Le poumon représente la localisation secondaire du kyste hydatique. Habituellement latent, sa découverte se fait souvent de façon fortuite ou suite à l'apparition de complications. Les complications thoraciques sont loin d'être rare, et leurs traitements est généralement chirurgical. Le but de notre travail est de situer l'incidence relative de chacune des complications et d'évaluer son approche diagnostique et thérapeutique. Étude rétrospective incluant tous les cas de kyste hydatique compliqué du poumon colligés au service de pneumologie de Sfax sur une période de 16 ans (2000–2016). Notre population est constituée de 34 sujets dont 16 sont de sexe masculin (47 %). La moyenne d'âge est de 36 ans [12–75]. Tous les patients sont d'origine rurale, avec notion de contage hydatique. Neufs de nos malades avaient des antécédents de kyste hydatique opéré, dont 3 d'entre eux ont été opérés à plus que 2 reprises. La symptomatologie est constituée essentiellement de toux dans 82 % des cas (n = 28), douleur thoracique dans 62 % des cas (n = 21), dyspnée dans 29 % des cas (n = 10). La notion de vomique hydatique a été rapportée par 12 personnes (34 %). Tous les patients ont bénéficié d'une radio thorax. Une échographie abdominale a été réalisée dans 59 % des cas, thoracique dans 18 % des cas et cardiaque 18 % des patients. L'indication opératoire a été posée pour kyste hydatique rompu dans les bronches dans 38 %, rompu dans la plèvre dans 15 %, kystes hydatique multiples dans 23,5 %, fistule bilio-thoracique 8,8 %, embolie pulmonaire hydatique 8,8 %, kyste hydatique pulmonaire géant 6 %, kyste hydatique médiastinal dans un seul cas. Deux sujets de notre série n'ont pas été opérés, le premier à cause de son âge avancé et l'altération de son état général et le deuxième à cause de la multiplicité des lésions et leurs localisations atypiques. Un traitement médical a été alors indiqué. Les complications thoraciques des kystes hydatiques sont fréquentes. Et malgré les progrès thérapeutiques, ce type de complication continue à engager le pronostic fonctionnel et même vital d'une population souvent jeune. D'où l'importance de la prévention visant à rompre la chaîne de transmission de ce parasite.
L’insuffisance respiratoire chronique stade d’OLD peut être associée à des troubles anxio-dépressifs et une altération de la qualité de vie des patients. Détecter ces troubles anxio-dépressifs s’avère nécessaire dans une démarche de prise en charge globale d’un patient stade d’OLD. Dans ce travail, notre but est d’évaluer la prévalence des troubles anxio-dépressifs chez les patients sous OLD et rechercher une éventuelle association entre la sévérité de la maladie et la présence des troubles anxio-dépressifs. Il s’agit d’une étude transversale ayant inclus 50 patients stade d’OLD. Tous les patients avaient bénéficié d’un interrogatoire, d’un examen clinique et répondaient au questionnaire Hospital Anxiety and Depression Scale (HAD). L’anxiété était présente chez 70,5 % des patients (score ≥ 11). La dépression majeure (score global ≥ 19) et la dépression mineure (score globale ≤ 13) étaient notées respectivement chez 13,6 % et 56,8 % des cas. Une symptomatologie certaine de l’anxiété était fortement associée à une dyspnée stade 4 (p = 0,001), la toux sèche (p = 0,00) et la présence des signes d’HTAP. De même, la dépression était associée à la dyspnée (stade ≥ II) (p = 0,00), et à un VEMS bas (p = 0,002). Les symptômes de la dépression et de l’anxiété sont fréquents chez les patients sous OLD. Une détection précoce est nécessaire dans une perspective de prise en charge globale de ces patients.
