8/9 cas (88,9 %) dont 5 (55,6 %) ayant nécessité une interruption temporaire ou définitive du traitement (Tableau 1). La RCP nationale NF est majoritairement sollicitée pour discuter de la prise en charge des TGN chez des patients NF1, enfants ou adultes. Elle permet d'orienter d'éventuelles explorations complémentaires et de faciliter la prise d'avis chirurgicaux spécialisés particulièrement en 2e ou 3e ligne après une chirurgie récusée initialement. Dans notre centre, elle trouve sa place en complément d'une RCP locale pour les dossiers complexes, notamment en cas d'indication à un traitement par Anti-MEK, tramétinib ou sélumétinib pour laquelle l'ANSM exige une validation au cours d'une RCP avant d'octroyer une ATU nominative. Ces molécules semblent montrer des résultats d'efficacité très encourageants mais avec un profil de tolérance risquant de limiter leur utilisation. Ces données d'utilisation en vie réelle devront faire l'objet de recherches spécifiques.
La neurofibromatose de type 1 (NF1) est une affection génétique de transmission autosomique dominante, causée par des mutations germinales du gène NF1. Elle prédispose au développement de diverses tumeurs bénignes, dont les plus fréquentes sont les neurofibromes, ainsi qu'à la survenue de tumeurs malignes parmi lesquelles le cancer du sein. Les femmes de moins de 50 ans atteintes de NF1 auraient un risque 5 fois plus élevé que la population générale. L'objectif de notre étude était de déterminer l'âge de survenue des cancers du sein sur les séries françaises des deux sites du centre de référence et d'un centre de lutte contre le cancer, afin de préciser l'âge optimal pour débuter le dépistage. Étude descriptive rétrospective portant sur les cancers du sein survenus chez des patientes atteintes de NF1 et suivies dans le centre de référence ou dans un centre de lutte contre le cancer. La preuve histologique du cancer du sein, l'âge au diagnostic du cancer et la confirmation du diagnostic de neurofibromatose 1 étaient nécessaires pour être inclus dans la série. Cent deux patientes ont été incluses. L'âge moyen de diagnostic du cancer du sein dans notre échantillon de patientes NF1 est de 49,8 ans (contre 61 ans dans la population générale française). Chez 20,6 % des patientes NF1 (21/102), le cancer du sein est survenu avant l'âge de 40 ans (contre 4,8 % dans la population générale) et chez 50 % (51/102) avant l'âge de 50 ans (contre 21,3 % dans la population générale). La répartition des âges de survenue chez les femmes NF1 montre une distribution bimodale, avec un premier pic avant l'âge de 45 ans et un second après l'âge de 50 ans. Nos résultats sont en faveur d'un sur-risque de cancer du sein entre les âges de 20 et 50 ans, en cohérence avec les données de la littérature. Ces résultats poussent à la mise en œuvre d'un suivi adapté entre 20 et 50 ans, afin de permettre dépistage et diagnostic précoces du cancer du sein chez les patientes atteintes de NF1.
Le mélanome acro-lentigineux (ALM), localisé préférentiellement au niveau des zones cutanées acrales (paumes, plantes des pieds), représente environ 5 % des mélanomes diagnostiqués dans les populations caucasiennes. Le stress mécanique est suggéré comme pouvant être un facteur de risque de développement d’un ALM. Le présent travail vise à décrire les caractéristiques des patients présentant un ALM à partir de la base de données française RIC-Mel (réseau pour la Recherche de l’Investigation Clinique sur le Mélanome), qui recense les patients atteints de mélanome, de toutes origines et tous stades. L’analyse descriptive a été réalisée sur les données colligées entre mars 2012 et mai 2019. À l’extraction des données cliniques en mai 2019, 24 198 patients atteints de mélanome étaient inclus dans la base RIC-Mel par les 49 centres participants. Au total, 1 022 patients présentaient un ALM (4,22 %) dans la base RIC-Mel. L’âge moyen au diagnostic était de 64,6 ans, les hommes représentaient 43,1 % de la population (n = 441) et les femmes 56,8 % (n = 581). Parmi les patients ALM, 15 présentaient plusieurs ALM (1,5 %). Les caractéristiques anatomo-pathologiques montraient un indice de Breslow médian de 2,1 mm et une ulcération dans 33,2 % des cas. La répartition par stade au diagnostic était la suivante : 414 patients en stade I (40,51 %), 562 en stade II (55 %), 26 en stade III (2,54 %) et 20 en stade IV (1,95 %). La technique du ganglion sentinelle était réalisée pour 290 patients (28,4 %) et positive dans 40 % des cas (n = 116). L’analyse du statut mutationnel montrait que 16,5 % des patients présentaient une mutation BRAF (n = 50 sur 302 