Depuis 1930, la Belgique dispose de deux mécanismes permettant soit l'allongement de certaines peines, soit l'indétermination de leur durée. Il s'agit, d'une part, de l'internement des délinquants anormaux et, d'autre part, de la mise à la disposition du gouvernement des récidivistes et délinquants d'habitude. En complément des autres présentations nationales du séminaire du GERN « Longues peines et peines indéfinies. Punir la dangerosité », l'objet de cette contribution est double : présenter le cadre normatif de ces mécanismes en en soulignant les grands enjeux tels qu'ils apparurent notamment dans les débats entre juristes et médecins ; juger de l'effectivité de ces mécanismes en examinant, tant que faire se peut, l'usage qui en a été fait.
De quelle manière l’activité des tribunaux a-t-elle été abordée par les chercheurs dans les travaux parus dans Criminologie depuis sa création ? Cet article dresse le portrait de cinquante ans de recherche sur les tribunaux, en s’appuyant sur 63 contributions sélectionnées dans le catalogue de la revue. En premier lieu, le statut critique des publications recensées sera mis en évidence (1). Dans un deuxième temps, le schéma classique et binaire de l’activité des tribunaux – juger et punir – sera présenté et illustré (2). Enfin, les auteurs présenteront une synthèse des thèmes critiques abordés dans les publications retenues. Quatre injustices de la « justice » se retrouvent dans le corpus observé : l’exclusion des victimes durant le processus pénal ; les inégalités entre contrevenants ; les inégalités tributaires des biais sociaux des incriminations ; les fragilités du recours aux mesures dites alternatives (3).
How has the activity of the courts been dealt with in articles published in Criminologie ? This article describes fifty years of research on the courts, relying on 63 articles selected from the journal's archives. First, the critical importance of the selected articles is considered. Then, the picture presented of the traditional and binary pattern of activity in the courts - to judge and to punish - is discussed and illustrated. Finally, the authors provide a synthesis of the critical themes discussed in the selected articles. Four instances of "injustice" were observed in the corpus under analysis : exclusion of victims during the course of the penal process; inequalities between offenders; inequalities resulting from social biases in arrests; and weaknesses in implementing "alternatives".
Este ensaio propõe uma abordagem teórico-metodológica que visa fornecer elementos para pensar uma metodologia possível para a criminologia crítica. Sem realizar a polarização « macro-micro » à qual participa a criminologia crítica, pretende-se observar e analisar duas posturas diferentes de pesquisa que utilizam a entrevista com juízes como método de coleta de dados: uma, que pretende arrancar a verdade dos atores, abordados em um processo de cunho investigativo, e, outra, que visa conhecer, numa perspectiva de cunho empático-indutivo, o ponto de vista desses atores diante de uma necessidade eventual de desvendamento de suas práticas. Realiza-se uma crítica ao que podemos chamar de “sociologia do descompasso” e seu projeto correcionalista. Desta maneira, mais do que simplesmente medir e corrigir os descompassos de uma atividade observada, situamos o pesquisador como alguém que pretende compreender o descompasso e entender como os atores lidam com as normas que orientam as suas ações, e, como esses atores as justificam. Destacam-se neste ensaio: o modo como se observa a intersubjetividade na entrevista, o tipo de relação que se pretende ter em um processo de pesquisa, e a própria capacidade reflexiva da sociologia (de observar a si mesma neste processo).
The shaping of the history of a scientific discipline - in this case, criminology - is useful both for memory purposes and the modern-day positioning of its protagonists. Efforts to such effects in a field therefore often make noble use of "great authors" and their leading publications or the "great moments" of rupture, which are often proclaimed rather than effective, and with which I have engaged in the first section of this article. Such materials are of prime importance; however they often contribute to the building of a "mundane" history prioritizing a representation of science that is heroic (emphasizing the leading names to have made decisive contributions to the evolution of science) or paradigmatic (organizing history in terms of a succession of greater scientific events demonstrating an indisputable evolution). Rather than challenging the significance of these two ways of shaping and retelling history, in the second section of the article I present an alternative method and the results produced. Despite those who would contest the scientific basis for this method, it allows us to go beyond the linear and cumulative reconstructions according to which "the timeline of the history of ideas is merely the development of acquisitions". If we rely on paradoxical positivist pre-requisites, it also allows us to test the scientific autonomy of the trajectory of criminology.
