Les nouvelles recommandations de l'ESCMID 2021 placent la fidaxomicine en première ligne du traitement des infections à Clostridioides difficile (ICD). Celles-ci pourraient avoir un lourd impact économique alors que la vancomycine, aussi efficace sur la guérison et moins onéreuse, est reléguée en 2ème intention. L'objectif est de déterminer les facteurs cliniques de nos patients atteints d'ICD chez lesquels il faudrait privilégier la fidaxomicine. Pour cela, nous avons réalisé un audit de pratique monocentrique rétrospectif sur un an (juillet 2021 à juin 2022). Les patients inclus dans cette étude devaient présenter des signes cliniques d'ICD et confirmés microbiologiquement. Les patients exclus de l'étude étaient âgés de moins de 2 ans, asymptomatiques ou pour lesquels un suivi n'était pas possible. Des données biologiques, cliniques et les traitements médicamenteux de chaque patient ont été recueillis. Les patients ayant récidivé sous vancomycine ont été analysés séparément afin de déterminer les facteurs de risque devant motiver la prescription de fidaxomicine. La significativité des facteurs de risque potentiels a été analysée par le calcul de l'Odds Ratio (OR) et de son intervalle de confiance au risque α = 5% (IC95%). Sur la période, 89 patients ont été inclus. L'âge médian était de 74(± 26) ans, 7(8%) patients présentaient une Maladie Inflammatoire Chronique de l'Intestin (MICI), 57(64%) ont reçu au moins un antibiotique dans le mois précédant leur ICD. Une antibiothérapie intercurrente durant le traitement curatif de l'ICD concernait 22(25%) patients. L'ICD était nosocomiale chez 71(80%) patients, 34(39%) ont développé une forme sévère (critères ESCMID 2021) et 10(11%) des complications. En 1ère ligne, 39(44%) patients ont reçu la fidaxomicine, 41(46%) la vancomycine, 5(6%) le métronidazole et 4(4%) n'ont pas été traités. La population traitée par vancomycine et celle traitée par fidaxomicine sont comparables en termes de répartition d'âge, de sexe et de comorbidité. Huit (19,5%) patients traités par vancomycine ont récidivé, 2(40%) sous métronidazole tandis qu'aucun n'a récidivé dans le groupe fidaxomicine. Dans notre étude, le risque de récidive n'est ni associé à un antécédent de traitement par antibiotique (OR=0,94; CI95%= [0,23; 3,66]), ni à une origine nosocomiale de l'ICD (OR=1,8; CI95%= [0,2; 13,5]), ni à la prise d'inhibiteurs de la pompe à proton (OR=1,38; CI95% = [0,88; 2,16]). Le risque de récidive est associé aux antécédents d'ICD (OR=10,13; CI95% = [2,43; 42,14]), à la chimiothérapie (OR=3,85; CI95%= [1,14; 14,35]) et l'immunodépression (OR=3,20; CI95% = [1,82; 5,60]). Les MICI sont quant à elles significativement associées aux formes sévères (OR=5,38; CI95% = [1,60; 24,96]) et sévères-compliquées (OR=7,8; CI95% = [2,9; 21,2]). En se basant sur les résultats de cette étude et de la littérature, des recommandations locales ont été adaptées proposant la fidaxomicine en 1ère ligne pour les patients atteints de MICI, ayant un antécédent d'ICD ou étant âgés de plus de 65 ans + une immunodépression ou un cancer actif. Les patients ne répondant pas à ces critères seront traités vancomycine en 1ère intention. Aucun lien d'intérêt
La délafloxacine est une fluoroquinolone (FQ) de 5 ème génération dont le spectre antibactérien est étendu à certaines souches de staphylocoques résistantes aux FQ d'anciennes générations. La délafloxacine a été récemment commercialisée en Europe avec une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les infections de la peau et des tissus mous, mais son utilisation en vie réelle n'est pas bien connue. L'objectif de cette étude était de décrire l'ensemble des premières prescriptions de délafloxacine en France en se focalisant sur le profil des patients et la tolérance, l'évaluation de l'efficacité étant en cours compte-tenu d'un recul actuellement insuffisant en raison de la date de mise sur le marché Français et des pathologies traitées. Il s'agit des données préliminaires d'une étude rétrospective multicentrique portant sur les patients adultes ayant reçu au moins une dose de délafloxacine. Nous présentons ici les données des 21 premiers patients. Les données ont été recueillies au moyen d'un questionnaire standard anonymisé. L'âge moyen des patients étaient de 64,7 ans et le sex ratio M/F de 2.5. Neuf patients (42,8%) étaient porteurs d'une immunodépression. Les indications de la