patients avec un statut BRAF connu), 21,8 % une mutation NRAS (n = 45 sur 206 patients avec un statut NRAS connu) et 10,4 % une mutation Ckit (n = 21 sur 202 patients avec un statut Ckit connu). Pour les 223 patients (73,8 %) pour lesquels l’information était disponible, 38,1 % des recherches étaient réalisées sur le primitif (n = 115), 22,2 % sur une métastase (n = 67) et 13,6 % sur les deux (n = 41). La prévalence de l’ALM dans la base française RIC-Mel est comparable à celle rapportée dans les populations caucasiennes. Dans la littérature, de nombreux travaux sont rapportés sur ce type histologique sur les populations asiatiques, pour lesquelles l’ALM représente jusqu’à plus de la moitié des cas de mélanome cutané. Le taux de mutation est également comparable à celui communément rapporté. Toutefois, seulement 16 % des patients ALM présentent une mutation sur le gène BRAF. Cette situation limite l’accès de ces patients, dont la survie est considérée comme moins favorable par rapport aux patients présentant un autre type de mélanome cutané (retard de diagnostic eu égard à la localisation dans des zones « cachées » et une présentation parfois atypique) aux thérapies ciblées combinées.
Las neurofibromatosis incluyen varias enfermedades bien identificadas de transmisión autosómica dominante: neurofibromatosis de tipo 1 (NF1), neurofibromatosis de tipo 2, neurofibromatosis de tipo 3 o schwannomatosis y enfermedad de las manchas «café con leche» o enfermedad de Legius. La NF1 representa el 95% de todas las neurofibromatosis con una mutación localizada en el cromosoma 17. Su incidencia se estima en uno de cada 3.500 nacimientos y su prevalencia en uno de cada 4.000. La NF1 se caracteriza por la expresión clínica, sobre todo cutánea y neurológica tumoral. Las complicaciones y el pronóstico son muy variables. Recientemente se han realizado progresos en el asesoramiento genético y la actitud terapéutica. Los centros multidisciplinarios con sus redes de expertos son las estructuras de elección para el tratamiento de los pacientes.
BACKGROUND:Basal cell carcinomas (BCCs) exhibit aberrant activation of the hedgehog pathway. Sonidegib is a hedgehog pathway inhibitor approved for the treatment of locally advanced BCC (laBCC) and metastatic BCC (mBCC) based on primary results of the BOLT study [Basal Cell Carcinoma Outcomes with LDE225 (sonidegib) Treatment]. OBJECTIVES:This is the final 42-month analysis of the BOLT study, evaluating the efficacy and safety of sonidegib. METHODS:Adults with no prior hedgehog pathway inhibitor therapy were randomized in a 1 : 2 ratio to sonidegib 200 mg or 800 mg once daily. Treatment continued for up to 42 months or until disease progression, unacceptable toxicity, death, study termination or withdrawal of consent. The primary efficacy end point was the objective response rate (ORR) by central review, assessed at baseline; weeks 5, 9 and 17; then subsequently every 8 or 12 weeks during years 1 or 2, respectively. Safety end points included adverse event monitoring and reporting. RESULTS:The study enrolled 230 patients, 79 and 151 in the 200-mg and 800-mg groups, respectively, of whom 8% and 3.3% remained on treatment by the 42-month cutoff, respectively. The ORRs by central review were 56% [95% confidence interval (CI) 43-68] for laBCC and 8% (95% CI 0·2-36) for mBCC in the 200-mg group and 46·1% (95% CI 37·2-55·1) for laBCC and 17% (95% CI 5-39) for mBCC in the 800-mg group. No new safety concerns emerged. CONCLUSIONS:Sonidegib demonstrated sustained efficacy and a manageable safety profile. The final BOLT results support sonidegib as a viable treatment option for laBCC and mBCC. What's already known about this topic? Basal cell carcinoma (BCC) is usually treatable with surgery or radiation therapy, but there are limited treatment options for patients with advanced BCC. Sonidegib, a hedgehog pathway inhibitor approved for the treatment of advanced BCC, demonstrated clinically relevant efficacy and manageable safety in prior analyses of the phase II randomized, double-blind BOLT study [Basal Cell Carcinoma Outcomes with LDE225 (sonidegib) Treatment]. What does this study add? This final 42-month analysis of BOLT is the longest follow-up available for a hedgehog pathway inhibitor. Clinically relevant efficacy results were sustained from prior analyses, with objective response rates by central review of the approved 200-mg daily dose of 56% in locally advanced BCC and 8% in metastatic BCC. No new safety concerns were raised. The results confirmed sonidegib as a viable long-term treatment option for patients with advanced BCC.