L’émergence à plus grande échelle de l’utilisation du narguilé dans la société semble être un phénomène de mode inquiétant surtout que la plupart des connaissances sur les effets de la fumée du narguilé sur la santé reste incomplète. Notre but est d’évaluer la prévalence du tabagisme auprès d’un groupe d’internes, déterminer leurs habitudes, leurs croyances et leurs attitudes vis-à-vis du narguilé. Étude transversale, par un auto-questionnaire anonyme, réalisée auprès d’internes en médecine au CHU Hedi Chaker de Sfax, fumeurs et non-fumeurs. Nous avons colligé 117 participants (58 hommes et 59 femmes) ayant un âge moyen de 25,8 ans. Parmi les répondants, 24,8% étaient des fumeurs actuels, 6% des anciens fumeurs et 69,2% des non-fumeurs. La consommation du narguilé était notée chez 16% des internes associée aux cigarettes dans 10% des cas. Près des deux tiers des internes croyaient que le narguilé était plus nocif pour la santé que les cigarettes. Les perceptions négatives du narguilé incluaient surtout le risque d’intoxication au CO (62,4%) et la durée prolongée nécessaire pour fumer (74,4%). Les perceptions positives du narguilé les plus souvent cités par les internes étaient son contenu moindre en nicotine (13,7%) et la présence d’eau fait comme filtre des toxiques (16,2%). Les sources d’information sur les dangers du narguilé incitant au sevrage les plus souvent citées étaient la consultation anti-tabac (73%), la formation acquise au cours des études médicales (69%) et les médias (55,6%). Cette enquête fournit des données sur les connaissances et comportements des internes en médecine vis-à-vis du narguilé, mode de consommation du tabac de plus en plus répandu particulièrement auprès des jeunes.
Une faible observance des corticostéroïdes inhalés (CSI), principal traitement d’entretien de l’asthme, est fréquente et demeure l’une des principales raisons de la maîtrise inadéquate de cette maladie. Dans ce cadre, nous avons réalisé une étude prospective menée sur une période de 3 mois portant sur 45 patients asthmatiques recevant un traitement inhalé. Pour chaque patient, on a recueilli les données socioprofessionnelles, on a évalué l’observance du traitement en utilisant le questionnaire de Morisky et on a précisé le niveau de contrôle de l’asthme par le test ACT. L’âge moyen a été de 52 ans. Soixante-sept pour cent de nos patients n’ont pas été scolarisé ou ont un niveau d’instruction faible. L’ancienneté de la maladie a varié entre 1 an et 40 ans. L’asthme a été classé léger à modéré chez 73 % des cas. L’asthme a été contrôlé dans 40 % des cas. Tous nos patients reçoivent des corticoïdes inhalés seuls ou en combinaison. L’observance a été jugée bonne dans 35 % des cas selon le questionnaire de Morisky. Cette étude insiste sur l’intérêt de l’éducation thérapeutique dans l’apprentissage des techniques d’inhalation pour contrôler l’asthme.
La part attribuable au tabagisme dans la survenue des cancers broncho-pulmonaires est significative. Toutefois, ce facteur prépondérant ne doit pas occulter ceux liés à une exposition à d’autres facteurs de risque, notamment professionnels. Dans ce présent travail, notre but était de repérer les expositions professionnelles à l’origine des cancers broncho-pulmonaires. Étude menée auprès de 70 sujets atteints d’un cancer broncho-pulmonaire suivis dans une consultation de pneumologie. Les données relatives aux caractéristiques socioprofessionnelles et aux produits manipulés étaient recueillies. Parmi 70 patients inclus, 95 % étaient de sexe masculin. L’âge moyen était de 57 ans. Le type histologique d’adénocarcinome pulmonaire stade IV était trouvé dans 40 % des cas. Les patients occupaient notamment les professions d’ouvriers du bâtiment et des travaux publiques (26 %) et d’agriculteur (21 %). L’enquête professionnelle nous a permis de déterminer les principales substances cancérigènes et les regrouper selon la classification du CIRC. Les principaux agents classés CIRC I étaient la silice cristalline (26 %), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (20 %), l’arsenic (15 %), le caoutchouc (12 %), l’amiante (9 %) et les dérivés du nickel (6 %). Les agents classés CIRC II étaient les poussières de bois (5 %), la friture à haute température (4 %) et les fumées diesel (25 %). Un seul cas de cancer était déclaré au titre de maladie professionnelle, témoignant de la sous-estimation de l’origine professionnelle de la pathologie. En effet, la profession étant rarement évoquée dans les dossiers médicaux. L’imputabilité des cancers à l’origine professionnelle est loin d’être négligeable. Elle contraste avec une sous déclaration en maladies professionnelles. Pallier cette insuffisance, c’est instaurer une politique plus efficace de repérage des expositions professionnelles aux cancérogènes.
