L’intervention de Latarjet donne des résultats fonctionnels satisfaisants et un faible taux de récidive. Certains auteurs lui attribuent un caractère arthrogène lié au positionnement de la butée et au matériel. L’objectif principal était d’évaluer la prévalence de l’omarthrose à long terme, de déterminer les facteurs de risque d’omarthrose et le retentissement clinique de celle-ci. Notre hypothèse était que le risque d’arthrose pouvait être limité par le bon positionnement de la butée. L’objectif secondaire était d’évaluer le taux de récidive d’instabilité à long terme. Sur une cohorte de 102 patients (106 épaules), opérés entre 1984 et 1998, 77 avaient été revus avec un dossier radiologique complet en 2003 pour une précédente étude. Quarante-quatre de ces patients ont à nouveau été revus cliniquement et radiologiquement au recul moyen de 22 ans. L’évolutivité clinique et radiologique était comparée aux résultats observés au recul de 8 ans. Les patients étaient évalués cliniquement en relevant les mobilités, les scores de Constant et Walch-Duplay. Des radiographies étaient systématiquement réalisées pour déterminer le stade d’arthrose selon Samilson et un scanner pour 31 patients. Sur les 44 patients revus, le taux d’arthrose était de 34,1 %. Les patients étaient satisfaits dans 90,9 % des cas. Le score de Constant moyen était de 83,5 (±14) et le score de Duplay moyen de 71,6 (±23,4) points. L’âge élevé lors de l’intervention et à la révision, l’importance du recul et un âge supérieur à 30 ans lors du premier épisode d’instabilité étaient les principaux facteurs liés à la survenue d’une omarthrose et indépendants du geste chirurgical. Le débord latéral de la butée était lié à l’apparition d’une omarthrose (71,4 % vs 16,7 % en cas de butée médiale ou affleurante, p = 0,0004). La présence d’une encoche humérale ou d’une perte de substance glénoïdale et le nombre d’épisodes d’instabilité préopératoires étaient sans influence sur l’évolution arthrosique. Le débord latéral de la butée était le seul facteur de risque lié à la technique chirurgicale. Le retentissement clinique de cette omarthrose n’était significatif que pour les stades avancés (Samilson 3 et 4). Le débord latéral de la butée semblant être le seul paramètre lié à la technique chirurgicale pourvoyeur d’omarthrose à long terme, ce travail plaide pour un strict respect du positionnement coracoïdien auquel pourraient participer les ancillaires spécifiques ou les techniques arthroscopiques. IV ; étude rétrospective.
INTRODUCTION:The Latarjet procedure provides satisfactory functional results, with low rates of recurrence. It is, however, sometimes claimed to induce osteoarthritis due to the positioning of the bone-block and hardware. The aims of the present study were to assess the long-term prevalence of osteoarthritis following the procedure, to determine risk factors and assess clinical impact. The study hypothesis was that osteoarthritis risk can be reduced by good bone-block positioning. The secondary objective was to assess long-term recurrence of instability. MATERIALS AND METHODS:Out of a cohort of 102 patients (106 shoulders) operated on between 1984 and 1998, 77 had complete radiology files for analysis in a previous study published in 2003. Forty-four of these patients were seen again for clinical and radiological assessment at a mean 22 years' follow-up, to be compared to results previously reported at 8 years. Clinical assessment comprised range of motion and Constant and Walch-Duplay scores. X-rays were taken systematically to determine Samilson osteoarthritis stage; 31 patients also underwent CT. RESULTS:In the 44 patients, the rate of osteoarthritis was 34.1%. 90.9% of patients were satisfied. Mean Constant score was 83.5±14 and mean Walch-Duplay score was 71.6±23.4. Advanced age at surgery and at assessment, length of follow-up and age >30 years at first episode of instability were the main factors for onset of osteoarthritis, independently of surgery. Lateral bone-block overhang correlated with onset of osteoarthritis: 71.4%, versus 16.7% in medial or flush bone-block (p=0.0004). Humeral notch, glenoid bone defect and number of preoperative episodes of instability were unrelated to onset of osteoarthritis. Lateral bone-block overhang was the only risk factor related to surgery. The clinical impact of the osteoarthritis was significant only in advanced stages (Samilson 3 and 4). CONCLUSION:Lateral bone-block overhang was the only surgical risk factor for osteoarthritis in the long-term. Strict coracoid positioning is therefore essential, and could be facilitated by specific instrumentation and by arthroscopy. LEVEL OF EVIDENCE:IV; retrospective study.