Background: Approximately 20-30% of non-melanoma skin cancers are squamous cell carcinomas of the skin (SCCS). SCCS incidence is increasing and they often occur in elderly or immunosuppressed patients (pts). SCCS can progress to stages impossible to treat by surgical excision or radiotherapy. Cisplatin-based combinations show efficacy but are too toxic for elderly pts. Cetuximab (Ce) demonstrates 69% disease control rate (DCR) at 6 weeks but in few, highly selected pts. This study aims to evaluate the efficacy of Ce in non-selected pts with SCCS. Methods: This retrospective study included pts with relapsing unresectable or metastatic SCCS treated with Ce monotherapy (weekly loading dose 400 and 250 mg/m²). The primary objective was DCR at 6 weeks. 60 pts (38 male) with local relapses of metastatic CSCC (100%), were treated between 30/05/2007 and 07/04/2017 in 13 centers. Median age was 83.1 yrs (min 47.4, max 96.1 yrs). Two-thirds of pts had one or two comorbidities, including 13% (n = 8) with immune disorder. 54% had local relapse. Main metastatic locations were nodes (n = 15), lung (n = 8) and skin (n = 5). 90% were chemotherapy-naïve, 57% had previous radiotherapy, and all were primarily resected. Mean time between previous treatment and Ce was 20.1 months (min 0, max 300). Mean Ce injection number was 24.8 (min 4, max 60). Results: Complete response, partial response, stabilization (S) and progression were 7%, 48%, 32% and 13%, respectively, at 6 weeks and 2%, 42%, 29% and 27% at 3 months. 90% of pts experienced at least a disease S as best overall response. Ce was discontinued in 1 patient after first injection due to grade III infusion-related toxicity. All other grade III toxicities were cutaneous (n = 8) with 5 discontinuations. No toxic deaths were reported. Median follow-up, progression-free survival and overall survival were 11.7 months [95% CI: 9.6-30.1], 9.7 months [95% CI: 4.8-43.4] and 17.5 months [95% CI: 9.4-43.1] respectively. Conclusions: Cetuximab is a safe and efficient treatment for patients, even very old, with SCCS. The toxicity profile of Ce compares very favorably with cisplatine-based protocols. These results indicate that Ce is a promising platform to test new combinations. Legal entity responsible for the study: Centre Antoine Lacassagne. Funding: Merck KGaA. Disclosure: F. Peyrade: Board member: Merck KGaA. All other authors have declared no conflicts of interest.