délafloxacine se répartissaient selon: ostéites chroniques (6 dont 4 ostéites du pied diabétique et deux ostéosynthèses), infections de prothèses ostéo-articulaires (13) et deux infections de prothèses vasculaires. L'infection était sur matériel dans 17 cas (81%). Les principales bactéries impliquées étaient Staphylococcus epidermidis [17 (81% dont 11 souches résistantes à la méticilline] et S. aureus sensibles à la méticilline [3 (14,3%)]. La concentration minimale inhibitrice moyenne pour les staphylocoques était de 0,10 mg/L (IQR 0,079-0,125). Toutes les souches de staphylocoques étaient résistantes à la lévofloxacine. L'infection était polymicrobienne dans 10 cas. L'administration était initialement par voie intra-veineuse chez 3 patients pour une durée moyenne de 27 jours et la durée totale du traitement était de 40,6 jours pour l'ensemble des patients. Trois effets secondaires attribuables à la délafloxacine ont été rapportés conduisant à l'arrêt du traitement (une pustulose exanthématique, une crise hallucinatoire et une encéphalite aiguë). Le traitement antibiotique était une association dans tous les cas comprenant la rifampicine (n=5), la rifabutine (n=4), la daptomycine n=4), la doxycycline (n=4), la dalbavancine (n=2), la clindamycine (n=1) et le cotrimoxazole (n=1). Les premières utilisations de la délafloxacine en France concernent des situations hors de son AMM, principalement des infections chroniques à S. epidermidis résistants aux FQ d'ancienne génération ce qui correspond au spectre utile de cette nouvelle molécule. L'étude se poursuit actuellement pour obtenir des données fiables sur la tolérance au long cours et l'efficacité de cette molécule. Aucun lien d'intérêt
Les infections du site opératoire (ISO) après une instrumentation du rachis peuvent survenir dans un à 14 % des cas. Les principaux micro-organismes responsables sont Staphylococcus aureus et les staphylocoques à coagulase négative (SCN). L'objectif de l'étude était de comparer l'épidémiologie bacterienne et la prise en charge des ISO précoces et tardives du rachis. Tous les patients admis pour une instrumentation rachidienne entre 01/2010 et 08/2022 ont été inclus. Les données démographiques, cliniques, thérapeutiques et microbiologiques ont été recueillies. Les sujets étaient répartis en ISO précoces (eSSI) et tardives (lSSI) si l'infection survenait moins ou plus de 30 jours après l'instrumentation. L'instrumentation rachidienne a été réalisée pour 2136 patients entre 2010-2022. La prévalence des ISO était de 4,6 % (n=99), avec 56 % d'eSSI et 44 % de lSSI. Dans les eSSI, l'âge moyen des patients était de 51 ans, le délai médian entre la chirurgie et l'infection de 16 jours [1-30]. Les principaux agents pathogènes étaient les entérobactéries (34,5 %) et S. aureus (32,7 %). Dans le cas des lSSI, les patients atteints d'infirmité motrice cérébrale représentaient 31,8 % des patients inclus, l'âge moyen était de 22 ans et le délai médian entre la chirurgie et l'ISS de 6 ans [45j-16y]. Les agents pathogènes impliqués étaient principalement S. aureus (36,7%) et les SCN (20%). Les lSSI survenaient également chez des patients présentant une dégénérescence rachidienne (68,2 %) dont l'âge moyen était de 60 ans et le délai médian entre la chirurgie et l'ISO de 70 jours [31j-20a]. Les bactéries impliquées étaient Cutibacterium acnes (42,9%) et S. aureus (28,6%). Une prise en charge chirurgicale associant lavage, débridement, et rétention de l'implant était réalisée dans le cadre des eSSI pour 44 patients (80 %), tandis que l'ablation du matériel était effectuée dans le cadre des lSSI pour 31 patients (71,4 %). Dans les ISO après instrumentation du rachis, les infections tardives touchent préférentiellement les jeunes patients alors que les infections précoces sont plus fréquemment diagnostiquées chez les patients plus âgés présentant des comorbidités. Les entérobactéries étaient principalement retrouvées dans les ISO précoces et Cutibacterium acnes dans les ISO tardives. Aucun lien d'intérêt