L'aspiration à l'aiguille fine est suggérée comme méthode diagnostique de l'ostéite du pied diabétique (OPD) ; il existe peu d'études dans la littérature sur la concordance entre la biopsie osseuse et l'aspiration à l'aiguille, ce qui nous a incité à réaliser notre étude. Le but de ce travail est de comparer les résultats microbiologiques de la ponction-aspiration à l'aiguille à ceux de la biopsie osseuse chez un même patient porteur d'une suspicion d'OPD et d'étudier la concordance entre les deux prélèvements. Il s'agit d'une étude descriptive, rétrospective, de cohorte, menée dans notre établissement entre septembre 2018 et septembre 2020, incluant les patients présentant une ostéite sur pied diabétique, bénéficiant pour le même épisode infectieux, à la fois d'une biopsie osseuse et d'un prélèvement par aspiration à l'aiguille fine. Trente et un patients consécutifs présentant une ostéite du pied diabétique et ayant eu des prélèvements par biopsie et aspiration à l'aiguille ont été inclus. Vingt-sept biopsies osseuses et 31 ponctions par aspiration à l'aiguille fine ont eu des cultures positives. Le S. aureus était la bactérie la plus fréquemment identifiée (25,3 %) ([56/221), suivi de Streptococcus spp (15,3 %) (34/221). Le nombre moyen de bactéries par prélèvement était de 2,32 pour l'aspiration à l'aiguille et de 2,53 pour la biopsie. Tous les patients avec biopsie positive avaient une ponction-aspiration à l'aiguille positive. La corrélation globale était de 26 % (66/253 espèces bactériennes) et pour le S. aureus seul de 29 % (15/52). Les résultats de la biopsie osseuse et de l'aspiration à l'aiguille étaient identiques pour 11 patients (35,4 %) (11/31) et discordants pour 4 patients (12,9 %) (4/31). Si on prenait en compte que les résultats de la biopsie, 4 patients devaient ne pas être traités, alors que la culture de l'aspiration à l'aiguille était positive à S. aureus, confirmé par la PCR ARN 16 S. Notre étude suggère que le taux de concordance entre la ponction–aspiration à l'aiguille reste faible, même si nous avons inclus des patients plus sévères (stade 3 et 4–International Working Group on the Diabetic Foot) (IWGDF) et aussi des patients nécessitant une résection osseuse minime. La difficulté d'avoir la biopsie osseuse le jour de l'admission en hospitalisation et le profil des patients de notre établissement, nous ont incités à faire cette étude, même si les études précédentes montrent une concordance médiocre. La difficulté du diagnostic vient du fait qu'il y a "des ostéites" et "des patients" et pour chaque cas il s'agit de déterminer l'option la mieux adaptée, afin de définir le nouveau « gold standard » diagnostique et thérapeutique dans les OPD.