Le carcinome épidermoïde cutané (CEC) représente 20 % à 30 % des cancers cutanés. Il concerne le plus souvent les patients âgés ou immunodéprimés. Son risque majeur est l’évolution vers un stade le rendant inaccessible à la chirurgie ou à la radiothérapie. Pour ces formes avancées (non opérables ou métastatiques), la chimiothérapie à base de sels de platine a montré son efficacité mais au prix d’une toxicité importante, en particulier pour les patients âgés. Le cétuximab a aussi montré son efficacité mais le plus souvent dans une population hautement sélectionnée. Étude rétrospective multicentrique (13 centres) incluant des patients traités, en condition de vie réelle, par cétuximab pour un CEC avancé. Le critère principal de jugement était l’efficacité jugée par le taux de contrôle de la maladie à 6 semaines. Les critères de jugements secondaires incluaient la survie globale (SG), la survie sans progression (SSP) et la tolérance. Soixante patients ont été traités par cétuximab (dose de charge de 400 mg/m2 puis 250 mg/m2/semaine). L’âge médian était de 83,1 ans (extrêmes 47,4- 96,1). Le site primitif le plus fréquent était la tête et le cou (62 %). Deux tiers des patients avaient au moins une comorbidité. Près de la moitié (54 %) avaient une maladie en rechute locale. Les principaux sites métastatiques étaient les ganglions (n = 15 patients), les poumons (n = 8) et la peau (n = 5). Quatre-vingt-dix pour cent des patients étaient naïfs de chimiothérapie et 57 % avaient déjà reçu de la radiothérapie. Tous avaient été opérés initialement. Le temps moyen entre le premier traitement et le cétuximab était de 20,1 mois (0–300). Le nombre moyen d’injection de cétuximab était de 24,8 (4–60). Le suivi médian était de 11,7 mois [IC95 % : 9,6–30,1]. Les taux de réponse complète, partielle, de stabilisation et de progression de la maladie étaient de 7 %, 48 %, 32 % et 13 % respectivement à 6 semaines et de 2 %, 42 %, 29 % et 27 % à 3 mois. Au minimum, une stabilisation était observée chez 90 % des patients. La SSP et la SG étaient de 9,7 mois [IC95 % : 4,8–43,4] et 17,5 mois [IC95 % : 9,4–43,1] respectivement. Le traitement a dû être interrompu chez un patient en raison d’une réaction anaphylactique de grade III au décours immédiat de la première injection. Toutes les autres toxicités de grade III étaient cutanées (n = 8) et ont conduit à l’arrêt du traitement dans 5 cas. Aucun décès lié au traitement n’a été observé. Dans le CEC avancé, le cétuximab est une alternative thérapeutique efficace qui apparaît mieux tolérée que la chimiothérapie, en particulier chez les patients âgés. Sa place en première intention doit être considérée dans cette population au regard de cette série qui, à notre connaissance, est la plus importante jamais rapportée. Ces données renforcent l’idée que le cétuximab est l’agent de choix pour les futurs protocoles de combinaisons en particulier avec les immunothérapies par anti-PD1.
L’éventail de molécules ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché dans l’indication du mélanome métastatique n’a cessé de s’étoffer depuis l’arrivée en 2010 des thérapies ciblées et de l’immunothérapie. Parallèlement aux essais visant à optimiser les séquences thérapeutiques et éviter les phénomènes d’échappement, la recherche clinique s’est développée aux stades précoces du mélanome en situation adjuvante. Ainsi, le nombre de nouvelles études dans le monde basées sur les molécules innovantes de thérapies ciblées (études COMBI-AD, BRIM 8) et d’immunothérapies (études KEYNOTE-054, CA 209-915) a triplé au cours de la dernière décennie. À l’heure actuelle, seul l’interféron-α possède une AMM dans les cas de mélanomes de mauvais pronostic, justifiant le besoin de nouvelles approches aux stades précoces du mélanome. La base de données nationale RIC-Mel (réseau pour la Recherche et l’Investigation Clinique sur le Mélanome) recense les patients atteints de mélanome tous stades confondus. Le présent travail évalue le potentiel de patients de stade précoce au niveau national pouvant bénéficier des nouvelles solutions thérapeutiques actuellement en cours d’évaluation clinique. Créée en 2012, la base RIC-Mel (fonctionnant sous l’égide du Groupe de cancérologie cutanée de la SFD) permet de recenser les cas de mélanome pris en charge par les 49 centres français participants. La base accessible sur internet, permet à chaque centre de saisir les informations décrivant les caractéristiques des patients, l’évolution de leur maladie et leur prise en charge jusqu’à leur décès. L’analyse a été réalisée par extraction des données des patients inclus entre mars 2012 et 2018. La base RIC-Mel recense 22 161 cas : 72,8 % de stades précoces (0 à II) et 27,2 % de stades avancés (III et IV). Les patients en situation adjuvante représentaient la quasi-totalité des stades précoces (99,5 %) et presque la moitié (47,7 %) des stades avancés. L’abstention thérapeutique constituait la prise en charge courante pour l’ensemble des patients concernés (94,8 % des stades précoces et 73,7 % des stades avancés). Les essais cliniques représentaient moins de 0,5 % des traitements en stades précoces et 7,7 % en stades avancés. La base de données RIC-Mel permet aujourd’hui de disposer de données cliniques solides sur la population nationale de patients susceptibles de bénéficier des nouvelles molécules dans l’indication du mélanome au stade adjuvant. Ainsi, en 2018, deux partenaires industriels ont sollicité le réseau RIC-Mel pour l’estimation du potentiel de patients mélanome en stades précoces en vue de la constitution des dossiers d’enregistrement de leurs molécules. La base de données RIC-Mel représente un outil performant pour la réalisation d’études épidémiologiques dans le domaine du mélanome sur des sous-populations de patients ciblées notamment dans le cadre d’essais cliniques.