We evaluated the usefulness of suction drainage fluid culture after septic orthopaedic surgery to predict early surgical reintervention. We conducted a retrospective observational study, at the Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph between 2014 and 2019. All the patients undergoing septic orthopaedic surgery, with perioperative samples and a postoperative suction drainage device, were enrolled. We compared the group with positive or negative postoperative drainage fluid cultures, respectively, on surgical outcome. We included 246 patients. The drainage fluid culture was positive in 42.3% of the cases. Early surgical reintervention concerned 14.6% of the cases (n = 36), including 61.1% of patients with positive drainage fluid culture (n = 22/36). The risk factors associated with positive drainage fluid cultures were the debridement of the infected site (without orthopaedic device removal), an infection located at the spine, perioperative positive cultures to Staphylococcus aureus. The complete change of the orthopaedic device, and coagulase-negative staphylococci on the preoperative samples, was associated with negative drainage fluid cultures. Positive drainage fluid culture was predictive of early surgical reintervention, and coagulase-negative staphylococci in the preoperative samples and knee infection were predictive of surgical success. Postoperative drainage fluid cultures were predictive of early surgical reintervention. Randomized multicentric studies should be further conducted.
We report a case of a 62-year-old man treated for Streptococcus pneumoniae meningitis by ceftriaxone and dexamethasone. After neurological improvement, neurological degradation by vasculitis occurred, despite effective concentrations of ceftriaxone in the serum and cerebrospinal fluid (CSF). S. pneumoniae with increased MICs to third-generation-cephalosporins (3GC) was isolated from the ventricular fluid 10 days after the isolation of the first strain. Isolate analysis showed that a mutation in the penicillin-binding protein 2X (PBP2X) has occurred under treatment.
La durée de contagiosité d’un patient infecté par le SARS-CoV-2 n’est à ce jour pas encore clairement définie. Dans l’attente de nouvelles données, des recommandations sur les critères de levées d’isolement (précautions gouttelettes et contact), ont été émises par le Haut Conseil de santé publique. Ces recommandations se basent sur des critères cliniques et temporels et recommandent une durée totale d’isolement d’au moins 14 jours après le début des symptômes en population générale et d’au moins 24 jours chez les patients immunodéprimés. D’autres recommandations internationales (notamment celles de l’eCDC et des Chinoises) associent aux critères de levée d’isolement, une à deux PCR de contrôle sur écouvillons nasopharyngés. Notre établissement centralise depuis le début de l’épidémie les prélèvements pour recherche de SARS-CoV-2 par RT-PCR sur écouvillons nasopharyngés pour 7 établissements de santé. L’objectif de notre étude a été d’évaluer la proportion de patients gardant une PCR positive à SARS-CoV-2 au-delà de 24 jours après la première PCR positive. Étude rétrospective incluant l’ensemble des patients ayant eu un dépistage par PCR nasopharyngée (3 mars–10 juin 2020) au sein des 7 établissements. Les données analysées ont inclus l’âge des patients, le délai de réalisation (en jours) entre 2 PCR, le service clinique. À la date du 10 juin, 3603 dépistages (dont 37 non-rendus pour problèmes techniques) ont été réalisés chez 3032 patients ; parmi ces patients, 348 ont eu plusieurs dépistages : 278 ont été dépistés deux fois, 47 trois fois, et 23 quatre fois ou plus. La répartition des patients gardant une PCR positive au moins 24 jours après la première était la suivante : – 20 patients ont eu un dépistage de contrôle entre 24 et 29 jours après le premier dépistage : 1 patient était encore positif à j27 (5 %) ; – 42 patients ont eu un dépistage de contrôle entre 30 et 41 jours : 8 étaient encore positifs (19 %) ; – 34 patients ont eu un dépistage de contrôle après 42 jours : 3 étaient encore positifs (9 %). Les 12 patients gardant une PCR positive au moins 24 jours après la première, avaient été hospitalisés, avaient une moyenne d’âge de 66 ans et 7 d’entre eux avaient un cancer sous-jacent ou avaient nécessité une prise en charge en réanimation. Plus de 10 % des patients dépistés au moins 24 jours après le diagnostic microbiologique gardait une PCR nasopharyngée positive. Même si l’excrétion d’ARN viral n’équivaut pas directement à l’infectiosité, au vu des inconnues encore importantes sur le SARS-CoV-2, la levée précoce de l’isolement doit être réfléchie au cas par cas, en particulier pour les formes graves et les patients immunodéprimés.