Background: Conservative treatment after primary anterior shoulder dislocation (ASD) is associated with a high recurrence rate in young patients. The main objective was to compare primary arthroscopic Bankart repair and conservative treatment 2 years after primary ASD in patients less than 25 years old. Methods: A prospective randomized study was conducted in patients between 18 to 25 years old after primary ASD. The first group had arthroscopic Bankart repair within 15 days and the second group was treated conservatively. Patients in both groups were immobilized in internal rotation for 3 weeks and followed the same rehabilitation protocol. Patients were clinically monitored in 3, 6, 12 and 24 months. The main outcome criterion was recurrent dislocation, subluxation or apprehension when the arm was placed in 90° abduction and external rotation. Secondary outcome criteria were functional scores (Quick-DASH, Walch-Duplay, WOSI), joint mobility and resumption of sports. Results: 40 patients were included (20 in the surgical group and 20 conservative group). The average age was 21 +/- 1.8 years with 33 men (82.5%) and 7 women (17.5%). Patients in the surgical group underwent surgery within an average of 4.3 +/- 2.4 days. In the surgical group, instability at 2 years was significantly less than in the conservative group (2 (10%) compared to 14 (70%); p=0.0001). Fewer patients had a recurrence (0 versus 6 (30%)), subluxation (2 (10%) versus 13 (65%); p=0.003), and apprehension (1 (5%) versus 11 (58%); p=0.0005). The Quick-DASH (6.5 versus 11.2 points), Walch-Duplay (88.4 versus 70.3 points; p=0.007) and WOSI (11.5 versus 17.7 points; p=0.035) functional scores were better in the surgical group at 2 years. 95% had resumed sport in the surgical group compared to 68% in conservative group. No per- or postoperative complications were reported. There was no significant difference in joint mobility. Conclusion: After primary ASD in young patients, arthroscopic Bankart repair decreased recurrent instability at 2 years and provided better functional recovery than conservative treatment.
Le traitement orthopédique après une première luxation gléno-humérale antérieure (LGHA) est associé à un taux de récidive élevé chez les patients jeunes. L'objectif principal était de comparer la réinsertion capsulo-labrale arthroscopique d'emblée et le traitement orthopédique sur l'instabilité à 2 ans d'une première LGHA chez des patients de moins de 25 ans. Une étude prospective randomisée a été menée sur des patients âgés de 18 à 25 ans ayant une première LGHA. Le premier groupe bénéficiait d'une réinsertion capsulo-labrale arthroscopique réalisée dans les 15 jours post-traumatiques, le deuxième groupe était traité orthopédiquement. Les patients des deux groupes étaient immobilisés en rotation interne pendant 3 semaines et suivaient le même protocole de rééducation. Une radiographie et un scanner étaient réalisés à l'inclusion après réduction. Les patients étaient suivis cliniquement à 3, 6, 12 et 24 mois. Le critère de jugement principal était la survenue d'une instabilité récurrente définie comme une récidive avec réduction par une tierce personne, une subluxation ou une appréhension à la manœuvre de l'armer. Les critères de jugement secondaires étaient les scores fonctionnels (Quick-DASH, Walch-Duplay, WOSI), les mobilités articulaires et la reprise du sport. 40 patients étaient inclus (20 dans le groupe chirurgical et 20 dans le groupe immobilisation). L'âge moyen était de 21 ± 1,8 ans avec 33 hommes (82,5 %) et 7 femmes (17,5 %). Les patients du groupe chirurgical étaient opérés à un délai moyen de 4,3 ± 2,4 jours. Dans le groupe chirurgical, l'instabilité à 2 ans était significativement moins importante que dans le groupe immobilisation (2 (10 %) contre 14 (70 %) ; p = 0,0001). Moins de patients avaient présenté de récidive (0 contre 6 (30 %)), de subluxation (2 (10 %) contre 13 (65 %) ; p = 0,003), et d'appréhension à l'armer (1 (5 %) contre 11 (58 %) ; p = 0,0005). Les scores fonctionnels Quick-DASH (6,5 contre 11,2 points), Walch-Duplay (88,4 contre 70,3 points ; p = 0,007) et WOSI (11,5 contre 17,7 points ; p = 0,035) étaient meilleurs dans le groupe chirurgical à 2 ans. 95 % avaient repris le sport à 2 ans dans le groupe chirurgical contre 68 % dans le groupe immobilisation. Aucune complication per ou post-opératoire n'était relevée. Il n'existait pas de différence significative sur les mobilités articulaires. Après une première LGHA chez le patient jeune, la réinsertion capsulo-labrale arthroscopique diminuait l'instabilité récurrente à 2 ans et offrait une meilleure récupération fonctionnelle que le traitement orthopédique.