CARADERM est un réseau national de 39 centres régionaux qui vise à améliorer le traitement des tumeurs rares dont les CBC avancés. Nous dressons un état des lieux des CBC recevant un traitement systémique en France. Chaque centre a envoyé au coordonnateur national les compte-rendu des CBC traités par voie systémique diagnostiqués après le 01/01/2014. Les données démographiques et caractéristiques de la maladie ont été saisies de façon anonymisée dans une base de données nationale agréée. Depuis 2014, 248 cas ont été colligés, 134 hommes et 114 femmes. La moyenne d'âge était de 74,9 ans (19–96 ans). Parmi ces malades, 21 étaient porteurs d'un syndrome de Gorlin. Dans cette série, seulement 9 patients étaient métastatiques (3,7 %). Tous les autres avaient un CBC localement avancé. Les CBC étaient localisés en grande majorité sur l'extrémité céphalique (90 %). Les types histologiques précisés dans 151 cas montraient une prépondérance de CBC nodulaires (44 cas) suivis par les formes infiltrantes (42 cas) puis scléreuses (41 cas) et trabéculaires (10 cas). Les formes superficielles étaient rares (8 cas). La très grande majorité des patients ont reçu en première ligne du vismodégib (243/248) mais on note également la prescription d'un autre inhibiteur de la voie patched (sonidégib, 1 cas), d'itraconazole (3 cas), d'une autre thérapie ciblée (anti-EGFR, erbitux 1 cas). Au cours du suivi, après échec ou récidive du CBC les malades ont pu avoir une chirurgie dans 42 cas, une radiothérapie dans 15 cas. Cependant, un traitement systémique a été mis en route par vismodégib (13 cas) ou sonidégib (1 cas). Une chimiothérapie a été instituée dans 3 cas (5FU et cisplatine 1 cas, carboplatine 1 cas, taxol 1 cas), de l'itraconazole pour 4 malades, de l'évérolimus dans 1 cas, ou ont été inclus dans des essais cliniques d'immunothérapies (AcSé nivolumab 6 cas ou protocole Regeneron 3 cas). Ces données confirment la place prépondérante à l'heure actuelle du vismodégib dans le traitement des CBC avancés nécessitant un traitement systémique en première intention. La place de la chimiothérapie devient marginale. En seconde intention, une proportion importante de malades peut bénéficier d'un traitement par chirurgie ou radiothérapie. L'émergence de l'immunothérapie correspond à la nécessité d'évaluer cette approche dans le traitement des CBC avancés. La base CARADERM permet d'obtenir un état des lieux des caractéristiques des malades porteurs de CBC avancés et des pratiques thérapeutiques actuelles en condition de vie réelle.
La NF1, génodermatose autosomique dominante, est due à une mutation sur le chromosome 17 entraînant une altération fonctionnelle de la neurofibromine. Cette protéine a une fonction régulatrice de la voie RAS. Dans la NF1 sa perte d’hétérozygotie est associée avec les proliférations tumorales témoignant d’un état cellulaire instable et soulevant la question des risques des radiations ionisantes. Nous rapportons les résultats finaux d’un travail original testant la radiosensibilité de ces patients. Tout patient de plus de 18 ans, présentant une NF1 selon les critères de NIH, ayant donné un consentement écrit, hormis les femmes enceintes, a eu une recherche de mutation du gène NF1 et d’une biopsie de 3 mm en peau saine pour mise en culture. Les cellules étaient irradiées à 2 Gy puis la technique d’immunofluorescence est appliquée avec les marqueurs de protéines de cassures de l’ADN : γH2AX, pATM et MRE11 10 min 1 h, 4 h et 24 h après irradiation. Le nombre de foci nucléaires formés par les sites de cassure double-brin (CDB) était quantifié. Les cinétiques