Les infections du site opératoire sur rachis instrumenté (ISOR) ont une prévalence variable selon les études (1 à 14 %) et un impact majeur sur la prise en charge du patient. Il existe peu de données dans la littérature sur les infections sur rachis instrumenté. Les objectifs de cette étude étaient de déterminer la prévalence des ISOR et leur épidémiologie bactérienne en fonction du délai de survenue de l’infection. Tous les patients âgés de plus de 16 ans pris en charge pour une ISOR entre janvier 2010 et décembre 2016 dans le centre du Rachis du service d’orthopédie du GHPSJ ont été inclus. Les données démographiques, cliniques, thérapeutiques, et microbiologiques ont été collectées. L’infection était considérée comme « précoce » (IP) ou « tardive » (IT) si elle survenait moins ou plus de 30 jours après la pose du matériel. Une chirurgie du rachis avec pose de matériel a été effectuée chez 1174 patients entre 2010 et 2016. La prévalence des ISOR était de 3,3 % (n = 39) ; les IP représentaient 61,5 % des ISOR et les IT 38,5 %, la médiane de survenue étant de 16 jours [3–28 jours] et 2 ans [31 jours–16 ans] respectivement. L’âge médian de survenue était de 64 ans pour les IP contre 25 ans pour les IT (médiane de pose du matériel : 65 et 18 ans respectivement). La majorité des infections étaient mono-microbiennes. Les bactéries principalement retrouvées étaient les entérobactéries (Escherichia coli, Klebsiella oxytoca, Enterobacter cloacae) (38 %) et les staphylocoques à coagulase négative (31 %) pour les IP ; Propionibacterium acnes (42 %) et les entérobactéries (E. coli, Proteus mirabilis) (25 %) pour les IT. Le traitement des IP consistait le plus souvent en un lavage sans changement de matériel (78,9 %, n = 15/19) alors qu’une ablation du matériel était réalisée dans 54,5 % (n = 6/11) des IT. Dans plus de 92 % des cas, une bi-antibiothérapie prolongée était associée. Deux populations distinctes ont été mises en évidence, les patients âgés avec des comorbidités s’infectant précocement et les patients plus jeunes s’infectant plus tardivement. Les entérobactéries représentaient une cause importante d’ISOR quel que soit le délai de survenue. La prise en charge chirurgicale variait selon le type d’infection mais était majoritairement associée à une antibiothérapie minimum de 6 semaines.