La tendinopathie des fibulaires est une pathologie sous-diagnostiquée dont le principal facteur déclenchant est l’entorse de cheville. L’échec du traitement médical conduit fréquemment la réalisation d’un geste chirurgical dont les modalités varient en fonction du type lésionnel. L’objectif de ce travail était d’évaluer les résultats cliniques et fonctionnels de la réparation tendineuse et d’analyser l’influence de l’axe de l’arrière-pied sur la qualité des résultats. Notre hypothèse était qu’un varus de l’arrière-pied altérait les résultats à moyen terme. Nous avons analysé une série rétrospective de 30 patients opérés d’une réparation des tendons fibulaires par réparation ou ténodèse au recul moyen de 20 mois. Tous les patients bénéficiaient d’une échographie ou d’une IRMN préopératoire. L’évaluation clinique faisait appel au score AOFAS et au score FAAM. L’axe de l’arrière-pied était chiffré sur les clichés en incidence de Méary en distinguant un groupe valgus (n = 11) et un groupe varus (n = 17). Le score AOFAS moyen de l’ensemble de la cohorte progressait de 74,5 ± 11,2 points avant l’intervention à 86,7 ± 9,4 points à la révision. Il existait une différence significative du score AOFAS lors de la révision (p = 0,0003) entre les patients du groupe valgus (AOFAS = 93/100) et le sous-groupe de patients présentant un varus de l’arrière-pied (AOFAS = 82/100). Le score FAAM ne révélait aucune différence significative entre les deux groupes. Le délai de prise en charge, le type lésionnel et la technique chirurgicale utilisée étaient sans influence sur le résultat clinique. Les résultats cliniques des réparations chirurgicales des tendons fibulaires sont satisfaisants et conformes aux données de la littérature mais la présence d’un varus de l’arrière-pied conduit à un résultat moins favorable pouvant faire discuter la nécessité d’une correction chirurgicale par ostéotomie de valgisation calcanéenne. IV série rétrospective de cas.
Introduction: Peroneal tendinopathy is an under-diagnosed pathology, mainly triggered by ankle sprain. Failure of medical treatment often leads to surgery, with modalities adapted to the lesion type. The present study aimed to assess clinical and functional results of tendon repair and to analyze the influence of hindfoot alignment on quality of outcome. The study hypothesis was that hindfoot varus impairs medium-term results. Materials and methods: A retrospective series of 30 patients undergoing peroneal tendon repair or tenodesis was analyzed at a mean 20 months' follow-up. All patients had preoperative ultrasound scan or NMRI. Clinical assessment was based on AOFAS and FAAM scores. Hindfoot alignment was assessed on Wary view; 2 groups were distinguished: valgus (n = 11) and varus (n = 17). Results: Mean AOFAS score improved, from 74.5 +/- 11.2 preoperatively to 86.7 +/- 9.4 at follow-up. There was a significant intergroup difference (p = 0.0003) in AOFAS at follow-up: valgus, 93/100; varus, 82/100. There was no significant intergroup difference in FAAM score. Time to surgery, lesion type and surgical technique did not influence clinical results. Discussion/conclusion: Clinical results for surgical repair of peroneal tendons were satisfactory and in line with literature reports. However, hindfoot varus was associated with poorer results, raising the possibility of correction by opening wedge calcaneal osteotomy. (C) 2018 Published by Elsevier Masson SAS.