d’apparition/disparition des foci renseignaient sur le rythme de reconnaissance et de réparation des CDB. La vitesse de transit cytonucléaire d’ataxia telangiectasia mutated (ATM) protéine déterminait la radiosensibilité du patient. Quarante patients ont été inclus, tous présentant à des degrés divers un défaut de réparation de leur ADN. Une analyse phénotype/génotype n’a pas détecté un profil particulier selon le degré de radiosensibilité. Au sein d’une même famille on trouvait aussi une hétérogénéité de radiosensibilité. Les résultats complets sur l’intérêt des statines dans la prévention de ce risque seront présentés. Il s’agit du premier travail démontrant que les patients atteints de NF1 ont une mauvaise réparation de leur ADN après irradiation. Cela permet de classer la NF1 dans le groupe 2 à risque de réaction secondaire aiguë après irradiation et de risque de cancer radio induit (radio susceptibilité) au même titre que le Ly Fraumeni et le Xeroderma pigmentosum. La mutation de la neurofibromine et sa surexpression serait responsable d’un retard du transit cytonucléaire d’ATM après irradiation aboutissant à des taux anormalement élevés de CDB non ou mal réparées, source de cicatrice mutationnelle de l’ADN. Cependant l’hétérogenicité de sensibilité chez nos 40 patients, y compris au sein d’une même famille, pourrait s’expliquer par des phénomènes épigénétiques. Ces résultats doivent inciter à la prudence lors de la prescription d’examens irradiants surtout répétitifs de patients NF1 en particulier chez l’enfant. Ce travail ouvre la perspective en cas d’irradiation thérapeutique de pouvoir personnaliser les doses émises en fonction de la radiosensibilité du patient et même de la tumeur.
BACKGROUND:Patients with locally advanced basal cell carcinoma (laBCC) or metastatic BCC (mBCC), two difficult-to-treat populations, have had limited treatment options. Sonidegib, a hedgehog pathway inhibitor (HPI), was approved in laBCC based on results from the BOLT trial. OBJECTIVE:To evaluate long-term efficacy and safety of sonidegib in laBCC and mBCC in the BOLT 18- and 30-month analyses. METHODS:BOLT (NCT01327053, ClinicalTrials.gov), a double-blind phase 2 study, enrolled patients from July 2011 until January 2013. Eligible HPI-treatment-naïve patients with laBCC not amenable to curative surgery/radiotherapy or mBCC were randomized 1 : 2 to sonidegib 200 mg (laBCC, n = 66; mBCC, n = 13) or 800 mg (laBCC, n = 128; mBCC, n = 23). Tumour response was assessed per central and investigator review. RESULTS:With 30 months of follow-up, among patients treated with sonidegib 200 mg (approved dose), objective response rates were 56.1% (central) and 71.2% (investigator) in laBCC and 7.7% (central) and 23.1% (investigator) in mBCC. Tumour responses were durable as follows: median duration of response was 26.1 months (central) and 15.7 months (investigator) in laBCC and 24.0 months (central) and 18.1 months (investigator) in mBCC. Five patients with laBCC and three with mBCC in the 200-mg arm died. Median overall survival was not reached in either population; 2-year overall survival rates were 93.2% (laBCC) and 69.3% (mBCC). In laBCC, efficacy was similar regardless of aggressive or non-aggressive histology. Sonidegib 200 mg continued to have a better safety profile than 800 mg, with lower rates of grade 3/4 adverse events (43.0% vs. 64.0%) and adverse events leading to discontinuation (30.4% vs. 40.0%). CONCLUSION:Sonidegib continued to demonstrate long-term efficacy and safety in these populations. These data support the use of sonidegib 200 mg per local treatment guidelines.