Heterotopic glial nodules of the scalp are non hereditary congenital malformations composed of mature brain tissue isolated from the cranial cavity. The majority of these lesions are found in the nasal region and occur rarely on the scalp. They are frequently diagnosed in newborn infants. However, they may rarely be found in adults. The pathogenesis of these lesions remains unknown. We describe the case of a temporal scalp nodule in a 50 year-old man. At the time of the excision, the mass was not associated with intracranial connection. Histological examination revealed neural tissue staining with S100-protein and the glial fibrillary acidic protein (GFAP).
L’oxygénothérapie de longue durée (OLD) est la base du traitement de l’insuffisance respiratoire chronique (IRC). Son objectif est d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients atteints de maladie respiratoire au stade d’IRC. À travers une étude rétrospective de 50 patients colligés au service de pneumologie de l’hôpital de Hédi Chaker de Sfax, nous avons étudié le profil étiologique et évolutif de patients porteurs d’IRC sous OLD. Il s’agit de 50 patients, 35 hommes/15 femmes (sex-ratio = 2,26) d’âge moyen de 62 ans. Les broncho-pneumopathies chroniques obstructives représentaient l’étiologie prédominante (32,6 %), suivi de la fibrose pulmonaire (30 % chacun), dilatation de bronches (24,4 %). L’asthme et le SAS représentaient ensemble 13 %. Une hypoxémie sévère était retrouvée dans 56 % des cas avec une PaO2 moyenne de 46 ± 12 mmHg, une hypercapnie dans 44 % des cas et une hypertension pulmonaire dans 38,5 % des cas. La durée moyenne de l’OLD était 8 heures par jour avec un minimum de 1 heure et un maximum de 22 heures, influencée par le stade de la dyspnée et le degré de l’hypoxémie et de l’hypercapnie. Les causes d’hospitalisation après OLD étaient des surinfections bronchiques dans 89 % des cas. L’OLD représente un traitement lourd et coûteux qui peut être bénéfique dans plusieurs pathologies surtout la BPCO.
La C-reactive protein (CRP) est un biomarqueur de l’inflammation dont le taux sérique augmente dans diverses conditions (infectieuses, inflammatoires, néoplasiques). Le but de notre travail est de démontrer que le taux sérique de CRP est un facteur prédictif de survie chez les patients porteurs de CBP. Il s’agissait d’une étude rétrospective intéressant les patients porteurs de CBP suivis au service de pneumologie de CHU Hédi Chaker de Sfax entre janvier 2012 et décembre 2014. Le taux de la CRP était analysé pour tous les patients. Toute CRP ≥ 20 mg/L était considérée positive. Les patients ayant une CRP élevée en rapport avec une infection étaient exclus. Deux groupes de patients étaient comparés (G1 : CRP négative et G 2 : CRP positive). Nous avons colligé 97 patients (G1 : n = 45 et G2 : n = 52), d’âge moyen 59 ans avec une prédominance masculine (96 %). Les différents types histologiques du G1 étaient un carcinome à petite cellule (CPC) (25 %) et un carcinome non à petite cellule (CNPC) (75 %). Le stade IV était trouvé dans 50 % des cas. Pour G2, les types histologiques prédominants étaient l’adénocarcinome (38 %) et le CPC (20 %). Soixante-deux pour cent des sujets porteurs de CNPC étaient classés stade IV. La moyenne survie pour G1 était 8,7 mois contre 7,6 mois pour G2. Un taux de mortalité était significativement plus élevé dans G2. L’apport de la CRP comme facteur pronostique au cours du CBP nécessite de plus amples études pour le confirmer.
A 57 year-old, male presented with a chronic unilateral nasal obstruction and epistaxis. Intranasal endoscopy showed multiple polypoid lesions. The computed tomography exam revealed a heterogeneous mass that occupied the right nasal cavity with osteolysis of the middle and lower cone causing fluid retention of the right maxillary sinus. He underwent resection of these lesions. Pathological examination revealed malignant transformation of nasal inverted papilloma into sarcomatoid carcinoma. This case report highlights the importance of considering malignant transformation in the differential diagnosis of polypoid lesions.