L’objectif était d’évaluer les résultats cliniques et tomodensitométriques à 2 ans de recul minimum des hémiarthroplasties de resurfaçage dans l’omarthrose (OA) centrée. L’hypothèse était que les résultats étaient équivalents aux hémiarthroplasties à tige (HT). Cette étude rétrospective monocentrique concernait 40 prothèses Copeland™ et 65 prothèses Aequalis™ implantées de 2004 à 2012. L’âge moyen au diagnostic était de 64 ans. Les étiologies étaient une OA à coiffe des rotateurs (CDR) continue (68 %) ou rompue (21 %), une ostéonécrose avasculaire (5 %), une OA sur instabilité chronique (3 %), une OA post-traumatique (2 %) et une arthrite inflammatoire (1 %). À la révision, une analyse clinique selon des scores validés dans la littérature et une analyse paraclinique (radiographique et tomodensitométrique) étaient comparées aux valeurs préopératoires. À 56 mois de recul moyen, 24 patients ont présenté une complication. Dix-huit échecs ont été réopérés d’une prothèse totale d’épaule inversée pour glénoïdite ou rupture de CDR à un délai moyen de 43,6 mois. À la révision des implants non réopérés, le score de Constant était de 64/100. Les prothèses étaient varisées de 5° et rétroversées de −13,3°. La profondeur de la cavité glénoïdale augmentait de 2,4 mm. L’offset huméral médial et l’offset glénohuméral latéral augmentaient respectivement de 1,9 et 2,7 mm. Les facteurs prédictifs d’échecs étaient une lésion de la CDR (p = 0,017) et une érosion glénoïdale (p = 0,001) préopératoires. Notre étude rapporte un taux d’échec important en rapport avec une glénoïdite ou une incompétence progressive de la CDR alors que l’analyse tomodensitométrique ne révélait aucune malposition ou surdimensionnement de l’implant. Les résultats des HT retrouvés dans la littérature étaient plus satisfaisants. Le faible taux de survie à moyen terme nous a conduit réserver l’hémiarthroplastie de resurfaçage d’épaule aux OA centrées sans érosion glénoïdale et sans lésion de CDR préopératoires. IV, étude rétrospective.
Background: The objective of this study was to assess clinical and computed-tomography (CT) outcomes at least 2 years after humeral head resurfacing to treat concentric gleno-humeral osteoarthritis. Hypothesis: Humeral head resurfacing provides similar outcomes to those achieved with stemmed humeral head implants.Materials and methods: This single-centre retrospective study included 40 CopelandTM and 65 AequalisTM humeral resurfacing heads implanted between 2004 and 2012. Mean patient age at diagnosis was 64 years. The diagnoses were osteoarthritis with an intact (68%) or torn (21%) rotator cuff, avascular necrosis (5%), osteoarthritis complicating chronic instability (3%), post-traumatic osteoarthritis (2%), and chronic inflammatory joint disease (1%). Validated clinical scores, radiographs, and CT before surgery and at last follow-up were compared.Results: During the mean follow-up of 56 months, complications occurred in 24 implants. Revision surgery with reverse shoulder replacement was required in 18 cases, after a mean of 43.6 months, to treat glenoid wear or a rotator cuff tear. At last follow-up, for the implants that did not require revision surgery, the mean Constant score was 64/100. The implants had a mean varus of 5 and mean retroversion of 13.3. The mean increase in glenoid cavity depth was 2.4 mm. Mean increases in medial and lateral humeral offset were 1.9 mm and 2.7 mm, respectively. Pre-operative factors significantly associated with failure were rotator cuff tear (P = 0.017) and glenoid erosion (P= 0.001).Discussion: We found a high failure rate related to glenoid wear or progressive rotator-cuff impairment, although CT showed no evidence of implant malposition or overstuffing. Previous studies of stemmed humeral head implants showed better outcomes. Given the low medium-term prosthesis survival rate, we now reserve humeral head resurfacing for concentric osteoarthritis without glenoid erosions or rotator cuff damage. (C) 2017 Published by Elsevier Masson SAS.