Résumé Procéder à l’histoire d’une discipline scientifique – en l’occurrence la criminologie – est une tâche utile à la mémoire et aussi au positionnement de ses protagonistes dans le présent. Pour ce faire, les entreprises menées en la matière se servent le plus souvent de matériaux nobles : les grands auteurs et leurs principales publications ou les « grands moments » de rupture parfois proclamés plus que rencontrés, auxquels il sera fait place, de façon engagée, dans une première partie de cet article. Ces matériaux sont de première importance, mais ils contribuent le plus souvent à construire une histoire « mondaine », qui privilégie une représentation héroïque (valorisant les grands noms qui auront mis leur empreinte décisive sur l’évolution de la science) ou paradigmatique (organisant l’histoire sous la forme d’une succession d’événements scientifiques majeurs et relevant d’une évolution irréductible) de la science. Loin de dénier la valeur propre de ces deux manières de faire et de raconter l’histoire, je voudrais, dans la seconde partie de l’article, rendre compte d’une méthode alternative et des résultats auxquels elle donne lieu. Même pour celui qui ne partage pas les présupposés scientistes de cette méthode, elle permet d’échapper aux reconstructions linéaires et cumulatives pour lesquelles « le temps de l’histoire de la pensée n’est que le déploiement des acquisitions ». Elle permet aussi, en s’appuyant paradoxalement sur des prérequis positivistes, de tester au regard, de ces prérequis, l’autonomie scientifique de la démarche criminologique. Mots-clés : Criminologie ; historiographie ; science autonome ; revues scientifiques.
Este libro es el producto de las investigaciones realizadas durante el ano 2013, que se socializaron en el Congreso Internacional de Politica Criminal y Libertad, en donde se discutieron diferentes posturas hacia el “delito” y las diversas reacciones frente a el. La primera parte del libro la hemos denominado “Hacia la desprisionalizacion”, en ella se encontrara: una critica a la penalidad y al castigo, elementos de una racionalidad neoliberal, y a los sujetos que se comportan como empresarios; una confrontacion de lo normativo con la realidad de la justicia penal y penitenciaria, mostrando el incumplimiento de las funciones declaradas de la pena; la busqueda de verdaderas alternativas que garanticen los derechos humanos de todos los actores de un conflicto social; una exposicion a la estrecha relacion entre desigualdad y prisionalizacion; y la complejidad del sistema penal y sus imaginarios sociales. La segunda parte del libro la hemos denominado “Prision y sociedad”, para explicar las vivencias de sujetos de especial proteccion que son sometidos a un control punitivo excesivo y deshumanizante. En ella se encontrara: una propuesta de una justicia juvenil restaurativa fundamentada en el principio de excepcionalidad y en la alternatividad: desjudicializacion y desinstitucionalizacion de las sanciones; los avances normativos de la justicia penal juvenil, en contraste con las detenciones y muertes de jovenes privados de la libertad; la riqueza del derecho indigena y sus lecciones aprendidas para la resolucion de los conflictos; el estigma social frente al adulto mayor en el mundo extramuros e intramuros; y la incidencia de los medios de comunicacion en una politica criminal coyuntural, reactiva y punitiva.
Pour élaborer un propos sur le travail du négatif, je commencerai pas témoigner d’un embarras, – qui ferait sourire Adam Phillips (2009) – à l’égard de la qualification de « négatives » des capacités qu’il analyse ou de la « négativité » au centre de cette publication. J’essaierai ensuite de dire quelles sont pour moi les conditions de la pensée qui fondent (je l’espère sans jamais en être certain) mon enseignement et ma recherche. Je terminerai par la critique du crime et de la rationalité pénale moderne (concept emprunté à Alvaro Pires, 1998) qui découle de ces « conditions de la pensée ». Si l’art doit encore figurer dans ma proposition, il interviendra par association dite libre.