La tumeur stromale sclérosante est une tumeur bénigne rare qui appartient au groupe des tumeurs fibrothécales. Elle se caractérise par sa présentation clinique et ses aspects histologiques qui la distinguent des fibromes et des thécomes. Nous présentons un cas de tumeur sclérosante de l’ovaire survenu chez une fille âgée de 12 ans à travers lequel nous insisterons sur les aspects anatomo-cliniques, évolutifs et étiopathogéniques de cette rare entité.
L'hémoptysie de grande abondance est l'une des situations les plus critiques parmi les urgences vitales et nécessite une prise en charge en milieu spécialisé. L'embolisation des artères bronchiques (EAB) représente actuellement une alternative thérapeutique permettant de réaliser l'hémostase en urgence en réduisant l'hypervascularisation systémique. L'objectif de notre travail est de démontrer l'apport de l'EAB dans le traitement de l'hémoptysie de grande abondance. Il s'agissait d'une étude rétrospective, de juin 2012 au juillet 2015, intéressant les patients hospitalisés au service de pneumologie de CHU Hédi Chaker de Sfax pour une hémoptysie de grande abondance et nécessitant une EAB en urgence. Ce geste était précédé par la réalisation d'une angiotomodensitométrie bronchique. Il s'agissait de 16 patients avec une nette prédominance masculine et un âge moyen à 52,8 ans. Les étiologies de l'hémoptysie étaient : le cancer broncho-pulmonaire (n = 8), les séquelles de tuberculose pulmonaire (n = 4), une tuberculose active (n = 1) et la dilatation des bronches (n = 2). Chez une patiente l'hémoptysie était idiopathique. L'angiotomodensitométrie montrait un aspect en verre dépoli (n = 9), des condensations parenchymateuses (n = 7), une hypertrophie des artères bronchiques normotopiques dilatées (n = 13), une artère ectopique (n = 2), la participation des artères systémiques non bronchiques (n = 3). Les résultats étaient satisfaisants chez 11 patients avec contrôle immédiat de l'hémoptysie. L'échec d'embolisation retenu chez 5 patients était lié à un défaut de cathétérisme par vaso-spasmes chez 3 patients et des artères très tortueuses chez deux. L'EAB est une thérapeutique efficace des hémoptysies massives et récidivantes. La connaissance de l'anatomie des artères bronchiques et la maîtrise de la technique d'embolisation offrent une sécurité et une efficacité maximales au geste.
Les connaissances des patients concernant leurs pathologies respiratoires ainsi que leurs traitements sont généralement restreints. Très peu d’études se sont intéressées à évaluer le niveau de connaissances des patients atteints de BPCO sur leur traitement. L’objectif de notre étude est d’évaluer les connaissances et les attitudes des patients envers le traitement de leur BPCO. Il s’agit d’une étude transversale portant sur des patients fumeurs atteints de BPCO suivis au service de pneumologie du CHU Hédi Chaker de Sfax. Cinquante patients atteints de BPCO ont répondu au questionnaire. Tous les patients étaient des fumeurs (30 %) ou des ex-fumeurs (70 %). L’âge moyen était de 68,80 ans avec des extrêmes allant de 42 à 92 ans. Le VEMS moyen est de 48,54 % (29–77 %). Cinquante-six pour cent avouent qu’ils ne peuvent pas être guéris de leur maladie et 62 % espèrent seulement une amélioration. En ce qui concerne le volet pharmacologique, 26 % seulement connaissent le nom pharmaceutique de leurs traitements. Soixante-quatorze pour cent ne savent pas les indications des différents traitements. Soixante-quatre pour cent affirment qu’il faut avoir un bronchodilatateur à effet immédiat avec soi. Quatre-vingt-six pour cent confirment qu’il faut prendre un bronchodilatateur dés qu’on sent un essoufflement. La plupart des patients (82 %) ignorent les bronchodilatateurs de longue durée d’action. Pour le traitement non pharmacologique, 86 % avouent que le tabagisme est déconseillé mais 68 % seulement sont sevré de leur tabagisme. La majorité des patients n’ont aucune idée sur le réentraînement à l’effort. De même, 88 % des patients ne connaissent pas le rôle de la kinésithérapie respiratoire. Quarante-quatre pour cent sont convaincus de l’utilité de la vaccination contre la grippe. Il faut enrichir les connaissances des patients sur la BPCO à fin de mieux les impliquer dans la prise en charge.