Les tendinopathies fissuraires des tendons fibulaires sont rares et leur fréquente méconnaissance conduit à une errance diagnostique prolongée. Ces lésions résultent de la combinaison de facteurs traumatiques et de conditions anatomiques locales favorisantes. L'influence péjorative d'un varus de l'arrière pied régulièrement évoquée dans la littérature n'a jamais été formellement démontrée. L'objectif de ce travail était d'évaluer les résultats à moyen terme du traitement chirurgical par réparation tendineuse ou ténodèse et d'analyser l'influence de la statique de l'arrière pied sur la qualité des résultats fonctionnels. La série se composait de 30 patients opérés et revus au recul de 20 mois. La tendinopathie fissuraire était confirmée par un examen IRMN réalisé chez tous les patients et complété par une échographie dans 23 cas. Tous les patients présentaient une rupture du court fibulaire, associée dans deux cas à une lésion du long fibulaire. Une réparation par tubulisation du court fibulaire était réalisée dans 24 cas associée à la réparation du long fibulaire à deux reprises. Une ténodèse du court fibulaire était privilégiée dans 6 cas. Les résultats étaient évalués par comparaison du score AOFAS pré et postopératoire, un score FAMM était calculé à la révision. L'influence de l'axe de l'arrière pied était analysée chez 28 patients en distinguant un groupe varus (n = 17) où l'angle talocalcanéen était inférieur à 4° de valgus et un groupe valgus (n = 11) comportant un angle supérieur à 4°. Aucune complication infectieuse ou cicatricielle n'était observée. Aucun patient n'a été réopéré. Le score AOFAS moyen progressait de 74 100 (58–82) en préopératoire à 87/100 (58–100) lors de la révision. Les huit patients sportifs ont pu reprendre leurs activités au même niveau. L'axe de l'arrière pied était en moyenne de 1° de varus sur l'ensemble de la série. Le score AOFAS moyen à la révision était de 93/100 dans le groupe valgus et de 82/100 dans le groupe valgus (p = 0,0003) Le délai de prise en charge chirurgicale, le type lésionnel et la technique utilisée étaient sans influence sur le résultat fonctionnel. Notre étude confirme les bons résultats de la réparation chirurgicale des tendinopathies fissuraires des tendons fibulaires. L'influence péjorative d'un varus de l'arrière pied (valgus inférieur à 4°) sur les résultats fonctionnels de la réparation est confirmée par ce travail. Cette réduction significative du score fonctionnel doit rendre prudent quant aux résultats à long terme et peut justifier la réalisation d'une ostéotomie calcanéenne de valgisation associée dont l'intérêt reste à démontrer.
L’intervention de Latarjet-Patte a depuis longtemps démontré son efficacité dans la prévention des récidives d’instabilité gléno-humérale antéro-inférieure, mais son caractère arthrogène est évoqué par certains auteurs. À travers cette étude rétrospective nous avons voulu répondre à quatre questions – Quelle est la prévalence de l’omarthrose à long terme chez les patients opérés selon la technique de Latarjet-Patte ? – Quels sont les facteurs de risque évitables et non évitables d’évolution vers l’arthrose gléno-humérale ? – L’ omarthrose a-t-elle un impact sur les résultats cliniques ? – Les bons résultats constatés sur la stabilité se maintiennent-ils dans le temps ? Sur un total de 77 patients opérés entre 1985 et 1997, 44 (57 %) ont été revus au recul moyen de 22 ans. Les patients ont été examinés en consultation avec réalisation des scores de Constant et de Duplay-Walch. Tous les patients ont bénéficié de radiographies et un scanner a pu être effectué pour 31 d’entre eux. L’évaluation de l’arthrose se faisait selon la classification de Samilson. Radiologiquement nous avons observé une omarthrose de stade 1 dans 15,9 % des cas, de stade 2 dans 20,5 %, de stade 3 dans 4,5 % et de stade 4 dans 9 %. Un seul patient (2,3 %) avait présenté une nouvelle luxation et 3 patients (6,8 %) se plaignaient d’une ou de plusieurs subluxations. Le taux de patients satisfaits ou très satisfaits était de 90,9 %. Le score de Constant pondéré moyen était de 94 % et le score de Duplay-Walch moyen de 71,6. Des facteurs de risque de développement d’une omarthrose ont pu être individualisés comme le positionnement débordant de la butée ou un âge supérieur à 35 ans au moment de l’intervention. Nous avons constaté que les scores fonctionnels et les résultats subjectifs n’étaient altérés qu’à partir d’un stade d’omarthrose avancé (stade 3). Par ailleurs, le taux de récidive d’instabilité restait faible (2,3 %) et comparable aux autres séries de la littérature malgré un recul très important. Cette technique nous semble donc fiable à long terme et l’évolution vers l’arthrose peut généralement être limitée grâce à une technique opératoire rigoureuse. De plus, l’incidence constatée de l’omarthrose à 22 ans de recul moyen n’était pas supérieure à celle retrouvée par Hovelius chez des patients présentant une instabilité antéro-interne récidivante non opérée à un recul comparable.