Introduction Le nivolumab a été évalué dans plusieurs études cliniques et à différents stades du mélanome avancé. Son efficacité et son profil de tolérance ont permis l’obtention d’une AMM en juin 2015, et près de 600 patients ont reçu du nivolumab avant sa commercialisation à travers un programme d’autorisation temporaire d’utilisation (ATU). L’étude observationnelle rétrospective multicentrique CA 209-555 à travers la base de données du réseau mélanome national RIC-Mel a pour objectif de recueillir et d’évaluer les données cliniques en vie réelle dans le cadre du programme d’ATU conduit entre septembre 2014 et août 2015. Matériel et méthodes Les données de 350 patients inclus dans le programme d’ATU ont été collectées via la base RIC-Mel coordonnée par le CHU de Nantes, une cohorte nationale regroupant les données cliniques de patients diagnostiqués pour un mélanome de tout stade, provenant de 49 centres cliniques français. Une analyse intermédiaire a été réalisée sur les 110 premiers patients inclus et a porté sur les caractéristiques démographiques, l’efficacité et la tolérance de nivolumab pour ces patients atteints de mélanome avancé ayant reçu 1 dose ou plus de nivolumab 3mg/kg toutes les 2 semaines dans le cadre de l’ATU. Des analyses supplémentaires incluant la survie globale et la survie sans progression seront présentées ultérieurement lors de l’analyse finale sur la population globale. Résultats Les 110 premiers patients analysés étaient atteints de mélanome cutané (67,3 %), plus rarement de mélanome muqueux (6,4 %) ou de mélanome oculaire (2,7 %). L’âge médian était de 66 ans, avec 57,3 % de sexe masculin, principalement des PS 0/1 (86 %) ; et 34,5 % étaient porteurs de mutation B-Raf V600. Les patients étaient majoritairement de stade IV M1c (66 %) avec des localisations pulmonaires (57,3 %), cutanées (41,8 %), hépatiques (37,3 %), cérébrales (22,7 %) et osseuses (17,3 %) et 54,5 % des patients présentaient plus de 2 localisations métastatiques. La majorité des patients avaient déjà reçu une ligne (46,8 %) ou plus (38,5 %) de traitement avant l’administration de nivolumab. Le taux de réponse était de 27,8 % avec 8,3 % de réponse complète et 19,4 % des patients avaient une maladie stabilisée. La survenue des effets secondaires de grade 3/4 était de 21,8 % essentiellement de type gastro-intestinal (6,4 %), pulmonaire (5,5 %) et cutané (3,6 %). Un effet de grade 5 a été rapporté. Conclusion Les résultats de l’analyse intermédiaires de l’étude CA209-555 concordent avec les données d’essais cliniques évaluant le nivolumab dans le mélanome avancé. Une analyse étendue sur une population plus large est en cours et sera présentée ultérieurement.
Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyVolume 31, Issue 5 p. e254-e257 Letter to the Editor Anti-PD1-induced psoriasis: a study of 21 patients J. Bonigen, J. Bonigen Service de Dermatologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this authorC. Raynaud-Donzel, C. Raynaud-Donzel Service de Pneumologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this authorJ. Hureaux, J. Hureaux Service de Pneumologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers, FranceSearch for more papers by this authorN. Kramkimel, N. Kramkimel Service de Dermatologie, Hôpital Cochin, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Paris, FranceSearch for more papers by this authorA. Blom, A. Blom Service de Dermatologie Générale et Oncologique, Centre Hospitalier Universitaire Ambroise Paré, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Boulogne-Billancourt, FranceSearch for more papers by this authorG. Jeudy, G. Jeudy Service de Dermatologie, Centre Hospitalier Universitaire François Mitterrand, Dijon, FranceSearch for more papers by this authorA.-L. Breton, A.-L. Breton Service de Dermatologie, Centre Hospitalier Universitaire de Lyon Sud, Lyon, FranceSearch for more papers by this authorT. Hubiche, T. Hubiche Unité de Dermatologie Infectiologie, Centre Hospitalier Intercommunal de Fréjus/Saint-Raphaël, Fréjus, FranceSearch for more papers by this authorC. Bedane, C. Bedane Service de Dermatologie, Centre Hospitalier Universitaire de Limoges, Limoges, FranceSearch for more papers by this authorD. Legoupil, D. Legoupil Service de Dermatologie, Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorA. Pham-Ledard, A. Pham-Ledard Service de Dermatologie, Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, Bordeaux, FranceSearch for more papers by this authorJ. Charles, J. Charles Service de Dermatologie, CHU Grenoble, Grenoble, FranceSearch for more papers by this authorM. Pérol, M. Pérol Département de Cancérologie Médicale, Centre Léon Bérard, Lyon, FranceSearch for more papers by this authorE. Gérard, E. Gérard Service de Dermatologie, Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, Bordeaux, FranceSearch for more papers by this authorP. Combemale, P. Combemale Unité d'Onco-Dermatolgie, Centre Léon Bérard, Lyon, FranceSearch for more papers by this authorD. Bonnet, D. Bonnet Service de Dermatologie Générale et Oncologique, Centre Hospitalier Universitaire Ambroise Paré, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Boulogne-Billancourt, FranceSearch for more papers by this authorM.