Les ulcères cutanés surviennent principalement chez les patients vasculaires, diabétiques. Parmi les complications, la surinfection de ces ulcères est un enjeu thérapeutique et les diagnostics clinique et microbiologique sont souvent complexes. La PCR multiplex (ITI cartridge, Unyvero, Curetis ®) peut à partir des biopsies cutanées, détecter rapidement les pathogènes impliqués : staphylocoques, entérobactéries, P. aeruginosa, bactéries anaérobies ainsi que les gènes de résistance mecA/C, ermA/C, vanA/B, KPC, VIM, NDM, ctx-M, IMP, aac6', aacA4. Un diagnostic bactériologique précoce permettrait une prise en charge rapide et adaptée. De comparer les résultats obtenus par PCR à la bactériologie standard. Les patients présentant un ulcère colonisé/surinfecté, hospitalisés au GHPSJ, de mars à juin 2017 ont été inclus après consentement. Une biopsie cutanée a été prélevée sur laquelle étaient effectuées culture standard et PCR multiplex. Un antibiogramme en diffusion était réalisé en cas de culture positive. Quarante-huit patients ont été inclus dans l'étude. La biopsie était positive en culture pour 43 patients et 29 par PCR. Les principales bactéries retrouvées en culture étaient : S. aureus (58,3 %), P. aeruginosa (37,5 %), et les entérobactéries (25 %). Pour 7 biopsies (16,3 %) les résultats étaient identiques entre PCR et culture. La PCR identifiait des bactéries non retrouvées en culture : staphylocoques à coagulase négative, anaérobies, corynébactéries, P. acnes pour 15 biopsies (34,9 %), sachant que 24 % des patients avaient reçu une antibiothérapie préalable. Les gènes de résistance trouvés par PCR dans 4 biopsies étaient : erm, mecA, aac6' concordants dans 100 % des cas avec l'analyse phénotypique des mécanismes de résistance. La PCR multiplex permet de détecter rapidement les bactéries pathogènes chez les patients ayant un ulcère colonisé/surinfecté. Notre étude a montré que la PCR mettait en évidence des bactéries de culture difficile non trouvées avec la bactériologie standard. Cette première étude sur l'utilisation de la PCR multiplex dans ce contexte montre des résultats intéressants à confronter aux données cliniques afin de placer ce test dans une démarche diagnostique optimale.
Background: Bloodstream infections (BSI) can potentially be life-threatening infections and are associated with a high crude mortality, moreover with an inappropriate first-line antibiotic therapy. Bacterial resistance is more and more frequently observed. New strategies of BSI management are urgently needed. Materials and methods: During an 18-months period, we prospectively evaluated the clinical impact of rapid bacterial identification by MALDI-TOF MS technology combined with an antimicrobial stewardship team (AST) intervention. Furthermore, during an 8-months period, we combined this strategy with the rapid detection of third-generation cephalosporin (3GC) resistance by the Beta-LACTA (TM) test (BLT) directly on blood cultures. We then evaluated the theoretical impact of BLT on antibiotic therapy adaptation and establishment of infection control measures. Results: A total of 335 blood cultures were enrolled during the study. MALDI-TOF MS gave accurate identification for 301 blood cultures (89,8%) and led to early antibiotic therapy adaptation for 73 episodes (21.8%). BLT was performed on 141 blood cultures, revealing 28 3GC-resistant bacteria (19.9%). Twenty-one patients (75%) received a non-adapted first-line treatment. The antibiotic therapy adaptation was delayed by 28.1 hours and the establishment of infection control measures by 35 hours with antimicrobial susceptibility testing, compared to the theoretical adaptation with BLT result. Conclusions: These tools can be included in a strategy of bloodstream infections management for a better patient care, optimizing and saving the use of antibiotics, notably carbapenems as well as diminishing the spread of multi-drug resistant bacteria by applying rapidly infection control measures.
Les infections du système nerveux central comme les méningites et encéphalites représentent actuellement un véritable challenge diagnostique et thérapeutique du fait d’une mortalité, de séquelles et d’un coût socio-économique important. Actuellement, les données cliniques, la microbiologie standard et les données d’imageries sont le plus souvent insuffisantes pour l’obtention d’un diagnostic étiologique précis. Dans ce contexte des outils de diagnostic rapide, des infections bactériennes, virales, parasitaires et fongiques impliquées dans les infections neuroméningées ont été développés en tant qu’outils d’aide au diagnostic précoce. Il s’agit d’une étude de monocentrique rétrospective menée entre juin 2016 à décembre 2017. Tous les patients ayant bénéficié de la réalisation d’un test FilmArray® dans un contexte de suspicion de méningite ou de méningo-encéphalite ont été inclus. Les données cliniques, biologiques et microbiologiques ont été rétrospectivement recueillies afin d’évaluer l’impact de cette innovation sur la prise en charge de nos patients. Cent trente patients ont bénéficié de la réalisation d’un test FilmArray® durant la période de l’étude. La moyenne d’âge était de 50,1 ans. Les services les plus prescripteurs de ce test et dont l’indication était validée par un binôme microbiologiste/infectiologue étaient le service d’accueil des urgences et le service de neurologie. Un traitement antibiotique ou antiviral empirique avait été débuté chez 55,7 % des patients. Au niveau de la ponction lombaire, quatre prélèvements présentaient un examen direct positif et huit une culture bactérienne positive. Le test FilmArray® était positif dans 33 cas, soit 25,1 % des tests réalisés. Grâce à la réalisation de ce test, les traitements ont pu être adaptés en médiane 3 jours plus rapidement que lors de l’utilisation de la stratégie diagnostique classique. Son utilisation a permis, une diminution des prescriptions d’anti-infectieux non adaptés, de limiter les prescriptions d’examens complémentaires superflus, de diminuer les durées d’hospitalisation et d’optimiser la cotation des séjours. Le test FilmArray® peut être un outil d’aide au diagnostic des méningites/méningoencéphalites communautaires aiguës. De plus, son utilisation raisonnée peut permettre sans surcoût une amélioration de la prise en charge des patients présentant une infection potentiellement sévère.