Les transformations malignes des dysplasies fibreuses (DF) des os longs sont rares (moins de 1 % des cas) et se font sous la forme d’ostéosarcomes. Elles peuvent survenir sur des DF associées à des myxomes multiples, définissant le syndrome de Mazabraud. À notre connaissance, seuls six cas de transformation maligne de DF en ostéosarcome dans le cadre d’un syndrome de Mazabraud ont été décrits. Nous rapportons le premier cas de transformation maligne en chondrosarcome d’une DF de fémur chez une patiente de 51ans. La patiente a présenté une évolution majeure de la taille et du nombre des myxomes autour du fémur avant la transformation maligne en chondrosarcome. Elle a bénéficié d’un remplacement fémoral complet avec un résultat favorable à 4ans de recul. Une surveillance rapprochée notamment lors de l’augmentation du nombre et de la taille des myxomes dans ce syndrome est fortement recommandée.
Malignant transformation of fibrous dysplasia (FD) in long bones is rare (less than 1% of cases) and occurs in the form of osteosarcomas. They can occur on FD associated with multiple myxomas, which corresponds to Mazabraud syndrome. To our knowledge, only six cases of FD malignant transformation into osteosarcoma in the context of Mazabraud syndrome have been described. Here, we describe the first case of malignant transformation of femur FD into chondrosarcoma in a 51-year-old female patient. The patient had significant changes in the size and number of myxomas around the femur before the malignant transformation into chondrosarcoma. She underwent complete femur replacement with a favourable result after 4 years' follow-up. Close surveillance is strongly recommended in this syndrome, particularly when the number and size of myxomas increase.
Les principaux muscles rotateurs latéraux de l'épaule sont le TM et l'infra-épineux. Leur trophicité influence les résultats cliniques après une chirurgie de l'épaule. Nous avions, dans une étude préliminaire, déjà proposé une validation scannographique de la trophicité du TM dans les ruptures massives non réparables de la coiffe des rotateurs en proposant un index nommé T2 G (T2 = épaisseur du TM sur coupe axiale + G = taille de la glène). Un seuil T2 G > 0,75 influençait favorablement les résultats cliniques et radiologiques postopératoires. Le but de cette nouvelle étude était d'évaluer ce rapport T2 G sur des arthroscanners de coiffes indemnes de toute rupture chez des sujets d'âges différents. La mesure de trophicité du TM a été étudiée sur des coupes axiales arthroscannographiques millimétriques en rotation neutre. La o coupe T2 O représentait la coupe inférieure au pôle caudal de la glène. o T2 O représentait la valeur la plus épaisse du TM sur cette coupe. La valeur o G O mesurait le diamètre endocortical de la glène. Deux populations indemnes de rupture de coiffe ont été étudiées. La première série de 33 patients o sains O âgés de plus de 55 ans était appariées en âge et sexe à une série o patients O (de la série préliminaire) présentant une rupture non réparable du supra et infra épineux. Une deuxième série de 27 patients o jeunes O de moins de 35 ans indemnes de toute lésion de la coiffe était comparée à la précédente et aux deux séries de notre étude préliminaire – série o patients O et o témoins O (ces derniers présentant une rupture du supra épineux uniquement). La trophicité (T2 G) était significativement moins importante dans le groupe o patients O, que chez les sujets o sains O du même âge ou o témoins O (rupture isolée du supra épineux). Le groupe o jeunes O présentait significativement l'index le plus élevé. Il n'existait pas d'hypertrophie du TM lors d'une lésion complète de la coiffe supérieure. Un index supérieur à 0,75 était un facteur clinique et radiologique de bon pronostic dans cette population. L'indice de trophicité du TM est applicable à tous les patients présentant ou non une pathologie de coiffe des rotateurs. Il s'agit d'un facteur pronostic fiable dans les cas de rupture.