-L. Sigal, M.-L. Sigal Service de Dermatologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this authorE. Mahé, Corresponding Author E. Mahé emmanuel.mahe@ch-argenteuil.fr Service de Dermatologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil, FranceCorrespondence: E. Mahé. E-mail: emmanuel.mahe@ch-argenteuil.frSearch for more papers by this authorfor the Groupe de Recherche sur le Psoriasis and the Groupe Cancérologie Cutanée of the Société Française de Dermatologie the GEM Resopso, Apsoderm and the Groupe Français de Pneumo-Cancérologie, the Groupe de Recherche sur le Psoriasis and the Groupe Cancérologie Cutanée of the Société Française de Dermatologie the GEM Resopso, Apsoderm and the Groupe Français de Pneumo-CancérologieSearch for more papers by this author J. Bonigen, J. Bonigen Service de Dermatologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this authorC. Raynaud-Donzel, C. Raynaud-Donzel Service de Pneumologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this authorJ. Hureaux, J. Hureaux Service de Pneumologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers, FranceSearch for more papers by this authorN. Kramkimel, N. 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E-mail: emmanuel.mahe@ch-argenteuil.frSearch for more papers by this authorfor the Groupe de Recherche sur le Psoriasis and the Groupe Cancérologie Cutanée of the Société Française de Dermatologie the GEM Resopso, Apsoderm and the Groupe Français de Pneumo-Cancérologie, the Groupe de Recherche sur le Psoriasis and the Groupe Cancérologie Cutanée of the Société Française de Dermatologie the GEM Resopso, Apsoderm and the Groupe Français de Pneumo-CancérologieSearch for more papers by this author First published: 14 October 2016 https://doi.org/10.1111/jdv.14011Citations: 112 Preliminary results of this study have been presented at the Psoriasis International Network (Paris, July 2016) Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. 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Les chimiothérapies anti-PD1 sont des anticorps monoclonaux ayant l’AMM dans le mélanome métastasé et en traitement de deuxième ligne pour le cancer non à petites cellules du poumon, métastatique ou avancé. Des toxicités immunologiques de ces traitements ont été rapportées notamment au niveau cutané : vitiligo, photosensibilité, éruption lichénoïde. Récemment, 4 observations de psoriasis induits par des anti-PD1 ont été rapportées dans la littérature. Le but de cette étude était de décrire les caractéristiques du psoriasis anti-PD1-induite et son évolution dans une étude multicentrique, transversale, française. Du 1er novembre au 31 décembre 2015, nous avons demandé aux membres de 6 groupes de médecins français de nous signaler tous les cas de psoriasis développés (exacerbation ou psoriasis de novo) sous anti-PD1, quel que soit l’anti-PD1 ou le cancer traité. Les six associations étaient 5 associations de dermatologues (Gr Pso SFD, GEM Resopso, Apsoderm, GCC SFD, et le CEDEF), et une association d’oncopneumologues (GFPC). Nous avons inclus 17 patients qui ont reçu 18 traitements anti-PD1, 14 étaient des hommes (âge moyen : 64,8 ± 12,6 ans), 12 avaient des antécédents de psoriasis, 8 avaient un mélanome et 9 un cancer du poumon. Dix patients avaient reçu du nivolumab, 4 du pembrolizumab, et 1 de l’atézolizumab. Le traitement anti-PD1 de 15 patients a été maintenu malgré le psoriasis. Le délai moyen entre l’introduction de l’anti-PD1 et la poussé de psoriasis était de 50,1 jours, plus élevés dans le groupe avec psoriasis de novo (90,5 j vs. 32,8 j p = 0,1). Tous les patients ont développé un psoriasis en plaques, avec une composante en gouttes (n = 5) ou palmoplantaire (n = 5). Treize patients étaient traités par un traitement topique, 4 par de l’acitrétine, et un par photothérapie. Seize patients ont vu leur psoriasis contrôlé par le traitement. Dans un cas, l’anti-PD1 était arrêté en raison d’un non contrôle du psoriasis. Le psoriasis semble une complication assez fréquente des anti-PD1. Soit le psoriasis est induit soit, plus fréquemment, il est exacerbé par les anti-PD1. L’aspect clinique le plus fréquent est celui d’un psoriasis en plaques. Le psoriasis a été contrôlé soit par voie topique soit par des traitements généraux (photothérapie, acitrétine) dans 16 cas sur 18. En pratique, la chimiothérapie peut donc être maintenue chez ces patients. dans la grande majorité des cas.