La prévalence des infections du site opératoire sur rachis instrumenté (ISO) varie entre 1 et 14 % selon les études. Ces infections ont un impact important sur l’évolution du patient (durée d’hospitalisation, mortalité, nécessité de reprise chirurgicale avec ou sans changement de matériel). Il existe peu de données dans la littérature sur les infections sur rachis instrumenté. Les objectifs de cette étude étaient de déterminer la prévalence des ISO, les facteurs de risque et l’épidémiologie bactérienne. Tous les patients âgés de plus de 16 ans pris en charge dans le service d’orthopédie pour une ISO survenant dans l’année de la chirurgie entre janvier 2010 et décembre 2016 ont été inclus. Les données démographiques, cliniques (dont le score ASA et les comorbidités) et microbiologiques ont été collectées. L’infection était considérée comme « précoce » (IP) si elle survenait dans un délai de 30 jours ou « tardive » si elle survenait entre 30 et 365 jours après la chirurgie. Une chirurgie du rachis avec pose de matériel a été effectuée chez 1174 patients pendant la période d’étude. La prévalence globale des ISO était de 2,2 % (n = 26) avec 92 % d’IP (n = 24) et 8 % d’IT (n = 2). L’âge moyen de diagnostic était de 61 ans et le score ASA était supérieur ou égal à 3 pour la moitié des patients. Le délai moyen de diagnostic était de 16 jours pour les IP et de 41 jours pour les IT. Les infections monomicrobiennes concernaient 14 patients : des bactéries de la flore cutanée ont été identifiées pour 9 patients (Staphylocoque doré, Staphylocoque blanc puis Propionibacterium acnes) et les entérobactéries pour 5 patients (Escherichia coli, Enterobacter cloacae, Klebsiella oxytoca). Des bactéries de la flore digestive (entérobactéries, Enterococcus sp, Bacteroides fragilis) ont été identifiées parmi 9 des 12 infections polymicrobiennes. La comparaison du groupe de patients ayant fait une ISO liée à au moins une bactérie de la flore digestive (n = 14) au groupe de patients ayant fait une ISO liée à la flore cutanée (n = 12) ne montre pas de différence d’âge. En revanche, le nombre de patients ayant un score ASA supérieur à 3 est plus élevé chez les patients ayant infection liée à la flore digestive (64 % versus 33 %, p = 0,11). Les ISO après chirurgie instrumentée du rachis sont précoces dans la grande majorité des cas. Nous observons une proportion importante d’ISO liées à des bactéries de la flore digestive, identifiées chez plus de la moitié des patients. Une analyse complémentaire permettra de préciser les causes des ISO liées à la flore digestive afin de mettre en place les mesures préventives.