Introduction: Osteoid osteoma is a painful, benign bone tumor that mainly affects young people. Thermocoagulation is one of the recommended percutaneous treatment methods. This study sought to assess its efficacy and identify risk factors for osteoma recurrence.Methods: Results were analyzed retrospectively for a group of 87 patients treated by thermocoagulation between 2002 and 2011. The recurrence rate was calculated and analyzed relative to patient and tumor characteristics. The treatment efficacy was determined and methods to prevent complications were analyzed.Results: The mean follow-up time was 34 months. The average patient age was 23 years. There were seven complications including three patients with delayed wound healing, mainly at tibial sites. The recurrence rate was 10.4%. The success rate for first-line treatment was 89.6% and it was 97.5% for second-line treatment. Analysis of patient characteristics and tumor locations revealed no risk factors for recurrence.Conclusion: Percutaneous thermocoagulation is a reliable and effective technique that provides fast, long-lasting pain relief. However recurrence can occur even after the nidus is completely resected. These recurrences can be effectively managed by repeat treatment. Recent technical improvements have reduced the risk of thermocoagulation-related complications. Level of evidence: IV. (C) 2014 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
L’ostéome ostéoïde est une tumeur osseuse bénigne caractérisée par une symptomatologie douloureuse qui touche une population jeune. La thermocoagulation est un des traitements percutanés recommandés ; le but du travail est d’évaluer son efficacité et de mettre en évidence des facteurs de risque de survenue de la récidive. Nous avons analysé les résultats des patients traités par cette méthode entre 2002 et 2011, au total 87 patients ont été inclus de manière rétrospective. Le taux de récidive a été calculé et comparé en fonction des caractéristiques des patients et de la tumeur, l’efficacité thérapeutique a été évaluée. Les techniques de prévention des complications ont été analysées. Le recul de notre étude était de 34 mois ; la moyenne d’âge était de 23 ans. Nous avons observé 7 complications dont 3 retards de cicatrisation cutanée principalement sur les localisations tibiales. Le taux de récidive était de 10,4 %. Le taux de succès thérapeutique en première intention était de 89,6 % et en deuxième intention de 97,5 %. Il n’a pas été mis en évidence de facteurs de risque de survenue de la récidive en fonction des caractéristiques des patients ou des localisations tumorales. La thermocoagulation percutanée est une technique fiable et efficace qui soulage rapidement et durablement les patients. La récidive peut survenir même après résection complète du nidus. L’amélioration des techniques nous a permis de minimiser le risque de complications liées à la thermocoagulation. IV.
Autism spectrum disorder (ASD) is a behaviourally defined brain disorder affecting approximately 1 in 88 children. Many pathological studies have shown that ASD is frequently associated with grey and white matter changes that can be described by their deviations from the normal trajectory of cortical maturation. For example, during the early (i.e. < 2 years) postnatal period there is marked and selective tissue overgrowth in the higher-order temporal and frontal networks involved in emotional, social, and communication functions. In this focused review we first summarize some basic principles of neocortical neural organization and how they are disrupted in ASD. We will then highlight some of the potential mechanisms by which the normal developmental trajectory and organization of neocortical networks can be altered based on animal studies of valproic acid, a teratogen widely used in animal models of ASD. We argue that the trajectory of postnatal cerebral neocortex development may be influenced by several cellular and molecular mechanisms that may all converge to produce a neuropathology characterized by premature or accelerated neuronal growth.