
Le complexe de grossesse de l’homme devenant père, ainsi que la problématique de castration qu’il réactualise, ont pu faire l’objet de nombreuses publications dans la littérature sans pour autant que l’on s’intéresse aux modalités de défenses mises en œuvre par le sujet contre ces manifestations psychiques. À partir d’une rencontre clinique et projective (Rorschach et TAT) d’un futur père en période anténatale, l’auteur tentera de montrer que ce qu’il nomme « identification gravidique » (identification à la femme enceinte), observable au travers d’émergences fantasmatiques, comme de la couvade, peut constituer une solution psychique face au complexe de grossesse chez l’homme.
La psychanalyse au XXIe siècle risque d’être dépassée par les conceptions autour de la paternité. Le père freudien, œdipien, se démarque du père lacanien dans un registre symbolique, mais ces deux aspects de la paternité sont plutôt abstraits et ne reflètent qu’imparfaitement le père relationnel et affectif. Quel est le rapport entre ce père primitif, figure du patriarcat et le « père de famille » ? Après avoir accordé une grande importance à la relation privilégiée de la mère protectrice à l’égard du garçon et de la fille et séductrice dans la problématique œdipienne, et à l’influence principalement symbolique des pères, les théories psychanalytiques risquent de se trouver obsolètes ; cette évolution au sein de la psychanalyse s’est fait progressivement sentir des théories moins figées comme « devenir père » en périnatalité tant pour le rôle social que relationnel.
Cet article interroge la place du donneur de sperme dans les configurations contemporaines de procréation médicalement assistée, à l’aune des transformations juridiques, sociales et psychiques de la paternité. À partir de situations cliniques issues du cadre institutionnel des CECOS et de dons de gré à gré, il explore les motivations conscientes et inconscientes des donneurs, ainsi que les effets subjectifs du don. L’analyse psychanalytique met en évidence une paternité éclatée, intentionnelle et désormais certaine, qui brouille les frontières entre engendrement biologique et filiation. Loin de trancher la question de savoir si le donneur est un père, l’article montre l’émergence de figures intermédiaires, ni pères ni non-pères. Il plaide ainsi pour une articulation plus fine entre les dimensions psychiques, juridiques et symboliques de la paternité à l’ère de la PMA.
Devenir père est un processus complexe, psychologique et relationnel, mais aussi corporel et sensoriel. Cet article propose une vue d’ensemble des différentes facettes de cette corporéité paternelle : les changements physiologiques (hormonaux, cérébraux et métaboliques) que connaissent les pères, mais aussi leurs expériences physiques et sensorielles de l’interaction avec le bébé (le toucher, l’odorat, le portage, le peau-à-peau, les jeux toniques au corps à corps, etc.). Ces données empiriques indiquent aux professionnels des leviers concrets pour favoriser l’engagement et l’épanouissement paternels.