STUDY OBJECTIVE:This study aimed to evaluate the impact of implementing rapid point-of-care testing (POCT) with the Alere i Influenza A & B in an emergency department (ED) during an influenza epidemic. METHODS:Direct nasal swabs were prospectively collected following the physical examination of patients aged >18years who presented to the ED of a tertiary hospital in France with influenza-like illness (ILI) symptoms (N=301) between February 1st and March 31st, 2016, which coincided with an influenza epidemic. Laboratory-based testing (standard of care) was used to obtain a diagnosis in February 2016 (pre-POCT cohort) and positive results were confirmed using polymerase chain reaction. The primary endpoint was patient time in the ED. RESULTS:A total of 169 and 132 patients participated in the pre-POCT phase and POCT phase respectively. A significantly higher proportion of patients received a positive diagnosis in the POCT cohort compared with the pre-POCT cohort (31% versus 5.3%, P<0.01). Mean time spent in the ED and hospitalization rate were significantly lower in the POCT cohort (6.06h versus 4.15h, P=0.03, and 44.4% versus 9.7%, P=0.02, respectively). Despite similar rates in the prescription of antibiotics and antiviral therapies, the proportion of patients who were referred for additional tests was significantly lower in the POCT cohort (78.1% versus 62.1%, P=0.003, and 80.5% versus 63.6%, P=0.01, respectively). CONCLUSIONS:The Alere i Influenza A & B POCT reduced the length of stay in ED, the hospitalization rates, and the number of additional diagnostic tests compared with standard of care testing.
L’ostéite du pied, particulièrement chez le diabétique, est une cause majeure de morbi-mortalité. La chirurgie d’exérèse systématique a, depuis quelques années, laissé place à une chirurgie plus conservatrice ou au traitement médical seul. La biopsie osseuse est la méthode de référence pour le diagnostic microbiologique d’ostéite. Cette technique est sous-utilisée en routine à cause des difficultés de la prise en charge multidisciplinaire (disponibilité des chirurgiens ou des radiologues pour réaliser la biopsie osseuse). Nous décrivons l’intérêt de la biopsie osseuse percutanée réalisée au lit du malade par les médecins vasculaires. Étude prospective de 27 patients consécutifs avec un diagnostic d’ostéite retenu sur des critères cliniques et radiologiques bénéficiant d’au moins une biopsie osseuse percutanée au lit du malade. Trente-deux biopsies percutanées réalisées entre octobre 2015 et septembre 2016. Cinquante pour cent des patients étaient diabétiques, ils avaient tous un ulcère du pied, 22 % étaient en ischémie critique, 26 % n’avaient pas d’artériopathie. La scintigraphie au gallium a été utilisée pour le diagnostic dans 68 % des cas. Neuf patients avaient eu des prélèvements stériles (28 %), parmi lesquels le diagnostic d’ostéite a été récusé chez 3 patients qui ont cicatrisé, et 3 autres patients ont également été améliorés sans traitement antibiotique dont un avait cicatrisé. Les patients à biopsies positives (23) ont tous bénéficié d’une antibiothérapie adaptée de 6 à 12 semaines. À ce jour, 52 % (12) des patients traités ont été améliorés dont 30 % (7) sont cicatrisés. Au total, 4 patients sont décédés et 2 ont eu une amputation mineure. Il existe un réel bénéfice de la biopsie osseuse percutanée réalisée au lit du patient dans la prise en charge médicale des ostéites du pied. Le traitement antibiotique seul permet une amélioration dans deux tiers des cas. La chirurgie garde une place en cas d’échec du traitement médical et si la destruction osseuse est importante.
Objective. - We aimed to assess the clinical presentation, microbial etiology and outcome of patients presenting with infective endocarditis (IE).Patients and methods. - We conducted a four-year retrospective study including all patients presenting with IE.Results. - We included 121 patients in the study. The median age was 74.8 years. Most patients had native valve M (57%). Staphylococcus aureus accounted for 24.8% of all IE. Surgery was indicated for 70 patients (57.9%) but actually performed in only 55 (44.7%). Factors associated with surgery were younger age (P = 0.002) and prosthetic valve IE (P = 0.001). Risk factors associated with in-hospital mortality were diabetes mellitus (OR = 3.17), chronic renal insufficiency (OR=6.62), and surgical indication (OR=3.49). Mortality of patients who underwent surgery was one sixth of that of patients with surgical indication who did not have the surgery (P < 0.001). (C) 2016 Published by Elsevier Masson SAS.
Endocardites infectieuses : présentation clinique, diagnostic microbiologique et facteurs prédictifs de mortalité précoce B. Pilmis a,∗, A. Mizrahi b, A. Laincer b, C. Couzigou a,c, N. El Helali b, J.-C. Nguyen Van b, P. Abassade d, R. Cador d, A. Le Monnier b a Équipe mobile de microbiologie clinique, groupe hospitalier Paris–Saint-Joseph, 185, rue Raymond-Losserand, 75014 Paris, France b Laboratoire de microbiologie clinique et dosage des anti-infectieux, groupe hospitalier Paris–Saint-Joseph, 185, rue Raymond-Losserand, 75014 Paris, France c Équipe opérationnelle d’hygiène, groupe hospitalier Paris–Saint-Joseph, 185, rue Raymond-Losserand, 75014 Paris, France d Service de cardiologie, groupe hospitalier Paris–Saint-Joseph, 185, rue Raymond-Losserand, 75014 Paris, France
Los servicios de reanimación deben organizar de forma minuciosa la prevención de infecciones en sus enfermos, ya que éstos suelen estar inmunodeprimidos, están sometidos a múltiples procedimientos invasivos realizados por un personal sanitario variado, a menudo en situaciones de urgencia y a cualquier hora del día o de la noche. Las principales infecciones que hay que tratar de prevenir son las neumonías bacterianas adquiridas asociadas a ventilación mecánica (NAVM), las infecciones relacionadas con catéteres intravasculares y las infecciones urinarias asociadas al sondeo vesical. La incidencia de estas infecciones ha disminuido en la mayoría de los servicios que realizan un control cifrado, sobre todo gracias a la implantación de programas de mejora de la calidad. Las técnicas de prevención son múltiples y deben aplicarse simultáneamente. Incluyen medidas globales, como las modalidades de prevención de la transmisión cruzada (higiene de las manos, sobre todo) o de uso de antibióticos, concebidas para reducir la presión de selección de bacterias resistentes a éstos, así como medidas específicas relativas a la colocación y uso de cada uno de los dispositivos invasivos. Numerosas técnicas han demostrado su eficacia en estudios de buen nivel metodológico (higiene de las manos, apósitos para catéteres, etc.), mientras que otras siguen siendo objeto de controversias, por lo que las recomendaciones nacionales e internacionales se actualizan regularmente de acuerdo con los nuevos datos científicos. Estas medidas, implantadas de manera razonada en el marco de programas de mejora de la calidad, permiten obtener tasas muy bajas de infecciones relacionadas con el uso de catéteres vasculares y resultados menos satisfactorios con las NAVM, que justifican la necesidad de proseguir la investigación en este campo.
I servizi di rianimazione devono organizzare la prevenzione delle infezioni nei loro pazienti in modo minuzioso, in quanto i pazienti sono spesso immunodepressi e subiscono gesti invasivi molteplici, realizzati da personale differente, spesso in situazioni di urgenza e a qualsiasi ora del giorno o della notte. Le principali infezioni che bisogna tentare di prevenire sono le polmoniti batteriche acquisite sotto ventilazione meccanica (PAVM), le infezioni su cateteri intravascolari e le infezioni urinarie su catetere vescicale. L'incidenza di queste infezioni è diminuita nella maggior parte dei servizi che ne effettuano un monitoraggio su base numerica, in particolare nel quadro di programmi di miglioramento della qualità. Le tecniche di prevenzione sono molteplici e devono essere applicate simultaneamente. Esse riguardano delle misure globali, come le modalità di prevenzione della trasmissione crociata (igiene delle mani, in particolare) o di utilizzo degli antibiotici nella prospettiva di ridurre la pressione di selezione di batteri resistenti agli antibiotici, così come delle misure specifiche relative al posizionamento e all'utilizzo di ciascuno dei dispositivi invasivi. Numerose tecniche si sono dimostrate efficaci in studi di buon livello metodologico (igiene delle mani, medicazioni dei cateteri, ecc.) mentre altre sono ancora oggetto di controversie, portando a raccomandazioni nazionali e internazionali regolarmente aggiornate in funzione dei nuovi dati scientifici. Queste misure, implementate in modo ragionato nel quadro di programmi di miglioramento della qualità, consentono di ottenere dei tassi molto bassi per quanto riguarda le infezioni dei cateteri vascolari e dei risultati meno buoni per le PAVM, illustrando la necessità di proseguire la ricerca in questo settore.